Les jardins d'Hélène

Toujours – Alison McGhee et Pascal Lemaitre

31 Mars 2010, 15:04pm

Publié par Laure

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C’est l’histoire tendre et douce d’un petit chien et d’une petite fille, vue par l’animal, qui s’engage avec humour à toujours protéger sa jeune maîtresse. Il est le « gardien du château » que toujours il protégera, parce que là que vit la petite fille. S’il le faut, il domptera les écureuils, il stoppera les avalanches, il traquera les bêtes féroces, et en face du texte de très belles illustrations pastel décalées avec humour : les avalanches sont les jouets qui tombent des placards, les bêtes féroces sont des araignées ou des souris, etc.

 

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C’est mignon et fantaisiste, ça rappelle le petit couple infernal de Rita et Machin, ça plaira sans nul doute aux jeunes enfants qui ont pour complice dans la vie un petit chien, courageux (en rêve seulement ?) et fidèle !

 

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(spéciale dédicace to Miss C.)

 

 

Pastel, mars 2010, prix : 10 €

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Crédit photo couverture : © Pascal Lemaitre et éd. Pastel

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Je veux qu’on m’aime – Leo Timmers

31 Mars 2010, 11:06am

Publié par Laure

Adaptation française d’Etienne Schelstraete    

 

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« Le corbeau était toujours tout seul. On le fuyait. On l’évitait. « Pourquoi personne ne m’aime ? » se disait-il tristement. » Pauvre corbeau, tout noir, qui fait peur à tout le monde. Il a pourtant une bonne bouille sous le trait de l’auteur et illustrateur Leo Timmers ! C’est que le corbeau aimerait beaucoup devenir ami avec les gais et colorés pinson, perruche et mésange. Il a une super idée ! Qui ne va pas vraiment marcher… Ou plutôt si, mais pas comme il l’entendait.

Un album très simple (mais très efficace !) sur la différence, la peur de l’autre, la solitude et le besoin d’amitié. Un album facétieux qui ne manque pas d’humour ! On a tous besoin de couleurs dans la vie, et surtout, d’amis !

 

Milan jeunesse,  septembre 2009, prix : 10,90 €

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Crédit photo couverture : © Leo Timmers et éd. Milan jeunesse.

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Un livre – Hervé Tullet

27 Mars 2010, 18:40pm

Publié par Laure

un-livre-tullet.jpgJ’avais déjà lu ici ou là des critiques très enthousiastes sur cet album jeunesse, et je ne pouvais m’empêcher de penser que ça devait encore être ce que j’appelle habituellement dans mon job  « un truc d’instit », ce genre de livres qu’adorent les enseignants de maternelle ou de primaire parce qu’il y a des super machins pédagogiques dedans que moi  je ne vois pas, puisque je ne suis pas enseignante. Et que je n’attends pas d’un livre qu’il ait des qualités de ce genre. C’est vrai quoi, des ronds jaunes, bleus et rouges et on va nous sortir un truc sur les différences parce qu’un carré va apparaître dans l’histoire et que le carré ne rentre pas dans le rond mais l’inverse si, ou que le bleu et le jaune vont faire du vert, que sais-je encore.  Ça, c’est le genre de livres qui m’énervent et que je laisse aux instits qui eux semblent les adorer. (Mais si, j’aime bien les instits, même que je travaille toute l’année avec  eux !)

Et puis… j’ai trouvé un livre, ce livre,  sur une table de librairie jeunesse,  je l’ai ouvert, et là, j’ai ri comme une andouille en m’exclamant « génial ! » à chaque page.  Je me suis retenue tout ce que je pouvais pour ne pas faire ce qui était écrit sur le livre parce que quand même j’étais pas toute seule et que déjà je rigolais et je parlais tout haut en public ! Mais là tout de suite, j’ai fait l’expérience à la maison (parce qu’évidemment je l’ai acheté !) : Mosquito l’a trouvé, l’a ouvert, et je l’ai observée en douce : à la première page, elle a fait comme indiqué : « appuie sur ce rond jaune et tourne la page », et elle a continué, tournant chaque page, faisant scrupuleusement tout ce qu’on lui demandait de faire, riant de plus belle, pour finir sur un fou rire, et aller porter le livre à sa sœur de 13 ans. Qui a fait tout pareil. Même si on comprend le truc très vite, et bien on ne peut pas s’en empêcher, de tourner, de  « cliquer », de souffler, de pencher à gauche ou à droite, et de rire, même si ça, ce n’est pas écrit dans le livre.

