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  • : 44 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 15 ans 1/2. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

Bienvenue à vous,

 

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Je n'arrive plus à trouver de temps pour le blog, alors je poursuis ... à mon rythme !

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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 14:24

Traduit de l’anglais par Julie Sibony

 

Flora Banks souffre d’amnésie antérograde depuis l’âge de dix ans, sa mémoire s’efface systématiquement au bout de deux à trois heures, seuls quelques souvenirs d’avant le drame lui restent. Ses parents ont donc créé une bulle protectrice autour d’elle, elle ne sort quasi jamais, tient un carnet qu’elle relit régulièrement pour savoir qui elle est et ce qu’elle a fait plus tôt, et note toutes sortes de mémos sur son poignet.

C’est d’ailleurs sur son poignet qu’est tatouée cette phrase : « Flora, sois forte ».

 

Le récit est à la première personne, celle de Flora, ce qui est un exercice assez réussi et étonnant, puisque bien sûr, elle va être amenée à redire régulièrement les mêmes choses, du fait de sa maladie.

 

Son univers assez protégé va basculer lorsqu’un soir elle embrasse un garçon sur la plage, et s’en souvient encore les jours suivants. Mais ce garçon part étudier au Spitzberg, sur une île norvégienne près du pôle Nord. Le grand-frère de Flora, dont elle n’a que très peu de souvenirs, est gravement malade et ses parents le rejoignent à Paris, la laissant seule, ou du moins aux bons soins d’une amie, pensent-ils alors. Flora va braver sa peur et son monde feutré pour aller rejoindre ce garçon.

 

L’aventure est forcément stupéfiante, compte tenu de son handicap. Mais les gens qu’elle rencontrera seront toujours bienveillants. C’est là bien sûr qu’on oubliera volontiers le peu de réalisme de l’histoire pour se laisser emporter par la personnalité de Flora et la construction de l’intrigue par l’auteur, qui tient en haleine et fait avancer à toute vitesse.

 

Je regrette un peu le tourbillonnement de la fin, avec l’éternel secret de famille, qui vire un peu au mélo. Mais il s’agit avant tout d’un roman pour adolescents, où les émotions sont vite exacerbées, et tendent vers un passage à l’âge adulte.

 

C’est un roman plaisant et bien construit.

 

Casterman, mars 2017, 367 pages, prix : 16 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Casterman.

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 14:30

Il était une fois dans un lycée de province la mère Grand et le père Roussel… Non, arrêtons le mauvais conte. Même s’ils sont ainsi nommés par les élèves, l’histoire est bien plus belle et bien plus forte.

Reprenons.

 

Marion Grand, 36 ans, professeur de philosophie, et François Roussel, professeur d’anglais et écrivain reconnu (qui n’est autre que le double de Jean-Philippe Blondel) mettent en placent un atelier d’écriture destiné à dix élèves de Terminale, exclusivement des Terminales, mais toutes filières confondues. Eux-mêmes ne sont pas des profs des lettres, point de sectarisme. Ils sont donc douze, adultes compris, et tous vont se prêter au jeu de l’écriture contrainte.

 

 

Où commence la fiction et où s’arrête la vérité ? Jusqu’où peut aller la mise en abyme ? L’acte d’écrire n’est-il pas déjà lui-même nécessairement fictionnel ? C’est sur ces questions que nous entraine l’auteur, mêlant récit et extraits des productions des élèves. Enfin ça c’est ce que nous fait croire le prologue et les passages en italique. Le vraisemblable est-il vrai ? Est-ce important ? J’ai aimé laisser le doute un temps s’immiscer, reconnu la finesse et la justesse habituelles de l’auteur pour dire l’intime, le cheminement intérieur des membres du groupe dans leurs confrontations, et la fin, cette dernière séance, et le texte du prof, magnifique.

 

 

Jamais Jean-Philippe Blondel n’aura été aussi brillant dans la construction de son roman. Toutes les clés y sont, du prologue aux dernières lignes en passant par la dédicace, l’ensemble est habile et l’auteur montre une fois encore combien il sait observer les adolescents qui l’entourent au quotidien.

 

 

Peut-être y a-t-il de-ci de-là une pointe de nostalgie d’une jeunesse passée qui ne reviendra pas et qui demeure pourtant perpétuellement là, dans ces lycéens qui chaque année se renouvellent. Combien l’humain et l’attention bienveillante sont au cœur de la vie.

