Les jardins d'Hélène

Mouche' – Marie Lebey

21 Janvier 2013, 20:51pm

Publié par Laure

 

mouche.jpgEn commençant ce roman, je voyais déjà la longue liste de clichés qu'on peut y aligner : une fille qui raconte sa mère alors que cette dernière est très âgée, le récit est autobiographique (l'auteur n'hésite pas à se nommer dans le texte) bien que roman soit écrit sur la couverture, le livre est dédicacé à Nathalie Rheims qui publiait le même genre de récit chez le même éditeur il y a moins de six mois, toutes les filles ont quelque chose à régler avec leur mère, alors si toutes les filles doivent sortir un bouquin, on n'est pas rendu, et si en plus celui-ci s'ouvre sur la plongée en fosse de piscine, rappel du liquide amniotique, tout cela, n'en jetez plus ! Ajoutez-y une pincée de culture classique, l'apologie de Proust et la visite guidée du Grand Hôtel déjà mainte fois lue, et la ville de Cabourg a trouvé son nouveau faire-valoir.

 

Et puis, et puis.. C'est vrai qu'il y a quelque chose dans l'écriture, le sens de la formule, un côté vachard et tendre à la fois, Mouche' avec son apostrophe finale en clin d’œil est un personnage haut en couleurs, avec un petit côté burlesque.

p. 25 : « Mes trois garçons s'étaient attachés à cette grand-mère belge un peu braque, qui refusait d'être appelée mamie pour prendre le nom plus énigmatique de mouchka, qui signifie bonne-maman en russe, mais que ses petits-enfants derrière son dos surnommaient « Mouche' ».

 

Plus personnel : 

p. 65 : « A la mort de ma sœur, je perdis ma mère. Je devins cette adolescente qui passait inaperçue aux yeux de tous. Et comme c'est toujours les meilleurs qui partent en premier, j'en avais pris pour un bail sur cette terre. »

 

p. 89 : « Je n'ai pas le souvenir que Mouche' ait jamais posé sur moi un regard de mère. Je veux parler de cette tendresse qui irradie un enfant, comme un soleil aveuglant. Son regard blessant me donnait des coups. Mes défauts ressortaient comme des bleus. Sous couvert de faire de l'humour, elle se moquait de moi. Si elle m'aimait ? Oui, sûrement, ce qui la rendait plus dangereuse encore. Les rares fois où elle avait eu pour moi un geste affectueux, sa main était glacée. »

 

Rien de très novateur me direz-vous. Il y a quelques passages plus fantasques, un brin cocasses, mais là aussi, j'imagine qu'on a tous quelques originaux dans nos familles. Finalement, ce que j'ai le plus aimé, c'est le regard de l'auteur sur ses trois enfants, sa relation avec eux (ils sont adultes à présent), ses trois mecs qui ont baigné dans le foot, père footballeur célèbre, et le verdict de la mère sur cette ambiance :

p. 103/104 : « Trois fils de footballeur, c'est trois garçons qui pensent sincèrement que taper dans un ballon, c'est un vrai métier, et que l'histoire ou la géographie ne servent à rien. Le foot aura été ma croix. Je l'ai portée sous la pluie deux fois par semaine lors des entraînements et les dimanches à l'heure de la sieste […] Remplir le frigidaire tous les deux jours. Continuer à acheter des livres qu'ils n'ouvrent jamais. Partir faire valider avant 18 heures le bulletin de Cote et Match, en sachant pertinemment que s'ils gagnent au loto, ils ne me paieront pas la piscine de mes rêves, mais un séjour dans la maison de retraite la plus proche. »

 

Conclusion ? Et bien même l'auteur vous la donne : (p. 124) « Avec l'âge, Mouche' rétrécit, se lyophilise un peu plus chaque jour, mais son esprit reste intact. Elle trouve que mes livres n'ont pas grand intérêt, mais que j'ai un petit quelque chose. »

 

CQFD.

 

 L'avis de Livrogne

 

 

Ed. Léo Scheer, janvier 2013, 124 pages, prix : 18 €

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Crédit photo couverture : éd. Léo Scheer.


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Les mille et une nuits - Gudule et François Roca (ill.)

