Les jardins d'Hélène

Articles avec #boite a bd

Appelez-moi Nathan – Catherine Castro & Quentin Zuttion

19 Septembre 2020, 09:58am

Publié par Laure

A l’adolescence, Lila ne supporte pas de voir ses seins pousser, depuis toujours elle se sent garçon dans sa tête et n’accepte plus son corps. Elle n’accepte pas les robes « de fille » ou les cadeaux girly que lui achètent sa mère et sa grand-mère. Elle est en colère après tout le monde, à commencer par elle-même.

C’est ce qu’on appelle la dysphorie de genre. La certitude de n’être pas né dans le bon corps. Avec le soutien de ses parents, ouverts et compréhensifs (la BD retranscrit bien la difficulté pour les parents aussi), Lila va devenir Nathan. La démarche de réattribution de genre, ou transidentité, longue et progressive, est expliquée, mêlant habilement la fiction à la réalité documentaire (médicale et administrative) .

C’est ce qui fonctionne bien d’ailleurs dans cet album, la fiction justement documentée. J’aime beaucoup le trait et le choix des couleurs de l’illustrateur, Quentin Zuttion.  Une BD utile et réussie.

 

Payot graphic, octobre 2018, 141 pages, prix : 16,50 €, ISBN : 978-2-228-92162-6

 

 

Crédit photo couverture : © Quentin Zuttion et éd. Payot & Rivages

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Alors que j’essayais d’être quelqu’un de bien – Ulli Lust

15 Juillet 2020, 17:58pm

Publié par Laure

Traduit de l’allemand par Paul Derouet

 

 

Deuxième volet autobiographique (après « Trop n’est pas assez », que je n’ai pas lu) de cette autrice-illustratrice autrichienne que je ne connaissais pas et que j’ai découverte au hasard d’un passage en bibliothèque.

 

Ulli a 23 ans et vit à Vienne avec Georg, plus âgé qu’elle, elle débute dans l’illustration jeunesse. Le week-end, elle rentre chez ses parents voir son fils Philipp, né alors qu’elle avait 17 ans et dont elle n’a jamais revu le père. Amoureuse d’un immigré nigérian sans papier, Kim, elle narre ici sa volonté d’amour libre et le côté sombre des différentes cultures en matière d’amour et de place de la femme dans le foyer et la société.

 

Tout de noir et rose dans le dessin, le récit dépeint l’engagement d’Ulli pour le polyamour, entre un compagnon artiste compréhensif et un amant africain dont la violence conjugale dépassera la fougue sexuelle, sous le regard parfois dépassé et moralisateur de ses parents.

 

Pas facile d’assumer ses choix personnels en matière de couple, de maternité, de travail et de vie quotidienne, cette histoire personnelle est forte et touchante.

 

 

p. 139 « Paresseuse, égoïste, dépravée… mauvaise, c’est ça : je suis une mauvaise mère. »

 

 

 

Éditions çà et là, novembre 2017, 366 pages, prix : 26 €, ISBN : 978-2-36990-246-1

 

 

 

Crédit photo couverture : © Ulli Lust et éd. çà et là

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Pucelle t.1 : débutante – Florence Dupré La Tour

8 Juillet 2020, 15:25pm

Publié par Laure

« Pucelle » est le volet autobiographique de l’enfance de l’autrice.

 

Elle grandit dans une famille catholique pratiquante rétrograde où la femme est nécessairement soumise. L’éducation est patriarcale, la sexualité tabou et sale, mais Florence, au fil du temps, malgré l’ignorance et la honte de ce qui lui arrive (la puberté est racontée comme un traumatisme), sent se lever en elle le vent de la colère. Les couleurs passent d’ailleurs régulièrement du rose au rouge.

 

Les relents racistes et colonialistes du père sont difficiles à lire mais participent de l’histoire de sa famille.

 

Une BD intéressante sur un mode d’éducation qu’on croirait révolu, mais l’autrice n’a que 42 ans, née en 1978 elle était donc adolescente au début des années 1990, à la toute fin du XXème siècle !

 

 

 

Dargaud, juin 2020, 179 pages, prix : 19,99 €, ISBN : 978-2-205-07649-3

 

 

 

Crédit photo couverture : © Florence Dupré La Tour et éd. Dargaud

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Peau d’homme – Hubert et Zanzim (ill.)

7 Juillet 2020, 10:25am

Publié par Laure

Gros coup de cœur pour cette BD conseillée par mon libraire !

 

Dans l’Italie de la Renaissance, Bianca est en âge de se marier. Autant dire qu’il s’agit d’un mariage arrangé et qu’elle ne connaît en rien son futur époux, Giovanni, un riche marchand. Sa marraine va lui offrir une peau d’homme, qui se transmet entre femmes de génération en génération, et qui permet, une fois revêtue, de devenir un homme. C’est ainsi transformée que Bianca va devenir Lorenzo, afin de mieux connaître Giovanni. Mais elle n’avait pas prévu que ce dernier tomberait amoureux de Lorenzo… ni qu’elle découvrirait ainsi les plaisirs de l’amour.

