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  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 16 ans. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 18:24

 

araignées du soirVictor a rencontré Véra quand il avait 12 ans, en classe de 6ème. Il est tombé amoureux d'elle immédiatement. Mais Véra va en aimer d'autres, et Victor reste patient, ami et confident. C'en est trop quand à 18 ans, elle lui confie sa liaison avec un homme marié qui a le double de son âge : Nigel.

Roman à quatre voix (enfin trois surtout, Nigel ne prenant que très peu la parole), le drame est reconstitué par les récits successifs de Victor, de Violette (l'épouse trompée), de Véra, l'amante, et de Nigel, l'écrivain marié. Ce n'est au final qu'une histoire banale d'adultère assortie d'un quatrième mousquetaire dans le rôle de l'amoureux transi, au geste vengeur décisif.

Je reste mitigée sur ce roman, s'il y a de très bons passages dans la dernière partie (le récit de Véra, la lettre de Violette), il y a eu aussi pour moi beaucoup d'ennui, de vide et de creux. Je ne dois d'être allée au bout qu'à la brièveté de l'ouvrage. L'enchâssement est bien construit, même si le procédé n'est pas très original, on pourra regretter que les 4 voix différentes aient toutes le même ton. On s'en expliquera par la mise en abyme en final du roman (l'écrivain...). Mouais. Forces et faiblesses se mêlent.

 

Et je sais que je suis pénible avec ça, mais quand je suis heurtée par la première phrase, j'ai tendance à faire ma difficile jusqu'au bout : « Ma rencontre avec Véra, je me souviens, j'ai douze ans. » Je me souviens ? Je m'en souviens ? On se souvient de quelque chose, on se rappelle quelque chose. La tournure revenant à chaque nouvelle partie suivante (voix de chaque personnage), on dira que c'est un gimmick volontaire. Certes la tournure transitive directe est acceptée, mais rare (donc ce n'est pas une faute), et sur le moment, elle m'a gênée :

"Note : Ce verbe est en principe transitif indirect (avec la préposition de ou le pronom indirect inversé en), contrairement à se rappeler qui est en principe transitif direct.

  • Toutefois, des utilisations transitives directes sont parfois relevées, pour se souvenir quelque chose lorsque l’objet du souvenir dans le passé est resté agréable ou lorsque le narrateur exprime de la nostalgie ou un espoir ; cela reste dans un registre plutôt soutenu, et ce registre peut être renforcé par la forme impersonnelle. L’objet du souvenir doit alors être cité mais ne peut pas être représenté par un simple pronom ; le verbe devient synonyme de revenir (employé de façon figurée, mais lui aussi dans sa forme impersonnelle et transitive directe). Il me souvient mes anciennes amours."

(source : http://fr.wiktionary.org/wiki/se_souvenir)
Que penser alors de ces phrases, page 120 : « Et moi Véra, qui aie cette peur-là, qui aie cette honte-là, ce jour-là je suis si émue par cette fraternité impromptue entre nous que je prends la décision de l'embrasser. » Que vient faire ce subjonctif présent « aie » ? un indicatif « ai » aurait convenu, non ? Si je remplace par l'auxiliaire être ou par un pluriel, ça ne fonctionne pas : « Et moi Véra, qui sois … non, qui suis ! »
p. 135 : « en face on s'impatiente, sont-ils nul ceux-là, (…) ne sont-ils pas mous... » On peut mettre un S à nul, non ?
Alors oui, je sais bien qu'aujourd'hui tout le monde s'en moque, que ce n'est pas cela l'important, que c'est la qualité de l'histoire qui compte, blablabla, que de toute façon dans dix ans plus grand monde ne lira et qu'aujourd'hui déjà les mômes ne savent pas écrire en sortant de 6ème, alors « aquoibon » être casse-pieds avec l'orthographe et la grammaire hein... Je ne sais pas, question de rigueur et de sérieux conféré à l'image de la maison peut-être. Mais 18 euros un ouvrage imprimé en caractères taille 14 (à vue de nez), avec plein de pages blanches, dans une grande maison parisienne qui devrait avoir les moyens de payer des correcteurs, hum...
Je sais, l'éditeur et d'autres viendront hurler que ça peut arriver, qu'il faut être tolérant, …. Allez-y, hurlez, j'ai le dos large. (Et comment font les maisons qui publient encore sans faute ?)
Tiens d'ailleurs, rien à voir mais je ne réalise qu'à l'instant que la page de garde manque sur ce titre que j'ai acheté d'occasion sur le net, le livre s'ouvre direct sur la page de titre. C'est propre, la découpe a été bien faite, je ne l'avais pas remarquée. Encore un SP dédicacé revendu ? (sans que bien sûr ce soit précisé dans la description, car autant je trouve normal de racheter d'occasion un livre à quelqu'un qui l'a payé, autant ça me choque de le faire auprès de quelqu'un qui ne l'a pas payé, et qui gruge son acheteur)
Il y a quelques semaines, chez un libraire d'occasion, j'ai posé la question : il n'y a que moi que ça gêne de trouver dans vos bacs des exemplaires estampillés sur la tranche haute « exemplaire gratuit, ne peut être vendu » mais étiquetés d'un prix à 10 euros sur leur couverture ? Oui, apparemment il n'y a que moi que ça gêne car ils y sont toujours. Mais c'est un autre débat.
Je vais le mettre en don à la bibli, où il séduira je l'espère d'autres lecteurs.

 

Julliard, janvier 2013, 171 pages, prix : 18 €

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Crédit photo couverture : © éd. Julliard

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commentaires

antigone 04/03/2013 21:23


Dommage ces fautes qui restent, ou qui sont là intentionnellement (c'est encore pire) ? Pour la plupart des gens, de plus, un livre édité est forcément une référence en matière
d'orthographe.

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