18 Janvier 2013, 16:07pm

Publié par Laure

mille-et-une-nuits.jpgLe temps d’un bel album grand format, revenir en enfance, par la magie des contes, de l’Orient lointain, des coffres volants, des vizirs et des califes. Ce recueil comprend neuf contes, dont le premier, Shéhérazade, est celui qui sert de cadre à tous les autres. Le sultan Schahriar, découvrant avec horreur que sa femme le trompe, décide de tuer chaque matin la nouvelle femme qu’il aura épousée la veille. C’est la panique dans le royaume endeuillé. Shéhérazade, fille du grand vizir, supplie son père de lui laisser épouser le sultan, car elle envisage un subterfuge pour que cessent ces assassinats.  Chaque soir, elle commence à lui conter une histoire dont elle livrera la fin le lendemain si elle survit, et ces contes enchâssés dureront ainsi mille et une nuits, au bout desquelles le sultan lui laissera la vie sauve.

 

Gudule – connue surtout pour ses romans jeunesse – adapte ici quelques contes sans les dénaturer, certains sont drôles (l’encombrant cadavre, l’homme qui mit sa femme dans un bocal), d’autres plus sombres, tragiques, ou émouvants. Tous offrent évasion et dépaysement, et laissent rêveurs devant les somptueuses illustrations pleine page de François Roca. De même chaque conte est introduit au centre d’une arcade illustrée, avec un fronton reprenant toujours Shéhérazade contant au sultan, et de chaque côté, un personnage ou un animal du conte dont il est question.

Un bel album pour un retour aux contes traditionnels, à faire découvrir aux enfants à partir de 9/10 ans.

 

Nathan, coll. Contes et Légendes, octobre 2012, 57 pages, prix : 17,50 €

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Crédit photo couverture : © François Roca et éd. Nathan

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Vous ne connaîtrez ni le jour ni l’heure – Pierre Béguin

12 Janvier 2013, 07:21am

Publié par Laure

PierreBeguin-Vousneconnatreznilejournilheure-HD.jpgDepuis trois semaines, un homme, marié et père de famille, connaît le jour et l’heure de la mort de ses parents. « Ce sera le 28 avril à 14 heures ». Le propos va à l’encontre du verset de l’évangile selon St Matthieu (25:1) qui donne son titre au livre. La veille de ce jour fatidique, il s’installe dans son ancienne chambre d’enfant, et écrit ce qu’il ressent à l’approche de ce suicide annoncé.

Réflexion générale et particulièrement pertinente sur le suicide assisté en fin de vie (thème plus que jamais d’actualité et dans la législation et dans la littérature, j’ai lu en décembre, sans le commenter mais je l’ai beaucoup aimé, le roman de Martin Winckler, en souvenir d’André, (chez P.O.L) qui aborde – différemment et de manière plus romanesque le même thème, en janvier sort également je crois le récit d’Emmanuelle Bernheim, Tout s’est bien passé (Gallimard)), ce roman de l’écrivain suisse Pierre Béguin frappe par la justesse de ses propos, et montre combien ce n’est pas simple, même lorsque l’on a déjà une idée bien arrêtée sur la question. S’il voit son père convaincu, il sent le doute et la fragilité de sa mère. N’accepterait-elle pas cet acte que comme une dernière preuve d’amour à son mari ?

Le narrateur revient également sur son enfance, avec l’éclairage sociologique que lui apporte désormais sa maturité, la personnalité de ses parents et comment il s’est forgé la sienne propre, jusqu’au récit du déroulement de l’acte (la démarche passe par une association, la présence de deux médecins, l’absorption d’une potion létale), mais le récit ne s’achève pas à ce moment venu, il va bien plus loin, et gagne encore – s’il était besoin – en force et pertinence.

Une telle analyse, que je trouve bien plus proche de l’essai et du récit très introspectif plus que du roman ( ?), ne peut laisser indifférent. J’ai noté beaucoup de passages qui venaient bousculer ou confirmer ma propre réflexion, mais j’ai fini par arrêté la prise de notes tant chaque phrase pourrait être retenue.

 

En fin d’ouvrage, on trouvera des précisions sur l’état actuel de la législation en France et en Suisse.

Un roman (puisque c’est ainsi qu’il est noté sur sa page de titre) qui interpelle, invite à réfléchir, se révèle particulièrement brillant, séduit sans jamais sombrer dans une émotion douteuse, et qui confirme qu’une écriture classique, rigoureuse, simple et travaillée à la fois, ajoute à la valeur du texte.  

