Présentation

  • : Les jardins d'Hélène
  • Les jardins d'Hélène
  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 16 ans. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
  • Contact

Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

Bienvenue à vous,

 

Recherche

Et la vie dans tout ça

Je n'arrive plus à trouver de temps pour le blog, alors je poursuis ... à mon rythme !

Archives

10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 22:03

lanterne-d-aristote.jpgIl y a quelque chose de lumineux et de jubilatoire dans ce roman de Thierry Laget, auteur que je ne connaissais pas du tout et que je découvre avec cette lanterne d’Aristote qui tient autant du bonheur littéraire (surtout) que de la morphologie de l’oursin (à peine) !
Un homme se fait embaucher par une Comtesse (moderne la Comtesse, en jeans et baskets) pour cataloguer la très vieille bibliothèque de son vieux château. Au milieu des livres anciens, notre homme s’épanouit, et s’émeut à chaque nouvelle rencontre féminine, rêvant de relations qui n’aboutissent pas. C’est superbement écrit (un peu exigeant, mais quel joyau !), érudit (on pense souvent, notamment, à Umberto Eco), avec des fils tendus aux classiques de la littérature (et je ne suis pas sûre d’avoir perçu toutes les références autres que celles clairement citées) et … drôle ! Ah le passage sur les achats de livres en supermarché, en masse parce qu’ils ne valent rien (par rapport à ses collections d’incunables, mais ne résistent pas au temps comme on le verra plus loin) et les titres de Levy (Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites) et Musso (Parce que je t’aime) achetés pour séduire sa belle, mais avec lesquels il fait un bide total !

Réflexion sur la véracité / la vraisemblance dans le roman, sur l’opposition entre littérature classique des bibliophiles et romans de supermarché, jeu sur les narrateurs et la place des personnages, … un régal ! Le tout dans une intrigue qui tient la route, et assez inattendue.
On se demande sans cesse où l’auteur veut en venir mais on savoure chaque phrase jusqu’à la dernière avec un sourire béat : oui, la littérature existe toujours !

Extrait p. 155-156 : « j’avais donné à chacun le livre que j’avais choisi pour lui : la comtesse m’avait remercié avec grâce pour l’Enquête sur l’existence des anges gardiens ; le factoton avait émis un grommellement qui, chez lui, pouvait à la fois trahir la gratitude, l’indifférence et la rancune (mais, deux jours plus tard, pour mon anniversaire, il me fit cadeau, avec un grognement identique, d’une bouteille de vieux porto, et je compris que mon présent ne l’avait pas vexé) ; mais, en découvrant les titres des romans de Guillaume Musso – Parce que je t’aime – et de Marc Levy – Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites – , la jeune fille me lança un regard de défi qui me laissa penaud, marmonna un « merci » qui ne me convainquit guère et ne m’en reparla jamais : pour mon anniversaire, elle ne m’offrit rien et ne partagea même pas le gâteau qu’avait préparé la cuisinière. C’étaient pourtant les meilleures ventes du rayon. »

Extrait p. 210 : « Les oursins, d’ailleurs, n’ont même pas de cerveau, et, quand on a retiré leurs piquants, ils ne sont qu’une bouchée dotée d’un anus, ou, plutôt, pour respecter la chronologie, un anus pourvu d’une bouche. Et savez-vous comment s’appelle cette bouche ? La lanterne d’Aristote ! C’est d’ailleurs le titre du roman que je veux vous faire lire.» (Je me demandais en effet si l’auteur réussirait à nous caser cela dans un roman qui n’a rien à voir, il l’a fait, dans une scène assez cocasse !)

p. 295 : « Celui que vous appelez le Lecteur lit pour que nous continuions d’exister ; s’il referme le livre, nous ne sommes plus. »

Si vous aimez les romans faciles et jetables, passez votre chemin, sinon, ou si vous souhaitez varier justement les plaisirs, foncez !

Une lecture offerte par Libfly et le Furet du Nord dans le cadre de la Rentrée Littéraire, lu en juin 2011.

 

rentree-litt-sept-2011.jpeg

 

Gallimard, septembre 2011, 320 pages, prix : 19 euros

Etoiles : stars-5-0__V7092072_.gif

Crédit photo couverture : © Gallimard.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

yueyin 01/10/2011 21:40



Hou vendu !!!! je le veux celui-là !!!!



Theoma 21/09/2011 18:09



comment je fais maintenant ? à part noter ? je peux faire quoi ? ;-))



antigone 11/09/2011 15:44



Je fonce et note !! Merci ;)



Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -