Les jardins d'Hélène

La femme quittée - Raphaële Vidaling

14 Mai 2006, 16:59pm

Publié par Laure

Son mari la quitte, elle reste seule avec leur petit garçon de 2 ans. Sous forme de journal, 144 courts chapitres ou plutôt paragraphes d’une 10aine de lignes, on suit l’évolution post séparation de la narratrice. D’abord complètement déprimée et larmoyante, elle va petit à petit reprendre le dessus et chercher de nouvelles rencontres via Internet et les petites annonces, jusqu’à se sentir enfin « quitte », et non plus quittée. Au début je me demandais pourquoi j’avais tant cherché à lire ce petit livre que je trouvais bien décevant, tournant sans charme aucun autour d’un nombril féminin de pauv’fille qui se lamente. Et puis le roman prend une belle tournure, avec des petites phrases facétieuses, une pointe d’humour ou de calembours sympathiques, offrant un ensemble plus distancié du personnage, ou du moins une évolution positive de l’histoire qui nous sauve d’un hypothétique ennui.

Cet extrait : « 130. L’amour versant amer »

            « L’homme aux yeux verts – comment l’appeler, voyons : X, Y, Z ? – X ne fait que passer, chez moi, il dit. Et puis finalement il reste une partie de la  nuit. Il a la peau élastique, l’odeur alchimique, l’émotion contagieuse. Il m’use les lèvres comme à dix-sept ans. Pas d’engagement, il cherche une fille pas chiante : scout toujours, me voilà ! Dégringolade. Je glisse du tout-est-possible à un rôle que je connais bien, la jamais-déçue-pas-exigeante. Avec toi tout est simple, il dit. Je sais faire, oui, je sais faire les choses pour qu’on me dise cela. En glissant je renonce à plus, je fais de lui mon simple bonus. C’est un amant hors pair, lisse, sensible et délicieux. Je prends tout ce qu’il a de bon à donner, je donne ce qu’il attend, je n’attends rien. Je perds l’accès, et lui plus encore, à quelque chose en moi qui n’a pas eu le temps de s’épanouir, je le sais. Mais il est très bon aussi de faire l’amour au brouillon. » (p.136)

Cet extrait m’a marquée, parce que des filles comme ça, j’en connais.

Grasset, avril 2003, 157 pages, ISBN 2-246-65031-3, prix : 9.90 € 

Ma note : 3/5 

Merci à C. pour le prêt de ce livre !  

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clarabel 14/05/2006 20:43

Même  impression, finalement ! :)