 

p. 14 : « Au bout de leurs forces, le visage chaviré de fatigue, le regard épuisé, ils semblaient soudain implorer mon aide. Pouvais-je m’ériger en juge de leur état ? Au nom de quelle valeur aurais-je pu contester cette conception radicale qu’ils s’étaient forgée de leur dignité ? Comment savoir si cette décision sans appel soulignait la défaillance de leur nature ou la vigueur de leur âme ? De quel droit me serais-je opposé à leur liberté essentielle ? »

 

p. 35 « Il est tellement plus simple de se soumettre à la fatalité. C’est la liberté qui est insupportable, invalidante, tragique… »

 

p. 62 : « Écrire m’est davantage une réparation qu’une création, un devoir qu’un plaisir, une souffrance qu’une jubilation. Il en a toujours été ainsi. Et je crois comprendre les raisons pour lesquelles je n’ai jamais ressenti que très parcimonieusement cette jouissance de l’écriture que revendiquent certains écrivains. La jouissance est dans la création, la réparation est dans la culpabilité… »

 

p. 137 : « Jamais je n’avais remis en cause le droit légitime de chacun à disposer de son existence. Jamais je n’avais testé la résistance de cette conviction. Le recours à l’ « autodélivrance » s’imposait à moi comme un principe intangible. Tant que je n’y étais pas impliqué… Cet axiome se fissure maintenant aux secousses du deuil. Je ne sais plus à quel raisonnement me raccrocher. »

 

p. 138 : « Pratiquer l’euthanasie, n’est-ce pas abdiquer, renoncer à toute quête d’amélioration, accepter un état de fait comme définitif, ouvrir la porte aux impératifs économiques douteux ? Ne vaudrait-il pas mieux convoquer toute notre énergie contre cette tentation à la démission ? Une société qui ne pratique pas l’euthanasie reste une société en recherche de solutions meilleures. » 

 

Philippe Rey, janvier 2013, 192 pages, prix : 17 €

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Crédit photo couverture : éd. Philippe Rey

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La chanson de Richard Strauss - Marcus Malte et Alexandra Huard (ill.)

11 Janvier 2013, 11:06am

Publié par Laure

chanson-de-richard-strauss.jpgDeux petits garçons habitent le même immeuble et sont amis. Ils partagent tout, jeux et bleus aux genoux. Le jeune Richard Strauss (qui n’est pas le musicien, même si l’on pourra y voir des liens antinomiques) est juif, ce n’est pas dit, mais l’illustration et l’histoire le font entendre tout en drame et finesse. La peur s’insinue, enfle et prend de l’ampleur, la voix à la radio, le bruit des bottes, les drapeaux qui remplacent les fleurs sur les balcons, et dans l’illustration, une étoile de David peinte sur un volet, une croix gammée accrochée en étendard : c’est bien de la guerre, des arrestations et de la déportation dont il s’agit.

Un jour Richard disparaît, il ne reste plus que son chien, « moitié blanc / moitié noir / et court sur pattes / C’était un corniaud / un bâtard », et son ami solitaire, avec son violon dont il n’a plus envie de jouer, et cette chanson, la sienne, texte de l’album mais aussi celle de la vieille femme à son volet qui déjà annonçait « Comment faire ? Comment faire ? / On y croit, on espère. / Comme enfer, comme enfer / On ne peut pas mieux faire ».

Le texte, poétique et en chanson est somptueux. Spontanément je l’ai lu à voix haute. L’illustration, à travers des couleurs vives et des détails qui s’inscrivent discrètement, complète parfaitement le texte.

Si l’adulte comprend de suite le contexte, l’enfant lui aura sans doute besoin d’accompagnement, mais c’est cette distance et cette poésie qui font justement la qualité de cet ouvrage, qui n’est pas un « énième » livre sur le sujet, mais une œuvre d’art à part entière, littéraire et artistique.

 

(à partir de 9 ans)

 

Une analyse très juste et quelques images en plus chez Sophie et Fantasia.

 

Sarbacane / Amnesty International, avril 2012, 34 pages, prix : 15,50 €

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Crédit photo couverture : © Alexandra Huard et Sarbacane éd.

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06h41 - Jean-Philippe Blondel

7 Janvier 2013, 11:53am

Publié par Laure

 

06h41.jpgAu lendemain d'un week-end éprouvant passé à Troyes chez ses parents, Cécile Duffaut reprend le train pour Paris, où elle vit et travaille, le premier train du matin, le 06h41. A côté d'elle s'asseoit Philippe Leduc, qui « monte » à la capitale voir un ami en fin de vie. Ils feignent d'abord l'indifférence mais tous deux se connaissent, ils se sont aimés vingt-sept ans auparavant, le temps d'une aventure houleuse qui s'est très mal finie. Renoueront-ils le dialogue ?

