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  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 16 ans. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 19:36

 

petites-meres.jpgL'auteur a du mérite, car j'avais égratigné son premier roman, et c'est sans rancune qu'elle est revenue vers moi pour me proposer la lecture du second. Je la remercie pour cette confiance et son ouverture d'esprit.


Les petites mères, c'est l'histoire d'une lignée de femmes, dont Rose est la dernière. Âgée de 23 ans, elle doit présenter son fiancé à sa mère et aux aînées de la famille.

Les femmes de cette famille semblent reproduire un même schéma : toutes ont été abandonnées par leur homme. Toutes souhaitent bien sûr que Rose rompe cette malédiction et épouse son Martin.

C'est dans la préparation du dîner et des retrouvailles avec Rose et son compagnon que se dévoile l'histoire de ces quatre femmes : l'arrière grand-mère, Conception, 88 ans, dite ici « la vieille en sucre », fille-mère elle a épousé l'épicier italien qui a bien voulu accepter l'enfant d'un autre, elle a eu quatre filles dont deux sont mortes ; Fernande, 64 ans, la grand-mère ; Babeth, la mère chez qui se passe le dîner, et Rose, l'arrière petite-fille vers qui se portent tous les espoirs.

Elles ont souffert ces femmes, se sont forgé leur caractère, et se demandent si un jour la reproduction de ces tristesses amoureuses cessera.

Si le roman se lit tout seul, je suis trop souvent restée sur ma faim : j'aurais aimé en savoir plus sur les hommes et leur raison de partir, sur la vie de ces femmes et leur rapport à l'amour, plus sur le pourquoi d'une telle méchanceté dans les propos de Fernande. Je me suis parfois presque perdue dans les propos d'unetelle ou unetelle (mince, qui est-elle déjà), le choix narratif surprenant m'ayant parfois un peu égarée : alternance de récit à la première personne et à la troisième personne pour un même personnage. De même j'ai trouvé dommage d'avoir indiqué une fratrie de filles (Concepcion a eu quatre filles notamment) et de les avoir occultées pour ne se concentrer que sur une seule : Fernande (car si j'ai bien tout suivi, l'une est mariée). Cela n'aurait-il pas mieux fonctionné avec une lignée de filles uniques ? (car ici toutes donc n'ont pas reproduit le schéma)

Une fin comme une boule dans un jeu de quilles, étonnante et logique à la fois.

A lire de préférence d'une traite, afin de ne pas oublier, quand une fille parle de sa mère, de laquelle il s'agit (ou peut-être étais-je trop fatiguée, bref mieux vaut rester concentré!)

 

Un portrait familial aux traits féminins, mais qui manque encore d'un petit quelque chose à mon goût pour être vraiment touchant.

 

Rose, p. 14 : « ça fait tellement longtemps qu'elle n'a pas embrassé sa mère, sa grand-mère et son arrière-grand-mère. Trois ans exactement, depuis son installation avec Martin, qu'elle n'a pas vu ses petites mères, comme elle les appelait, enfant. »

 

p. 59 : « Personne ne soupçonne qu'elle n'est pas du milieu. Du milieu des gens bien élevés, ceux qui ont appris. Personne ne soupçonne que sa mère est secrétaire, que sa grand-mère marchande de légumes, et son arrière grand-mère, ancienne femme de ménage immigrée, fille d'ouvrière. Personne ne sait qu'elles ont toutes été abandonnées par leur homme pendant ou juste après leur grossesse. Quatre femmes larguées comme des baleines échouées. »

 

p. 88 : « C'est un événement, un tremblement de terre, d'accueillir un mâle dans leur famille. Un homme légitime, enfin. Il n'y en a pas eu beaucoup dans leurs vies. »

 

 

L'avis de sylire, Lucie, Antigone

 

(tiens d'ailleurs ça ne m'interpelle que maintenant : le roman est sorti en février 2012 et c'est en avril 2013 qu'il est envoyé à quelques blogueuses... besoin de rattraper un titre passé inaperçu ?)

 

Flammarion, février 2012, 179 pages, prix : 16 €

Etoiles : stars-3-0__V7092079_.gif

Crédit bandeau couverture : © Sandrine Roudeix (oui elle est aussi photographe!) et éd. Flammarion.

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commentaires

clara 07/05/2013 08:38


Même ressenti que toi... il faut que j'écrive mon billet ! 

antigone 06/05/2013 20:56


Je pense que c'est une bonne idée de nous envoyer un roman déjà sorti depuis un moment (pourquoi pas ? ça change) !! ;) Il me semble que ton avis est assez proche de mon ressenti. Je suis
d'accord avec les petits bémols que tu soulignes (il aurait pu facilement gagner en force), mais ce roman a un charme certain et indéniable...

Laure 06/05/2013 21:56



Oui, ça ne me choque pas de donner une deuxième chance à un livre sorti il y a un an, mais cela me gêne presque pour l'auteur : le sentiment qu'il est obligé de
ramer lui-même pour essayer de faire parler de son livre, d'avoir un lectorat a minima, comme si en effet, passées les semaines de pré-sortie, il n'y avait plus personne chez l'éditeur ?


Une nouveauté chasse l'autre, les libraires le savent bien au quotidien... c'en est triste cette lutte pour avoir un peu de visibilité.


C'est en effet de ton avis que je m'étais sentie le plus proche après la lecture de ce roman et de ton billet. Sandrine Roudeix a gagné en qualité d'écriture par
rapport à son premier roman, mais dans cette histoire intimiste, j'aurais aimé en savoir un peu plus... Dommage d'avoir évacué les hommes et les sentiments des femmes sur les hommes depuis toutes
ces années...



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