C’est tout simple, ça a l’air tout bête, et c’est formidablement inventif et amusant. Voilà aussi ce que j’attends d’un livre : d’être surprise, étonnée, amusée, admirative… Humour, fantaisie, imaginaire : on ne peut pas résister  à ce livre !

 

Bayard jeunesse, février 2010, prix : 10,90 euros

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Crédit photo couverture : © Hervé Tullet et éd. Bayard jeunesse

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C'est ici que l'on se quitte – Jonathan Tropper

23 Mars 2010, 07:33am

Publié par Laure

Traduit de l'américain par Carine Chichereau


c-ets-ici-que-l-on-se-quitte.jpgPrésentation de l'éditeur : Qu'y a-t-il de pire que d'enterrer son père ? Réponse : passer la semaine qui suit enfermé avec sa propre famille de dingues... Morton Foxman s'en est allé. Mais avant de mourir, il a exprimé une dernière volonté : que sa famille célèbre la shiv'ah. Sept jours de deuil, ensemble, sous le même toit. Une perspective peu réjouissante pour ce clan qui ne s'est pas retrouvé ainsi réuni depuis... depuis quand déjà? Judd, qui nage en pleine déprime après avoir découvert sa femme en flagrant délit d'adultère, s'apprête à vivre ce qui pourrait être la pire semaine de sa vie. Il rejoint sa mère, aux talons et décolleté vertigineux; sa soeur Wendy accompagnée de ses gosses hyperactifs et de son mari continuellement scotché à son BlackBerry; son frère aîné, Paul, atrabilaire, et sa charmante épouse, avec qui Judd a pris un peu de bon temps par le passé; et enfin Phillip, le vilain petit canard, qui se fait aussi rare que discret sur ses activités... Des caractères diamétralement opposés contraints de cohabiter pendant sept jours et sept nuits. Les non-dits, les rancoeurs couvent. Et chacun de prendre sur lui pour ne pas péter les plombs. Famille, je vous hais! Heureusement, il y en a au moins un qui n'est plus là pour voir ça...


C'est une histoire de deuil et pourtant c'est drôle du début à la fin... ou presque, car il y a aussi quelques séquences émotions... C'est bien souvent complètement déjanté aussi, comme seuls peut-être les Américains savent le faire, dans une extravagance qui évacue tout complexe.

J'avais beaucoup entendu parler de cet auteur sans jamais l'avoir lu (le livre de Joe, Perte et fracas, ...), j'ai donc fait un essai avec son dernier titre paru. Et j'avoue que le début est saisissant, la scène où Judd surprend sa femme au lit avec son patron à lui est à mourir de rire, interminable et pourtant très très forte dans l'humour. Et là je me suis dit : il est très fort ce type. Hélas, j'ai un peu déchanté par la suite, car j'ai trouvé trop de longueurs au roman, ça me paraît assez inévitable au vu de le construction choisie : 7 jours enfermés dans une maison, avec des couples complètement barges, en égrenant les chapitres jour après jour et parfois presque heure par heure... même si l'on fait le tour des histoires folledingues de chacun, pas facile de se renouveler.

Ce n'est sans doute pas un roman inoubliable mais c'est roman divertissant et amusant, un roman de vacances ou de plage, un roman détente. Assez cru par moments, vous êtes prévenus. (mais ça fait partie des personnages décomplexés !)

p. 304 : "Je ne me sentirais pas à l'aise si j'essayais d'emballer une fille devant les frères de la femme mariée avec qui je viens de passer une nuit. Il faut un bon GPS pour suivre la vie sexuelle des membres de cette famille. Je me demande si les relations amoureuses sont aussi tordues chez les autres, ou si notre famille possède un don particulier pour tout compliquer".

p. 354 : "Noyer l'émotion sous la logistique. Voilà ce que nous faisons. Papa vit en chacun de nous. Eh oui, les parents peuvent continuer à vous emmerder même après leur mort : en ce sens, ils ne disparaissent jamais tout à fait. Mes frères, ma soeur et moi aurons toujours du mal à faire face à nos vrais sentiments. Avec les autres, nous arrivons à gérer jusqu'à un certain point, mais entre nous, ce sont des échecs à répétition - parfois spectaculaires. Nos connexions profondes sont trop chaotiques, c'est comme au coeur des murs de cette maison : les plombs sautent pour un oui, pour un non."


