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  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 16 ans. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 06:29

Dans mon esprit, Philippe Forest est l’écrivain de l’enfant perdu (cf ce titre, entre autres). Celui qui d’un livre à l’autre parle du décès de sa petite fille, et de la façon dont lui-même et son épouse l’ont vécu. Ici, il se fait plus intime, plus impudique, en décryptant son nouvel amour, tant dans sa façon de l’approcher par la réflexion que dans ses problèmes d’érection. J’avoue avoir été nettement moins intéressée et partager souvent de l’avis de Bernard, internaute qui en parle ici.

Pourtant, je ne réussis pas à désapprouver complètement ce livre non plus. Sa relation triangulaire entre son épouse qu’il ne réussit pas à quitter (elle reste la mère de l’enfant qu’ils ont perdu, et ils sont les seuls à pouvoir partager cela) et Lou, la jeune femme qui devient sa maîtresse et avec qui il ne parvient pas à vivre totalement, est décortiquée dans sa moindre pensée, dans son moindre échec ou bonheur, un tel jusqu’auboutisme dans l’écriture est surprenant. Il reste néanmoins de très belles pages sur l’amour dans lesquelles on peut davantage se retrouver, parce que pour le reste, même si la démarche est très littéraire, la vie sexuelle de Monsieur Forest ne m’intéresse guère.

Mais parce que c’est plus que cela, ce nouvel amour mérite qu’on s’y arrête, et je ne me dépars pas de l’idée de lire tout Philippe Forest, pour le deuil, et pour sa façon d’entrer en littérature.

 

P. 90 : « Aux toilettes quand elle voulait que je la rejoigne, elle laissait la porte ouverte. J’entrais. Je m’agenouillais sur le carrelage devant elle et l’embrassait profondément, faisant tourner ma langue dans sa bouche tandis que j’écoutais le bruit qu’elle faisait en se vidant dans la cuvette, la robe relevée, les cuisses découvertes sur lesquelles je posais mes deux mains que je remontais jusqu’à ses hanches. J’écris ces choses non pas parce que je les pense uniques – avec toute femme amoureuse de moi, j’ai vécu les mêmes scènes – mais parce que je ne les ai jamais lues dans un livre. »

 

p. 94 : « J’aimais tout de Lou et pourtant je ne cessais jamais complètement de penser à Alice.

L’amour de l’une n’enlevait rien à l’amour de l’autre et le laissait intègre, intact. Chacun de ces amours faisait naître comme un monde à part et parallèle où il était le seul souverain. »

 

 

Folio Gallimard, janvier 2009, 213 pages, prix : 5,50 €

Etoiles :

(Merci à Clarabel !)

Crédit photo couverture : © Jason Hetherington / Getty Images (détail) et éd. Gallimard

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commentaires

penelope 19/10/2009 16:19



L'intimité parfois entre deux êtres, cette osmose les libérant de toute contrainte, de tout extérieur, peut permettre beaucoup de choses qui ne sont plus "gênantes"... elles ne le
"redeviennent" que lorsqu'on les raconte dans le regard de ceux qui les lisent !
J'ai trouvé ce livre magnifique et extrêmement touchant, l'amour ne se vit pas que dans des envolées grandioses dans un monde sublime, débarrassé des contraintes ordinaires.
Ces extraits ne sont pas forcément les plus "beaux" du livre qui en comportent de superbes et très sincères sur l'amour, sur la tentative d'aimer, quand même, sur la complexité des relations
homme-femme, d'autant plus quand l'un a spécialement souffert (deuil de sa fille pour Ph. Forest),... "L'Enfant éternel" et "Tous les enfants sauf un" éclairent ce livre et lui répondent dans une
sincérité de l'auteur absolument bouleversante.



Laure 20/10/2009 15:02


Oui, c'est vrai qu'il y a aussi de très beaux passages sur l'amour et le couple... j'y suis peut-être allée un peu vite, mais ce livre m'a moins touchée néanmoins que
"l'enfant éternel" et "tous les enfants sauf un" que vous citez également.


liliba 12/09/2009 17:36

Euh, l'extrait, ça ne donne pas vraiment envie de le lire...

Laure 13/09/2009 20:16


c'est l'exemple le plus frappant du livre, tout n'est pas comme ça non plus ! mais cet extrait explique bien sa démarche d'écriture...


Karine :) 07/09/2009 15:36

Hmmm.... pas certaine que c'est pour moi...  je ne connaissais pas vraiment l'auteur mais le trop impudique dans l'autobiographisme ne m'attire pas nécessairement.

Lili 05/09/2009 20:34

Oui le deuil est une thématique récurrente chez lui qui s'explique par le fait qu'il ait perdu sa fille il y a une dizaine d'années.personnellement je n'ai jamais lu de livre de lui (même si ça me tente de plus en plus d'en lire un) mais je l'ai eu en tant que professeur de littérature à la fac et c'est un bon prof voilà la petite anecdote perso^^

Laure 05/09/2009 21:48



je pense qu'il doit être assez passionnant à écouter comme prof de littérature.
Pour ses écrits, je t'encourage à le découvrir, mais peut-être pas avec ce titre-ci ;-)



Cuné 05/09/2009 12:28

Alors comme ça il va rouler des palots à toutes les femmes amoureuses de lui en train d'uriner ? TRES spécial, quand même ^^

Laure 05/09/2009 14:17


oui hein, parfois on se dit que nous ne sommes pas en phase avec le monde !


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