Les jardins d'Hélène

Casus belli - Anne Bragance

10 Septembre 2006, 17:52pm

Publié par Laure

Cette lecture, c’est à Lily que je la dois. Sa critique m’a attirée. Je suis méfiante avec Anne Bragance, car je n’avais pas trop aimé le lit, mais j’ai beaucoup aimé ici le personnage de cette mère égoïste et « sans cœur ». Casus belli, c’est l’histoire d’une famille, que l’on pourrait comparer à l’histoire d’une nation, avec ses tensions, ses ruptures, ses tyrannies, ses rébellions, ses failles toujours proches d’un casus belli. Charles et Claire Douhet ont déjà une petite fille, Virginie, lorsque naît Christophe. Jalouse, Virginie qui avait la surveillance de son petit frère, va le jeter à la poubelle. Lorsque la mère le retrouvera, sain et sauf, le nettoiera, la petite fille attendra à côté d’elle, remontrances et pardon, engueulade et apaisement. Elle n’aura jamais ni l’un ni l’autre. Qu’un silence indifférent. La haine est ouverte. Elle est la seule de la famille Douhet à ne pas avoir un prénom qui commence par un C, aussi se créera-t-elle un double, Camille, qui l’aidera dans les moments de solitude exacerbée, de même qu’elle se met à boiter à l’arrivée de son petit frère. Malgré ces débuts surprenants, Virginie sera toujours très proche de son frère, même à l’âge adulte, ce qui ne fera qu’attiser la jalousie de la mère. On suit les personnages jusqu’à la vieillesse des parents, la quarantaine passée des enfants, les mariages, les divorces, les réussites professionnelles.

 

Anne Bragance nous offre dans un style bien maîtrisé une relation « absente » et pourtant complexe entre une mère et sa fille, la tyrannie (ou la toute puissance exigeante) d’une mère sur sa famille et son époux, homme que l’on a envie de plaindre alors qu’il est pourtant clairvoyant sur son foyer. L’histoire est à plusieurs voix, celle d’un narrateur, celle de Virginie, la plus réussie étant sans aucun doute celle de la mère dans ses monologues au bon Dieu. C’est une haine ordinaire, une sombre histoire de famille, un geste sauvage qui demandait attention et qui n’a eu pour réponse que la mort de l’enfance, pour un pardon refusé. Une somptueuse autant que douloureuse relation mère-fille.

Actes Sud, fév. 2002, 234 p. ISBN 2-7427-3596-8, prix 18,50 €

 

Existe en poche : Actes Sud Babel

 

Ma note : 4/5

 

 

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78 16/06/2011 16:25



JE N'AI PAS PASSé MON ANNEE GRÂCE à CE PETIT BIJOUX



Bernie 24/08/2007 08:58

J'ai lu Le fils-récompense, Anibal et La reine nue. J'ai adoré !

Laure 24/08/2007 18:49

J'en ai trouvé un à la bib dont je n'avais jamais entendu parler : les soleils rajeunis... Au programme, donc, un jour, bientôt, je ne sais pas quand...

ClÚmentine 25/01/2007 09:30

Voilà, je le trouve enfin le ptit bijou que j'avais adoré. C'est un régal vos blogs, Laure, Clarabel, Cuné et Cie !!!

Laure 25/01/2007 09:38

merci merci Clémentine  ! ravie qu'on serve à quelque chose ;-))

sylire 11/09/2006 21:00

D' Anne Bragance j'e n'ai  lu  que "danseuse en rouge".  j'avais bien aimé. Original et bien écrit. Je note celui-ci .