Fleuve noir, octobre 2009, 370 pages, prix : 19 €

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Crédit photo couverture : Bec Parsons / Getty Images / et éd. Fleuve Noir

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L'arnacoeur, un film de Pascal Chaumeil (2010)

22 Mars 2010, 07:04am

Publié par Laure

Avec Vanessa Paradis, Romain Duris, ...

Durée : 1h45


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Synopsis : "Votre fille sort avec un sale type ? Votre sœur s'est enlisée dans une relation passionnelle destructrice ? Aujourd'hui, il existe une solution radicale, elle s'appelle Alex. Son métier : briseur de couple professionnel. Sa méthode : la séduction. Sa mission : transformer n'importe quel petit ami en ex. Mais Alex a une éthique, il ne s'attaque qu'aux couples dont la femme est malheureuse.
Alors pourquoi accepter de briser un couple épanoui de riches trentenaires qui se marie dans une semaine ?"


Comédie romantique et drôle, même si les ficelles sont parfois un peu grosses, je n'ai pas boudé mon bonheur et j'ai beaucoup ri ! Je ne suis pas spécialement fan de Duris (pas mon genre, c'est tout), ni de Paradis (jolies robes de couturier, il lui manque quand même un peu de quoi les remplir) mais leur couple à l'écran fonctionne bien, on y croit et on en redemande : ah le délicieux remake d'une scène de Dirty dancing !

C'est pétillant, rythmé, drôle, le personnage joué par le Belge François Damien est un poème à lui tout seul, une comédie glamour qui fait une belle part à l'humour, allez, ça se regarde et j'vous parie que ça fera de belles soirées DVD entre copines tout ça !

 

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© Universal Pictures International France



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Shutter Island, un film de Martin Scorcese (2010)

21 Mars 2010, 17:43pm

Publié par Laure

Avec Leonardo di Caprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley, …

Durée : 2h17


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Synopsis d'Allociné : « En 1954, le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule sont envoyés enquêter sur l'île de Shutter Island, dans un hôpital psychiatrique où sont internés de dangereux criminels. L'une des patientes, Rachel Solando, a inexplicablement disparu. Comment la meurtrière a-t-elle pu sortir d'une cellule fermée de l'extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Œuvre cohérente d'une malade, ou cryptogramme ? »

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© Paramount Pictures France


Ceux que je connais autour de moi et qui n'ont jamais lu le roman de Lehane ont beaucoup aimé ce film. Ceux qui connaissent le livre sont mitigés, parce que forcément, on a un regard particulier sur l'orientation de la mise en scène dès les premières minutes.

Il n'empêche que... ouch ! Sacré bon film quand même, qui en dit certes beaucoup plus que le livre, plus explicite que le bouquin, mais tout aussi retors et stressant.

Une histoire complexe, angoissante, inquiétante, étrange, on s'interroge, on fait des hypothèses, on ne sait plus qui est fou et qui ne l'est plus, qui manipule qui ,et c'est ça qui est bien. Fin renversante, évidemment, même s'il n'y pas eu cette magie du roman où je m'étais vraiment dit mais euh j'ai rien compris ou quoi ? et j'avais repris les premières pages.


Sortie annoncée en DVD et Blu-ray : 24 juin 2010


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Un prophète, un film de Jacques Audiard (2009)

21 Mars 2010, 07:38am

Publié par Laure


Avec Tahar Rahim, Niels Arestrup, …

Durée : 2h30


un-prophete.jpgSynopsis : "Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena ne sait ni lire, ni écrire. A son arrivée en Centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Il a 19 ans.
D'emblée, il tombe sous la coupe d'un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite. Au fil des " missions ", il s'endurcit et gagne la confiance des Corses.
Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer discrètement son propre réseau..."


