Les jardins d'Hélène

Le requiem de Terezin – Josef Bor

18 Août 2008, 07:09am

Publié par Laure

Roman traduit du tchèque par Zdenka et Raymond Datheil.

 

Extraits (résumé) de l’avant-propos de l’éditeur : « en 1935, Goebbels annonce que la participation à la culture allemande est interdite aux Juifs. Exclusion, ségrégation et ghettoïsation sont les étapes qui précèdent la solution finale. En 1942, les acteurs de l’Union culturelle juive se retrouvent au camp de Terezin, à 60 km au Nord de Prague. Le juriste tchèque Josef Bor y est interné en juin 1942, il a 36 ans. Il a écrit le Requiem de Terezin en 1963, rescapé d’Auschwitz et Buchenwald. Son roman est inspiré d’une histoire vraie : le pianiste et chef d’orchestre Raphaël Schächter est arrivé au camp en 1941. Il a réussi, au bout de dix-huit mois d’efforts acharnés, à donner en concert le requiem de Verdi avec quatre solistes, cent cinquante choristes et deux pianos qui remplaçaient l’orchestre. On estime que cinq cents détenus environ participèrent aux répétitions, les effectifs étant constamment minés par les convois pour Auschwitz. »

 

Voici essentiellement ce qu’il faut savoir de ce roman. Tout le reste, c’est-à-dire le roman lui-même, ne m’a que très peu touchée. Ce n’est pas le roman des camps, c’est le roman de la ténacité d’un homme pour mener à bien son projet fou, luttant seul ou presque pour garder un espoir et se battre pour l’idée que la musique rend libre. On lira les difficultés des répétitions, l’acharnement de Schächter, et la représentation finale devant les nazis, avant la déportation.

C’est un récit froid et factuel, un récit sur la musique, dont l’objet n’est pas l’horreur du ghetto lui-même. Cette distance m’a gênée, et je n’ai pas réussi à apprécier ce récit, ni le personnage de Schächter, qui se sent trahi quand ses recrues préfèrent suivre leur famille en déportation plutôt que d’en être séparées et rester avec lui pour monter le requiem. Une force de caractère inouïe pour un homme qui ne m’a pas émue le moins du monde, et pourtant, sur ce sujet difficile, il est rare de rester impassible. C’est donc davantage un document historique sur ce fait réel plutôt qu’un roman sur cette période, et on ne peut le considérer de la même manière : un document est fait pour relater des faits. Même si c’est écrit roman sur la page de titre…

 

Le livre de poche n°3451, collection Biblio roman, juin 2008, 123 pages, prix : 5,50 €

Ma note : 2/5

Crédit photo couverture : Petit garçon juif jouant du violon pour subvenir à ses besoins, Photographie de février 1941, Joe J. Heydecker. © Roger-Viollet, et éd. LGF.

 

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Jo-Elle 02/11/2009 09:42


Je rentre de Prague et je suis allée à Terezin aussi
Ma fille m'offre ce livre à mon arrivée
Je le commence
Et écouterai Verdi aussi...


Karine 19/08/2008 00:45

Dommage... c'est un genre de truc qui aurait pu me plaire (j'aime lire sur ces deux thèmes) mais je crois que je vais passer mon tour si c'est froid et "documentaire".  Dé-notons donc!

Laure 19/08/2008 10:53


sur le forum du prix des lecteurs, beaucoup ont aimé... tu sais quoi, je le rajoute dans l'enveloppe, comme ça, tu te feras ton propre avis :-))