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  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 23 ans, 21 ans et 16 ans 1/2. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-huit ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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Je n'arrive plus à trouver de temps pour le blog, alors je poursuis ... à mon rythme !

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 19:00

 

(oups, je précise s'il était besoin, que j'ai pris cette photo avant de lire le roman, et qu'il y avait encore sur la table du réveillon quelques cadeaux égarés, l'étudiante en médecine de la maison a laissé un squelette qui a bien animé nos soirées, il ne s'agit en aucun cas d'une mise en scène macabre du roman, je réalise après coup que cela pourrait être interprété comme étant de très mauvais goût. J'aurais mieux fait de continuer à piquer mes photos de couv sur a***)

 

 

Un hiver à Paris est le premier roman que je lis en ce début d'année 2015. Pas le premier que j'ai commencé, mais le premier que j'ai achevé.

Je suis une fidèle des romans de Jean-Philippe Blondel, la faute au web 2.0 sans doute, depuis le début des années 2000 où la muraille entre auteurs et lecteurs s'est amenuisée et a facilité les échanges.

 

J'aime sa façon de décrire les sentiments intérieurs avec l'air de ne pas y toucher, et sa capacité à toucher à l'universalité à partir d'une intimité individuelle.

 

Victor est un étudiant en classe préparatoire littéraire à Paris. Après une première année chaotique et solitaire (provincial et d'une famille modeste, il n'a pas les codes sociaux et culturels de ces grands établissements élitistes et renommés), il commence sa khâgne, sans pour autant avoir l'ambition du St Graal qu'est la réussite au concours d'entrée à l'ENS.

Il commence enfin à échanger quelques mots et quelques cigarettes avec un camarade, Mathieu Lestaing, qui quelques jours plus tard, se suicide dans l'établissement. Dès lors tout va changer pour Victor : il devient « l'ami » du défunt et la curiosité et l'intérêt se tournent désormais vers lui. Il est invité à des soirées, et surtout, il répond à la demande du père de Mathieu, Patrick Lestaing, qui cherche à revivre par procuration les derniers moments de son fils, qui cherche dans un autre fils l'absence insupportable du sien. Étonnante relation qui va en déranger plus d'un, alors que tous deux semblent avoir besoin l'un de l'autre...

 

Malheureusement et en dépit d'un thème qui aurait pu me toucher, je n'ai pas réussi à avoir de l'empathie pour les personnages. Une lecture qui a glissé sur moi sans m'atteindre, sauf dans sa toute fin, bien sûr j'y ai relevé quelques beaux passages, mais c'est comme si le sort de Victor ne m'avait jamais vraiment concernée, alors que dans Et rester vivant par exemple, j'avais pleuré comme une madeleine tout du long alors que rien non plus ne ressemblait à ma propre vie ...

 

Néanmoins ce livre m'a touchée bien plus que je ne veux le croire, pas là où je l'attendais, mais dans sa fin qui remet en perspective l'ensemble du texte, Blondel n'est pas juste un raconteur d'histoire, au-delà, ce sont les 30 ans qui se sont écoulés entre cette année 1984 et cet aboutissement dans l'écriture romanesque aujourd'hui réalisée, de cette voie ouverte et saisie il y a 30 ans (ah la dissertation de concours!) à cette vérité : « C'est le propre du roman d'amener le lecteur à renoncer au sommeil » (p. 261). C'est le désir secret de tout lecteur, je crois.

 

Je garde la fin, précieuse, comme des pages à relire, même si ce titre-là n'est pas celui qui m'a fait passer une nuit blanche. Mais je perçois le tournant qu'il a été dans le destin de « Victor ».

 

 

Buchet-Chastel, janvier 2015, 267 pages, prix : 15 €

 

Crédit photo couverture © Michael Cogliantry / photonica Getty Images / et éd. Buchet-Chastel

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commentaires

Leiloona 27/02/2016 11:07

De très belles phrases finales oui ... un roman qui m'a plus embarquée que toi. Pas lu "Et rester vivant", le thème me touche de trop près.