Le voyage en train est l'occasion pour chacun de revivre son passé, son parcours et son présent. Comment cette liaison de jeunesse les a profondément changés, a infléchi leur vie sans qu'ils en mesurent peut-être toute l'importance sur le moment. Un renversement s'est opéré dans leur caractère, leur ambition, leur superbe ou leur effacement. N'est plus aussi fort celui qu'on croit.

 

Jean-Philippe Blondel confirme une fois encore qu'il est l'écrivain du sentiment intérieur, du cheminement intime qui s'égrène à travers des faits en apparence anodins. Fin observateur de la vie, de nos vies. Pour autant, 06h41 ne m'a pas emportée comme ses précédents romans ont pu le faire. J'ai trouvé le voyage presque long et terne, même si l'arrivée a finalement gagné mon adhésion. J'en suis encore imprégnée, de cette histoire, de cette fin, de ces possibles, alors que j'ai eu beaucoup de mal à m'attacher aux personnages. Trop loin de moi sans doute, l'effet miroir n'a pas opéré. Ambivalence toutefois puisque l'ensemble fonctionne, bien construit, justement pensé, une parenthèse séduisante le temps d'un voyage, une parenthèse qui n'a pas – pour moi - la portée de ses autres romans.

 

Ce n'est pas l'avis de Clara, qui a été profondément touchée.

 

 

p. 12 : « Vient un âge où on est coincés entre des enfants indifférents et des parents récalcitrants. Voilà. J'ai quarante-sept ans. Je suis en plein dedans. »

 

Buchet-Chastel, janvier 2013, 231 pages, prix : 15 €

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Crédit photo couverture : ©2009 Tony Kearney / Getty Images / et éd. Buchet-Chastel.

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Je rachète ou pas ? (les cosmétiques du mois # 12-2012)

31 Décembre 2012, 02:51am

Publié par Laure

 

Bilan cosmétique du mois de décembre, sur les produits que j'ai terminés : alors je rachète, ou pas ?

(comment cela je me suis gourée de blog ? Oui, peut-être)

 

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Beaucoup de produits terminés ce mois-ci, puisqu'ils sont au nombre de 9 (8 sur la photo + 1 oublié qui apparaît plus loin)

 

On y va pour le détail :

2 gels douche et 2 déos, c'est pas que je me sois plus lavée ce mois-ci que les autres hein, c'est juste que souvent, j'ai plusieurs trucs commencés en même temps, surtout quand mes filles s'y mettent;-)

 

Gel douche Baléa, Splashy Kiwi, édition limitée, DM.

balea kiwiCe gel douche fait partie d'une grande série vendue dans les DM (Droguerie Markt), supermarchés allemands dévolus aux produits d'hygiène, et vendu la modique somme de 0,65 €. Edition limitée pour le parfum, mais j'en ai encore plein d'autres en stock :-)

Quelques doutes sur la couleur vert fluo, sans doute pas mal pour l'été, mais en hiver, je préfère les textures plus hydratantes. À ce prix-là je me doute que la compo doit pas être top, mais pas de problème de réaction, de peau asséchée ou quoi que ce soit. Mes filles aiment bien, je verrai cet été pour les autres parfums s'il en reste (un « melon » et un « mangue » entamés dans la salle de bain familiale)

Donc je rachète ou pas ? Ben déjà l'Allemagne est à 800 km de chez moi, alors pas demain sans doute. Mais pourquoi pas si l'occasion se présente, davantage pour amuser mes filles que par réelle conviction.

 

Douche nourrissante huile-crème, Dove, « mon soin cocooning », prix indicatif : 3,05 €

huile-creme-dove.JPGAlors là, oui. Texture parfaite pour l'hiver, un peu plus longue à rincer mais qui se rince bien quand même, parfum indéfinissable (sent le Dove et le propre quoi). Un bon basique.

(et comme j'en ai trouvé plein d'autres dans le DM à Kehl à environ 2 €, j'ai fait des stocks)

 

 

 

 

Soin rénovateur buste, Linéance anti-âge. Prix indicatif : 12,40 €

soin-buste-lineance.JPGLe produit n'est plus commercialisé (en tout cas sous cette forme), je l'ai acheté en boutique de déstockage au prix de 5 € environ.

