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  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 16 ans. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 12:25

De nos frères blessés - Joseph AndrasMédiatisé au moment de l’annonce du Prix Goncourt du 1er Roman 2016 alors qu’il n’était même pas sur les listes, Prix refusé par l’auteur, c’est d’abord comme cela que j’ai entendu parler de ce roman.

Il s’avère raconter un fait de l’histoire de la guerre d’Algérie que pour ma part je ne connaissais pas, Fernand Iveton fut le seul condamné à mort européen par la justice française, guillotiné le 11 février 1957 à l’âge de trente ans.

Le roman s’ouvre sur la préparation de la bombe par Fernand, ouvrier indépendantiste, mais si celui-ci est engagé dans ses idées et son combat politiques, il ne veut pas pour autant faire de victimes innocentes. Il prévoit que la bombe explose après la fermeture de l’usine, quand tous les ouvriers seront partis. Mais il est arrêté avant même l’explosion, interrogé et torturé alors même qu’il n’a fait aucune victime ni blessé.


L’écriture sèche, presque aride, frappe par sa puissance et sa force d’évocation. Les passages sur la torture physique, sont difficilement soutenables, même s’ils sont décrits avec retenue, loin de toute émotion débordante.


Malgré la fin inéluctable connue d’avance, on garde l’espoir d’un acquittement tant la peine est démesurée. On suit le procès, et l’optimisme de Fernand quant à son devenir.
Ces scènes sombres sont éclairées par des retours en arrière sur la rencontre en France de Fernand avec celle qui devint son épouse, Hélène, leurs moments de bonheur et leur amour indestructible.

Un premier roman qui frappe par sa maîtrise, sa force, son écriture sobre et efficace, sa dénonciation sans arrogance, qui réhabilite avec retenue cet épisode peu glorieux de l’histoire française. Selon les sources citées en fin d’ouvrage, Roland Dumas aurait affirmé que François Mitterrand, ministre de la Justice à cette époque, aurait ensuite tenu, une fois au pouvoir, à abolir la peine de mort pour se racheter de ses décisions pendant la guerre d’Algérie.

 

 

 

Lu dans le cadre du projet 68 premières fois de l'insatiable Charlotte 

 

68 premières fois 2016

 

 

 

Actes Sud, mai 2016, 139 pages,  prix : 17 €

Étoiles : 

Crédit photo couverture :  portrait de Fernand Iveton, DR / et éd. Actes Sud

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commentaires

Vero 26/08/2016 17:04

Je l'ai reçu cette semaine - hâte de m'y plonger !

Laure 30/08/2016 15:42

Je crois qu'il sort du lot par sa force d'écriture...

Valérie 15/08/2016 14:33

Je me dis que je vais le lire depuis sa sortie et je ne l'ai pas encore fait.

Laure 17/08/2016 10:20

Il y a tant à lire aussi :-) Mais il mérite vraiment de s'y arrêter ! Un des meilleurs premiers romans que j'ai lus cette année.

ex-ICB 10/08/2016 15:04

Au-delà même de l'histoire (que je reconnais honteusement ne pas connaître), j'ai également été frappé par le style de l'auteur dont l'âpreté laisse de temps à autre place à des élans poétiques. Un très bon roman... et un auteur à suivre.

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