Les jardins d'Hélène

La bicyclette rouge - Kim Dong Hwa

28 Février 2007, 23:01pm

Publié par Laure

La bicyclette rouge est un manwha : une bande dessinée coréenne, et Kim Dong Hwa une référence dans ce domaine. La bicyclette rouge, c’est celle du facteur, qui fait le lien chaque jour entre les habitants du village de Yahwari. Plus qu’un porteur de courrier, c’est un doux rêveur philosophe et poète à ses heures, qui aime admirer la nature, les arbres et les petites fleurs, et rendre service à ses semblables. Il a toujours un mot gentil pour ceux qui l’attendent, une attention délicate ou une oreille attentive aux petites souffrances de chacun, il n’hésite pas à transporter des petites marchandises pour faire le lien entre les gens éloignés, bref : il est humain.

Dans le tome 1, Yahwari, on fait connaissance avec cet univers, et son dessin très délicat,  aux teintes pastels, offrant une large place aux paysages. Dans ce village, les adresses ne comportent pas de numéros ni de rues, le courrier est adressé à « la maison que l’on voit entre deux pins siamois », « la maison aux nombreux chiens », « la maison jaune dans la verdure », etc. Les habitants sont pour la plupart âgés, veufs, et reçoivent peu de visite. Le facteur est donc un personnage essentiel. Le tome 2, les roses trémières, est axé sur les saisons – et toujours la vie quotidienne des habitants – mais les saynètes sont construites sur le déroulement de la nature : on voit les arbres et les paysages changer, printemps, été, automne, hiver, notre facteur est plus en retrait. On retrouve nos habitants ridés et occupés à la terre, leur solitude et leurs rares visites riches en émotions.

Il existe un tome 3, mais je ne l’ai pas encore.

J’ai été un peu surprise par cette BD. Elle est intimiste, tout en douceur et en poésie, mais vraiment naïve, peut-être un peu trop ? (Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil et vivons heureux dans ce monde bucolique, ça fait du bien, mais c’est pas vraiment réaliste !) Pourtant on se laisse prendre au charme, parce qu’un peu de douceur, au fond, ça ne fait jamais de mal, et on se cale bien au chaud d’un fauteuil ou d’un lit dans cette bulle de simplicité et d’humilité.

 

Edit du 24 mars 2007 : Je viens de lire le tome 3, les mères, que je trouve tout à fait dans la continuité des précédents, mais je me lasse un peu : peu de renouvellement. On retrouve notre facteur à bicyclette rouge, personnage phare mais un peu en retrait, qui laisse davantage la place aux petits vieux et petites vieilles ridés du village. Toujours occupés à travailler la terre, à se chamailler, à attendre leurs enfants ou petits enfants, la vie à la campagne est toujours aussi propice à la douceur et éloignée des modes et turbulences de Séoul. On sourit souvent aux petites querelles du vieux couple, les saynètes sont toujours aussi simples et "natures" avec une part profonde aux émotions et à la difficulté de la solitude. Des tranches de vie tout en douceur, mais je ne suis pas certaine de lire le tome 4 !

 

Série découverte grâce à Cathe.

Sylvie en parle très bien sur passion des livres

Et Chimère (à livre ouvert) aussi…

Ed. Paquet, 2005 et 2006,  prix : 9,95 € chaque volume.

Ma note : 4/5 

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On n'empêche pas un petit coeur d'aimer - Claire Castillon

27 Février 2007, 15:21pm

Publié par Laure

Grosse déception que ce nouveau recueil de Claire Castillon qui m’avait enchantée avec Insecte. Ici, une thématique : le couple et l’amour. Des nouvelles toujours aussi mordantes, courtes, incisives, sadiques, flirtant avec la folie, sans tabous, mais hélas, tout est si vite… répétitif ! Un recueil qui aurait dû s’appeler infect, nous dit-on, car c’est vrai qu’ils le sont, infects, ses personnages.

 

Je n’ai aimé que les deux premières nouvelles du recueil : la première, qui porte le titre du livre, et la seconde « gratin ». Tout le reste n’est que déclinaison plus ou moins réussie du grain de folie sur un même thème de cette jeune auteure. Mon enthousiasme admiratif du précédent volume s’est envolé. Dommage, le titre était joli.

Fayard, janv. 2007, 156 p. ISBN 978-2-213-63059-5, prix : 14 €

Ma note : 2/5

 

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La mariée mise à nu - Nikki Gemmell

26 Février 2007, 15:12pm

Publié par Laure

Ah le mariage, ce contrat si délicat !

