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  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 23 ans, 21 ans et 16 ans 1/2. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-huit ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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Je n'arrive plus à trouver de temps pour le blog, alors je poursuis ... à mon rythme !

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 18:02

 

7-ans-apres.jpgOui, j'en vois certains s'étrangler derrière leur écran : elle va quand même pas nous parler de Musso ?! Déjà qu'on ne peut plus prendre un train sans le voir démultiplié jusqu'au bout de chaque quai sur les panneaux Decaux...

Musso - et consorts LevyPancolCoben - sont cause d'une souffrance pénible pour les bibliothécaires. Non pas sur le contenu, ce n'est pas le problème, chacun lit ce qu'il veut, mais sur le comportement que ces auteurs induisent auprès de leurs lecteurs. Agressivité, impatience, énervement, impolitesse (je vous jure qu'il faut parfois se retenir très fort pour ne pas répondre que s'ils n'acceptent pas d'attendre parce que le livre est déjà emprunté, ils n'ont qu'à aller se l'acheter. Non on n'achètera pas trente exemplaires pour satisfaire une demande aussi pressante qu'éphémère pour en pilonner 29 exemplaires dans six mois quand le prochain paraîtra. En acheter 30, c'est se priver de la diversité et de la richesse de 29 autres livres. On achète un exemplaire (les grosses structures ou les réseaux en achètent un peu plus, soyez rassurés) et le lecteur impatient est prié d'aller râler ailleurs. De même que non on ne peut pas l'acheter s'il n'est pas encore sorti, c'est étonnant ce nombre de lecteurs qui posent toujours la question des fois que, et non on ne peut pas encore le réserver avant qu'il sorte (y pas marqué Am*z* au-dessus de la porte, mais « bibliothèque »)).

Voilà, ça, c'est fait.

 

Si j'avais lu les trois premiers romans de Marc Levy au début des années 2000 (et vite compris que je lirais toujours à peu près la même chose si je continuais), je n'avais encore jamais lu de Guillaume Musso. Voilà qui est réparé avec ce dernier titre, 7 ans après...

 

Nikki et Sebastian sont aussi différents que le jour et la nuit, mais ils se sont aimés quelques années, le temps au moins d'avoir des jumeaux, Camille et Jeremy. Leur divorce a séparé également les enfants : le père a gardé la fille, la mère a gardé le fils. Il faut dire que le père a un caractère autoritaire, rigide et franchement insupportable. Mais quand leur fils Jeremy disparaît, l'amour parental reprend le dessus, et le couple se retrouve pour partir à sa recherche (à travers plusieurs continents et moult péripéties tant qu'à faire)

Il n'y a pas à dire, le genre (à moins que ce ne soit le cahier des charges?) est maîtrisé : page turner efficace, écriture rapide et cinématographique (on voit quasiment le film se dérouler sur grand écran), dernière phrase de chapitre courte et d'accroche pour vite passer au suivant. Cet opus-ci tient du thriller, sans grande originalité (la drogue, l'hémoglobine à flots, des personnages principaux dans le pétrin, etc.) mais efficace. Bien sûr ils sont beaux ils sont riches ils règlent un peu leurs comptes, bien sûr ils sont américains et tout leur sourit ou presque et ça ne me fait pas rêver du tout. C'est tellement convenu tout cela.

Mais ça fonctionne, puisqu'on va au bout, très vite même. Le côté glamour un peu forcé à renfort de clichés sonne la nouvelle vague du thriller romantique, et j'aurais pu dire que finalement ça avait au moins le mérite d'être convenablement ficelé, si l'auteur n'avait ajouté ce dernier chapitre en guise d'épilogue, d'une niaiserie sirupeuse qui frôle le ridicule. Un cliché de plus pour les âmes romantiques ?

 

Ce n'est pas si mauvais en soi, non, ça ne m'apporte pas grand chose. Je n'ai pas ri ni tremblé ni souri ni pleuré, je n'ai pas eu l'envie soudaine de lire tout l’œuvre de l'auteur, et peut-être que le quai de gare est une bien belle idée : le temps d'un voyage pour passer le temps, et on le laisse au voyageur suivant.