 

 

Un très beau roman sur l’acte d’écrire, dans toutes ses manipulations possibles. L’art d’écrire s’apprend-il et se transmet-il ?

Un bon écrivain sait revêtir tous les costumes, Jean-Philippe Blondel le démontre ici brillamment.

 

 

 

Actes Sud junior, coll. Romans Ado, mars 2017, 125 pages, prix : 13 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © plainpicture/Briljans/Stefan Berg et éd. Actes Sud junior

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 10:48

Sexe sans complexe - Bérangère PortalierCet ouvrage destiné aux adolescents était sélectionné pour les Pépites du Salon de Littérature et Presse Jeunesse de Montreuil en 2016, ce qui en fait déjà un gage de qualité établie par des professionnels.

 

Il aborde sans tabou et sans complexe, avec un vocabulaire adéquat et proche des jeunes, tous les sujets liés à la sexualité, qu’elle soit hétéro ou homosexuelle. Une ou deux double(s) page(s) par sujet abordé (avec des illustrations sympas qui rythment et aèrent l’ensemble) : aimer son corps, les règles, la masturbation, le premier rapport, le désir, le plaisir, la contraception, les sextapes, etc. (il y a 26 chapitres au total)

 

L’ouvrage accorde une large place d’une manière globale au fil des rubriques au respect de soi et de l’autre, et liste en dernière page des sites de référence sérieux.

 

Un livre salutaire et bienveillant, qui ne prend pas les jeunes pour des idiots, qui ne tourne pas autour du pot en matière de vocabulaire, on applaudit et on l’offre autour de soi.

 

Actes Sud junior, juin 2016, 75 pages, prix : 14 euros

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Frédéric Rébéna et éditions Actes Sud junior

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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 08:36

Traduit de l’anglais par Jacqueline Odin

 

Les chiens - Allan StrattonPour la énième fois, Cameron est obligé de fuir avec sa mère, car cette dernière est persuadée que son mari, violent, est à leur poursuite. Cette fois, ils s’installent dans une ferme au fin fond d’une campagne perdue, et Cameron connaît les règles de prudence : ne pas laisser de traces sur Internet, garder secret son numéro de téléphone, etc.

 

Mais la maison dans laquelle ils emménagent est mystérieuse : certains la disent hantée, et un drame s’y serait produit, le propriétaire aurait été dévoré par des chiens.

 

Très vite, Cameron entend la voix d’un jeune garçon, Jacky, lui parler et le guider, comme s’il voulait l’aider à percer le secret de la maison. Où est la réalité, où est la folie ? Cameron est-il en proie à des hallucinations et voit-il des fantômes ?

L’histoire de cette maison, sur laquelle il enquête, non sans difficultés auprès de son entourage et avec sa mère, a une curieuse résonance avec son histoire personnelle.

 

Entre réalisme et fantastique léger, ce roman aborde de manière très habile la construction de soi dans l’absence du père, les violences conjugales et les drames familiaux, la manipulation psychologique, la place d’un enfant quand la famille se disloque et tente de se recomposer, l’invention d’un ami imaginaire, à moins que ce ne soit un sixième sens …

 

Un mystère qui tient en haleine jusqu’au bout, intrigué que l’on est par l’aspect surnaturel de l’histoire, et la volonté de connaitre le dénouement. Vraiment prenant.

 

 

Sélectionné pour le Prix des lecteurs (13-16 ans) du Mans et de la Sarthe 2017

 

 

Ed. Milan, octobre 2015, 316 pages, prix : 14,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © James Fraser et éd. Milan

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 08:34

Traduit de l'anglais par Julie Lopez

 

S'enfuir - Martyn BedfordGloria, collégienne de 15 ans, est interrogée par une inspectrice de police, après une fugue de quinze jours qui a affolé ses parents et qui a fait la une de tous les médias. Partie avec Uman, un élève tout récemment arrivé dans sa classe, elle est retrouvée seule. Qu'est devenu le garçon ? Est-il encore vivant ? Que s'est-il passé pendant ces quinze jours de fuite ?

