Les jardins d'Hélène

Un copain de plus - Agnès Laroche et Philippe Bucamp

24 Février 2010, 07:49am

Publié par Laure

un-copain-de-plus.jpgVoici un coup de cœur 100 % Mosquito, dû au heureux hasard de ma main sur une étagère de la bibli. Je ramène souvent des livres à la maison pour mes filles, et souvent elles leur accordent à peine un regard (ou les dévorent et me demandent la suite, je n’ai jamais la clé magique pour savoir si elles aimeront).

Ce petit roman a d’emblée remporté un franc succès auprès de Mosquito, tout lui a plu : les illustrations, l’histoire, à tel point qu’elle est revenue le soir me le lire à voix haute dans mon lit, pour que moi aussi j’en profite ! Ecoute maman, c’est génial ! Une pépite se partage, elle a raison ma Mosquito.

Alors quid de l’histoire ? Un troupeau de moutons est en émoi, car c’est un grand jour : trois nouveaux moutons doivent arriver d’une ferme voisine, on s’agite, on range (en planquant les crottes vite fait sous un tas de paille !), on s’apprête à partager ses trésors de prairie… quand soudain la surprise est de taille : ils sont bien là les trois nouveaux, mais ils sont… noirs ! Et alors ? Robert, petit agneau trépidant qui rêve d’un nouveau copain s’en fiche, et s’empresse d’accueillir les nouveaux, demandant à jouer avec la petite Olga, et tant pis si c’est une « fille ». Et Olga aura vite fait de lui montrer « qu’on peut n’être qu’une fille » et être méga courageuse, blagueuse, fofolle et vive, et que même si on est noir, on est un mouton comme les autres !

Bien sûr il y aura un terrible loup froussard dans l’histoire, on fera semblant d’avoir peur (on fera bien la grosse voix de l’Esprit de la forêt), on réfléchira à la bêtise des uns et des autres et on rira aux facéties d'Olga.

Une belle histoire enjouée sur le racisme et ses préjugés, sur le féminisme aussi, qui sans dire de grands mots sait bien charmer les enfants ! (dès 7/8 ans).

 

Lu et approuvé aussi par Cathulu

 

Le blog de l’auteur

 

  

Ed. Talents hauts, coll. Livres et égaux, septembre 2009, 44 pages, prix : 6,90 €

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Crédit photo couverture : © Philippe Bucamp et éd. Talents hauts

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Bleu de Rose - Marie Chartres

23 Février 2010, 09:55am

Publié par Laure

bleu de roseUn roman sensibilité à fleur de peau et piquants dans le ventre, que ce petit Bleu de Rose. Rose, 15 ans, est une fille un peu bizarre, qui surtout n’accepte pas l’injustice qui frappe sa famille : son frère Nathan, 17 ans, a des araignées qui tissent des toiles dans ses poumons, mucoviscidose, c’est inéluctable. La famille vit au rythme de ses crises et du sort qui se profile. Nathan voudrait connaître l’amour avant de partir, Rose l’entend mais qu’y peut-elle ?

Et Rose rencontre Zeus, un type étrange qui photographie les nageurs en train de plonger à la piscine, un type qui lui fait perdre tous ses moyens. Mais Zeus a une sœur de 17 ans, belle, libre, Iris, même âge que Nathan…

C’est un récit qui m’a souvent déstabilisée, contrariée, pas réussi à m’accrocher, tout en me donnant envie de connaître la suite quand même… pas clair : j’ai eu du mal avec l’écriture parfois saccadée, les histoires bizarres, les phrases « résumé » en gras, mais au final, ce rythme participe bien du personnage, dans sa colère, sa rage, son trouble, ses émotions. Il ressort de ce livre bien sûr une grande tristesse, beaucoup d’émotion, mais tout en subtilité, décalage, justesse. Une fin un peu trop rapide, qui dit l’essentiel tout en éludant beaucoup quand même, un roman qui laisse une trace parce qu’il ose aborder en littérature de jeunesse la maladie et la mort, tout en la liant à un autre espoir de vie dans l’amour et l’amitié. Un roman de passage (à l’âge adulte), d’apprentissage, sensible et fort, mais pour lequel je n’ai pas le même coup de cœur que Clarabel. 

