Les jardins d'Hélène

1979 - Jean-Philippe Blondel

17 Juillet 2008, 04:41am

Publié par Laure

La construction de ce roman rappelle celle d’Accès direct à la plage : au départ on se sent un peu perdu, on passe d’un personnage à un autre, on change d’époque, mais on sait que peu à peu le puzzle va se reconstruire. Et à la fin on relit le 1er chapitre, oui, tout se tient, et c’est bien mené !

Quand un beau matin les habitants découvrent qu’un mur du quartier a été tagué de cette seule date : 1979, ils s’interrogent : qu’est-ce que cela signifie ? Qu’a-t-on voulu leur rappeler ? Quels fantômes vont ressurgir ? Et chacun de revenir sur son passé, ce qu’il faisait, en 1979. Blondel a cette capacité toujours étonnante et réussie d’endosser la peau de personnages différents, hommes, femmes, et de créer une histoire à partir de tranches de vie très variées.

Encore un roman que j’ai beaucoup aimé !

(sauf que maintenant, M. Blondel, j’ai tout lu de vous, à quand un prochain ? et si quelqu’un peut m’expliquer pourquoi sur Evene vous êtes considéré comme l’auteur du visage de Manuel, qui quand on clique sur la couverture affiche un tout autre nom… enfin le sujet m’intéressait, je l’ai commandé quand même !)

 

Ed. Delphine Montalant, fév. 2004, 169 pages, prix : 16 € // Existe en Pocket (5,90 €)

Ma note : 4/5

Crédit photo couverture : © Isabelle Hervé et éd. Delphine Montalant

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Combien de fois je t'aime - Serge Joncour

15 Juillet 2008, 10:19am

Publié par Laure

Combien de fois je t’aime est un recueil de nouvelles sur l’amour et le désir, qui s’ils se conjuguent aujourd’hui avec Internet et des textos sur des mobiles, n’en demeurent pas moins éternels, entre frémissements, ironie et désillusions. Certains textes abordent aussi le couple, le divorce, la maladie, l’enfant qui n’a pas été. Ce qui m’a frappée dans ce recueil, c’est la justesse de ton, la lucidité de celui qui raconte, la profonde solitude malgré des carnets d’adresse archi-pleins. Il y a comme une magie dans l’écriture, un brin mélancolique, où non seulement l’on se dit que c’est exactement cela, mais en plus, c’est beau. Le bon mot à la bonne place, toujours avec humanité. C’est juste. Et c’est juste parfait.

 

 

Flammarion, mars 2008, 211 pages, prix : 18 €

Ma note : 4,5/5

Crédit photo couverture : © Virginie Berthemet et éditions Flammarion

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Celle qui ne parle pas - Capucine Ruat

12 Juillet 2008, 10:38am

Publié par Laure

Une femme de 30 ans se raconte, à la façon d’un journal intime, pour se libérer enfin de l’ombre de sa mère et de sa sœur, ombre dans laquelle elle a toujours vécu. Cette femme est de mon âge, ou presque, j’ai donc souri aux souvenirs d’adolescence des années 80. Cette femme est obnubilée par le sang, parce qu’à 11 ans elle est devenue femme mais que personne ne lui a jamais rien expliqué.

C’est un premier roman, bien écrit, sec, expressif, qui se lit bien, mais au final je suis plutôt déçue. Je n’ai sans doute pas bien compris le tout, je reste avec un certain nombre de questions sur des pistes soulevées par ma lecture. Et sans réponses, je finis par trouver que cette histoire manque terriblement d’originalité, un parcours banal de femme comme on a déjà lu des dizaines, une femme que la parole fera éclore. Le livre est court et se lit tout seul…  

 

(1er roman paru chez Stock en 2006)

 

Le livre de poche n°30811, mai 2007, 126 pages, prix : 4,50 €

Ma note : 2,5/5

Crédit photo couverture : © Stéphanie Roujol et LGF.

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Peines perdues - Emmanuelle Peslerbe

11 Juillet 2008, 05:23am

Publié par Laure

Depuis que mon collègue me parle sans cesse de ce bouquin parce que l’auteur est sa kiné, il fallait quand même que je le lise ! Surtout que la collection La Brune au Rouergue recèle en général des petits romans pile comme je les aime.

