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  • : 44 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 16 ans. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 06:55

Imaginez un roman qui dit toute la réalité des passagers clandestins qui paient cher un voyage tout aussi dangereux que l'éden promis et qu'ils ne connaîtront jamais... Imaginez un petit garçon malien d'une dizaine d'années qui raconte son voyage sur la pirogue, les viols répétés de sa mère sur le bateau, en termes imaginés... Imaginez les squats et toutes les aberrations dont les sans-papiers sont victimes et dont l'actualité se fait l'écho... Sans doute est-il bien qu'un roman s'y arrête. Il est donc difficile d'y porter un « jugement ». Ce qui m'a gêné dans ce livre, c'est le langage. Qui mêle simplicité du langage d'un jeune enfant à des propos philosophiques, crudité faussement naïve des viols et de la prosmicuité à des propos autrement poétiques. Sagesse et innocence, nécessité vitale de se détacher de sa mère, pas facile si jeune, mais il faut survivre seul...

« J'ai caressé son cou. L'amour, c'est un soulagement, c'est la respiration pathétique de la douleur. J'ai fait partir la souffrance du coeur. J'ai expiré trois jours de tristesse en un seul souffle ». Il a quoi, dix ans à peine le gamin qui dit ça ? « L'amour, respiration pathétique de la douleur.. » même si je veux bien croire que c'est le retour en arrière d'un jeune adulte sur son enfance, c'est au coeur d'une narration d'un temps présent : « le lendemain, on est sortis faire quelques courses. Quand on est rentrés du Monoprix avec le lait et les gâteaux, des flics avaient cloué des planches de bois pour empêcher les gens d'entrer. » Là OK, il a bien dans les dix ans le gamin.

C'est ce mélange des perspectives qui m'a gênée, rendant l'ensemble peu crédible, comme un exercice trop brillant qui a manqué une étape quelque part. « Le malien, ma langue maternelle, est le tremblement de ma peau dans la bouche d'une femme, le chant naturel qui déverse sur moi des sensations de plaisir. J'écoutais sur ses lèvres parfumées et brûlantes les saisons hostiles où pleurent les fleurs. Cette langue berçait mon sang pour le raffermir. » Juste à côté de « Pleure Mama, pleure ». Par le même narrateur, Nasser, petit garçon malien, non, une fois encore, si les deux registres de langage se justifient, l'un à côté de l'autre ils m'empêchent d'adhérer au récit.


Les lectures de Cuné, Laurence et quelques uns des participants au prix Biblioblog 2009 (ce titre était dans la sélection de Laurence), Amanda (dont je suis très proche sur ce livre), Anne-Sophie, ….


Buchet-Chastel, juin 2008, 178 pages, prix : 14 €

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Crédit photo couverture : Kua Na Mewani Mala Kwa Mala... de Georges Lilanga,  © Contemporary African Art Collection Limited / et éd. Buchet-Chastel

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