  

p. 27 : "Je ne suis pas claire. C'est ce que maman me reproche. Elle dit : "Rose, tu es compliquée." Je suis tout emmêlée, je le sais bien. Dans mon corps, il y a des noeuds partout et je crois que les autres le voient, même ceux qui ne me connaissent pas. Je crois qu'ils ont peur de m'approcher. Ils n'ont peut-être pas envie de passer leur temps à me démêler. Le désordre, ça fait peur. On n'y touche pas, on a peur de ce qu'on peut trouver en dessous."

Le blog de l’auteur
 (peu fourni, dommage...)

 

(Et de grâce, si l’école des Loisirs est capable de très belles couvertures, elle est aussi capable du pire avec celle-ci, ne vous arrêtez pas à cette illustration, quelle horreur !)

 

Un livre qui peut s'inscrire dans le challenge "coups de coeur de la blogosphère" de Theoma

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L’Ecole des Loisirs, coll. Medium, 122 pages, prix : 8,50 €

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Crédit photo : © Sereg et l’Ecole des Loisirs

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Il y a 9 ans déjà.... (Happy birthday Mosquito !)

22 Février 2010, 19:30pm

Publié par Laure

Le 22 février 2001 à 10h58…

 

 (oui, on me dit aussi qu’aujourd’hui c’est l’anniversaire du suicide de Stefan Zweig, euh…, comment dire, j’aime beaucoup Zweig, mais là, j’étais partie sur une autre idée !)

 

(Nota : toutes les images ont été choisies en accord avec la demoiselle, cliquez pour les voir en plus grand - si vous voulez !)
 

Dehors c’est la tempête, ça souffle, ça gronde, ça vole, et dedans, c’est un peu l’effervescence aussi, entre joie et impatience : dis maman, on le fête quand mon anniv ?!

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Et si on commençait par faire un gâteau ? Tu veux quoi comme gâteau ? – un gâteau au yaourt aux pépites de chocolat ! – Bien, c’est facile et vite fait… - Et si on en faisait un aussi pour le poney-club demain ? – Oui, si tu veux ! Le même ? – Oui, dans le moule « cœur » pour la maison et dans le moule « nounours » pour le poney-club. Mais j’ai peur parce que moi je saurai résister mais pas les grands, ils vont me le manger mon gâteau de demain ! (C’est qu’elle les connaît bien ses zigotos de 13 et 15 ans, des ventres sur pattes) – Mais non, je vais leur dire qu’ils n’ont pas le droit de le manger ce gâteau-là !

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Petite matinée pâtisserie donc… au vu des commandes passées pour la fête avec les copines vendredi à venir et la rentrée la semaine prochaine, j’ai tout intérêt à refaire un stock de farine, sucre, œufs, … 

 

Je laisse la demoiselle farfouiller dans les bougies, fais la sourde à ses questions (est-ce que comme cadeau j’aurai ci ou ça ?) et on n’a plus très faim mais quelle importance, pas question d’attendre midi à quatorze heures !


9 ans Constance 014 (oui, pas facile de souffler des bougies quand on a des Dragibus qui collent aux dents !)



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Et les cadeaux alors ? les cadeaux !!

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Donnez un percheron à Mosquito (ou n’importe quel autre canasson) et c'est le bonheur assuré !

 

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Le livre sur les mamans, c’est juste parce qu’on aime la série (on a celui sur le Père Noël, celui sur la maîtresse, et que parfois je planque des bouquins cadeaux entre trois piles de linge et je les retrouve six mois plus tard  )

 
9 ans Constance 033(oui il y a encore une valise qui traîne, le retour est tout frais)

Après quelques heures de jeu (je ne vous dis pas le nombre de trucs qu’elle a pu balader dans son nouveau van), une pause lecture s’impose !


