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  • : 44 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 16 ans. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 14:49

Traduit de l’italien par Dominique Vittoz

 

temps-suspendu.jpgp. 12 : « Voilà, Irene, ma fille, mourait ou naissait, je n’ai pas très bien compris : pendant quarante jours, ces mots ont désigné un seul et même état. Inutile d’interroger le corps médical, on me répondait : « Personne ne peut savoir, madame. » »

 

Maria, quarante deux ans et un paquet de cigarettes par jour depuis sa majorité, donne naissance à une petite fille, Irene, plus tôt que prévu : bien trop tôt, au bout de six mois de grossesse seulement. Le père s’en est allé dès la première échographie. Personne ne peut savoir si l’enfant vivra, ce temps passé dans les services de réanimation néonatale est un temps suspendu, un temps où Maria ne fait rien d’autre pendant quarante jours que de passer onze heures par jour à regarder la couveuse de sa fille. Elle qui donne des cours du soir en grammaire et littérature dans un centre pour adultes, étrangers ou ayant besoin d’obtenir le diplôme du brevet des collèges, elle qui raconte aussi comment elle a tout fait depuis son enfance pour être bonne élève, s’élever, sortir de la condition sociale difficile de ses parents. « Vivre au jour le jour et espérer dans l’avenir », elle ne peut plus faire grand-chose d’autre aujourd’hui.

L’autre présence forte du livre, c’est la ville de Naples, quittée dans l’enfance pour une petite ville plus tranquille, puis retrouvée, le va et vient constant entre l’enfance et sa vie d’adulte, ses relations avec ses collègues de travail et ses élèves adultes. Maria n’en oublie jamais tous ceux qui l’entourent, mères compagnes d’infortune, médecins, tous ont une place, parfois lancinante au sein du récit.

 

p. 60 : « […] soudain, le moniteur lançait une plainte continue et on voyait entrer des blouses blanches qui nous pressaient sans ménagement de quitter les lieux. En deux secondes, nous étions de retour sur les banquettes, le visage entre les mains. Puis passait un berceau en Plexiglas opaque, ouvert, où il était sans importance qu’entre de l’air ou de l’oxygène. La taille était standard, couveuse ou cercueil.

Nous avons côtoyé la mort, celle que les soldats découvrent à la guerre.

Je l’ai appelée parfois de mes vœux, pour qu’elle mette un terme à l’angoisse, qu’elle arrive claire et reconnaissable, balayant doutes et hésitations.

Et cette pensée cohabitait avec l’espoir. » 

 

J’ai découvert avec ce roman de Valeria Parrella une écriture forte et nouvelle, exigeante et simple à la fois. Sans jamais verser dans la sensiblerie, l’auteur réussit très bien ce récit du temps arrêté, suspendu, entre la naissance prématurée et le temps du retour à la maison, sans jamais de défaire de l’environnement extérieur. Ce temps qui ne se termine pas toujours bien pour tous. J’ai aimé cette façon de « dire », solitude intérieure unie à son entourage, et suis curieuse de découvrir d’autres textes de l’auteur, qui a publié un recueil de nouvelles traduit en 2009 notamment : le ventre de Naples.

 

Merci à Suzanne de logo-chez-les-filles.jpg et aux éditions du Seuil de m’avoir fait découvrir cet auteur !

 

Seuil, coll. cadre vert, avril 2010, 154 pages, prix : 16.50 €

Etoiles : stars-4-0__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : © Ricardo Demurez / Trevillion Images / et éd. du Seuil

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Publié par Laure - dans Romans étrangers
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commentaires

LN 12/04/2010 17:01



J'ai également apprécié ce livre qui traite d'un sujet dont on ne parle pas souvent dans la littérature.



cathulu 06/04/2010 18:41



j'ai bien aimé aussi ces portraits de femmes, qui tiennent bon malgré tout.



Laure 07/04/2010 14:22



oui, et c'est très fort de ne pas en faire un drame purement intimiste, mais de rester ouvert sur la ville, les autres, etc.



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