Les jardins d'Hélène

Ni toi ni moi - Camille Laurens

12 Novembre 2006, 08:42am

Publié par Laure

C’est un livre compliqué, à plusieurs niveaux d’écriture. Un livre d’une grande exigence littéraire, qui pour ma petite tête fatiguée en fait un roman confus, un peu bavard et prétentieux, loin de la fluidité des deux grands précédents romans de l’auteur que j’avais tellement aimés : Dans ces bras-là, et L’amour, roman. Pourtant, ici encore cela pourrait s’appeler l’amour : roman, car il n’est question que de cela.

Le livre est pour l’essentiel constitué des emails que l’auteur a adressés à un cinéaste désireux d’adapter un de ses romans. Elle lui raconte l’histoire d’Hélène, écrivain, qui tombe amoureuse d’Arnaud, cinéaste. Elle a déjà un amant, Jacques. Mais cette histoire, c’est tout simplement la sienne, autofiction qui se dépasse, celle qu’on est en train de lire aussi, avec le destinataire des mails ( ?), enfin cette histoire, elle est universelle, la preuve : c’est déjà celle qu’écrivait  Benjamin Constant dans son Adolphe.

J’avoue : je m’y perds. L’alternance du récit à la première personne qui me fait entrer moi lectrice dans une histoire à laquelle j’adhère et l’apparition subite de l’écriture à la troisième personne sur la même histoire même chapitre parce que l’auteur des emails donne des indications cinématographiques à son correspondant me perturbe énormément. Roman exigeant, mais qui devient confus : voilà pourquoi je l’abandonne à la page 118 (sur 376). Car au-delà de ce mélange des genres et de ce vocabulaire cinématographique que je trouve ennuyeux et lourd pour le récit, ce ne sont jamais que des propos sur l’amour déjà lus, et sans doute déjà écrits par Camille Laurens. Pourtant, j’aime les livres de Camille Laurens en général, mais celui-ci, non. Je ne lirai donc pas la fin de l’amour, ou le début de la haine, enfin tout ce qu’annonce la quatrième de couverture, parce que ce roman, je l’avoue humblement, je n’y comprends rien. Je ne sais plus qui est qui et de quoi on cause, et ça me lasse.

 

POL, août 2006, 376 p. ISBN 2-84682-121-6, prix : 19,90 €

Ma note : 2/5

 

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Bernhard 16/09/2014 13:10

Je me suis permis de copier votre texte dans mon blog - en antithèse de mon enthousiasme. Mais je peux vous comprendre.... Bernhard

Saleanndre 07/05/2011 11:24



Je viens de commencer ce livre que j'ai trouvé à la bouquinerie, suite à la plaisante lecture de l'Amour, Roman. J'ai à peine lu quelques pages, mais je crois que ça ne me déplait pas trop.
Toutefois cet article me permettra d'abandonner cette lecture si elle est trop pénible, le cas échéant.


Je ne connaissais pas ce blog, mais semble chouette :) Je reviendrai!



fersenette 16/04/2009 16:54

bonne critique, on lit souvent des 4ème de couv corrigées, ici tu donnes un vrai avis et tu expliques bien pourquoi du comment.Je ne crois pas que je vais le lire ... ;-)

Florinette 20/11/2006 22:02

Verdict : Et ben non je n'ai pas aimé et j'ai dû me cramponner au livre pour continuer. C'est bien trop confus et trop redondant dans ces descriptions du rapport homme/femme sur la rupture. :-(

clarabel 14/11/2006 11:03

(moi aussi je suis abonnée au feuilleton!)

delphine 13/11/2006 12:40

Je suis moi-même une fervente lectrice de Camille Laurens, et je ne partage pas votre avis quant à son plus récent livre.
Et si cette histoire n'était qu'une fiction, si cet échange de mails n'était que prétexte au roman ? Et puis, les références à Benjamin Constant donnent envie de relire Adolphe, mais il n'y a pas que ces références. Ce livre est plein comme un oeuf, rempli de rebonds. Camille Laurens a une vraie culture, non seulement dans la littérature, mais aussi dans la musique. Je me suis tout simplement régalée.

Laure 13/11/2006 15:53

Je suis d'accord avec vous sur un point : c'est vrai que dès les premières pages qui parlent de Benjamin Constant, elle m'a donné envie de (re)lire Adolphe.
L'échange de mails prétexte au roman : vous avez probablement raison, mais c'est cet aspect qui m'a chiffonnée, comme si Laurens faisait de ce livre une expérience théorisante de la littérature... L'autofiction elle-même mise en abyme, c'est un exercice sans doute difficile, mais cet exercice ne tente-t-il pas ici de donner de la matière là où il n'y en n'a pas ? (car c'est vrai il ne se passe pas grand-chose)....
Ceci dit je ne renie en rien la culture de l'auteur et juste pour le plaisir, je suis abonnée à son feuilleton "Tissé par mille" qui arrive tous les lundis dans ma boite mail : érudition et humour : elle n'en manque pas.
simplement dans ce dernier roman, on est loin des deux précédents que sont Dans ces bras-là et L'amour roman, on est davantage dans la théorie de l'écriture autofictionnelle. c'est peut-être tout simplement pas ce que je cherchais...

clarabel 13/11/2006 11:11

.. des complexes ?? que nenni !!! ..  Je reviens au fait qu'il existe bel et bien des livres en rapport avec le moment qu'on traverse, ça influence beaucoup, donc je prends note d'être : pas fatiguée, pas débordée, pas sous pression, hyper réceptive etc.. avant d'ouvrir ce livre !.. merci ! Il me fait quand même  bien envie, tu sais. Après, hein... on verra, on verra !.. (sur le Golb de Thom, son avis était également très mitigé...)

Laure 13/11/2006 15:43

Je viens d'aller lire le post de Thom et je suis assez d'accord avec lui ...

Anne-Sophie 12/11/2006 20:12

Tu fais bien de me prévenir, je comptais le lire prochainement... Bonne fin de week end

Cuné 12/11/2006 16:22

(Ah ben heureusement que je passe au bon moment, alors :-D. une très jolie photo, très estivale)

Laure 12/11/2006 21:01

merci... ça ne suffira pas à m'ôter mes complexes ;-))

cathe 12/11/2006 14:01

Oh la jolie photo ! C'est toujours agréable de voir en vrai la tête des blogueurs et blogueuses (oui je sais , je pourrais moi aussi en mettre une de photo sur mon blog ;-)  )

Laure 12/11/2006 15:29

Ce n'est pas la première fois que j'en mets une : c'est généralement très éphémère ;-)) la tulipe habituelle reviendra sans doute bientôt !