Et ça commence plutôt bien : Lorsque Ghislaine rentre du travail, elle retrouve son père assassiné dans son appartement, elle vivait seule avec lui depuis qu’il souffrait de la maladie d’Alzheimer. Comme la porte était fermée à clé, l’enquête se tourne naturellement vers ceux qui possédaient une clé : Liliane, qui est la sœur cadette de Ghislaine, et Simone Le Bihan, l’assistante de vie. Interrogées par le commissaire Jean Brossin, elles ont toutes quelque chose de bizarre dans le comportement ou qu’elles auraient préférer taire. Au fil des pages se creusent les personnalités de ces petites gens, de même qu’affleure un sombre passé sur lequel les deux sœurs ne semblent pas d’accord.

On se prend au jeu d’un bon polar, les personnages ont des fonds vraiment intéressants, et puis crac, la fin vient tout gâcher. Il y a celle qui est écrite, et qui est plutôt originale, et puis il y a celle qu’on interprète, et là… non ! Je n’aime déjà pas beaucoup les fins ouvertes, mais alors si en plus on ne sait pas qui a tué… - Moi je pense que c’est elle parce que… - Mais ça pourrait être elle aussi parce que… , etc. L’avantage, c’est qu’au moins on continue de parler de ce livre après l’avoir lu, preuve en est de nos échanges auprès de la machine à café, l’inconvénient, c’est que des fins comme celle-ci sont pour moi terriblement frustrantes.

 

 

Ed. du Rouergue, coll . La Brune, février 2008, 115 pages, prix : 12 €

Ma note : 3/5 (à cause de ma déception sur la fin)

Crédit photo couverture : © Frank Secka et éd. du Rouergue.

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Ces petites choses - Deborah Moggach

10 Juillet 2008, 08:53am

Publié par Laure

Traduit de l'anglais par Jean Bourdier

Voici un roman qui m’était passé totalement inaperçu lors de sa première édition en broché, et que l’offre du Livre de Poche m’aura agréablement permis de découvrir.

Quel début truculent ! Ravi Kapoor, médecin londonien d’origine indienne et sa femme Pauline hébergent le père de celle-ci : Norman Purse, un spécimen particulièrement agaçant, rustre et quelque peu obsédé sexuel, qui a réussi à se faire exclure de toutes les maisons de retraite.

Ajoutez à cela la décadence du système de santé, où l’on oublie aisément une vieille dame sur un brancard d’hôpital pendant 48h, les enfants qui ne s’occupent plus de leurs parents vieillissants, et le coût de la vie qui augmente plus vite que vos maigres pensions de retraités, et vous aurez une trouvaille originale : et si l’on exportait nos vieux ? Si on les délocalisait ? C’est l’idée de Sonny, cousin indien de Ravi : monter à Bangalore (Inde) une maison de retraite à moindre coût, où les personnes âgées finiraient leur vie dans un climat doux et amical. Imaginez que l’infirmière recrutée n’est qu’une assistante de pédicure, que le médecin appelé à la rescousse est en réalité un sexologue, et vous avez une partie de l’ambiance…

Très vite, on s’attache à tous ces personnages, dans leur solitude, leur vie en commun, leur adaptation rapide dans cette Inde plutôt pauvre mais où la maison Dunroamin est une parenthèse délicieusement surannée façon vieille Angleterre.

L’auteur ne manque pas d’humour pour nous décrire la vie de ce petit monde, ces petites choses anodines qui conduisent sans façon à une renaissance, chacun réussissant à trouver le chemin d’une nouvelle vie, et réconfort parmi d’autres, concluant qu’il n’y pas d’âge pour cela !

Une agréable découverte donc que ce roman !

 

Elles l'ont lu également à ce jour (liens trouvés par le moteur de recherche de Camille) :
Clarabel
, Lily, Tamara, Yueyin, Joëlle, Praline, Sylire, Anne, ....