J'aime : le flacon pompe, la texture (ni trop fluide ni trop épaisse), le parfum pas trop envahissant

J'aime moins : je ne vois pas d'effet, ni anti-rides, ni anti-taches, ni anti-relâchement. C'est pourtant un produit destiné aux peaux matures, autrement dit plus de 50 ans, âge que je n'ai pas encore atteint ^^

Ça ou n'importe quel soin simplement hydratant, je ne vois pas la différence !

Produit que je continuerai quand même un peu à utiliser, puisque j'en avais acheté 2 flacons d'un coup, à 5 € je ne prenais pas grand risque.

 

Shampooing volumateur Nivea, « volume sensation », prix indicatif : 2,80 €

shampooing-volume-nivea.JPGProduit qui n'est plus commercialisé non plus, houla, j'ai tant de vieux trucs que cela dans mes placards ? (les fameux lots de 2, on change entre deux flacons, il en reste un qui traîne, etc.)

Et bien, je l'aurais racheté, car je lui trouve vraiment un effet volume sur mes cheveux fins. Texture transparente, fait le job, pas de problème. A voir si la gamme a été relookée ou si le produit a vraiment disparu.

 

Pur bleuet, démaquillant douceur yeux sensibles, Yves Rocher, prix indicatif : 5,40 €

pur-bleuet.JPGMais comme toujours chez Yves Rocher, facile de l'avoir à – 50% ou en 2 pour 1 avec les promos.

Démaquille bien les maquillages légers, ne pique pas, facile à utiliser, mon basique habituel qui a remplacé leur précédent démaquillant yeux à la camomille (un flacon bleu itou).

Donc oui je rachète régulièrement.

 

Déodorant bille Sanex, Natur protect, prix indicatif : 3,90 €, à la pierre d'alun.

sanex-alun-ouvert.JPGAcheté par hasard, parce que ma fille me demandait une pierre d'alun, et qu'il n'y en avait pas dans le supermarché où je me trouvais. J'ai pris ce déo à la place, ce n'est pas ce qu'elle voulait, et quand je lui ai trouvé sa vraie pierre d'alun en parapharmacie, c'est moi qui ai hérité du bidule.

J'avoue j'étais sceptique, je ne trouve efficaces que les déos contenant des sels d'aluminium. C'est pas bien, c'est controversé, personne n'est d'accord sur leur innocuité ou pas, en attendant, ils font le job correctement. Eh bien celui-ci aussi ! Sans sels d'alu, sans alcool et sans parabens, formule bille habituelle (pratique, ne prend pas de place dans la trousse de toilette quand on voyage) mais existe aussi en atomiseur grand format, et flacon original qui se positionne bille en bas, pratique en fin de flacon. Je le regarderai d'un autre œil et je risque bien d'en racheter, oui.

 

Déodorant anti-transpirant 48h , peaux sensibles ou épilées, Vichy, prix indicatif : 8,40 €

(souvent moins cher en lot de 2 en parapharmacie)

deo-vichy.JPGUn grand classique, je suis fidèle des déos Vichy sous cette forme depuis des années, sans parfum sans alcool sans parabens (j'aime bien le « sans parfum », au moins on n'est pas dans le « je masque une odeur par une autre »). Seul reproche qu'on peut faire à ces flacons billes : attention quand on s'habille après, on peut se retrouver avec des traces de déo sur les vêtements par effet d'essuyage quand on enfile un t-shirt, c'est pas glam. (même remarque pour toutes les marques)

Donc oui, je rachète régulièrement.

 

Contour des yeux prodigieux, crème fluide anti-âge, Nuxe, 15 ml, prix indicatif : 18,30 €

Je le rachète régulièrement, par les ventes privées Nuxe (directement par mail), où il apparaît régulièrement à 9 €. A ce prix-là pas d'hésitation. contour-yeux-nuxe-avec-emballage.JPG

J'aime : le flacon-pompe (oui je suis une maniaque des flacons-pompes), la texture assez fluide et légère, le parfum très discret (gamme Prodigieuse mais bien moins parfumé que le soin visage, en même temps pour un contour des yeux, vaut mieux!), l'idée d'un produit qui fait tout (anti-âge, anti-cernes, anti-poches), pas d'effet gras ni collant.

J'aime pas : rien puisque même le prix est accessible lors des ventes privées proposées par la marque.