Ce livre est loin d’être aussi sulfureux que les annonces faites autour de sa sortie ont bien voulu nous le faire croire ! D’abord publié anonymement (l’auteur ne se sentait pas libre d’écrire tout ce qu’elle avait à dire si son nom devait apparaître sur la couverture), ce roman nous propose un prétendu journal intime d’une épouse de 36 ans, qui découvre un jour que son mari la trompe (du moins le croit-elle) et qui réalise alors que de toute façon, sexuellement, elle n’était pas épanouie avec lui. Elle libère donc ses fantasmes à travers des rencontres érotiques et adultères. Oh, rien de bien licencieux, on lit bien pire si l’on se tourne vers la littérature dite érotique. Alors pourquoi une telle crainte de la part de l’auteur : il ne s’agit pas d’un récit autobiographique, mais d’un roman, non ?!

J’ai aimé les nombreux revers de l’histoire : quand on pense s’ennuyer dans un tournant ronronnant, l’auteur a su rebondir en réorientant totalement son personnage (je n’en dis pas plus, il faut bien laisser quelques surprises à la lecture !). On trouvera de très belles pages sur la maternité et sur cet amour maternel qui vous envahit sans condition et sans que votre volonté y soit pour quoi que ce soit. La fin reste énigmatique, au lecteur de se faire son scénario. (Pour ceux qui me lisent régulièrement, ce n’est pas le genre de fin que je préfère !)

En conclusion, un roman sympathique qui se lit tout seul, mais n’allez pas faire croire à un homme qui le lirait qu’il saurait tout ainsi du fonctionnement secret des femmes !

Traduit de l’anglais (Australie) par Alfred Boudry

Au diable Vauvert, déc. 2006, 356 p., prix : 22 €

Ma note : 3,5/5

 

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Mosquito version bis !

24 Février 2007, 21:39pm

Publié par Laure

Elle n'en finit pas d'avoir 6 ans :-))

Aujourd'hui, c'était goûter avec ses copines, cadeaux en pagaille, marbré au chocolat et tarte aux pommes maison. 

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La mémoire des murs - Tatiana de Rosnay

23 Février 2007, 11:05am

Publié par Laure

Je poursuis ma découverte des romans de Tatiana de Rosnay, même si je crois à présent qu’il va être difficile de faire plus fort que Elle s’appelait Sarah. D’ailleurs, c’est amusant, la mémoire des murs préfigure Sarah, de par ses thèmes et quelques passages, sur le Vel d’Hiv entre autres.

Pascaline, fraîchement divorcée, s’installe seule dans un nouvel appartement. Très vite elle s’y sent mal. Elle apprend qu’une jeune femme y a été violée et tuée quelques années auparavant. Elle s’informe sur ces meurtres en série où de nombreuses jeunes filles ont subi le même sort. Elle va éprouver le besoin d’aller visiter ces lieux, car elle ressent « la mémoire des murs ». Mais cela fait remonter en elle des douleurs enfouies : le divorce d’avec Frédéric, dont elle n’est pas guérie, elle ne peut supporter de le voir heureux avec une nouvelle compagne, et de les voir attendre une petite fille, alors qu’ils ont perdu ensemble un bébé il y a 15 ans, une petite fille décédée à 6 mois de la mort subite du nourrisson.

J’ai aimé : les personnages actuels créés par l’auteur, si ancrés dans la vie telle qu'elle est. (Hélas, bien trop semblable à la mienne !)

J’ai moins aimé : le côté « parapsychologie ou légèrement surnaturel » du ressenti physique de la mémoire des lieux (c’est comme ça, moi je n’y crois pas), et la fin : comme dans Spirales, elle arrive beaucoup trop vite, et si une phrase laisse imaginer ce qui va advenir, c’est au lecteur de se faire son film, et ça ça m’agace : j’aime les fins fermées, où l’auteur écrit réellement ce qu’il a choisi de faire vivre à ses personnages !

Donc à mon goût, pas le meilleur de l’auteur, même si le démarrage « thriller » est assez prenant, il s’essouffle vite, mais à lire parce qu’il contient la genèse du dernier paru : Elle s’appelait Sarah.

 

 (enfin, à paraître le 1er mars chez Héloïse d'Ormesson).

