Les jardins d'Hélène

Frère - Ted Van Lieshout

6 Août 2010, 06:32am

Publié par Laure

Traduit du néerlandais par Véronique Roelandt

 

frere-van-lieshout.jpgMars 1973 : alors que sa mère s’apprête à faire le vide dans la chambre de son frère cadet décédé six mois plus tôt à l’âge de 14 ans, Lucas sauve le journal intime à peine ébauché de son frère Marius (qu’il appelle affectueusement Maus), il ne le lit pas, mais écrit le sien à la suite, sur les pages blanches restantes. Et pour que sa mère ne détruise pas définitivement ces pages qui ont appartenu à Marius, il se voit obligé de continuer à écrire en revenant intercaler ses propos dans ceux de son frère, et inévitablement, à le lire. C’est donc un journal à deux voix qui nous est donné un temps à lire. Un retour sur la maladie de Marius et son évolution, le regard incrédule des médecins qui le placent à tort en asile psychiatrique, la lutte perdue d’avance de Marius. Mais aussi sa grande histoire d’amour et la découverte de son homosexualité. Puis le journal cède la place rapidement au récit de Lucas seul à nouveau, lui aussi homosexuel, mais son cheminement et son ressenti dans la quête de son identité furent bien différents de ceux de son petit frère. Le final fait toute la lumière sur la maladie de Maus et la reconstruction d’une famille brisée par la perte d’un enfant.

 

Quel beau roman sur la fraternité et la quête de soi à l’adolescence ! Brillamment construit, riche de thèmes intimes, la question de l’amour fraternel me semble la plus importante, même si celle de l’homosexualité sera sans doute celle la plus retenue des (jeunes) lecteurs ( ?) Car Lucas s’interroge : est-il toujours un frère maintenant que son frère n’est plus ? « On appelle veuf l’homme qui perd sa femme, veuve, la femme qui perd son mari, et les enfants sans parents sont des orphelins. Comment s’appelle donc le frère qui n’a plus de frère (ou de sœur)? Il n’y a pas de nom pour ça» (p. 37). La relation à ses parents, à ses amis, à la maladie, au deuil, est également très bien exprimée.

Un  excellent roman d’une qualité rare, qui mérite d’être porté par le bouche-à-oreille, à défaut d’avoir été médiatisé.

 

(dès 14 ans et sans limite d'âge !)

 

La joie de lire, juillet 2001, 219 pages, prix : 10,20 €

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Crédit photo couverture : © Philippe Boisson et éd. La joie de lire

 

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Finette 06/08/2010 19:26



Ton enthousiasme est communicatif! Je note, merci.



Karine :) 06/08/2010 15:42



Ce concept est ma foi très intéressant et si tu lui mets 5 étoiles... noté, immédiatement!



Richard 06/08/2010 12:17



Un livre à lire et à partager !


Et quelle belle citation !!! J'adore cette phrase !



cathulu 06/08/2010 10:38



Tout me tente: le thème, la forme, alors hop sur ma LAL ! Et bonnes vacances en avance!:)



Laure 06/08/2010 10:40



Merci Cath !



zarline 06/08/2010 09:32



Je lis rarement des romans jeunesse mais je trouve la construction de ce roman vraiment très intéressante. Je suis assez intriguée...