 

Et le petit dernier oublié sur la photo générale :

Soin exfoliant ongles et cuticules, Yves Rocher, 5,5 ml, prix indicatif : 9,50 €

soin-exfoliant-ongles-YR-ouvert.JPGComme toujours chez Yves Rocher, on arrive souvent à payer moins cher avec les promos régulières. C'est mon 2ème flacon, donc oui, j'aurais tendance à racheter.

J'aime : la texture crème fluide avec des petits grains pour masser l'ongle, le flacon mignon en verre, l'effet hydratant des cuticules si on le fait régulièrement

J'aime pas : on a des petits grains partout il faut se rincer les mains (c'est pas insupportable non plus), on ne finit jamais le flacon, la spatule rigide n'allant pas jusqu'au bout ni sur les bords. Et comme c'est un flacon en verre, on ne peut pas le découper pour récupérer le restant du produit. Tant pis. Mais ça pourrait être à revoir.

 

Bilan global : 9 produits, 4 auxquels j'étais déjà fidèle (le déo Vichy, le soin contour des yeux prodigieux Nuxe, le démaquillant pur bleuet d'Yves Rocher, le soin exfoliant ongles et cuticules d'Yves Rocher), 1 découverte que me plait vraiment (le Dove huile-crème), 1 bonne surprise (le déo Sanex à la pierre d'alun), et 1 shampooing qui était bien. Seuls 2 produits me laissent plus sceptique (le gel douche Baléa et le soin buste qui de toute façon n'existe plus). Pas si mal pour le côté plaisir cosmétique du mois...

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Une année de lecture(s) qui s'achève ...

29 Décembre 2012, 15:25pm

Publié par Laure

L’année tire à sa fin, et comme je prends la route demain pour la ville de mes vingt premières années (Strasbourg) retrouver famille et amis le temps d’une courte semaine, je vous livre avec quelques jours d’avance le traditionnel bilan annuel de lectures.

 

Lectures personnelles et réflexions sur la lecture d’une manière plus générale.

En bibliothèque, nous travaillons avec les scolaires depuis toujours, et nous trouvons toujours utile et intéressant de le faire. Si depuis quelques années je constatais impuissante la baisse du niveau scolaire de façon inquiétante, je dois avouer que 2012 nous a laissés, mes collègues du centre culturel et moi, plutôt déprimés avant les fêtes.

Liliba a justement exprimé dans un tag sur son blog ce que nous constatons tous les jours. Elle répondait à cette question : 

« Parle-nous de quelque chose qui te rend complètement folle en ce moment ! :

La pauvreté de l’enseignement à l’école. Affligée du peu de bases qu’ont mes enfants, qui sont pourtant bons élèves. Tout est flou et à peu près et ils n’acquièrent plus de règles précises : ni orthographe, ni grammaire… Et ne parlons pas des bases en histoire et géo ! On leur ouvre l’esprit avec des tas de choses qui sont certes intéressantes (histoire des arts, civisme), mais ils n’ont pas le b.a.ba… On va en faire une génération d’illettrés incultes. Triste. Ils ne lisent plus, non plus… »

 

J’irai même plus loin parce que ce n’est que le triste constat de mon quotidien : en CM2 ils ne savent toujours pas lire (disons qu’ils déchiffrent péniblement), ils ne comprennent pas ce qu’ils lisent, ne comprennent pas des questions simples, ne savent pas écrire plus de deux mots sans faute, ne savent pas chercher dans un texte, ne trouvent pas le courage ou la motivation de le faire… Je dis CM2 mais les enseignants de maternelle nous disent déjà leur inquiétude quant au peu de langage qu’ont les enfants, vocabulaire si rare et pauvre, je pourrais dire 4ème aussi car j’ai repris cette année un Prix des Lecteurs ado organisé au niveau départemental, et c’est la 1ère année que je comprends réellement les remarques faites par les professeurs les années précédentes sur ce prix, quand ils arguent que 10 romans ados en environ 8 mois, c’est trop, c’est impossible. Je le vis au quotidien. Lire un seul livre pour un ado de 4ème aujourd’hui est devenu un calvaire insurmontable. C’est trop long, inintéressant, et même si c’est un travail scolaire (et encore plus si c’est un travail scolaire ?), ils ne comprennent pas l’effort de le faire dans leur devoir d’élève. On réduirait ce prix à 5 titres que ce serait encore trop difficile. Qu’avons-nous donc raté dans l’éducation, dans l’apprentissage des bases, dans l’enthousiasme de la transmission ? Je ne suis pas enseignante, j’ai bien sûr des idées personnelles de réponse, mais en tant que professionnelle du livre, je suis inquiète.