 

Pocket, juillet 2005, 138 pages, 5 €

Ma note : 3/5

 

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Le passage à niveau - Philippe Routier

23 Février 2007, 10:32am

Publié par Laure

Premier roman.

Si comme moi vous avez un proche qui travaille à la SNCF, qui plus est à la traction (les conducteurs ou l’encadrement de ceux-ci), ce livre vous sera familier, car le vocabulaire propre à l’entreprise y est partout. Et si vous ne connaissez rien aux foyers de roulants, aux grèves légendaires, aux découchés et à la croix de Saint-André, ce livre peut vous parler quand même. C’est l’histoire de Guillaume, trentenaire, qui vit en couple avec Alice. Il est aiguilleur. Mais Alice n’en peut plus de le voir travailler en 3-8, d’être absent de longues nuits. Elle le pousse à passer conducteur, pour le prestige du métier, pour les primes assurées, pour le travail en 2-8 qui lui rendra son homme plus présent. Guillaume cède à contre cœur.  Quand, au passage à niveau non protégé, le TER qu’il conduit écrase et traîne sur 800 mètres une 405 vert céladon avec 3 personnes à bord, dont une fillette, sa vie s’arrête. Statistiquement, « l’accident de personne », c’est ainsi qu’on nomme les suicides ou les accidents de ce type, a 2 chances sur 3 d’arriver à un conducteur dans sa carrière. Il y a des cellules de crise « accompagnement psychologique », mais cela suffit-il à vous faire oublier le drame ? Guillaume n’est en rien responsable de l’accident, il a fait tout ce qu’il a pu quand il a vu la voiture engagée, mais on n’arrête pas un train en une fraction de seconde. Alors il culpabilise, se sent responsable. Ce retour sur soi est un moment aussi pour faire le bilan de son couple qui va à vau l’eau, et en échangeant avec un proche de la famille décédée, il va connaître la cause première de l’accident, dans lequel il n’est pour rien.

Banal dans le sujet, ce roman touche néanmoins par la volonté de sa compagne à gérer la vie de Guillaume à sa place, mais jusqu’où peut-on décider à la place de l’autre ce que sera sa vie ? Un roman triste, mais qui sonne juste.

Stock, août 2006, 157 pages, 15 €

Ma note : 3,5/5

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Pom le poulain, un film d'Olivier Ringer (2007)

22 Février 2007, 22:08pm

Publié par Laure

Avec Richard Bohringer

 

Le synopsis :

Dans la forêt des Ardennes, la jument Mirabelle est le meilleur cheval de l'attelage qui aide les bûcherons. Accusée à tort par Patrick, le fils du patron, d'avoir provoqué un accident, elle sera revendue et séparée de Pom, son poulain. Privée de sa mère, le jeune cheval se laisse dépérir. Julien, le palefrenier, bouleversé par le désespoir de l'animal, décide d'agir.

 

Mon avis : encore un très beau film vu avec les filles (possible dès 5-6 ans). Ce film n’a guère plu aux critiques presse, pourtant, il est idéal pour une journée de vacances avec ses enfants. Et puis j’ai adoré le petit accent ardennais des acteurs, plus proche des Vosges et de l’Alsace de ma jeunesse que l’ouest où je vis actuellement ! C’est une histoire d’amour simple, une histoire d’amour entre une jument et son poulain, une histoire d’amour entre un homme et les chevaux. Moi qui ne suis pas fan de Bohringer, ce rôle lui va à merveille ! Moi qui ne suis pas fan des chevaux non plus, j’ai aimé. Et puis ce travail du bois avec les chevaux, ce père idiot qui pousse au tour de France son fils qui déteste le vélo, les vacances en roulotte, très nature...  Beaucoup d’émotion encore, mais des rires aussi (ah les gendarmes qui tentent d'arrêter la jument !)  Le plus simple est parfois le plus beau.

Le site officiel

Ma note : 4,5/5

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Mosquito !

22 Février 2007, 21:23pm

Publié par Laure

Journée spéciale Mosquito aujourd’hui : c’est important de souffler ses 6 bougies, même quand tout tangue autour de vous. Deux sorties cinéma rien que pour elle : le petit monde de Charlotte ce matin, et Pom le Poulain cet après-midi. Deux bonnes bouffées d’émotion pour la maman aussi ce matin, quand la toute première personne à lui avoir souhaité un bon anniversaire s’est trouvé être… une blogueuse, par le biais d’une jolie e-carte dans ma boîte mail ! Puis en allant chercher le courrier, le vrai, je trouve un colis Amazon *ben j’ai rien commandé*, une autre blogueuse a fait un vrai cadeau à ma Mosquito (c’est malin rien que de l’écrire j’en pleure à nouveau !) Qu’on ne vienne pas me parler de la famille après tout ça ! Quand celles qui pensent le plus à ma fille sont des personnes que je n’ai jamais rencontrées ! J’en suis [encore] toute chamboulée.