Le Livre de Poche n°31024, juin 2008, 406 pages, prix : 6,95 €

Ma note : 4/5

Crédit photo couverture : Studio et éd. LGF

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Le vertige des auteurs - Georges Flipo

8 Juillet 2008, 21:34pm

Publié par Laure

Sylvain Vasseur, le plus ancien employé du département marketing de chez Air Hexagone, est mis en préretraite forcée. Avant son départ, il peaufine ses dernières lettres « relations clientèle » qu’il porte à la signature du grand patron, Noël Delorgey. Celui-ci voit déjà en lui un futur grand écrivain, et lui offre en cadeau de départ le PC portable qui ne pourra qu’encourager son talent…

 

Osez passer la couverture quelque peu austère de ce (premier) roman et succombez vite au vertige des auteurs, le gouffre est aussi profond que drôle et … douloureux. Sylvain est un personnage détestable et pourtant je ne compte plus le nombre de fois où j’ai éclaté de rire toute seule : plus il est pitoyable, plus c’est hilarant ! Il faut le voir tenter de résumer son grand roman de science-fiction métaphysique dont il n’a pas encore l’ombre d’une brindille d’idée… C’est moqueur, manipulateur, et assez réjouissant ! Même Arlette, sa chère et tendre, va vite comprendre que femme d’écrivain, c’est un calvaire qui n’était pas dans le contrat de mariage, et qu’elle fait bien mieux de se consacrer à la broderie J

Si le premier tiers du roman est empli de rires sarcastiques, la suite est plus triste et presque déprimante. Sylvain Vasseur va tout écluser : les concours de nouvelles, les photocopies « au thon », « au mérou » ou « à la baleine », les lettres de refus des éditeurs, l’édition à compte d’on ne sait trop quelle arnaque, mais toujours, toujours, il caressera ce doux vertige d’être enfin reconnu pour son œuvre, fut-ce par la seule bibliothécaire de Plesson-Châtillis qui semble mieux s’y connaître en tantrisme qu’en littérature… Il mérite la médaille de la ténacité, ce Sylvain – écrivain.

Si l’on a beaucoup ri, il y a quelques jeux de mots un peu vaseux, qu’on aurait pu oublier : ainsi Plesson-Châtillis ne ravira peut-être pas les habitants lecteurs du Plessis-Robinson ou de Châtillon, Cartier et Mauboussin n’aimeront pas la collection Cartoussin de la place Vendôme et Graal-Limeuil aurait pu rester GalliGrasSeuil sans qu’on y perde au change. 5tout le reste était quand même beaucoup plus fin !) Hormis ces petits détails, j’ai aimé l’humour caustique qui finit en véritable pitié pour ce pauvre type : c’est vrai, quoi, pourquoi vouloir à tout prix écrire quand on n’a déjà pas assez d’une vie pour lire ?

George Flipo nous démontre avec humour et semble-t-il une bonne connaissance du milieu qu’écrire rend fou : voilà qui devrait calmer bon nombre d’écrivaillons en herbe le temps d’une lecture, celle de son roman !

 

PS : Ouf, Sylvain Vasseur a oublié un truc dans son parcours : c’est d’envoyer son roman en PDF à toutes les blogueuses de la place, et pour ça, je ne vous remercierai jamais assez, Monsieur Flipo, parce que déjà, la science-fiction, j’ai du mal, mais si en plus elle est métaphysique et sur écran, hein… J

 

Pour finir, cet extrait, parce qu’il fonctionne aussi pour les lecteurs :

p. 191 : « Le médecin, après lui avoir prescrit un traitement, l’avait raccompagné, embarrassé. En regardant s’éloigner Sylvain, le praticien avait pensé que la littérature était sans doute le plus implacable des virus, une sale maladie, incurable : plus on est contaminé, moins on a envie d’en guérir. »

 

Lu aussi par Cuné, Essel, Turquoise, Florinette, ...

 

Un petit tour sur le site de l’auteur , ou encore, sur son blog

 

 

 

Le castor astral, janv. 2007, 272 pages, prix : 15 €

Ma note : 4/5

Crédit photo couverture : © Philippe Roux et éd. du castor astral

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Reality Check, un film de Rafael Zelinsky (2002)

7 Juillet 2008, 05:55am

Publié par Laure

Avec Vanessa Christel Cambell (Isabel), Natalia Cigliuti (Serendipity), Timothy Lee DePriest (Crash), Nate Dushku (Gar), Julie Ann Emery (Sal)

• L'histoire de "Reality Check"

Quatre jeunes femmes et trois jeunes hommes, qui ne se connaissent pas, sont envoyés dans une maison isolée, avec une équipe télé. Le principe de l'émission : vivre pendant trois mois complètement coupés du monde, sans moyen de communication avec l'extérieur. Le gagnant empochera 100.000 $. Tout bascule, quand le cameraman est trouvé mort : le groupe devient hystérique, chacun se suspecte, et l'horreur commence...

