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  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 16 ans. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 14:09

Marina Carrère d’Encausse est surtout connue en tant que médecin, présentatrice avec Michel Cymes des émissions « Le magazine de la Santé » et « Allô Docteurs ».

Elle est aussi une grande lectrice, proposant souvent des titres dans la rubrique « livres » de l’émission. Une femme blessée est son premier roman.

 

L’histoire se déroule de nos jours au Kurdistan irakien. Fatimah, mère de famille, vit dans un petit village à une heure de route de Souleymanieh, avec son mari, leurs enfants, mais aussi sa belle-famille. Que s’est-il donc passé pour qu’elle soit conduite à l’hôpital, brûlée vive ? Était-ce réellement un accident ?

 

Marina Carrère d’Encausse s’attache, sous une forme romanesque, à dénoncer les crimes d’honneur, souvent présentés comme des «accidents domestiques», qui visent à punir une jeune fille ou une femme jugée impure et qui aurait de ce fait semé la honte sur sa famille.

 

Fatimah est entre la vie et la mort à l’hôpital, très grièvement blessée. Sa fille aînée, tout comme ses deux autres filles plus jeunes, sont tenues à l’écart et ne savent rien de ce qui est arrivé à leur mère. Le réchaud à gaz a-t-il bien explosé accidentellement ? N’y aurait-il pas eu un acte délibéré dont il faut garder le secret ?

           

D’emblée, le lecteur est en empathie avec cette jeune mère et si l’histoire semble évidente grâce aux indices donnés par l’auteur, celle-ci a su garder quelques fausses pistes pour en faire un récit encore plus intense et dramatique. Tout est en pudeur et en retenue, les femmes se livrent peu, les médecins font de leur mieux pour aider les victimes à se reconstruire au-delà de leurs souffrances physiques, mais le sujet est tabou et la peur telle que personne ne doit savoir.

 

Si j’ai pensé un instant au départ que l’histoire était simple et cousue de fil blanc, j’ai été forcée d’admettre qu’elle était plus complexe et savamment construite qu’elle n’en avait l’air. J’ai été touchée par les sentiments très bien décrits des personnages, bouleversée par l’horreur des crimes qui ne sont pourtant jamais énoncés directement. Quelle force dans ces personnages féminins, quelle violence tue et endurée !, le sort de ces femmes, même s’il est connu, est trop souvent oublié, et le roman de Marina Carrère d’Encausse leur rend un hommage aussi douloureux que nécessaire.

 

 

Anne Carrière, octobre 2014, 197 pages, prix : 17 €

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Crédit photo couverture : © éd. Anne Carrière       

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