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  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 16 ans. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 15:37

Mon roman doudou de cette fin d'année !

 

Au 7 rue de la Ferrère à Bordeaux, un immeuble de 5 étages, propriété de la vieille tante Thérèse, plus souvent nommée la Vilaine pour son caractère aussi tranchant qu'exigeant,vivent quelques femmes chahutées par la vie. C'est là qu'arrive Clotilde Daquin d'Arsac (ne vous fiez pas à son nom), sa nièce bien éprouvée elle aussi, fuyant la dureté de sa condition de femme de ménage et les agressions monnaie courante dues à son physique et à sa peur transparente. Elle se retrouve sans rien, portant son obésité et le rejet des autres comme un poids devenu trop lourd, elle que sa mère n'a jamais aimée non plus. Clotilde espère donc se refaire une santé, recueillie par cette tante dans un appartement qui s'est libéré, et elle va faire connaissance avec tous les autres habitants qui vont solidement la prendre en main.

 

On entre d'emblée dans ce roman réconfort façon « ensemble, c'est tout » où chacun cache ses souffrances ou ses errances derrière des apparences très desperate housewives décomplexées et libérées. Il y a aussi ce petit garçon toujours seul sur une marche d'escalier, il y a Claudie, Sarah, et Sophie, des maris partis ou adultères, trompés aussi, des amants, des amitiés, des attachements : le grand bal de la vie et au milieu, Clotilde qui se laisse bercer par ce petit monde. Pas facile d'entrouvrir la carapace quand depuis votre enfance on vous renvoie votre maladresse et votre laideur à la figure. Toute cette vie bourdonne et place immédiatement le lecteur en empathie avec ces personnages, celui de Clotilde en particulier. Le roman de filles qui fait du bien et qu'on prend plaisir à retrouver, à l'image sucrée et réconfortante de sa couverture tout en macarons colorés.

 

Mais Clotilde doit trouver du travail, et elle se l'est jurée, elle ne fera plus jamais de ménages. Alors quand elle décroche un poste au musée d'art contemporain de l'autre côté de la rue, elle y croit à peine. Commence alors une autre forme de récit : le journal de Clotilde. Et toujours son impression d'usurper sa place, alors que les ateliers qu'elle anime pour les enfants semblent réjouir tout le monde. Puisque le baume au cœur est revenu, que le job est trouvé, il faut bien que se profile une histoire d'amour, non ? Et c'est là que le lecteur (ou plus sûrement la lectrice) pourrait commencer à trouver la trame un peu lourde et les fils trop gros. J'avoue je l'ai pensé : ça devient trop facile et trop prévisible. Mais c'est ce moment-là aussi qu'a choisi l'auteur pour oser faire avec son personnage ce que très peu osent, et là je dis bravo. Je suis aussi perturbée que convaincue par cette courageuse pirouette : l'auteur a du cran et ne prend pas ses lectrices pour des dindes. Alors oui il y a un happy end, mais des ressorts, des secrets levés, une émulsion qui prend dès les premières pages et ne retombe pas. Et sous la carapace, beaucoup de cœur.

 

Bien plus de thèmes qu'il n'y paraît de prime abord dans ce roman : le regard sur l'obésité, la confiance en soi, le mal-être, les faux-semblants des apparences (toutes conditions sociales confondues), les couples égratignés, l'enfance malmenée (et pas qu'une), la carapace que tout un chacun se construit pour affronter ses démons, certaines plus épaisses que d'autres, de belles idées sur le rôle de la culture (en particulier en temps de crise), etc.

On peut regretter que certains personnages passent au second plan ou disparaissent quasiment (la vieille tante, Sophie, Sarah), mais ils ont été les importants catalyseurs qui s'effacent au profit d'une intrigue qui emporte jusqu'à la dernière page.

Bref, un bon roman qui s'affiche plutôt féminin (ne serait-ce que par la couverture!) mais qui ne verse pas dans la niaiserie, et ce n'est pas si courant.

 

Editions Passiflore, novembre 2013, 247 pages, prix : 19,50 €

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Crédit photo couverture : © éd. Passiflore

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commentaires

eimelle 30/12/2013 15:17

rien que pour la couverture, je noterai bien et le contenu a l'air intéressant également!

Hélène 27/12/2013 11:27

C'est un très bon roman, il décrit avec tendresse les effets de l'Obésité, du mal d'amour, des femmes pas aimées, (très) mal aimées, de la solitude, mais aussi de tout ce qui permet de lutter. Un livre de femme écrit pour les hommes et les femmes.

cathulu 27/12/2013 09:37

Un roman réconfortant ? je note immédiatement !:)

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