LE film aux 9 Césars, dont ceux de Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur acteur pour Tahar Rahim, Meilleur acteur dans un second rôle pour Niels Arestrup.

Lorsqu'il arrive en prison, le jeune Malik n'a que 19 ans, il a l'air candide, il est naïf et illettré. Dans l'enceinte carcérale s'affrontent deux clans, les Corses et les Arabes, la mafia corse dominant sous le personnage de César, très bien joué par Niels Arestrup. En échange d'un service (un assassinat dans les murs !), Malik va bénéficier de la protection de César, et petit à petit, prendre discrètement la place du maître.

Film aussi violent que surprenant, aussi dérangeant qu'admirable. Certaines scènes sont franchement dures, dans cet univers clos, noir et étouffant. Après 2h30 on en ressort vraiment étourdi, mais captivé. Jolie démonstration, malgré le réalisme violent, de l'ascension rendue possible par la connaissance, car c'est en passant par l'apprentissage (dans tous les sens y compris scolaire) et l'observation que Malik accédera au pouvoir. L'élève dépasse le maître, les moyens sont effrayants et condamnables, mais le résultat stupéfiant. Jamais film n'aura fait pénétrer aussi longtemps dans l'univers âpre et corrompu d'une prison.

 

C'est dérangeant, mais bien construit, et bien fichu, avec quelques scènes plus "oniriques" quand Malik vit ses flashs qui lui vaudront le surnom de "Prophète". A voir, incontestablement.

 

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Poil au nez - Cécile Chartre

20 Mars 2010, 17:39pm

Publié par Laure

poil-au-nez-copie-1.jpgAngel a 16 ans et vit seul avec sa mère, et curieusement il n’apprécie pas trop de se faire réveiller ce matin du 31 décembre 2009 par sa bande de potes qui entend bien passer la journée et le réveillon avec lui, tous ensemble. Angel, encore en pyjama, un vieux truc moche à rayures (mais qui a une histoire), va accepter de sortir comme ça dans les rues pour délirer un peu avec les copains. Pourtant, le cœur n’y est pas, car Angel ce jour-là a un rendez-vous important, un rendez-vous mystérieux qu’il attend depuis dix ans : une boîte blanche à ouvrir le 1er janvier 2010 à zéro heure zéro minute précisément.

Au fil du texte et de cette journée du 31 décembre 2009, on remonte avec Alex dix ans en arrière, le 31 décembre 1999, jour de la mort de son père. Ce père adoré, à l’humour imbattable, son père et sa sacrée moustache, fièrement portée aussi par Angel aujourd’hui. Dans son récit, Angel s’adresse à son père et le lecteur chemine avec lui, ému, du bonheur familial au drame de la disparition, au chagrin et à la douleur de l’absence, jusqu’à la reconstruction. C’est émouvant, touchant, parce que chaque phrase est bien choisie et juste. Et c’est très fort aussi, parce que malgré tout c’est drôle, enjoué, vivant.

Encore une belle pépite de littérature jeunesse comme je les aime !

 

J’avais déjà beaucoup aimé Joyeux ornithorynque, son précédent (et premier je crois) roman, je n’avais pas fait de billet (parce que parfois aussi je suis très fainéante), je vous renvoie à celui de Clarabel !

 

Cécile Chartre est née à Pau en 1971, et elle travaille comme bibliothécaire jeunesse à Jurançon, dans les Pyrénées-Atlantiques.

 

Un coup de cœur pour Marie, pour Gaëlle, pour Mel de la soupe de l’espace et l’avis de Clarabel, …

 

Rouergue, coll. DoAdo, janvier 2010, 90 pages, prix : 6,50 €

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Crédit photo couverture : © Frank Secka et éd. du Rouergue.

