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  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 23 ans, 21 ans et 16 ans 1/2. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-huit ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 11:17

confusion-des-peines.jpgJe m’interroge toujours sur cet ouvrage qui indique bien « roman » sur sa page de titre mais qui pour moi n’en est pas un, dans le sens habituel où en effet il ne crée pas de toute pièce une histoire, mais il questionne sur ce qu’est la littérature pour écrire la vie.

Pour résumer succinctement, Laurence Tardieu revient sur sa nécessité vitale de s’adresser à son père pour lui dire enfin ce que depuis dix ans elle cherche à lui dire. En 2000, son père, haut dirigeant de la Générale des Eaux, était condamné à de la prison ferme pour corruption dans une affaire de marchés publics. Au même moment mourait sa mère, emportée rapidement par un cancer. Elle n’a jamais réussi à parler de tout cela avec son père, car dans sa famille, on se tait, on ne dit pas ses émotions ni ses sentiments. L’affaire elle-même n’est pas le sujet du livre, elle a été jugée, il a purgé sa peine, mais c’est son rapport au père qui intéresse l’auteur, et la transgression de l’interdit qu’il lui a intimé : « Tu ne veux pas que j’écrive ce livre. Tu me l’as demandé. […] Ce livre, Laurence, tu l’écriras quand je serai mort. Voilà  ce que tu m’as dit. » Mais il en va pour elle comme d’une renaissance, du besoin vital d’enfin prendre à bras le corps cette incommunicabilité, et de dire à son père l’amour qu’elle a pour lui.

Je me suis souvent sentie embarquée contre mon gré dans des propos trop intimes, qu’avais-je à faire là moi lectrice dans une histoire qui ne concerne que Laurence Tardieu et son propre père ? Allais-je pouvoir me raccrocher à une universalité des mots, d’un propos littéraire, pour me sentir pleinement lectrice d’une œuvre et non plus spectatrice affublée d’un voyeurisme malsain ? Je ne sais toujours pas dénouer tout cela, en revanche j’ai retrouvé, comme dans ses précédents romans, la grande sensibilité de l’auteur, sa justesse à exprimer des émotions, sa douceur qui ne tait pas la violence intérieure qui était la sienne.

Et le très beau titre dit aussi à lui seul cette « confusion des peines », qui trouve sa lumière à la fin.

 

 

Stock, août 2011, 153 pages, prix : 16 €

Etoiles : stars-4-0__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : © éd. stock

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commentaires

Fransoaz 23/12/2011 17:34


J'aime Laurence Tardieu d'une manière générale, mais je n'ai pas beaucoup apprécié La confusion des peines, je me suis sentie engluée et mal à
l'aise dans un rôle de lectrice-confidente.

antigone 17/12/2011 21:52


C'est un livre qui m'a plutôt plu, mais j'ai par instant ressenti également une certaine gêne, que l'on ressent moins dans ses autres romans je trouve... Il reste intéressant, pas son meilleur,
mais intéressant...

Laure 18/12/2011 11:56



oui je préfère aussi ses précédents romans, mais il y a qqch d'intéressant aussi dans celui-ci, tout comme tu dis.



clara 14/12/2011 17:15


Le livre de Delphie de Vigan est différent à mon sens. Comme toi j'ai eu peur d'être mal venue dans ce livre. Ce n'est pas mon préféré de cette auteure mais j'ai été contente de retrouver sa
sensibilité.

saxaoul 14/12/2011 15:51


Je crois que certains lecteurs ont eu un peu les mêmes sentiments avec "Rien ne s'oppose à la nuit" de Delphine de Vignan.

Laure 14/12/2011 16:07



Je n'ai pas encore lu le Delphine Vigan (il est tout le temps réservé à la bibli !) mais c'est tout à fait possible, je pense le lire quand je le trouverai, je te
redirai !



Clarabel 14/12/2011 11:42


Ah oui, c'est vrai... Les auteurs ont coutume de tourner toujours autour du même thème (regarde Tatiana et sa mémoire des murs). Bref, je sens ton trouble avec ce livre et je ne suis pas prête à
y plonger. 

Laure 14/12/2011 13:10



pourtant tu me connais d'ordinaire je suis très bon public pour les romans intimistes, parce qu'ils ont nénamoins souvent valeur universelle, celui-ci... ça me
semble plus compliqué..



Clarabel 14/12/2011 11:22


Les mots de L. Tardieu me touchent généralement beaucoup, mais là, non, je ne peux pas, je ne veux pas... pas envie. Un jour, peut-être.

Laure 14/12/2011 11:40



Je me suis sentie mal à l'aise d'entrer à ce point dans son histoire personnelle (sauf à reconsidérer que tout est roman (= fiction), ce qui n'est a priori pas le
cas), mais j'ai été aussi très touchée par ses mots, sa douceur, sa sensibilité, qui sont des constantes chez elle.


Par exemple aussi je n'avais pas remarqué que ses deux premiers romans parlaient de la prison, et ce livre-là l'éclaire. Comme quoi l'oeuvre générale se construit et
parfois une clé est donnée au lecteur...



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