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Alors qu’à 9 ans les écrans l’hypnotisent beaucoup, elle sait aussi revenir à l’imaginaire avec quelques jouets éternels, profites-en ma fille, l’enfance s’envole si vite…

(et pis elle m'a dit au moins quatre fois merci dans l'après-midi pour les cadeaux !)



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L'âge d'ange - Anne Percin

22 Février 2010, 07:19am

Publié par Laure

age d'angeIl est des livres dont il est difficile de parler alors que pourtant on les a beaucoup aimés. L’âge d’ange fait partie de ceux-ci, qui vous marquent encore longtemps après, par le « choc » vécu à la lecture !

Il ne faut pas trop en dévoiler sur ce roman pour ceux qui ne l’ont pas encore lu, ce serait altérer leur plaisir à venir. Le narrateur de l’histoire revient sur ce qui l’a profondément bouleversé pendant son adolescence, élève dans un lycée au Luxembourg. Passionné d’histoire grecque antique, il s’intéresse plus particulièrement à Tadeusz, un lycéen polonais, lorsqu’il réalise qu’ils ont la même passion pour ce même livre au CDI et l’empruntent à tour de rôle.

Le récit est habilement construit, car pendant plus de la moitié du livre, on ne sait pas si ce narrateur est un garçon ou une fille (on se fait son idée… et on se plante ! (ou pas, moi j’ai eu tout faux !), aucun adjectif ou participe passé ne permet de savoir…

p. 20 : « Quand je rêvais parmi les rayons, on m’aurait posé une colle si on m’avait demandé, à mon tour, de dire qui j’étais. Enfant ou vieillard ? Garçon ou fille ? Je ne savais pas. Longtemps, je n’ai pas su. J’étais un ange, peut-être. Un ange qui attend la chute. »

 

Et la chute sera violente. Ce n’est pas un livre joyeux, mais c’est un livre fort. Cette ambiguïté du départ permet des hypothèses, tout en confrontant ses héros à une réalité : l’attirance naissante, amour ou amitié, violence des émeutes de banlieue, confrontation des milieux sociaux, homophobie, et de façon plus large la construction de soi à l’adolescence, et peut-être des choix qui en résulteront plus tard. Avec un goût prononcé de tragédie (grecque), mais quel talent, cette Anne Percin ! 


A lire aussi : Bonheur fantôme, au Rouergue.

 

L’Ecole des Loisirs, coll. Medium, sept. 2008, 126 page, prix : 9,90 €

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Crédit photo couverture : © Franck Juery et éd. EDL.

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Elisa - Nathalie Ferlut

21 Février 2010, 07:48am

Publié par Laure

elisa.jpgJ’avais découvert Nathalie Ferlut avec Lettres d’Agathe, album que j’avais beaucoup aimé. On retrouve cette auteure (scénario et dessin) en ce début d’année avec Elisa, toujours dans la même collection, mais sur un ton et un style très différent.

Automne 1989, chute du Mur de Berlin. Peu de temps avant, en France, Rachel, Daniel et Elisa forment un trio de copains, amis, amoureux, ... A la mort accidentelle de Rachel dans un accident de voiture, Elisa perd pied et quitte sa famille, sa banlieue et ses études pour une fuite à Paris, dont on saura peu de choses. Sinon que dans ses errances et amochée, elle rencontre Antoine, jeune père divorcé un peu paumé mais attentif et protecteur, malgré leurs fréquentes engueulades.

Je n’ai pas retrouvé dans cet album ce qui m’avait charmée dans Lettres d’Agathe. Ici le scénario me paraît plus fouillis, embrouillé, inutilement alourdi et développé. L’histoire d’amour (entre Elisa et Daniel ? entre Elisa et Antoine ?) joue à cache-cache, et l’on aimerait bien que ça aboutisse quelque part, mais pour cela, il faudra vraisemblablement attendre un tome 2.