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Nanouk et moi - Florence Seyvos

18 Mars 2010, 09:55am

Publié par Laure

nanouk-et-moi-copie-1.jpgThomas est un petit garçon bouleversé par des cauchemars, et surtout ce qu’il appelle des « cauchemars éveillés », lorsqu’il repense au film Nanouk l’Eskimo, de Robert Flaherty. Plus exactement, c’est la phrase écrite qui ouvre ce film documentaire qui le hante : On apprend avant même le début du film que Nanouk est mort de faim en allant chasser le cerf deux ans après le tournage. Thomas a la chance d’avoir des parents attentifs et ouverts qui vont lui proposer d’aller voir le docteur Zblod (c’est un pseudonyme inventé par Thomas pour que vous n’alliez pas téléphoner au docteur en vrai pour lui faire des blagues, oui, il y a aussi beaucoup d’humour dans ce livre, on est dans l’enfance, n’oublions pas !). Le docteur Zblod est (sans doute) un excellent pédopsychiatre, neutre et bienveillant, qui peu à peu va aider Thomas à exprimer ses peurs et à comprendre combien il est normal d’avoir peur de la mort.

Pas de panique si vous ne connaissez pas le film de Robert Flaherty, Thomas résume très bien l’histoire de Nanouk, à la demande du médecin qui ne s’en souvient plus très bien (et au passage, ça rend bien service au lecteur, voyez l’habileté romanesque de la chose).

Grâce au docteur Zblod, Thomas va dépasser ses angoisses : « tu as découvert que la mort était infiniment inquiétante et triste. Tu as aussi vérifié que tu pouvais y penser sans devenir fou. » (p. 90). A propos d’inquiétude, l’auteur nous en fait traverser une grande aussi, lorsque Thomas décide d’avaler des médicaments trouvés dans l’armoire à pharmacie familiale, pour retrouver la gaîté car il a entendu à la télé que c’était possible grâce aux anti-dépresseurs. Là encore, belle écoute et réponse du docteur Zblod. (Je vous rassure, le médicament ingéré n’était en fait que des comprimés … contre les aphtes !)

C’est donc un très beau roman sensible et fin que nous offre Florence Seyvos pour aborder ce thème délicat. C’est aussi un roman qui ouvre plein d’autres pistes, désacralise la psychiatrie, donne une folle envie de voir le film de 1920 Nanouk l’Eskimo, rappelle les débuts de la photographie, la vie des Inuits, … Une belle relation enfant / médecin, enfant / parents, un livre intelligent qui fait du bien !

 

(à proposer dès 9/10 ans)

 

L’école des loisirs, coll. Neuf, janvier 2010, 103 pages, prix : 8 €

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Crédit photo couverture : © Gabriel Gay et éd. l’école des loisirs

