Les jardins d'Hélène

La Vénus aux kakis - Anna Druesne

4 Septembre 2015, 08:35am

Publié par Laure

Emma Berger, décoratrice d’intérieur temporairement sans emploi, se sent humiliée dans son couple par un compagnon qui la rabaisse en permanence en public, et la prend surtout pour la bonne à la maison. Lorsqu’elle découvre qu’il la trompe, ni une ni deux, elle va éprouver légèrement vêtue dans les rayons d’une librairie sa sensualité endormie… C’est là qu’elle croisera le beau et mystérieux Charles Mayer, qui ne tardera pas à l’embaucher pour les travaux de décoration de sa bastide en Provence. Mais son passé familial est chargé et tous deux s’attacheront à l’éclaircir.

 

Un roman que je n’aurais pas imaginé chez cet éditeur, tant il s’agit d’une romance sentimentale à l’érotisme léger, que j’aurais vu plutôt chez Harlequin, Milady romance, ou J’ai Lu pour elle. Mais à bien y réfléchir, Serge Safran a publié cette année un roman érotique autrement plus hardi avec le texte de Bertrand Leclair, La villa du Jouir, donc pourquoi pas.

Bref ce qui m’a déçue dans ce premier roman d’Anna Druesne, c’est le genre dans lequel il s’inscrit : un roman sentimental qui surfe sur la vague Fifty Shades, qui même s’il est bien écrit, se veut d’une banalité constante et prévisible : la pauvre petite va séduire le prince charmant qui a toutes les qualités, surtout celle d’avoir beaucoup d’argent. L’enquête sur le passé tortueux de Charles n’est pas à la hauteur de ce qu’on pourrait en attendre et ne sauve pas l’ensemble, servant davantage de prétexte à l’affaire sentimentale.

 

Les allusions voulues à Charles et Emma Bovary, à la Vénus à la fourrure de Leopold von Sacher-Masoch ne me semblent pas aller plus loin que des noms, ou alors je n’en ai pas perçu le sel.

 

Après une première moitié cousue de fil blanc, j’espérais un renversement, quelque chose qui étonne ou dérange, mais non, on restera dans la romance jusqu’au bout.

Pas ma tasse de thé donc, mais à conseiller pour le coup sans hésiter à ceux qui aiment ce genre-là ou qui veulent quelque chose « dans le même genre que 50 nuances », ceux-là devraient aimer, car de ce point de vue, le roman est parfaitement maîtrisé.

 

    

 

Une lecture qui s'inscrit dans le projet "68 premières fois".

 

 

 

 

 

Serge Safran éd., septembre 2015, 443 pages, prix : 23,90 €

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Crédit photo couverture : © Serge Safran éd.

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A écriturefactory 11/09/2015 21:03

Je partage totalement cet avis. Cousu de fil blanc et un peu gonflé quant aux références ! On ne prête qu'aux riches.