Ambiance très différente, des couleurs ocres très présentes qui vont bien au dessin, mais un cadre historique finalement peu exploité : quel intérêt d’avoir mis là la chute du Mur ? Pour parler d’une époque, et d’une génération sans doute, celle qui avait 20 ans en 1989, les enfants des soixante-huitards, la génération Mitterrand, à qui on reproche une mollesse d’engagement par rapport à celle de 68, une génération sans révolte et sans idéaux. Errance amoureuse et rebelle, même désappointement et indécision vis-à-vis de la famille et de l’amitié, qu’on chahute mais dont a viscéralement besoin quand même, Elisa, que tous ou presque appellent Lolita dans l’histoire, est un peu paumée. Lolita, Elisa, Nabokov, Gainsbourg, des figures lourdes à porter. 

De même en début d’album une allusion très claire à une certaine Princesse de Clèves qui ne sert à rien ni personne (« ha ha ! C’est sûr que ça, tes élèves, ils s’en serviront vachement dans la vie active ! ») mais qui n’a pas grand-chose à voir avec 1989.

Un scénario riche mais qui à mon goût s’éparpille un peu trop, part un peu dans tous les sens, pour finalement pas mal de redites, ou le même jeu un peu longuet du chat et de la souris à la  je t’aime moi non plus. Un peu dommage.

 

Delcourt, collection Mirages, janvier 2010, 110 pages, prix : 14,95 €

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Crédit photo couverture : © Nathalie Ferlut et éd. Delcourt

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Hunger games - Suzanne Collins

20 Février 2010, 07:35am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Guillaume Fournier

 

hunger-games.jpgPrésentation de l’éditeur :

« Peeta et Katniss sont tirés au sort pour participer aux Jeux de la Faim. La règle est simple : 24 candidats pour un seul survivant, le tout sous le feu des caméras. Dans chaque district de Panem, une société reconstruite sur les ruines des États-Unis, deux adolescents sont choisis pour participer aux Jeux de la Faim. La règle est simple : tuer ou se faire tuer. Celui qui remporte l'épreuve, le dernier survivant, assure la prospérité à son district pendant un an. Katniss et Peeta sont les « élus » du district numéro douze. Les voilà catapultés dans un décor violent, semé de pièges, où la nourriture est rationnée et, en plus, ils doivent remporter les votes de ceux qui les observent derrière leur télé... Alors que les candidats tombent comme des mouches, que les alliances se font et se défont, Peeta déclare sa flamme pour Katniss à l antenne. […] »


Voici le nouveau best-seller ados/young adults qui fait sensation et frémir la blogosphère. (cf le challenge de Theoma : les coups de cœur de la blogosphère). Premier titre d’une trilogie qui semble stresser les lecteurs dans l’attente des tomes suivants, j’ai cédé à la curiosité en l’empruntant à la bibliothèque. Eh bien, je crois que je vais encore faire tache dans le décor… Oui ça se lit facilement, mais c’est tellement formaté que dès que les personnages et le début de l’intrigue sont mis en place, je peux vous dire la fin. Parce qu’en plus c’est une trilogie, alors forcément hein que les héros ils meurent pas ! Ah bon il va leur arriver plein de choses ? : la tension est distillée pile là où il faut mais ça colle tellement aux émissions de téléréalité que même là, on vous trace le fil rouge sans aucune surprise. Alors au bout d’un moment, ça fait un peu longuet (la première partie traîne en longueur et aurait mérité d’être allégée, tout comme les deux dernières, sur leur fin notamment). Bien sûr il y a quelques morts (c’est le but du jeu !) et un brin de fantastique dans un univers qui pourrait être crédible, mais ce n’est qu’une pale copie d’autres créations bien plus riches et audacieuses (je pense au  Combat d'hiver
de Mourlevat, dans son aspect combat et jeux du cirque dans l’arêne, mais lui va bien plus loin dans le sort dans de ses héros). D’autres lecteurs semblent également faire le parallèle avec un roman de Koushun Takami, Battle Royale, que je ne connais pas . Chrestomanci dans sa critique dit « La lecture de The Hunger Games ne m'a pas vraiment fait réagir, parce qu'il n'y a aucune surprise, les événements s'annoncent avant ». Oui, j’adhère totalement à ces propos. J’avoue avoir pour des obligations professionnelles lu d’autres livres en interrompant ces hunger games, et me suis demandée si j’avais vraiment envie de les reprendre. Je les ai abandonnés sans problème une ou deux semaines, ne les reprenant que pour vraiment vérifier que la fin était conforme à mon hypothèse des premières pages, et parce que ça m’endormait facilement (oui, parfois on lit pour de mauvaises raisons, qui sont tout aussi révélatrices du roman en question). Bon, je sens que je vais encore me faire incendier dans les commentaires, genre « mépris pour tous ceux qui ont adoré, condescendance, irrespect de l’auteur qui y a mis tout son cœur », etc. : non, ce n’est absolument pas mon intention, je respecte les lectures de chacun, et les réactions de chacun. Pour ma part je ne peux que dire que ce best-seller ultra-formaté manque terriblement de surprise (absolument tout est prévisible !), et que même le premier chapitre du tome 2 offert en fin d’ouvrage laisse déjà imaginer ce qui va se passer dans ce fameux tome ! ça veut juste dire que ce genre de littérature n’est pas pour moi, c’est tout. Mais que j’ai eu la curiosité d’aller voir pour en parler, a minima, et même d’aller au bout.