 

Un très bel album, audacieux, qui aborde la question du désir, de l’identité de genre, l’émancipation féminine, l’égalité homme-femme, le fanatisme religieux catholique, sans jamais se départir d’une fine pointe d’humour. Moderne et réjouissant !

 

 

 

Glénat, coll. 1000 feuilles, juin 2020, 159 pages, prix : 27 €, ISBN : 978-2-344-01064-8

 

 

 

Crédit photo couverture : © Zanzim et éd. Glénat

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Stella – Cyril Bonin

3 Juillet 2020, 08:14am

Publié par Laure

Un écrivain en perte de vitesse met le point final à son dernier roman, mais juste avant il se met à converser par écran interposé avec son héroïne, Stella. Cette dernière ne tardera pas à entrer réellement et physiquement dans sa vie. Comment est-ce possible ? Et comment cette femme tout droit sortie des années 50 peut-elle s’intégrer de nos jours au XXIe siècle ?

 

Réalité, fiction, conscience, noosphère, absurdité du système, et surtout création sont des thèmes abordés avec succès dans cet album essentiellement duochrome, en nuances de vert et d’ocres.

 

Une chute aux petits oignons, je ne vous en dévoile pas plus, mais nul doute que Stella vous séduira.

 

 

 

Vents d’ouest, mars 2020, 100 pages, prix : 18 €, ISBN : 978-2-7493-0898-2

 

 

 

Crédit photo couverture : © Cyril Bonin et éd. Vents d’Ouest

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Tueurs de mamans (2 tomes) – Zidrou / Ers / Borecki

3 Avril 2020, 14:27pm

Publié par Laure

Scénario : Zidrou

Dessins : Benoît Ers et Ludo Borecki

 

 

Curieux diptyque que cette histoire signée Zidrou au scénario. Le dessin peut paraître enfantin, l’âge et le contexte des personnages faire pense à une série pour ados, mais c’est bien d’une série d’horreur dont il s’agit…

 

Les pages liminaires sont éclaboussées de sang, vous entrez de suite dans l’ambiance. Elles sont cinq ados, qui ont pour point commun de ne pas avoir de père dans leur foyer. Elles représentent bien la diversité ethnique et culturelle - surnommées les nonnettes car elles se réunissent dans la chapelle désaffectée de leur lycée - Béatriz, Marie, Valentine, Kom Piu et Toronto se racontent les misères qui les opposent à leur mère, des contrariétés d’ados rebelles, le plus souvent.

 

Elles ont repéré un site internet qui moyennant finances, propose de châtier ces mères marâtres. La vengeance est terrible, accomplie par un personnage déguisé, aussi burlesque que redoutable.

 

Mais jusqu’où le châtiment va-t-il aller ? Peut-il aller jusqu’au meurtre ? C’est sur ce doute que nous laisse la fin du tome 1.

 

 

 

Le tome 2 s’ouvre sur le point de vue du vengeur masqué, qui œuvre pour Castigo, cette entreprise qui achève toute mission qui lui est confiée, et toute mission commencée ne peut être annulée, même si le sang doit couler. Il y a un S à tueurs et un S à mamans, les rebondissements sont donc possibles. On bascule dans le film d’horreur.

 

 

Impression mitigée que ce scénario qui mêle propos adolescents et solutions ultimes, dans l’outrance d’une fiction volontairement amorale ou risible ? Le propos laisse une impression de malaise.  

 

 

 

Empruntées en bibliothèque

 

 

Dupuis, mai et juin 2013, 48 pages chaque, prix : 12,50 € chaque, ISBN : 978-2-8001-5266-0 et 978-2-8001-5421-3

 

 

 

Crédit photo couvertures : ©  Ers et Borecki / éd. Dupuis

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Le fantôme de la chambre 612 (Boule à zéro tome 8) – Ernst / Zidrou

2 Avril 2020, 14:00pm

Publié par Laure

L’hôpital Le Goff est comme un bateau de croisière où chaque chambre est une cabine plus ou moins long séjour. Et chaque jour, chaque semaine, le week-end surtout, arrive son lot de visiteurs, parfois contraints pour certains, comme ce grand-frère qui ne voit pas cette visite comme une sortie très agréable. Il y a aussi les fantômes, ceux qui ne sont jamais venus, par peur. Alors c’est difficile quand ils franchissent le seuil pour la première fois.

 

La petite Zita voit le départ de son compagnon de chambre, le petit Moïse, adopté par une famille à qui la leucémie ne fait pas peur, et dans le même temps, l’arrivée de son père qu’elle n’a jamais vraiment connu. C’est donc une tempête d’émotions qui se soulève. Mais le pardon, la patience et l’amour gagnent toutes les batailles, à commencer par celle de l’appréhension et de la peur de la maladie.