 

J'ai beaucoup aimé ce roman, à la construction intelligente et aux propos subtils. Uman a un humour très particulier, assez sarcastique, que lui autorisent sans doute le drame qu'il a vécu dans sa famille et son intelligence évidente. Gloria sera sous le charme, en proie au mal-être de l'adolescence sans savoir vraiment ce qui ne va pas, la liberté et la transgression que lui propose alors Uman sont fort tentantes

Alternant des passages d'interrogatoire policier et des passages de narration plus classiques par Gloria, le lecteur découvre petit à petit ce qui a occupé ces quinze jours de fugue. Une interrogation permanente (que s'est-il passé à la fin, où est Uman?) maintient le lecteur en haleine, et l'histoire d'amour en fond reste discrète, sans envahir le récit ni basculer dans la mièvrerie.

 

L'adolescence, les relations aux parents, à la famille, sont abordées de manière transversale par ce qu'a vécu Gloria. Une mise en page claire et aérée qui permet de plus une lecture rapide et facile, ce thème pourtant classique de la fugue à l'adolescence est ici traité de manière fort plaisante.

 

À dévorer dès 12/13 ans.

 

Nathan, mai 2016, 411 pages, prix : 16,95 € (12,99 € en numérique)

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Galyna Andrushko, Shutterstock/© Elizabeth Gadd / Arcangel / et éd. Nathan

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 18:15

Ma fugue chez moiAnouk est en 3ème et vient de subir une terrible humiliation de la part d'une camarade de classe qui était encore sa meilleure amie il y a peu. Entre son père toujours occupé, sa mère qui vit à l'autre bout du monde (enfin sur une île norvégienne pour son travail, elle rentre de moins en moins et ne sera pas là à Noël), plus sa petite sœur qui est interne dans un établissement avec classe spécialisée dans la danse, autant dire qu'elle ne trouve aucun réconfort à la maison. Anouk n'en peut plus et décide de fuguer.

 

p. 11 : « Je ne sais pas vraiment où je vais. Je ne rejoins personne. Je n'ai pas envie de voyager, je ne me vois pas traîner dans la rue ou vivre dans un squat. Me droguer ne m'attire pas non plus. Je ne me sens ni punk, ni aventurière, ni hippie. C'est juste que j'en ai assez de cette vie. J'en veux une autre. »

 

Mais Anouk est réaliste : fuguer à 14 ans, sans carte bancaire et sans laisser de trace, affronter le froid et la misère, ce n'est pas simple. Elle fait vite demi tour et le choix surprenant (oh un zeugma) de fuguer dans sa propre maison, en se réfugiant au grenier. Elle organise son quotidien tant du point de vue de l'hygiène que de l'alimentation, mais elle n'avait pas imaginé qu'entendre les réactions de son père pourrait être à ce point perturbant.

 

p. 25 : « Assister à ma propre disparition est dérangeant et désagréable. Personne ne fugue pour voir ses proches réagir. On fugue justement pour ne plus se préoccuper de rien. Pour ne pas avoir à affronter les raisons et les conséquences de son départ. »

 

Ce qu'il manque à Anouk, ce n'est ni plus ni moins que l'attention de ses parents. Dans une vie où chacun est débordé tout le temps, on ne prend plus le temps de dire aux siens qu'on les aime, et Anouk dans son récit exprime très justement ses sentiments et émotions sur ce vide intérieur et l'impossibilité de partager son mal-être. Pour autant, l'adolescente prendra conscience aussi de la difficulté des adultes à être heureux, à faire des choix, et combien la parentalité peut être difficile et ne pas toujours aller de soi. Une fin heureuse après un cheminement parfois douloureux pour être soi et se respecter soi-même.

 

p. 71 : « Les gens malheureux devraient s'autoriser à fuguer de leur vie. Les médecins, les psychologues, les conseillers d'orientation devraient prescrire des fugues. »

 

Un joli roman délicat sur le fragilité de l'adolescence et sur le besoin d'être aimé et d'avancer en confiance dans la vie. Coline Pierré exprime toutes ces émotions intérieures avec une grande justesse. C'est doux et réconfortant !

 

 

(Un grand merci à Coline Pierré pour sa fidélité discrète et l'envoi de ce roman.)

 

p. 52 : « Je suis ici depuis près d'une semaine, je ne suis pas sortie de la maison, pourtant il me semble avoir vécu davantage qu'en un mois au collège. Peu importe où on se trouve, ce qui rend la vie palpitante, c'est ce qui se passe dans notre tête. Tout peut devenir une aventure, même l'immobilité et la solitude ».

Avec Robinson Crusoé tout près.