Nous avons toujours de bons et grands lecteurs, certes, mais ils se raréfient, plus particulièrement chez les jeunes. Le fossé se creuse entre les difficultés qui ne seront bientôt plus très éloignées de l’illettrisme, et les passionnés dévoreurs qui sont en voie de disparition.

Mais il n’y a pas que les jeunes. A quelques exceptions près encore, les adultes non plus ne lisent plus. N’ont plus de curiosité, ne réclament que les best-sellers de tête de gondole qu’ils ont vus au supermarché, et ne prennent plus jamais le risque limité (car gratuit) d’emprunter en bibliothèque un livre qui les surprendrait.

 

Vous allez dire que j’exagère. Non. Vous qui passez ici êtes de gros lecteurs (plus de 25 livres par an pour le Ministère de la Culture) ou des professionnels déjà convaincus. La réalité de terrain, dans un département pas très favorisé mais bien soutenu par les pouvoirs publics (département et région), est sérieuse, profonde, et déprimante. 

  

Même si l’on veut y croire encore, (les enfants des accueils de classe restent un terreau riche et meuble), c’est de plus en plus difficile, et de plus en plus vain.

 

À côté de cela, on a une production littéraire toujours plus vaste, où trier le bon grain de l’ivraie est de plus en plus long ou agaçant si l'on ne veut pas toujours garder les mêmes et jeter le reste.

  

Allez, il en faut pour tous les goûts, et ce qui m’a plu à moi ne vous plaira pas forcément à vous, voici mes préférés de 2012, suivis d’un lien vers le récapitulatif de mes lectures de l’année. (En fond de couleur saumon, les lectures non commentées sur le blog, souvent par pur paresse, en vert celles qui m’ont le plus séduite.)

 

je tue les enfants français

 (lien vers le billet)

 

stoner

 (lien vers le billet)

  

oreilles de buster

    (lien vers le billet) 

  

l'embellie(lien vers le billet)  

 

Mes lectures de l'année (2012)

 

 

Bonne fin d’année à vous,

Bonnes lectures !

 

 

 

 

 

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L'assassin à la pomme verte - Christophe Carlier

27 Décembre 2012, 07:21am

Publié par Laure

assassin-a-la-pomme-verte-copie-1.jpgUn huis clos au sein d’un palace parisien, le Paradise, où trois personnages (pour l’essentiel) prennent la parole à tour de rôle. Il y a le réceptionniste, Sébastien, qui observe et imagine des vies à ceux qui passent devant lui tout au long de la nuit ; il y a Craig, le professeur qui vient des États-Unis pour quelques interventions universitaires, et Elena, la quadra italienne qui travaille dans la mode et qui est là pour une semaine également. Il y a ce gros bonhomme vantard qui importune Elena au bar en lui racontant ses trois épouses et ses enfants, et il y a Amélie, la femme de chambre qui le trouve mort dans sa chambre peu après, étendu dans une mare de sang.

Se déploie alors une ambiance à la Agatha Christie, où chacun continue son récit. On sait assez vite qui est le coupable, là n’est pas tant la question que la raison pour laquelle il a tué.

Et Sébastien de penser, p. 75/76 : « C’est un criminel au cœur léger qui a dû quitter la suite 205. Aurait-il croisé quelqu’un dans l’ascenseur que son front lisse et sa mise impeccable n’éveillaient aucun soupçon. Il devait être aussi anonyme que l’homme à chapeau melon dont Magritte dissimule le visage derrière une pomme verte. Je l’imaginais, méticuleux, irréprochable, les traits absolument masqués par la rondeur et la couleur du fruit.

Seule certitude : l’assassin à la pomme verte n’a pu quitter l’hôtel, lundi soir, qu’en passant devant la réception. J’ai donc nécessairement vu glisser sa silhouette devant le comptoir où je suis assigné à résidence. »

 

Continue ensuite un jeu de l’amour et du hasard entre Craig et Elena, ces deux-là iraient bien plus loin dans leur rapprochement. Un roman qui séduit par sa construction (l’alternance des voix, les jours de la semaine qui s’écoulent, son suspense léger – le meurtrier sera-t-il arrêté ?), par son style, élégant, ciselé, réjouissant, par ses personnages qui intriguent, et par sa fin, en forme d’épilogue six mois plus tard qui offre une nouvelle voix, dans un dénouement inattendu et audacieux.