 

• Mon avis 

0/20, 0 étoile sur 5, ce que vous voulez, mais le top du navet débile et nullissime. J’vous explique : dans ma verte (parce que pluvieuse) campagne, il n’y a qu’un tout petit automate de location de DVD, on ne peut pas vraiment appeler ça un vidéo-club, et ces derniers mois, pas de nouvelles pubs ou affiches… Comme j’ai envie d’une soirée tranquille sur le canapé, je me dis que je vais peut-être trouver une nouveauté sympa. Rien de rien de ma « liste à voir ». Alors j’explore la catégorie « Policiers » (attention, pas celle « Horreur »), et je me dis bon allez, essayons… Très très mauvaise pioche. Ce n’est que la fatigue qui m’a fait rester allongée sur mon canapé, pas le film !

Scénario en-dessous de terre, vagues mauvaises imitations d’un peu tout et n’importe quoi, je suppose que c’est censé être un film d’horreur à faire frémir les ados mais même un ado décérébré trouverait encore ça trop nul ! Et pis c’est même pas drôle. Si encore c’était parodique…  Y a vraiment des gens qui regardent ça ? (à part moi quand je suis très mal inspirée et trop fatiguée pour appuyer sur stop ?!) Je retourne à mes bouquins, parce que même le plus insipide des romans est encore au-dessus de la qualité et de l’intérêt de ce film !

Et si par hasard il se trouvait quelqu’un sur le web pour arriver ici parce qu’il a aimé ce film, ben je vous conseille juste de ne pas me fréquenter :-D

[Billet écrit samedi 5 juillet]

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Emma - Sophie Tasma

6 Juillet 2008, 07:10am

Publié par Laure

Un été dans une maison en bord de mer louée chaque année pour les vacances. Emma, 15 ans, est avec son père Pierre et sa 3ème femme, Irène. Ce couple a eu une petite fille, Lola. Pierre a donc eu 3 épouses : Nina, avec qui il a eu Jérôme, Léa, avec qui il a eu Emma, et enfin Irène, avec qui il a eu Lola.

Période trouble de l’adolescence où l’on est mal dans sa peau. Emma n’y échappe pas, se sent mal dans son corps, dans sa tête aussi. Il y a cette poitrine qu’elle trouve trop encombrante, et cette belle-mère à qui elle n’a finalement rien à reprocher. Son grand demi-frère Jérôme arrive avec son copain de toujours, Vincent, qu’elle connaît depuis l’enfance, mais cet été-là, Emma et Vincent ne vont plus se regarder de la même façon …

C’est surtout le malaise, l’ambiguïté et le mal-être qui ressortent de ce roman sur l’adolescence et le flirt, la première relation amoureuse, la jalousie, la violence ou le danger qu’on provoque sans en percevoir les vrais risques… Faire du mal aux uns pour attirer le regard des autres, l’indécision ou la provocation irréfléchie d’adolescents qui se cherchent : c’est finalement assez banal, mais c’est bien vu, bien écrit. J’ai bien aimé !

 

A conseiller dès 14 ans.

 

L’avis de Clarabel 
 

L’école des loisirs, collection Medium, sept. 1995, 192 pages, prix : 7,90 €

Ma note : 4/5

Crédit photo couverture : © « Zopfflechtende », tableau de August Wilheim Dressler, 1921 / et éd. Ecole des Loisirs.

 

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Le témoin amoureux, un film de Paul Weiland (2008)

5 Juillet 2008, 13:33pm

Publié par Laure

Avec : Patrick Dempsey, Michelle Monaghan, …

Durée : 1h 41

 

Synopsis (allociné.fr) :

« Pour Tom, la vie est belle. Ses affaires marchent, il a d'excellents amis et aucune jeune femme ne lui résiste. Pourtant, malgré ses copains et ses flirts, Tom n'a qu'une seule meilleure amie : Hannah.

Lorsque Hannah part en voyage d'affaires pour six semaines en Ecosse, Tom se surprend à trouver sa vie bien vide. C'est décidé : quand Hannah rentrera, il la demandera en mariage.

