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  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 16 ans. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 20:32

 

Traduit de l'américain parNathalie Perronny

ciel-est-partout.jpgBon … Clarabel, tu peux me frapper, me haïr jusqu’à la fin des temps, (idem pour toutes celles qui en ont fait l’éloge, car je n’ai pas encore trouvé un seul billet négatif sur ce livre !) : je n’ai pas aimé ce roman.

Revenons sur le pitch, rapidement. Lennie (que ses amis surnomment John Lennon pour sa passion pour la musique, elle joue d’ailleurs de la clarinette), 17 ans, vient de perdre sa sœur aînée, Bailey, 19 ans, décédée subitement d’un problème cardiaque. C’est déjà pas facile la vie quand votre mère vous a abandonnée à l’âge de un an pour courir le monde et quand il faut traverser l’adolescence sans trop de repères, même dans un foyer aimant entre grand-mère Manou et oncle Big, qui  font de leur mieux pourtant. Alors quand à ce drame douloureux s’ajoute le trouble de deux garçons qui lui renversent le cœur, Lennie peine un peu à trouver sa voie.

C’est un roman sur le deuil, l’amour, la culpabilité d’aimer malgré la douleur, le passage de la chrysalide au papillon, rien de bien nouveau sous le soleil (j’ai sans cesse pensé à Un endroit où se cacher et Metal mélodie, lus récemment), sauf qu’à l’inverse de ces romans que je trouvais riches dans le développement de leur intrigue, là je me suis ennuyée ferme. J’ai songé abandonner plusieurs fois, tant finalement l’auteur me semble gloser en permanence sur la même chose, sans jamais avancer. Il ne se passe quand même quasiment rien pendant plus de 300 pages !

p.73 : « Qu’est-ce qui cloche, chez moi ? Comment une fille normale peut-elle avoir envie d’embrasser tous les garçons qu’elle croise à un enterrement, ou d’étriper un mec dans un arbre après être sortie avec le petit ami de sa sœur la nuit d’avant ? Et d’ailleurs, comment une fille normale peut-elle sortir avec le petit ami de sa sœur tout court ? »

p. 137 : « Je voulais lui dire qu’on ne pouvait pas se revoir. Pas après ma promesse à Bailey. Pas après mon baiser avec Joe. Pas après l’interrogatoire de Manou. Pas après ma séance d’introspection qui m’a valu de découvrir un semblant de conscience morale. Je voulais lui dire qu’il fallait mettre un terme à cette histoire, penser à ce que Bailey ressentirait, penser à la culpabilité qui est la nôtre. Je voulais lui dire toutes ces choses, mais je ne l’ai pas fait, parce qu’à chaque fois que je m’apprêtais à l’appeler, je revivais cet instant près de sa camionnette hier soir (….) »

p. 160 : « Ce matin pour la première fois, Bailey n’a pas été ma première pensée au réveil, et je m’en suis voulu. Mais ce sentiment de culpabilité n’a pas pesé lourd face à la prise de conscience soudaine que j’étais en train de tomber amoureuse. »

Ce qui ne m’a pas aidée dans ma lecture, c’est que j’ai souvent trouvé l’écriture (traduction ?) maladroite (exemple : « Lucy et Ethel nous emboîtent le pas sur quelques mètres avant de faire demi-tour pour rentrer chez elles après un indéchiffrable échange avec lui. » hum, un indéchiffrable échange avec lui ? Et ce tic de langage, récurrent : « Cils. Cils. Cils ». (mouais) Mais là je marche sur des œufs, j’ai reçu les épreuves non corrigées et non le roman définitif).

Les petits mots reproduits sur des bouts de papier éparpillés dans des endroits improbables ne m’ont pas paru utiles (l’explication sur « trouvé à tel endroit » arrive bien trop tard), et les réflexions sentimentales m’ont paru souvent à la limite du cul-cul / mièvre. La partie « révélation » sur le lien mère / grand-mère, qui redonne un peu de densité au roman arrive bien trop tard aussi à mon goût.