Cécilia 17/03/2015 20:56

J'ai bien lu votre article et les commentaires. Je peux comprendre cette absence d'alchimie mais ce livre m'a vraiment touchée, presque blessée. En fait, il a ravivé des blessures. J'ai trouvé ce roman glaçant de lucidité sur la solitude des provinciaux en prépa parisienne. Depuis les prépas se sont adoucies, je crois, mais il y a toujours cette transparence, ce fossé infranchissable entre la jeunesse destinée à la prépa parisienne et les autres qui y arrivent comme par hasard. Je faisais partie de ceux-là. Je crois que j'ai aimé me confronter à ce livre qui m'a paru sur le coup peu agréable, presque cruel. Et cela m'a vraiment donné envie de lire ses autres romans.

clara 06/01/2015 10:27

J'étais passée à côté de "Et rester vivant" mais celui-ci m' a vraiment touchée!

Laure 06/01/2015 13:26

Comme quoi tout est question d'alchimie personnelle :-)
Je vais surveiller tes pépites Clara, tu restes une valeur de référence pour moi quand même !

saxaoul 06/01/2015 10:17

Contrairement à toi, j'ai été touchée par ce personnage et notamment par ce qu'il ressent vis à vis de son milieu d'origine. Sa lucidité par rapport à la réaction des autres, à leurs comportement, m'a également frappée.
Quand j'ai écouté l'interview sur le site de Mollat dans laquelle JPB explique, avec pudeur, que ce roman est tiré d'un évènement qu'il a lui même vécu, j'ai été encore plus touchée. C'est bête car finalement, cela ne change rien au propos mais c’est comme ça.

Laure 06/01/2015 13:25

Je comprends, mais peut-être que je sais déjà trop ce qui est lui et ce qui ne l'est pas dans ses romans. Je comprends pour le milieu social, mais l'ayant déjà partagé par des discussions avec lui (rencontres pro entre autres), c'était naturel et déjà connu pour moi.

Ex-In Cold Blog 05/01/2015 22:11

Le curieux que je suis aurais aimé savoir (comprendre) pourquoi tu n'avais pas réussi à te sentir directement concernée par ce qui se passait sous tes yeux. Je te sais suffisamment intelligente pour que cela dépasse le seul fait de ne pas avoir aimé le personnage. En quelques mots, tu peux satisfaire mon vice ? ;-)

Laure 06/01/2015 16:25

ah mince, je pensais que tu l'avais déjà lu, donc j'espère ne pas avoir trop spoilé dans mes bavardages....
Oui, je crois que c'est cela, les coulisses, le personnage public, que tu as connu au début sur le net, ça m'a fait pareil avec à l'encre russe, de Tatiana, je voyais toute la machinerie, les personnages créés et les anecdotes sur facebook, qui se retrouvaient là dans un roman.. Tu ne le découvres pas avec un regard neutre et vierge de cela...

Ex-In Cold Blog 06/01/2015 15:36

Merci beaucoup, Laure, d'avoir pris le temps d'éclairer un peu plus ma lanterne.
Si je comprends bien, comme tu "connais bien" l'auteur, il t’apparait trop transparent à travers les artifices du roman... et donc, tu n'es pas/plus étonnée/touchée. A force de (tout) savoir des coulisses, la magie n'opère plus..
Je comprends cette sensation que j'ai plusieurs fois ressentie et qui m'a poussé à écarter les auteurs de mes contacts sur les réseaux sociaux. En ce qui concerne Blondel plus particulièrement, même si je suis loin d'être un "initié" comme tu pourrais l'être, je crois que c'est ce qui a fait que j'ai détesté "Et rester vivant", qui m'a énormément dérangé sous certains aspects.
Ceci dit, je pense que je finirai pas lire ce nouvel opus car mon mari, qui n'est pourtant pas un grand lecteur, est un fan absolu. Inutile de te dire que j'attends avec une curiosité anticipée la sortie du 4 mars :-)

Laure 06/01/2015 15:32

Je précise que je ne suis pas dans le secret des Dieux, je ne l'ai pas lu non plus. Mais disons que ça plus d'un an que je sais que....

