Les jardins d'Hélène

Ce qu'aimer veut dire - Mathieu Lindon

29 Décembre 2011, 10:01am

Publié par Laure

Prix Médicis 2011

 

ce-qu-aimer-veut-dire.jpgEn ouvrant ce roman auréolé du Prix Médicis, je m’attendais à découvrir un récit personnel sur les relations entre Mathieu Lindon et son père, Jérôme Lindon, le grand éditeur qui pendant plus de cinquante ans a dirigé les éditions de Minuit, et Michel Foucault, philosophe et professeur au Collège de France, qu’il a fréquenté pendant six ans de 1978 à sa mort en 1984. Et par extension, à entrouvrir le milieu littéraire et intellectuel qui leur est lié.

Hélas rien de tout cela, mais un récit d’une prétention extrême dans l’écriture souvent déroutante, mêlant des tournures très familières à d’autres très soutenues et plus rarement utilisées comme ce subjonctif : « Patrick demande d’amener l’animal à la maison. Nous, on s’en fiche, on ne sache pas que Michel ait une allergie, on accepte. » (p.97). Correct, mais étonnant. J’ai abandonné ma lecture après 140 pages de descriptions de trips à l’acide et à l’héroïne (ce qui de par la fréquence de la répétition est vite lassant et inintéressant) au cours desquels l’auteur ne rencontre finalement que très rarement Michel Foucault, celui-ci leur prêtant simplement son appartement en son absence. Quelques passages sur la rencontre avec Hervé Guibert, sur l’homosexualité de l’auteur, mais là encore, du très terre à terre, factuel et sans intérêt aucun (pour moi). Comme ça ne semblait pas évoluer, j’ai laissé tomber.

Pour feuilleter quelques pages deci-delà et tomber sur cette phrase : « Et j’ai beau me démener pour lui faire changer d’état d’esprit, je reste désarçonné quand il faut affronter l’entêté fait qu’il est parfois découragé alors que mon désarroi et l’énervement qu’il me provoque ne peut que l’enfoncer encore » (p. 306). L’entêté fait ? Le fait qu’il serait entêté ? Parce qu’avec le verbe faire conjugué je ne vois pas …

Au final, sans doute un ouvrage qui plaira à une élite germanopratine, mais qui m’est tombé des mains par la vacuité des faits narrés.

 

P.O.L, janvier 2011, 311 pages, prix : 18,50 €

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Crédit photo couverture : © éd. P.O.L

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Ambroise 05/08/2012 20:05


Une fois déposé un avis sur le livre de N. Kuperman je découvre que vous tenez une rubrique sur vos lectures qui échouent, et je trouve ça intéressant, je vois très bien ce que vous voulez dire,
même si pour ma part je résisterais à l'envie d'en faire autant, compte tenu du temps que je perds déjà bêtement à d'autres trucs. Mais d'autre part, en parcourant la liste de tous ces bouquins
qui vous sont tombés des mains, je constate d'abord que j'ignorais la quasi-totalité de leurs titres (ce qui n'est pas très étonnant & ne veut pas dire grand-chose), ensuite,
si vous permettez, je me demande si vous ne vous acharnez pas à lire du sentimental contemporain dit réaliste, ce qui est peut-être une erreur, non? Ou alors, quels sont les
bons bouquins dans cette catégorie?   

gazou 28/01/2012 19:17


J'ai lu le livre jusqu'au bout..;mais quand même j'ai été déçue, je croyais découvrir un hommage à son père et  à Michel Foucault...Je croyais qu'il tentait de répondre à la question qu'il
pose dans le titre...Oui, il répond un peu et ilparle un peu de ses relations avec son père et avec le philosophe mais c'est superficiel...et les séances de trip m'ont choqué, elles peuvent
laisser croire que c'est sans danger, que c'est même une expérience absolument inégalable...alors que tant en meurent ou tout au moins voient leur vie détruite à cause de la drogue...Je ne
comprends pas pourquoi on a tant parlé de ce livre

Melanie B 20/01/2012 12:55


Salut Laure, je reviens enfin faire un tour sur ton blog et j'en profite pour te souhaiter une bonne année 2012. J'ai pour ma part lu jusqu'au bout "Ce qu'aimer veut dire", parce qu'il était
assez court, mais je partage ton avis. Quel écart entre les critiques positives de nombreux journalistes et mon expérience de lecture ! A croire que nous n'avions pas lu le même livre. J'ai été
également très déçue de ne rien apprendre sur Michel Foucault, puisque c'était son nom qui m'avait poussée à la lecture. Heureusement qu'on m'avait prêté cet ouvrage, j'aurais été furieuse de
l'avoir acheté.