 

Un joli tome sensible, comme toujours, peut-être un peu plus sage et poétique.

 

 

 

Bamboo éd., mars 2020, 48 pages, prix : 10,95 €, ISBN : 978-2-8189-6836-9

 

 

 

Crédit photo couverture : © Ernst et éd. Bamboo

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Un été sans maman – Grégory Panaccione

30 Mars 2020, 16:40pm

Publié par Laure

Une petite fille passe un été chez des amis de sa mère, elle ne les connaît pas et ils ne parlent pas sa langue. Mais sur cette côte italienne, elle va néanmoins apprivoiser le père bourru au premier abord, jouer avec le chien, et faire la connaissance d'un petit garçon sur la plage, qui va devenir son copain de jeux et d'aventure. Car des choses étranges se produisent : des poissons qui marchent, un visage sur pieds apparaît, un univers fantastique se mêle au quotidien jusque là ordinaire de la petite fille.

 

L'album entièrement en noir et blanc est quasi sans texte (rappelez-vous, Grégory Panaccione est le dessinateur d'Un océan d'amour, sans texte mais avec Lupano au scénario), mystérieux et un peu opaque. J'ai eu du mal à entrer dans cet univers fantaisiste dont seules les quelques phrases finales, à l'issue de la BD, donnent une explication historique.

 

Le dessin est plaisant, mais je n'ai pas trop accroché au scénario, trop imaginaire à mon goût …

 

 

 

Delcourt, coll. Shampooing, janvier 2019, 276 pages, prix : 19,99 €, ISBN : 978-2-413-01347-1

 

 

 

 

Crédit photo couverture : © Grégory Panaccione et éd. Delcourt

 

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Dans la tête de Sherlock Holmes – Cyril Lieron et Benît Dahan (ill.)

18 Janvier 2020, 12:12pm

Publié par Laure

L’affaire du ticket scandaleux t. 1/2

 

Cette BD est époustouflante de par son ingéniosité artistique : mise en forme de la construction narrative à travers le dessin, fil rouge (littéral) qui trace le chemin d’une case déstructurée à l’autre, cheminement de la pensée de Sherlock Holmes représenté graphiquement par le dessin à l’intérieur d’une forme de crâne, plans de la ville, choix des couleurs, effets de tentures passées sur les pages liminaires, souci permanent du détail, jeu de transparence sur une vignette : bref vous l’aurez compris, graphiquement c’est brillant.

 

Le scénario tient bien sûr aussi la route et respecte l’esprit de l’œuvre originale, mais on est si occupé à suivre le dessin que j’avoue parfois m’être parfois un peu perdue dans l’histoire, ou dans les circonvolutions de la pensée de Sherlock wink

 

Et grande frustration : le tome 1 nous laisse en plan de l’intrigue, il faut attendre sagement la sortie du tome 2. Mais vu la richesse de l’album, on peut le lire et relire sans risque de s’ennuyer.

 

J’espère une belle édition intégrale le moment venu.

 

 

 

Ankama, mai 2019, 48 pages, prix : 14,90 €, ISBN : 979-10-335-0972-1

 

 

 

Crédit photo couverture : © Benoît Dahan et éd. Ankama

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Cher corps – Léa Bordier

3 Janvier 2020, 09:29am

Publié par Laure

A l’origine, cher corps, c’est une chaine Youtube, celle de Léa Bordier, qui donne la parole à des femmes de tous âges sur le rapport à leur corps. De ce succès est né ce recueil graphique, qui reprend 12 témoignages de femmes, sous le trait de 12 dessinatrices de bandes dessinées / illustratrices.

 

Les récits et les univers graphiques sont variés, les femmes ont entre 15 et 71 ans, parlent de l’identité sexuelle, de l’anorexie, de l’obésité, du handicap, du tatouage, des blessures physiques et psychologiques, des violences sexuelles, de leur engagement pour la pilule dans les années 70, etc.

 

L’approche est intéressante et riche, mérite l’attention, tant féminine que masculine, toutes générations confondues. Un beau projet !

 

Côté illustration, il y a bien sûr des styles qu’on préfère à d’autres, des ambiances auxquelles on est plus ou moins sensible. Personnellement j’ai beaucoup aimé le dessin d’Eve Gentilhomme, qui est celui qui s’éloigne le plus de la BD classique pour se rapprocher du documentaire illustré, mais ce mélange des genres fait aussi toute la richesse de l’album.

 

 

Emprunté par hasard dans les nouveautés BD de la médiathèque Aragon / Le Mans

 

 

 

Ed. Delcourt, coll. Mirages, mai 2019, 128 pages, prix : 19,99 €, ISBN : 978-2-413-01359-4

 

 

 

Crédit photo couverture : © Eve Gentilhomme et éd. Delcourt

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