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Attendre – Sandrine Roudeix

10 Mars 2010, 22:29pm

Publié par Laure

attendre.jpgLola, 16 ans, attend dans un café la venue de son père qu’elle n’a jamais vu. Du genre envolé à sa naissance. Elle lui a envoyé ce simple texto : « Je suis votre fille. Si vous avez envie de me voir, je vous attendrai demain à dix-huit heures au Zinc » et espère qu’il y répondra par sa présence.
L’auteur a construit son roman en trois parties clairement annoncées : Elle donne d’abord sa voix à Lola, 16 ans, 1er mai 2009, à la recherche de son père, puis elle donne la parole à sa mère, Marie, quatre plus tôt, le 30 avril 2005, pour finir par le père, Pierre, 12 ans plus tôt encore, le 1er mai 1993, à la naissance de sa fille, alors qu’il n’avait lui-même que 17 ans.
Que s’est-il réellement passé dans l’esprit de chacun et dans leurs relations ?
Attendre est un premier roman que j’aurais aimé aimer. (Parce que le roman est arrivé dans ma boîte aux lettres, dédicacé à mon nom, alors que je ne connais personne chez Flammarion. Je fais bien quelques supputations de liens mais voilà, c’est toujours une bonne surprise). Parce que le thème me semblait intéressant, et si la construction n’est pas particulièrement nouvelle, elle me semblait prometteuse d’explorations intérieures différentes. Alors dommage, car pour moi il y a quand même du bon dans ce premier roman, notamment dans la voix du père, qui me semble être la partie la plus aboutie, la mieux travaillée, la plus réaliste en tout cas, et la plus émouvante aussi. Mais il y a aussi beaucoup de maladresses. Un tic de langage qui m’a vite insupporté : l’auteur use et abuse des comparaisons, ok, mais des comparaisons souvent étranges et à mon avis totalement inutiles. Passe encore qu’elle les attribue à un personnage, mais aux trois, qui sont censés user de voix différentes, ça ne passe plus.
Exemple :
p. 33 « Un souffle chaud vient cogner sur mes joues comme un fumet de gambas flambées » (quand son père lui parle, je ne vois pas le rapport avec les gambas)
p. 34 « je vois passer dans ton regard une émotion fugace comme un effluve de cigarette » (la cigarette est un truc qui pue longtemps non ? alors émotion fugace...enfin ça c’est ma réaction de non-fumeuse !)
p. 35 « Tes paroles tombent, mal, dans mes oreilles, mais je me reprends et essaie de les évacuer comme l’eau trouble dans une baignoire qu’on vient d’utiliser » (là encore, j’ai du mal avec l’association paroles douloureuses et bain à vider mais ça doit être moi…il est si sale que ça votre bain à vous ? oui je sais les produits cosmétiques machin tout ça c’est pas de la crasse ! et il se vide si mal que vous ne pouvez qu’essayer d’évacuer l’eau sans être sûr d’y parvenir ?)
p. 38 « Tu es bourré, visiblement alcoolique avec tes petites veines explosées sur le visage comme des vers rouges dégueulasses » (oui ça c’est vraiment dégueulasse comme comparaison, on est d’accord, mais les vers, ça bouge, ça grouille, ça remue, la couperose, non)
p. 39 « Alors je laisse tes questions glisser sur moi comme sur le capot huileux de la vieille Clio de maman. » (Vous laissez glisser beaucoup de choses sur le capot de votre voiture vous ? et pourquoi huileux ? crasseux sans doute, mais pas huileux, il ne pleut pas de l’huile dehors, même par chez moi)
p. 44 « Mais j’avais le ventre chiffonné comme un vieux chemisier… » (on ne parle pas de vergetures hein mais de malaise intérieur)
p. 45 « Tandis que j’essuie une goutte de transpiration sur mon front comme sur une vitre sale… »
p. 48 « alors que les étoiles brillaient encore dans le ciel comme des petites mains d’enfant »
p. 50 « Une mère habillée en jean et chemisier blanc avec un serre-tête épais en velours bleu marine traîne un bébé comme un Caddie derrière elle »
p. 51 « Tout s’est enchaîné comme dans un poème sans virgule, … »
 
Etc. etc. A la relecture comme ça, ça ne choque presque plus, mais sur le moment, je les ai trouvées trop nombreuses, trop rapprochées, trop lourdes, trop « cliché », ces comparaisons, et surtout, inutiles.
La deuxième partie se passe presque totalement dans la voiture de la mère, quand Lola avait 12 ans, à la sortie du collège. Sa mère passe la chercher pour lui dire enfin la vérité sur son père, lui ouvre la portière avant de la voiture, fait basculer le siège pour qu’elle puisse aller s’asseoir derrière (apparemment c’est une Clio 3 portes et non 5), et toute la discussion va avoir lieu la mère à moitié retournée sur son siège conducteur et la fille sagement assise à l’arrière. A 12 ans ??? Laissez-moi rire. Vous savez à quoi ressemble une enfant de 12 ans ? Vous savez que les enfants ont le droit de s’asseoir sur le siège passager AVANT dès 10 ans ? Vous savez que je n’ai jamais vu aucun enfant en âge de monter DEVANT aller s’asseoir derrière quand la place de devant est libre ? Et pourtant, j’en vois beaucoup des collégiens descendre des voitures tous les matins ! Est-ce volontaire, cette invraisemblance totale, pour je ne sais pas moi, infantiliser sa fille ? Remarquez, quitte à parler dans une voiture, espace clos, autant coincer la gamine derrière, sans portières par où elle pourrait s’enfuir. C’est peut-être ça l’astuce ?
Ah si, un dernier truc dans la troisième partie que je trouvais pourtant meilleure : à la naissance, Lola pesait 3,6 kg  (beau bébé donc) et mesurait 59 cm. Oui, 59 cm. La moyenne va plutôt de 48 à 52 cm, même mes maousses de 3,9 kg ne faisaient que 52 cm, alors wouah, Lola, superbe bébé géant, taille 3 mois à l’accouchement.
Allons, c’est pas sérieux tout ça.
(Et c’est bien dommage…)


Flammarion, mars 2010, 122 pages, prix : 14 €,
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Crédit photo couverture : éd. Flammarion

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