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  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 16 ans. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 06:21

La première critique que j’ai lue de ce roman, c’était celle de l’Obs qui titrait « Mauvais, c’est tout » et qui avait tout de convaincant dans son argumentation. La seconde, c’était celle – tout aussi négative – de Joachim, un libraire que je ne connais pas mais dont j’apprécie les critiques sur le net, qui pour moi sont « fiables ». Ça commençait donc mal.

 

Billie, c’est l’histoire de deux paumés de la vie qui vont s’aimer très fort malgré tous les barrages semés sur leur chemin. Franck et Billie, en hommage au Frank et Billy de Laurie Colwin. (Restez en à Laurie Colwin !)

Moi qui aimais tant les premiers écrits de Gavalda, quelle déception ! Une histoire très mince (avec une fin qui rachète un peu l’ensemble en lui donnant enfin un sens, mais quand même…) et surtout, un style absolument insupportable. De l’argot, du vulgaire, du familier, de l’oralité si travaillée qu’elle paraît artificiellement créée, et ça devient vite pénible. J’ai eu envie d’abandonner un peu avant la moitié, et puis je me suis forcée (quand même, c’est Gavalda, celle que j’aimais tant...), je n’aurais pas dû, cela n’a fait qu’accroitre mon agacement.  L’âne de la couverture qui a fait le buzz sur le net avant même la sortie du livre a bien un sens (et une existence) dans la fin du roman, mais faut-il en supporter du vide avant d’y arriver. A croire que l’auteur a cherché à écrire le roman le plus vulgaire de l’année (c’est réussi), en tentant de nous faire croire que tel est bien le langage du quart-monde qu’elle imagine.

Je n’ai qu’un profond soupir sur cet exercice de style forcé, et quand dans la foulée j’ai ouvert le dernier Zeniter, j’ai respiré d’allégresse. À trop s’écarter de sa voie, on tombe. A comprendre dans les deux sens : l’exercice voulu par Gavalda qui a radicalement changé de style, et la déception du lecteur qui se force à lire un trop mauvais livre.

 

p. 50 (en numérique) : « Quand t’en as trop marre de mes histoires, tu m’envoies un kit avec une civière et deux jolis garçons pour ressusciter mon Francky et je te lâche la grappe direct, promis.

(Hé, te fatigue pas… Choure-les chez Abercrombie, comme ça ils seront déjà montés.) »

[je doute qu’Abercrombie soit une référence des sans-le-sou non parisiens]

 

p. 74 : « Notre public nous sembla acquis et ensuite, nous fi… nous fu… merde, attends, je me repermute en v.f., sinon je vais trop misérer, et ensuite nous avons simplement redit ce que nous savions absolument par cœur à force de l’avoir rabâché encore et encore dans la petite salle à manger mortuaire de Claudine »

[oui Musset avec On ne badine pas avec l’amour tient une place importante dans l’histoire, un peu trop collé là pour ajouter du liant]

p. 137 : « Qu’est-ce que j’avais fait, moi, en quatre ans ?

Rien.

Taillé des pipes et trié des patates…

J’étais décalquée de tristesse. »

[Sauf qu’après 137 pages de ce registre, le lecteur est déjà essoré, n’en jetez-plus.]

 

p. 180 : « Entre M. Biendégagé et moi, ça commençait déjà à sentir un peu la merde.

J’aimais pas comment il parlait à sa femme (comme à une conne) et j’aimais pas comment il parlait à ses enfants (comme à des cons). (Dès que je m’énerve, je lourde les négations, vous avez remarqué ?) (Chassez le naturel et, direct, y a les Morilles qui refoulent à mon goulot.) (Direct.) (Hélas.)

Il n’arrêtait pas de flairer Franck parce qu’il commençait à se douter que c’était un homme oh, comme ils disent et ça me mettait dans un état de nerfs pas possible. Cette façon qu’il avait de lui flairer le cul comme si c’était un chien, ça me débectait ».

 

Le Dilettante, octobre 2013, 224 pages, prix : 15 € (4,99 € en numérique)

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Photo de Jean-Louis Klein et Marie-Luce Hubert / Biosphoto et Ed. Le Dilettante

 

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commentaires

Hasard 24/01/2014 21:41

Dans le paysage littéraire français et malgré quelques critiques récurrentes de notre soi disant élite, Anna Gavalda affirmer son style, simple en apparence mais éminemment complexe.Derrière leur fraîcheur, ses personnage sont une profondeur d'âme incommensurable. Au-delà de la traditionnelle résilience,ils ont tous un peu de nous en eux, c'est cela la magie Gavalda, faire vibrer les quelques cordes de vie que la société de consommation et de l'urgence ne nous ont pas encore volé....probablement ce qu'elle appelle "l'ivresse"...merci à elle pour ce grave moment de bonheur...

yueyin 27/10/2013 22:15

Oups les citations ne donnent pas envie, c'est clair :-(

Laure 30/10/2013 11:12

et ce n'est qu'un bref échantillonnage ;-)

Critique littéraire 19/10/2013 17:22

Allez, tant pis, je me fais l'avocat du diable. Ce n'est peut-être pas son meilleur mais je trouve intéressant qu'elle esplore de nouvelles pistes, un langage plus crû et j'ai passé un très bon moment en compagnie de Billie !

Maudapl 18/10/2013 16:01

J’attends avec impatience ce nouveau roman d’Anna Gavalda, et j’ai été, comme toi, très, très déçue ! Le style parlé populaire m’a déplu et l’étalage des bons sentiments sonne faux ! Dommage !!

Cécile 15/10/2013 19:13

Je suis si déçue que je me demande si je ne vais pas relire ensemble c'est tout pour remonter Anna Gavalda dans mon estime ! Navrant !

Joachim le Libraire 16/10/2013 20:53

Chère Laure, chère Clarabel, je vous salue :)

saxaoul 12/10/2013 18:57

Bon, ben je crois qu'il ne va pas faire partie de mes priorités celui là !

Clarabel 11/10/2013 13:53

Et moi aussi je lis souvent les avis de Joachim le libraire ! ;)

Laure 11/10/2013 22:19

Je suis sûre que Joachim ignore les fans qu'il a ;-)

Clarabel 11/10/2013 13:52

Eh bien ! Olivia de Lamberterie n'a pas tari d'éloges sur ce roman !!! Envers et contre tous, comme elle aurait pu dire. Elle a même qualifié la couverture de kitch et charmante ! (!!)
Affaire à suivre ! ☺
(J'ai le livre, en format papier.)

Laure 11/10/2013 22:18

au masque et la plume ? (je podcaste) ou tu l'as entendue ailleurs ?
J'ai lu depuis que l'âne de la couverture, c'était celui qui était sur le calendrier de la Poste 2012 qu'Anna avait chez elle, et qu'elle était super contente que son éditeur ait accepté de le mettre en couv :-)

Clarael 10/10/2013 14:57

Ohlala ! ça craint... Déjà avec La Consolante, ce n'était pas l'extase ! :(
Je vais quand même tenter de lire Billie, il est tout fin, et puis c'est Anna Gavalda. Moi aussi je l'aimais tant ! (Je l'avais rencontrée, elle était charmante et tout et tout.)
Tout fout le camp, ma pauv' dame ! :(((

Laure 10/10/2013 19:21

Tout fout le camp, ma pauv' dame !, comme tu dis :-).
Bon, si tu l'as, jettes-y un œil car il vaut toujours mieux se faire son propre avis, sinon en numérique il est à 5 €...

Clarabel 10/10/2013 14:57

Mouarf, j'ai mal orthographié mon pseudo ! Huhuhu.

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