 

Un premier roman d’une qualité devenue rare, qui fait de Christophe Carlier un auteur à suivre.

 

Serge Safran éd., août 2012, 178 pages, prix : 15 €

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Crédit photo couverture : © éd. Serge Safran

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« Oh... » - Philippe Djian

26 Décembre 2012, 07:38am

Publié par Laure

 

Oh-Djian.jpgJe crois que je n'avais pas lu Djian depuis 37°2 le matin, c'est dire .. si je suis bien incapable de comparer ce dernier à ses précédents opus. Peu importe d'ailleurs.

« Oh... » est singulier et dérangeant. J'ai eu du mal à accepter la réaction de Michèle après son viol qui ouvre le roman, du mal à prendre pour crédible son comportement, et puis c'est une telle femme, qui porte sur ses épaules tant d'hommes peu solides avec tant de faiblesses partagées que là est sa force. La rage et la fureur fulminent à l'intérieur. Son entourage est brinquebalant et fragile : son ex mari a toujours besoin de son appui, son fils unique s'est amouraché d'une femme enceinte capricieuse et immature, il n'est pas le père de l'enfant qu'elle porte – l’individu est en prison – et s'obstine à vouloir reconnaître l'enfant, son amant est le mari de sa meilleure amie et elle commence à en avoir assez, son voisin maladroit semble l'attirer de plus en plus, sa vieille mère s'entiche du premier gigolo venu … seul le chat Marty observe en silence et se fait le pilier reposant de cette maisonnée.

Elle en devient attachante, Michèle, à se débattre avec tout ça, les vieux démons concernant son père (qui a massacré des enfants dans un club Mickey quand elle était gamine et qui moisit en tôle depuis), tous les drames qui vont se succéder, jusqu'à la fin, surprenante, réconciliante, subjuguante.

Un récit d'une seule traite (pas de chapitres), ramassé sur le mois de décembre et le début du mois de janvier, où drames, amours et morts se mêlent à travers une écriture simple et des personnages complexes qui m'ont conquise, et où plus que jamais, ce sont les femmes qui portent le monde.

 

Gallimard, septembre 2012, 236 pages, prix : 18,50 €

(Prix Interallié 2012)

Etoiles : stars-4-0. V192553758

Crédit photo couverture : © Laurent Hini pour la photo du bandeau / éd. Gallimard.

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Coquillages et petit ours – Benjamin Chaud

25 Décembre 2012, 20:14pm

Publié par Laure

 

coquillages-et-petit-ours.jpgA chaque fois que je veux parler de ce livre de Benjamin Chaud, je me trompe en commençant par « coquillette » : ma Mosquito a grandi avec sa fée coquillette et le pomelo partagé avec Ramona Badescu. De petit ours il existait déjà un titre, une chanson d'ours, que je n'ai pas lu. Si j'ai bien compris toutefois, celui-ci en est une nouvelle aventure, qui démarre où la précédente s'achevait.

 

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© benjamin chaud et éd. Helium


Petit ours est donc sur le toit de l'opéra avec son papa ours, et pour se protéger du froid, ils vont se réfugier dans un grand magasin parisien. Au milieu des autres peluches, papa ours et petit ours s'endorment. Mais petit ours est acheté par un petit garçon et c'est le début d'une grande aventure car à son réveil, papa ours n'aura de cesse de retrouver son petit. Et même si pour cela il faut prendre le train, le bateau, parcourir le monde...

Quelle richesse dans cet album : on peut le relire cent fois, on y verra toujours de nouvelles choses, on y inventera d'autres histoires à partir d'un détail, on réalisera que de l'hiver parisien on est passé au soleil de l'hémisphère sud sans même y prendre garde, l'enfant jouera à chercher petit ours et son papa dans la multitude de détails à chaque double page, l'adulte sourira de quelques références, et la complicité adulte / enfant ne cessera d'en grandir. Le très grand format (37 cm), le beau papier, les couleurs et détails foisonnants de l'illustration participent aussi de la qualité de l'album.

Une très belle découverte.

(et on a même trouvé Pomelo !)

extrait-pomelo-dans-coq-b-chaud.JPG© benjamin chaud et éd. Helium

 

 

Helium / Actes Sud, septembre 2012, prix : 14,90

Etoiles : stars-4-5__V7092073_.gif

crédit photo couverture : © benjamin chaud et éd. Helium

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