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  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 16 ans. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 10:44

Dessins de Sandrine Martin

 

pourquoi-on-ecrit-des-romans.jpgAnne, 46 ans, est romancière. Elle est en train d’écrire quand ses neveu et nièce de 6 et 9 ans viennent la questionner sur son activité. Elle leur explique comment naissent ses personnages, comment elle les fait vivre dans sa tête avant de coucher son histoire sur le papier, etc. Par le biais d’un dialogue simple, l’auteur explique la différence entre vrai et vraisemblable dans le roman, le pacte de lecture passé par le lecteur qui accepte de se plonger dans la fiction en faisant comme si c’était vrai, et cite au passage quelques références étymologiques et historiques. Plus loin, le grand frère, adolescent de 15 ans, entre en scène et tente de démontrer que les livres ne servent strictement à rien à l’heure d’Internet. Anne tentera de lui expliquer combien les nouvelles technologies asservissent (alors même qu’elles sont censées faire gagner du temps) et que la force évocatrice d’un roman auprès d’un lecteur annihile toutes les images existantes.

 

Petit ouvrage sympathique qui me laisse néanmoins sur ma faim et que je trouve un peu trop «simple», certes il s’agit d’une collection philo pour les enfants, mais on aimerait parfois aller juste un peu plus loin…

Certains arguments me paraissent un peu faibles, notamment dès que le débat devient un peu complexe, l’auteur coupe court en assenant un « plus ou moins », qui revient à plusieurs reprises dans l’ouvrage. (Les croyants croient à ce qu’il y a dans la Bible, oui, « plus ou moins », un écrivain « c’est un menteur. Mais un menteur qui a le droit de mentir. Qu’on paie pour ça… enfin, plus ou moins. »)

D’autres me semblent peu convaincants ou inutiles : l’auteur s’insurge contre le féminin « écrivaine » et défend le seul emploi du mot écrivain (car ce n’est pas un adjectif comme « vilain – vilaine ») et ce n’est pas un métier, on ne le féminise pas comme avocat-avocate. Ce n’est pas un métier parce qu’on n’en vit pas (certes, très très peu en vivent) mais j’ai surtout l’impression que l’auteur trouve le mot « écrivaine » très moche et moins prestigieux que son masculin ? De même tous les écrivains ont des chats parce qu’un chat dort beaucoup et l’écrivain mûrit ses personnages dans son sommeil, mmm oui…. « Un écrivain a l’air très paresseux, et pourtant il travaille énormément. Il travaille à son livre dans sa tête, même quand il a l’air de faire autre chose ». C’est vrai, tous les auteurs le disent, mais de là à avoir forcément le chat paresseux qui va avec … Plus loin, lorsque son neveu adolescent lui demande une seule bonne raison de lire un livre, elle lui répond : « je vais plutôt te donner un livre : La route. (…) Si ça t’ennuie, tu arrêteras, et on essaiera avec un autre. Il y a quelque part un livre qui est fait pour toi ». Pas sûre que l’argument suffise à tirer le jeune homme de son ordi !

Ce petit livre ouvre donc plusieurs pistes intéressantes qui ne demandent qu’à être explorées davantage, mais le jeune lecteur trouvera-t-il un adulte prêt à poursuivre le dialogue avec lui ? C’est une bonne intention pour faire se rencontrer jeunes enfants et écrivains !

La mise en page du texte facilite sa lecture : les passages importants sont imprimés dans une autre couleur, facile donc d’en repérer l’essentiel, et les illustrations apportent un petit plus ludique à l’aération du discours. Tout est (bien) fait pour ne pas effrayer et rebuter le jeune lecteur.

 

Une collection à explorer sur d’autres thèmes également.

(dès 10-11 ans)

 

Lu aussi par Cathulu, Malice, ...

 

Gallimard jeunesse /Giboulées, coll. Chouette penser !, août 2010, 79 pages, prix : 10,50 €

Etoiles : stars-2-5__V7092076_.gif

Crédit photo couverture : © Sandrine Martin et éd. Gallimard jeunesse / Giboulées

 

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commentaires

Liliba 12/09/2011 12:02



Tout à fait d'accord avec toi : intéressant, mais trop simpliste et pas assez creusé.



Saleanndre 23/06/2011 20:24



Danièle Sallenave est une femme que j'admire. Je l'ai déjà rencontrée plusieurs fois, et ai lu certains de ses livres (mais pas ses romans encore, ni celui là d'ailleurs). Elle est académicienne
maintenant! Bref, tout cet étalage ne sert à rien, mais j'ai été interpelée et heureuse de voir que vous aviez lu cet ouvrage d'elle, très récent, même si vous n'avez pas été entièrement
convaincue!



Laure 25/06/2011 09:49



Oui, elle oeuvre beaucoup pour la lecture auprès des jeunes !



Sophie 19/06/2011 20:37



J'aime beaucoup Chouette penser ! mais ce titre est un des rares à ne pas m'avoir convaincue...



Richard 17/06/2011 13:32



Bonjour !


À la lecture de ton billet, l'auteur(e) ne m'a pas paru particulièrement sympathique ...


je vais cependant lire ce petit livre car il répond à un besoin. Après, je verrai si je peux l'utiliser ...


Merci pour cette découverte !



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