Quelques points positifs quand même : les personnages de la grand-mère Manou et de l’oncle Big, les références aux Hauts de Hurlevent et quelques autres classiques,  et la conclusion (bien que sans surprise, mais salvatrice, enfin) : « Le deuil, c’est pour la vie. Ça ne s’en va jamais ; ça fait progressivement partie de vous, à chaque pas, à chaque souffle. Je ne cesserai jamais de faire le deuil de Bailey pour la  bonne raison que je ne cesserai jamais de l’aimer. C’est comme ça. L’amour et le deuil sont liés, l’un ne va pas sans l’autre. Tout ce que je peux faire, c’est l’aimer, aimer le monde, et célébrer sa vie en vivant la  mienne avec audace, joie et courage. » (p. 305)

Je crois qu’il y a des moments propices à certaines lectures, et d’autres moins. Ce roman a de toute évidence souffert de sa comparaison avec les deux romans lus dernièrement et brassant les mêmes thèmes, comparaison involontaire, simple aléa de l’enchaînement des lectures. Or ce ciel-là n’arrive pas à la cheville des deux autres, mais ça n’engage que moi. De même je verse sans doute peu dans la comédie sentimentale pour young adults version américano-puritaine, j’attends un peu plus d’un roman – même jeunesse, ou faut-il dire : surtout jeunesse ! - qu’un je t’aime moi non plus mais ciel j’ai pas le droit mais je t’aime alors comment je fais bah euh je t’aime quand même parce que mon petit cœur tout mou blablabla. (Tuez-moi)

Je vous laisse avec cet extrait qui explique le titre : p.141 « Il y a des années de cela, j’étais allongée sur le dos dans le jardin de Manou quand Big m’a demandé ce que je fabriquais. Je lui ai répondu que j’observais le ciel.  Il m’a rétorqué : « C’est une vision de l’esprit, Lennie, le ciel est partout, il commence à tes pieds. » 

Les billets (tous enthousiastes, je suis la seule sans cœur) d’Amanda, Thalie, Lily et ses livres, Gaëlle, et sans doute encore beaucoup à venir, ce livre ayant été largement proposé en SP à la blogo.

Nota : j'envoie volontiers mon exemplaire à toute personne qui le souhaite, à sa guise ensuite de le faire suivre à d'autres, de le garder, etc. Me contacter par mail.)

Gallimard jeunesse, coll. Scripto, mai 2010, 331 pages, prix : 11 €

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Crédit photo couverture : éd. Gallimard.

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Publié par Laure - dans Livr'ados
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commentaires

Karine :) 16/06/2010 22:04



J'ai beaucoup aimé quant à moi... mais bon, je ne m'attendais à rien et j'ai été agréablement surprise!  Comme de quoi il en faut pour tous les goûts!



Bénédicte 28/05/2010 14:20



je ne l'ai pas encore lu mais j'ai lu quelques critiques élogieuses. Cet avis m'interpelle et je le lirai volontiers Je m'inscris au livre voyageur si cela est encore possible



Laure 28/05/2010 14:39



bénédicte,


j'ai transmis votre adresse à françoise par mail.  je pense qu'elle vous fera suivre le livre sans problème. à bientôt !



Clarabel 26/05/2010 09:31



(hmm... morDs !) ... sifflotement innocent.



Laure 26/05/2010 21:05



rhhaa ça arrive les fourchages de clavier, sacré mordicus !



Clarabel 26/05/2010 09:30



... mais tu sais bien que je suis pacifique ! :)


 


(et puis je ne frappe pas, je mors ! ;o))



Laure 26/05/2010 21:05



wouaf !!



esmeraldae 26/05/2010 09:07



ça me fait penser à toi et moi à jamais de brashares, tu l'as lu?



Laure 26/05/2010 21:00



je ne l'ai pas (encore) lu, mais ça a bien marché auprès des ados, surtout après la série "quatre filles et un jean"



Francoise 25/05/2010 23:10



ooppps désolée pour la coquille, je voulais dire  les 2 autres romans, pas 23 :)



Francoise 25/05/2010 23:09



Commentaire courageux, parce qu'à contre-courant. Je le mets dans ma liste à lire, avec les 23 autres dont vous avez parlé.


C'est une nouveauté ?Est-il encore possible de recevoir votre exemplaire ?



Laure 26/05/2010 09:25



Vous êtes la première à le demander. je vous envoie un mail pour avoir vos coordonnées en privé.



Richard 25/05/2010 21:59



Bonjour Laure,


J'ai adoré ton commentaire. J'ai toujours un peu de difficulté à écrire sur les romans que je n'ai pas aimés. Mais là, tu m'as donné une leçon d'écriture en utilisant l'humour et un peu de
dérision. Et c'est tellement efficace !


Merci pour ton courage ! Allez à contre-courant, ça demande une certaine force de caractère.


Bravo!


Amitiés



Laure 26/05/2010 21:04



C'est juste un choix. Je sais que d'autres préfèrent ne parler que de ce qu'ils ont aimé. Je préfère garder le reflet de ce que j'aime, de ce qui m'ennuie, de ce que
j'abandonne, parce que c'est un reflet de mes lectures (et donc de moi-même), de la vie quotidienne qui n'est pas unicolore, j'aurais sinon l'impression de faire toujours le même exercice. Mais
je comprends aussi que ce ne soit pas le choix de tout le monde !



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