Je n’avais pas choisi ce titre dans le cadre du Challenge de Theoma, mais puisque je l’ai lu, on va dire que ça compte quand même ?

 

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Pocket jeunesse, octobre 2009, 379 pages, prix : 17,90 €

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Crédit photo couverture : éd. pocketjeunesse



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L'échange, un film de Clint Eastwood (2009)

19 Février 2010, 07:20am

Publié par Laure

Avec Angelina Jolie, John Malkovich

Durée : 141 min


l-echange.jpgLos Angeles, 1928. Christine Collins (Angelina Jolie) élève seule son fils, tout en travaillant dans un central téléphonique. Alors qu'elle s'est organisée pour que son fils reste un peu seul en son absence une journée, à son retour, il a disparu. La police ne s'inquiète guère de l'affaire : « ils reviennent toujours, on verra dans 24h ». Le lendemain, l'enquête démarre et reste morte pendant cinq mois, où on lui ramène en train un petit garçon, qu'on dit être le sien. Mais une mère ne peut pas se tromper, non cet enfant n'est pas le sien. Et là sur le quai de gare commence toute l'abominable manipulation qui vous scotche malgré vous au fauteuil. Christine se battra pour faire entendre sa vérité, mais la police ne supporte pas qu'on ternisse son image : internement d'office et intimidation toujours plus violente. Avec le soutien de quelques uns, elle poursuivra sa lutte, en passant par toutes les horreurs possibles. La puissance d'un système face à la bonne foi d'une mère, tout dans cette histoire et jusqu'à certaines scènes (l'hôpital psy, et d'autres, je ne veux pas tout dévoiler), est effroyable.

Je n'aime pas spécialement Angelina Jolie (mon dieu, cette bouche !) mais elle incarne si bien le rôle, avec force et présence dans cette lutte aussi vaine que terrifiante. D'autant plus effroyable que le film est tiré d'une histoire vraie.


Excellent.

 

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La folle parenthèse, Liane Foly (2008)

18 Février 2010, 07:01am

Publié par Laure

Spectacle enregistré au théâtre Marigny en juin 2008.

Durée : 2h


B001DD0I3M.jpgLiane Foly nous offre un one-woman show mis en scène au cabaret de Pedro, « le gay-tapant », où elle va revisiter les incontournables voix de la chanson française, québecoise, du cinéma, de la politique, etc.

