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  • : 44 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 16 ans. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 08:58

tartines-au-ketcheupe.gifRéédition d’un titre épuisé paru en 2000 chez Nathan, Les tartines au kétcheupe est un roman  drôle et bouleversant. Quelle belle façon spontanée et déroutante de dédramatiser la violence !

Nicolas a 5 ans, il est en grande section de maternelle, un peu turbulent, il est souvent repris par les enseignants. Il s’est inventé deux amis imaginaires à qui il confie ses tracas : Petit Toiseau et Fourmisseau. Et c’est ainsi que le lecteur comprend le quotidien de Nicolas quand il franchit le seuil de chez lui : père qui le bat, frères un peu violents aussi, mère en souffrance et violentée elle aussi, oh non sa vie n’est pas gaie à la maison ! Marie-Sabine Roger a réussi le tour de force d’en faire une histoire drôle par la fraîcheur des propos du petit garçon, notamment quand il nous raconte son histoire du Petit Poussé :

« Quand on revient en classe, la maîtresse nous raconte une histoire.

C’est un petit qu’a tout un tas de frères plus grands. Ben, moi, je sais ce que ça doit donner à la maison : ses frères, ils doivent passer leur temps à lui flanquer des claques, et à lui crier dessus en disant :

« Hé, le nain, tu vois pas que tu gênes ?! Pousse-toi du milieu ! »

C’est pour ça qu’on l’appelle le petit poussé. […]

 Il court ramasser des petits cailloux blancs en bas de chez lui. Il habite dans une chômière. C’est un immeuble où il y a que des chômeurs dedans. [...] »

Et quand les adultes tentent de l’aider, il va chez l’espliquologue, et quand ce dernier lui demande de dessiner sa famille, il oublie de se dessiner lui. Quand le psy (pardon, l’espliquologue, qui ne lui explique pas grand-chose au demeurant !) insiste, il ne réussit pas à se placer dans son dessin de la famille, il finit par se mettre au dos de la feuille, parce qu’il ne voit pas bien où il pourrait se mettre.

 

Un roman qui touche par les faits qu’il dénonce, sous couvert d’humour. Tendresse et gravité, éclats de rire et tristesse. Le langage et la fraîcheur de l’enfance sont très bien retranscrits. Dommage peut-être que la fin ne laisse guère plus d’espoir. Une lecture à accompagner peut-être auprès des plus jeunes, pour voir ce qu’ils en saisissent réellement ?

 

(A proposer dès 9 ans)

 

Lu et approuvé par Mel, de la soupe de l’espace, Gawou la libraire, Clarabel

 

Rouergue, coll. DacOdac, janvier 2010, 94 pages, prix : 6,50 €

Etoiles : stars-4-0__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : Frank Secka et éd. du Rouergue

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commentaires

Zazimuth 08/07/2010 17:20



J'ai trouvé le tour de force de Marie-Sabine Roger assez extraordinaire mais si on ne raconte pas l'histoire à voix haute (et encore je ne sais pas si ça suffit) je pense que le second degré,
tout l'implicite n'est pas perçu par les enfants.



Laure 09/07/2010 19:39



oui c'est vrai (et pour le tour de force, et pour l'implicite), bon, les coups sont quand même clairement dits, mais ne parlent peut-être pas forcément à tous les
enfants qui n'ont pas le même regard que nous...



In Cold Blog 07/07/2010 12:51



Les extraits que tu cites donnent vraiment envie... On ne peut malheureusement pas en dire autant (une fois encore, pour cette collection) de l'horrible couverture.



Laure 09/07/2010 19:42



c'est marrant pour les couvertures, chacun focalise sur une collection ou une maison en particulier, moi c'était les Allusifs récemment, toi les Dacodac du
Rouergue... Je ne les trouve pas spécialement belles, mais ça va, ça ne me frappe pas non plus que cela...



Clarabel 07/07/2010 10:21



Je l'ai fait lire à ma fille, justement pour comparer ce qu'elle percevait de cette histoire. Et encore une fois, les enfants me surprennent. Ils n'ont pas la même sensibilité qu'un adulte. Ils
prennent, ils aiment, ils sentent, ils sont touchés et puis ils passent à autre chose. Enfin, je généralise mais je ne fais que résumer la logique de ma fille ! :) Elle a aimé, elle a compris les
nuances et les allusions de ce texte, derrière le comique elle a cerné la gravité. Je pensais qu'elle allait être déstabilisée, que nenni. Pas qu'elle soit innocente, non c'est autre chose... Une
capacité chez elle à rebondir, à prendre du recul. (Je l'envie.)



Laure 07/07/2010 11:02



Je crois tout simplement que c'est là la réussite de la (bonne) littérature jeunesse. Les niveaux de lecture ! On est dans du très bon quand l'adulte ne s'y ennuie
pas, quand l'enfant y prend ce qu'il veut, perçoit sans avoir tout le référent qui le troublerait davantage...



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