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  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 23 ans, 21 ans et 16 ans 1/2. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-huit ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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Je n'arrive plus à trouver de temps pour le blog, alors je poursuis ... à mon rythme !

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 19:06

 

vies-extraordinaires-eugene.jpgQuel beau livre que ce premier roman d'Isabelle Monnin ! Au premier abord, on pourrait imaginer que c'est un énième roman sur la perte d'un enfant (il y a eu Laurens, il y a eu Darrieussecq, il y a eu leur polémique, il y a Forest, etc.) et pourtant non : il y a réellement un nouveau regard dans ce récit, quelque chose de plus et de différent.

Eugène est né grand prématuré au sixième mois de grossesse et malgré tous les soins apportés, n'a pas survécu, victime d'une maladie nosocomiale, un staphylocoque doré que les médecins n'ont pu soigner. Ses parents sont effondrés, anéantis, bien évidemment. Sa mère ne parle plus, « parce qu'il n'y a plus rien à dire » et son père se fait l'historien de la vie de leur

fils trop tôt perdu. Avec la méticulosité de son métier, il rédige l'histoire de la vie d'Eugène, mais c'est toujours trop court, tout est dit en quelques lignes, quelques pages, au mieux. Alors il cherche autour de lui, rencontre ceux qui auraient été ses compagnons de crèche, de jardin public, etc. pendant que sa femme, toujours silencieuse, coud des pantalons de velours rouge, de toutes les tailles, de celles qui auraient vu grandir son fils...

 

Donner la parole au père est une approche que j'ai aimée d'emblée, peut-être parce qu'elle est moins courante justement que les récits qui donnent le point de vue de la mère. Pourtant, elle est bien présente cette mère, « Elle », jamais autrement nommée, et on assiste impuissant à ce qui semble être une bascule dans la folie. Le père souffre du décès de son enfant, mais aussi de son impuissance à voir revenir à la raison son épouse. Cette tension est un fil conducteur du roman aussi : reparlera-t-elle ?

 

Et puis le père dans son travail d'écriture amène aussi les grands-parents d'Eugène, et son propre grand-père qui se meurt, âgé, malade, ayant perdu la mémoire. Les pages sur l'échange entre le père et le grand-père sont très fortes, très belles aussi.

 

Et la lettre finale de la mère qui s'exprime enfin (par écrit !), s'adressant à son tout-petit... Quelle richesse et émotion dans le choix des propos ! Et puis une fin, autre encore, un prolongement, qui tient plus du procédé de création romanesque, qui laisse une porte ouverte à l’imagination du lecteur, qui font de ce premier roman un vrai roman riche de sens et de qualités.

 

Si au départ j'ai eu peur de l'écriture que je trouvais un peu hachée, des transformations orthographiques/phoniques de certaines références parfaitement identifiables malgré tout, la démarche de ce père en proie avec sa douleur a vite gagné mon intérêt et mon enthousiasme.

Un bon premier roman de cette rentrée littéraire.

 

Merci à logo bob et aux éditions JC Lattès pour le partenariat qui m'a permis de découvrir ce livre, et une pensée émue pour l'auteur que j'ai rencontrée ce midi très rapidement. Ce n'est jamais facile d'aller vers un auteur (pour moi du moins), que lui dire d'original et d'intelligent, mais j'ai aimé ce bref échange.

 

rentree litt sept10

 

 

Ed. Jean-Claude Lattès, août 2010, 231 pages, prix : 17 €

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Crédit photo couverture : © Claire Garate pour la photo du bandeau, et éd. JC Lattès

 

 

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commentaires

Finette 25/10/2010 21:24



J'ai très envie de le lire. Sur le même sujet difficile, j'ai beaucoup entendu parler de "Nos étoiles ont filé" d’Anne-Marie Revol.


Bon courage pour ta semaine!



Laure 26/10/2010 17:24



Oui, j'ai entendu parler du A-Marie Revol en bien aussi, mais ouch, sur ces sujets, il faut laisser passer un peu de temps entre deux !



Karine:) 24/10/2010 01:04



Ce livre est partout mais il me tente quand même!  C'est réellement un tour de force en soi!  L'avantage, c'est qu'il sortira certainement un jour en poche... genre, l'an prochain!



Laure 24/10/2010 19:10



je suis un peu déconnectée des blogs en ce moment, mais pour les survoler de loin, oui il me semble l'avoir vu à plusieurs reprises. Il mérite une deuxième vie en
poche, et ça laisse le temps de faire baisser ses PAL



AP 17/10/2010 10:34



Quoi, c'est la 25ème heure aujourd'hui ??? gasp, déjà un an... A propos de la rencontre auteur-lecteur, je confirme que c'est un moment délicat et toujours émouvant... des deux côtés ! mais Laure
s'en sort très très bien malgré ce qu'elle veut faire croire ! ;-)



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