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  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 16 ans. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 18:15

Ma fugue chez moiAnouk est en 3ème et vient de subir une terrible humiliation de la part d'une camarade de classe qui était encore sa meilleure amie il y a peu. Entre son père toujours occupé, sa mère qui vit à l'autre bout du monde (enfin sur une île norvégienne pour son travail, elle rentre de moins en moins et ne sera pas là à Noël), plus sa petite sœur qui est interne dans un établissement avec classe spécialisée dans la danse, autant dire qu'elle ne trouve aucun réconfort à la maison. Anouk n'en peut plus et décide de fuguer.

 

p. 11 : « Je ne sais pas vraiment où je vais. Je ne rejoins personne. Je n'ai pas envie de voyager, je ne me vois pas traîner dans la rue ou vivre dans un squat. Me droguer ne m'attire pas non plus. Je ne me sens ni punk, ni aventurière, ni hippie. C'est juste que j'en ai assez de cette vie. J'en veux une autre. »

 

Mais Anouk est réaliste : fuguer à 14 ans, sans carte bancaire et sans laisser de trace, affronter le froid et la misère, ce n'est pas simple. Elle fait vite demi tour et le choix surprenant (oh un zeugma) de fuguer dans sa propre maison, en se réfugiant au grenier. Elle organise son quotidien tant du point de vue de l'hygiène que de l'alimentation, mais elle n'avait pas imaginé qu'entendre les réactions de son père pourrait être à ce point perturbant.

 

p. 25 : « Assister à ma propre disparition est dérangeant et désagréable. Personne ne fugue pour voir ses proches réagir. On fugue justement pour ne plus se préoccuper de rien. Pour ne pas avoir à affronter les raisons et les conséquences de son départ. »

 

Ce qu'il manque à Anouk, ce n'est ni plus ni moins que l'attention de ses parents. Dans une vie où chacun est débordé tout le temps, on ne prend plus le temps de dire aux siens qu'on les aime, et Anouk dans son récit exprime très justement ses sentiments et émotions sur ce vide intérieur et l'impossibilité de partager son mal-être. Pour autant, l'adolescente prendra conscience aussi de la difficulté des adultes à être heureux, à faire des choix, et combien la parentalité peut être difficile et ne pas toujours aller de soi. Une fin heureuse après un cheminement parfois douloureux pour être soi et se respecter soi-même.

 

p. 71 : « Les gens malheureux devraient s'autoriser à fuguer de leur vie. Les médecins, les psychologues, les conseillers d'orientation devraient prescrire des fugues. »

 

Un joli roman délicat sur le fragilité de l'adolescence et sur le besoin d'être aimé et d'avancer en confiance dans la vie. Coline Pierré exprime toutes ces émotions intérieures avec une grande justesse. C'est doux et réconfortant !

 

 

(Un grand merci à Coline Pierré pour sa fidélité discrète et l'envoi de ce roman.)

 

p. 52 : « Je suis ici depuis près d'une semaine, je ne suis pas sortie de la maison, pourtant il me semble avoir vécu davantage qu'en un mois au collège. Peu importe où on se trouve, ce qui rend la vie palpitante, c'est ce qui se passe dans notre tête. Tout peut devenir une aventure, même l'immobilité et la solitude ».

Avec Robinson Crusoé tout près.

 

Les autres titres de l'auteure :

 

 

Rouergue, collection Doado, mars 2016, 115 pages, prix : 10,20 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Maud Chalard et éd. du Rouergue

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Publié par Laure - dans Livr'ados
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