Les jardins d'Hélène

Trop de bruit dans le vide-ordures - Françoise Guillaumond

1 Juin 2006, 09:45am

Publié par Laure

J’ai toujours eu un faible pour les couvertures de la collection la Brune aux éditions du Rouergue, dans leur version colorée d’avant 2004 (pas sûre de la date), même si leurs nouvelles couvertures blanches à peine illustrées font sans doute plus modernes et correspondent bien à l’idée épurée des textes. J’aime leur format, leur papier et leur police de caractères. J’y ai trouvé des petites pépites de lecture, des romans sobres et d’une intensité dramatique troublante. Je cite en vrac ceux que j’ai beaucoup aimés : L’office des vivants, de Claudie Gallay, Tu t’appelles Amandine Khedda de Christophe Léon, L’eau du bain et les amants américains de Pascal Morin, la baie de Franck Bijou, ceux qui m’ont un peu déçue : Seule Venise, de Claudie Gallay, Petites morts d’Isabelle Rossignol, ceux qui sont encore dans mes envies d’achats : les titres de Julien Bouissoux et de Karine Reysset, et d’ailleurs, j’aimerais bien avoir la collection entière ! (Chers éditeurs du Rouergue, si vous passez par là, j’accepte les cadeaux ;-))

Le dernier en date dans mes lectures, c’était donc ce titre énigmatique de Françoise Guillaumond, trop de bruit dans le vide-ordures. Dès le début j’y ai retrouvé la touche « maison » d’un style concis et elliptique, qui traduit un drame en devenir. Anna ne peut pas vivre sans son grand frère, cette partie d’elle-même qui lui apporte l’amour et l’affection qu’elle ne trouve pas auprès de son père colérique et de sa mère mal aimante et plus ou moins alcoolique. Le bruit dans le vide-ordures, c’est celui que font les canettes de bière de la mère quand elle les jette. D’ailleurs elle ne les jette pas dans le vide-ordures, justement parce qu’il y en a trop et que ça ferait trop de bruit. Un foyer où domine la violence morale. L’écriture sobre annonce un drame qu’on ignore puis ce sera la disparition du grand frère, banal accident. Anna perd pied et s’isole, anorexie, quasi autisme, même si les mots ne sont pas écrits, ils sont ressentis. J’ai beaucoup aimé cette atmosphère et cette écriture, jusqu’à ce que je sois particulièrement déçue par la fin : porteuse d’espoir elle arrive pourtant bien trop vite, comme si l’auteur elle-même était pressée d’en finir et de se débarrasser d’une corvée. Pour moi cette fin casse le roman, mais accordons à l’auteur l’excuse du premier roman (pour adultes, elle écrit sinon pour la jeunesse).

 

Le Rouergue, coll. La Brune, 2001, 149 p., ISBN 2-84156-275-1, prix : 10,52€

Ma note : 3/5

 

Commenter cet article

clarabel 02/06/2006 17:08

Personnellement je préfère les nouvelles couvertures ! :)
.. euh moi aussi : (Chers éditeurs du Rouergue, si vous passez par là, j’accepte les cadeaux ;-))
Merci ! :)

Laure 02/06/2006 17:37

hum, les blanches sont trop fades et du coup ressemblent trop à celles de la collection 1er mille de chez Arléa, et je les confonds tout  le temps ! d'autant que ces 2 collections proposent des textes un peu dans la même veine (cf. l'évier de Ch. Feret-Fleury, c'est chez Arléa 1er mille, mais ça aurait tout aussi bien pu être au Rouergue) !
C'est vrai ça,  j'avais oublié de leur dire merci ;-)))

queenkelly 01/06/2006 11:08

Merci pour le tuyau! Je fouinerai dans le catalogue des éditions du Rouergue avec délice, j'adore les écritures autères et dépouillées. Je pense que je lirai aussi Sylvie Testud. J'en avais entendu dire du bien mais j'ai un a priori injustifié d'ailleurs sur les actrices qui jouent à écrire...