Mais à son retour, Hannah lui annonce la grande nouvelle : elle est fiancée à un bel et riche Ecossais. Lorsque la jeune femme demande à Tom d'être son garçon d'honneur, celui-ci accepte, avec le secret espoir d'empêcher ce mariage et de la conquérir... »

 

Ah la la, au début je me demandais réellement dans quel mauvais film j’étais tombée. Clichés, stéréotypes, histoire déjà vue et re et rerevue, humour gras, et puis bon, allez, la bonne grosse comédie romantique avec happy end, ça marche toujours. Disons que certains passages sont affligeants de nullité, d’autres sont un peu plus délicats, les paysages d’Ecosse sont magnifiques (très « cartes postales » quand même), et bien sûr le beau Derek euh Tom est ridicule en demoiselle d’honneur de sa meilleure amie, amoureux transi qui gagnera quand même sa belle. Comme le ridicule ne tue jamais, ça permet d’en saupoudrer un peu par-ci par-là, et de faire rire les foules bon public.

Comédie sentimentale sans surprise, avec quelques éclats de rire quand même, à voir en toute connaissance de cause, ou à attendre en DVD pour une soirée « filles ».

Ma note : 3/5

Michelle Monaghan et Patrick Dempsey
© Sony Pictures Releasing France Galerie complète sur AlloCiné

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L'amour hérisson - Thierry Lenain

4 Juillet 2008, 05:03am

Publié par Laure

Illustrations de Françoise Malaval.

Encore une belle découverte faite par hasard, en rangeant les rayons jeunesse constamment en bazar de la bibliothèque. Ce livre m’a attirée par son format hors du commun et sa couleur vive. Quel bel objet ! Edition limitée, numérotée à la main (nous avons le n°326 !), magnifique papier, impression et illustrations. Imprimé à Pondichéry (Inde) sur du papier White snooth, composé en Barmeno corps 15, c’est rarissime que je respire et caresse un livre, d’ordinaire, ils n’ont pas de valeur ni de douceur, mais là vraiment, somptueux papier ! Il est précisé en page liminaire que « les éditions Masala et leurs partenaires ont tout particulièrement veillé à ce que l’entière fabrication de [l’] ouvrage respecte l’interdiction du travail des enfants, par ailleurs proscrit par la Constitution indienne ».

Les illustrations de Françoise Malaval, encres aux couleurs vives sont sobres et belles, intercalant les chapitres. Parlons du texte : quelle réussite aussi que ce court roman de Thierry Lenain, sur la fin d’une histoire d’amour, la séparation des parents vue par leur enfant, et les conséquences du divorce sur la vie quotidienne. Bien sûr la vie ne s’arrête pas, la petite Paola  nous parle de sa douleur à voir ses parents séparés, à accepter qu’ils se construisent de nouvelles vies avec un nouveau conjoint, mais l’espoir et les nouveaux bonheurs jaillissant, Paola comprend qu’il ne faut jamais museler l’amour, qu’il soir court ou qu’il soit long, tout comme il ne faut jamais jeter les fleurs fanées des amours qui ont passé.

 

Premières pages : « Je m’appelle Paola.

Autrefois je croyais que les histoires d’amour duraient toute la vie. Aujourd’hui, je sais qu’il existe des histoires d’amour longues et des histoires d’amour courtes.

Je préfère les longues.

Seulement on ne choisit pas, encore moins l’histoire d’amour de ses parents. Les miens se sont séparés. Ils se sont aimés beaucoup, mais pas longtemps. C’était une histoire d’amour courte, et je suis née dedans. Il n’y a pas besoin qu’une histoire d’amour soit longue pour naître dedans. » 

 

Très très beau texte, dans un très bel objet livre, je ne sais pas si cette édition est encore disponible, si oui, elle vaut largement les 19,50 € affichés en 4ème de couverture, qui peuvent paraître chers pour un livre de 60 et quelques pages.

 

Une édition antérieure illustrée par Nathalie Novi existait également chez Nathan Jeunesse en collection Demi-Lune, mais est aujourd’hui épuisée, attendant une nouvelle édition chez un autre éditeur.

Un texte à avoir dans sa bibliothèque personnelle, surtout si l’on est concerné par le divorce, les familles recomposées, qu’on soit adulte ou enfant. (C’est un livre jeunesse, mais les lecteurs ne s’arrêteront pas à ce détail !)

 

Edition Masala, juin 2006, 67 pages, 19,50 €

Ma note : 5/5

Crédit photos couvertures : site de Thierry Lenain

 

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