 

L'avis éclairé du nouvel obs (n° du 3 mai 2012)

 

 

XO éditions, avril 2012, 385 pages, prix : 21,90 €

Etoiles : stars-3-0__V7092079_.gif

Crédit photo couverture : © Sophie Griotto et XO éd.


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commentaires

cathe 13/05/2012 19:03


Très juste ton billet ! Eh oui c'est comme cela en bibliothèque, et en effet ce n'est pas toujours très agréable !!! (surtout quand on sait que le bouquin est nul !!!). Chez nous le livre n'est
pas réservable quand il est encore "A l'équipement", mais on ne pourrait pas faire une exception ?? Non, et cette fois je dis bêtement qu'avec l'informatique ce n'est pas possible !!!

Mango 13/05/2012 08:21


Tonarticle est nécessaire car, comme Clara, je  m'imaginais pas une telle demande et surtout ce genre de comportement dans les bibliothèques!  Ces romans fonctionnent bien, c'est tout
ce qu'on peut en dire effectivement!  

Laure 13/05/2012 15:10



La stratégie commerciale est efficace : mise en place gigantesque pour créer le besoin, et puisqu'on les voit partout et qu'il s'en vend autant, le lecteur pense que
c'est le livre qu'il ne faut pas manquer (?) Littérature de masse, formatage de ce genre de romans, moi j'appelle ça du nivellement par le bas. Et quand tout le monde lit la même chose et pense
la même chose, on manipule les gens comme on veut ?


Enfin ce fut la même chose à une époque avec Barbara Cartland hein... C'est juste la communication qui évolue. Mais une fois encore, ça ne me gênerait pas si le
lecteur ne devenait pas comme fou parce qu'on ne lui fournit pas sa came dans la seconde...


Il y a ceux qui restent polis quand même, mais ils insistent tellement sur "êtes-vous sûre que ma réservation est bien enregistrée ? Combientième suis-je dans la
liste d'attente ? " que quand c'est la xième personne de la journée, je craque un peu...



clara 13/05/2012 07:47


Je ne savais pas qu'ils étaient aussi demandés en biblio...

Laure 13/05/2012 15:14



Certains vont même jusqu'à te préciser qu'ils ne vont quand même pas mettre 22 € là-dedans surtout que c'est lu en 2 jours hein, et là tu te réinterroges sur les
missions de la bibli Mais ils reviennent tous les 3 jours pour vérifier si le livre est là, alors que tu leur as déjà
expliqué 20 fois qu'ils recevront un mail quand leur résa sera arrivée...


Sinon sur un autre titre, dernier d'une trilogie, alors que le livre était en commande, une lectrice m'a carrément sorti : "oui ben dépêchez-vous de l'acheter et de
me le réserver avant que j'aie oublié les deux premiers". Eh oh



Richard 12/05/2012 19:36


Et bien, très peu pour moi !!


Je passe mon tour ... et mon chemin !!


Amitiés

Un autre endroit... 12/05/2012 19:15


Cela a été très dur (vraiment très !) mais j'ai acheté le dernier Levy. L'impatience est terrible oui. Et il est difficile de faire comprendre que nous ne sommes pas des librairies. J'ai dit
gentiment à une lectrice que si elle le voulait vite il faudrait qu'elle se l'achète. Il est arrivé maintenant il faut le cataloguer...encore un peu de patience !

Laure 12/05/2012 20:06



Les nôtres sont à l'équipement, dernière étape avant le public, c'est pour très vite :-)


Les best-sellers sont aussi ce que vient chercher le public, il est normal que nous les ayions. Nous leur demandons simplement d'avoir un comportement civilisé et
courtois. Ce que certains semblent perdre totalement à la vue d'une pub Musso/Levy. Ils sont en manque de leur came, la peur de louper le chef-d'oeuvre du siècle, l'espoir de retrouver très vite
leur doudou sentimentalo-littéraire. Soit. Mais quand c'est le quinzième lecteur de la journée qui me demande le même titre comme si aucun des 9999 autres livres disponibles ne l'intéressait,
genre y a que de la m... dans cette bibli, je suis juste épuisée. Et j'ai beau rebondir à proposer autre chose, l'accro à Levy ne m'écoute déjà plus.


 


 


 



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