ça commence assez moyen, dans un humour assez gras et court, avec des imitations assez courtes aussi, qui font la prestation un peu légère. L'écriture du spectacle peine un peu. Et les allusions à sa muse Mumu (Muriel Robin), qu'on nous montre sans cesse dans la salle, commencent à fatiguer. L'ensemble prend meilleure forme dans la deuxième heure du spectacle, même si le liant entre deux personnages est souvent mauvais ou inconsistant, bien souvent rattrapé par ses musiciens. En fait Liane Foly est à son meilleur quand elle ne cherche pas forcément à faire rire, juste quand elle imite, en forçant parfois les traits, certes. Elle se révèle excellente, et c'est un peu tard hélas, dans les rappels, à la toute fin du spectacle, dans son imitation de Dalida.

Une bonne prestation quand même, que j'ai découverte grâce au colis surprise de Dame C. (merci !)



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Petite lettre en bord de route...

17 Février 2010, 06:14am

Publié par Laure

Ma chère Hélène,


ça fait 4 ans aujourd'hui que je te lis, te suis, te fuis, t'épie, te prête mon clavier.

Tes jardins auraient bien besoin d'un petit désherbage comme on dit dans notre langage bibliothéconomique, d'un pt'it coup de frais ou d'engrais, mais je te sais fainéante quand il n'y a pas d'urgence. Je peux bien te le dire aujourd'hui aussi, j'ai toujours détesté le orange, et pourtant, je sais que tu ne la changerais pour rien au monde cette couleur bloguesque qui te colle à la peau. Elle fait des parties des murs. Tout comme les souvenirs, les joies et les engueulades qui ont fleuri ici, et qui continueront de fleurir, parce qu'ainsi va la vie.

Merci pour les rencontres, les vraies, les joies et rires partagés, les virtuelles, les mots de reconnaissance, les attentions, les larmes et les coups de griffe aussi, parce qu'on en guérit, toujours.

Je t'accompagne pour une cinquième année de jardinage lectures.


Et derrière le clavier, je dis merci aux fidèles, aux anonymes, aux collègues, aux silencieux et aux bavards, à tous ceux qui passent par hasard ou pas, qui reviennent ou pas, la route n'est pas finie.


Laure

 

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Crédit photo : bruno monginoux, www.photo-paysage.com

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Mathilde - Véronique Olmi

16 Février 2010, 06:51am

Publié par Laure

mathilde.jpgMathilde sort de prison, après avoir purgé une peine de trois mois pour avoir eu une relation amoureuse avec un adolescent de quatorze ans. Lorsqu’elle revient chez elle, son mari, médecin qui a mis sa vie entre parenthèses par peur du scandale, a mis toutes ses affaires en cartons.

Un face-à-face qui prend le lecteur dans sa tension, celle qui s’installe dans ce couple qui se retrouve. Avant, Mathilde écrivait. Elle était un peu connue, mais depuis « l’affaire », les ventes ont décollé. Son mari la pousse à raconter son histoire, à écrire pour se libérer de ses peurs et de la violence encourue, mais elle ne le peut pas. D’un couple qu’on pense voir exploser et se séparer, on va passer peu à peu à une réappropriation, de la vie, de l’amour blessé, du désir… On ne fera pas le procès de Mathilde dans ce texte, mais l’auteur propose une belle interrogation sur le désir et la nécessité de vivre la vie qui s’ouvre à vous, dans un cheminement intrigant. Le rapport à l’écriture et les cartons symbolisant la vie d’avant prennent une grande place dans le texte.

Le regret du théâtre, c’est que même s’il est agréable à lire, on se demande toujours ce que cela donnerait sur scène… je n’ai pas eu la chance de voir la pièce !

 

p. 40 « PIERRE : Qu’est-ce que je vais faire de tout ce que je connais de toi, si tu me quittes ? Mathilde, on est liés, reliés, attachés… je sais tant de choses, je les ai apprises, jour après jour, je les ai là… au fond de moi, sous ma peau !

MATHILDE : ça s’appelle « des souvenirs », Pierre. Tout le monde en a. Tout le monde vit avec. »

 

Lu et aimé aussi par Clarabel

 

Actes Sud-Papiers, octobre 2001, 56 pages, prix : 9 €

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Crédit photo couverture : © Cheryl Koralik / Photonica 2001 et éd. Actes Sud

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