Laure 06/01/2015 15:24

La coloc, chez Actes Sud junior, pour les ados :-)
Je te laisse la surprise du reste le 04 mars :-)

saxaoul 06/01/2015 15:14

Et bien, c’est malin, maintenant , j'ai envie de lire celui qui va sortir en mars tout de suite !

Laure 06/01/2015 13:22

Ça va être difficile d'expliquer ce qui relève de l'émotionnel et qui n'a rien de rationnel.

J'aime les romans qui décortiquent les rapports humains (ça c'est pas nouveau), qui me parlent de la vraie vie, plus encore quand ils me parlent … de moi ! Ou alors les romans qui racontent une histoire mais avec une telle prouesse narrative que wouah ! (souvent ce sont des romans étrangers, cf. Tartt et Repila dans mon palmarès 2014).
Tous les romans (français ou francophones) « coups de cœur » en 2014 ont été un « coup AU cœur ». Je les ai vécus. À un moment ou un autre de ma vie, par un aspect ou un autre, ils me parlent de moi. (c'est très égoïste, la lecture, chez moi). Même et surtout Édouard Louis, pourtant je ne suis ni homo ni normalienne ni du Nord. Beaucoup ont dit : il exagère, il en fait trop, il veut se faire remarquer, il en rajoute. Non, les gens qu'il décrit, je les ai tous fréquentés, pas les siens, mais des pareils. Non il n'en rajoute pas. Idem pour le dernier Delacourt, etc. Et avec Blondel, ça a souvent été le cas. Cette digue qui tout à coup cède parce qu'en me parlant de lui il me parle de moi.

Dans un hiver à Paris, non, la vie de Victor ne me parle pas, je la trouve même ennuyeuse parfois, parce qu'elle ne me concerne pas. Bien sûr qu'il est très fort dans le récit des sentiments intérieurs du personnage, mais il ne m'atteint pas. Ça ne marche pas à tous les coups. Pour moi (et pour moi seule), il n'atteint ici l'universalité que lorsqu'il parle de la création, de l'écriture, et du pouvoir de la lecture. Et je comprends mieux en quoi cet aspect de sa vie a conditionné son devenir d'écrivain.

Et puis je ne peux pas idolâtrer tous les Blondel, j'en perdrais ma crédibilité. D'ailleurs le prochain, qui sort le 4 mars en jeunesse, je suis d'ores et déjà interdite de commentaire (tu verras pourquoi le moment venu) :-D

Je suis devenue au fil des ans très mauvaise lectrice de Blondel. La preuve, avant d'aller l'acheter en librairie, j'avais lu les 40 pages en ligne sur le site de l'éditeur. Le retour de vacances, sa femme, ses deux filles, l’aînée qui va être dans son lycée et qu'il ne veut pas avoir en cours, son passage à la Grande Librairie (pas nommée mais si transparente) qui a déclenché le courrier de Lestaing, je lis et tout à coup paf : « Victor ». Et moi brave bête, j'engueule mon ordi : mais il ne s'appelle pas Victor, il s'appelle Jean-Philippe !!! (Bon je caricature, je cause pas à mon ordi, encore que....) Même la date d'anniversaire de Victor, c'est la sienne ! Sans être de ses proches pour finir ses phrases à sa place, j'en sais trop.

Je vais te décevoir, mais c'est aussi bête que cela, c'est juste une alchimie extrêmement intime qui cette fois a moins bien fonctionné. Pas un coup AU cœur, mais un bon roman quand même. Et puis il est adulé sur la blogo en ce moment, il n'a plus besoin de moi;-)

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