Lundi, Mosquito avait eu un début de cadeau : je lui ai fait percer les oreilles, puisque c’était une de ses vieilles envies. En attendant des boucles définitives, Mosquito a choisi des petites coccinelles en boucles médicales pour les 3 semaines à venir. Puis ce soir l’attendait son « jeu de chien » qu’elle espérait tant : « mais maman faut que tu l’achètes aujourd’hui sinon je l’aurai pas ce soir ! » Oui oui Mosquito, on verra … il était caché dans mon armoire depuis 15 jours, ce soir Mosquito me prend pour une fée dotée d’une baguette magique… tiens en parlant de fées, que celles de la journée soient publiquement remerciées !

 

PS : Mosquito est en train d'habiller des princesses ....

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Le petit monde de Charlotte, un film de Gary Winick (2007)

22 Février 2007, 14:57pm

Publié par Laure

Avec les voix de Laetitia Casta, Elie Semoun…

Le synopsis d'allociné :

Il était une fois un petit cochon, si frêle et si chétif, que son maître décida de lui asséner un grand coup de hache. Mais Fern, la fille du fermier, s'y opposa et prit le petit Wilbur sous sa protection. Les animaux de la basse-cour en furent bien étonnés, car le nouveau venu leur paraissait bien naïf, pour ne pas dire légèrement retardé. Seule l'araignée Charlotte s'en réjouit : artiste dans l'âme, elle avait deviné que Wilbur deviendrait son meilleur ami et surprendrait tout un chacun. Wilbur grandit en effet de jour en jour, remplissant toutes ses promesses... et s'exposant du même coup à se voir transformer en jambons, filets, côtelettes, saucisses et succulents pieds farcis ! L'heure du sacrifice suprême approchait, chacun tremblait à l'idée de perdre la tendre et rose créature. C'est alors que Charlotte trouva la parade en tissant la plus belle de ses toiles...

Mon avis :

Voilà un film d’une grande douceur et d’une grande tendresse comme j’en avais envie pour ces vacances avec mes filles. Mosquito a été ravie. C’est poétique et doux, tout tendre et tout mignon. Cela n’empêche pas qu’il y ait aussi de l'humour… La recette n’est pas nouvelle (faire parler des animaux et gloser sur l’amitié), mais le résultat est très sympathique. Même si les mots tissés par l’araignée Charlotte pour sauver Wilbur du fumoir à charcuterie ne sont pas forcément adaptés (un problème d’adaptation française ?), l’idée y est. Une réussite, classique mais dont on ressort avec le sourire.

Ma note : 4,5/5

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L'arrière-saison - Philippe Besson

21 Février 2007, 12:21pm

Publié par Laure

Il y a un tel engouement pour Philippe Besson sur les blogs de livres en ce moment qu’il fallait quand même qu’au moins je lise un livre de lui ! J’ai choisi l’arrière-saison, qui reproduit sur sa jaquette ce tableau de Hopper auquel Besson a souhaité donner vie, en imaginant l’histoire de cette femme à la robe rouge, et des trois hommes autour d’elle.

Arrière-saison sur Cape-Cod, au café Phillies, du nom de sa patronne. Ben, le barman. Louise Cooper, auteur et comédienne, 35 ans, attend son amant, Norman, lui-même marié. Mais en lieu et place de Norman arrive Stephen Townsend, son ex mari pendant 5 ans, qui l’a quittée cinq ans auparavant pour une certaine Rachel Monroe. A présent il est séparé de Rachel et revient. Pourquoi ? Je ne le saurai pas car la mayonnaise n’a pas pris : je n’ai pas réussi à m’intéresser à ce livre, je me suis ennuyée dès les premières pages, il ne se passe rien, alors j’ai abandonné ma lecture à la page 52 (sur 191) : un quart du livre m’a semblé suffisant pour trouver qu’il ne me plaisait pas. Je retenterai Besson avec d’autres titres.

Julliard, août 2002, 191 pages, 16 €. Existe en poche.

Ma note : 2/5

 

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