 

Les autres titres de l'auteure :

 

 

Rouergue, collection Doado, mars 2016, 115 pages, prix : 10,20 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Maud Chalard et éd. du Rouergue

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 17:04

Laure est en classe de 3ème au collège, et se trouve être la victime d’une bande de filles qui la harcèle, juste parce qu’un jour elle a dit qu’elle trouvait tel garçon sympa, alors que les autres le traitent de « barjo » parce qu’il est bon élève.

 

Le roman d’Ahmed Kalouaz démonte habilement le processus du harcèlement scolaire, la peur, l’isolement, tout en ouvrant un possible : la libération par la parole.

Il est nécessaire de dénoncer, de se confier, de ne pas laisser faire. On trouvera même au bas d’une page le numéro de téléphone de Stop Harcèlement (0808 807 010 appel gratuit, service mis en place par le Ministère de l’éducation nationale), pour celles et ceux qui n’auraient pas ou n’oseraient pas d’autres confidents. Si ce livre peut aider ne serait-ce qu’un seul élève qui l’emprunterait au CDI de son établissement scolaire ou dans une bibliothèque, ce serait déjà pas mal.

 

Il n’y a pas de description de scènes violentes, c’est un récit à la première personne qui décrit bien le phénomène et la souffrance dans laquelle la victime s’enferme.

 

Si je devais faire un reproche à ce récit, c’est peut-être d’être trop mature, trop adulte dans la réflexion par rapport à l’âge du personnage. De même quelques épisodes qui font davantage penser au lycée qu’au collège (à moins que ce soit très différent dans ma campagne, non on ne peut pas sortir comme on veut du collège pour aller manger à l’extérieur si le menu de la cantine ne nous plait pas, ni aller et venir comme on veut, ni fréquenter les bars aussi aisément à 14/15 ans.)

Malgré ce léger décalage, ce roman reste un ouvrage avant tout utile sur le sujet.

 

 

Extrait page 10 :

« J’ai vécu des semaines d’enfer en silence, croyant que ça pourrait s’effacer comme une petite douleur, une fièvre bénigne. Mais ça ne passait pas, mes mains devenaient moites rien qu’en pensant à l’injustice qui allait commencer une fois le portail du collège franchi. Et même s’il ne se passait rien certains jours, ce sentiment a commencé à m’envahir. Derrière chaque porte, au bout d’un couloir, j’imaginais des pièges, des rires qui allaient fuser derrière mon dos, sur mon passage. »

 

Page 18 : « Dès mon arrivée dans l’appartement, je me défais d’abord de mon sac, le vrai, puis du fardeau mental que je porte, avant d’aller dans la salle de bains passer un long moment, sous l’eau, mes mains et mon visage. C’est un rituel, à la manière des hommes que j’ai vus un jour à la télé se purifier dans le Gange. Même si le fleuve semblait charrier des eaux putrides, chargées d’immondices. Mourir au bord du Gange est parait-il un privilège. Disparaître parce que l’on est tourmenté deviendrait dans mon cas une manière de ne pas sombrer. Je ne parle pas de mourir, mais de m’enfoncer dans une forêt et d’avancer jusqu’à ce qu’une clairière se présente, un lieu tranquille où je pourrais regarder vers le ciel, sereinement. »

 

(Dès 12 ans)

 

Rouergue, coll. Doado, février 2016, 94 pages, prix : 9.20 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Alain Laboile et éd. du Rouergue

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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 10:58

Un matin, deux copains de collège, Antoine et Tony, font la course, comme ça pour s’amuser. Et puis sans raison, ils ne s’arrêtent pas, ne s’arrêtent plus, et n’ont plus que pour seul objectif d’aller « aussi loin que possible ».

 

Raconté par Antoine, le récit dévoile peu à peu ce qui lie ces deux ados, abimés par la vie, outre le point commun du prénom. Les parents de Tony ont reçu un avis de reconduite à la frontière, étrangers en situation irrégulière parce qu’ils n’ont pas réussi à retrouver de travail, et pour Antoine, un père un peu trop porté sur les gifles et les dérouillées.

Les deux garçons courent, tout en étant confrontés à une réalité : il faut manger, dormir, tout cela sans un seul sou en poche. Inégalité des richesses, absence de partage, il faut voler pour vivre ? Ce qui n’était au départ qu’un jeu devient un engagement moral et acquerra au fil du texte une portée politique et sociétale.

 

Le lecteur se laisse emporter dans cette course et se prend à rêver que des actions comme celles-ci résolvent toutes les misères du monde, mais ce n’est pas si simple. Une lueur d’espoir et une sensibilisation à l’inégalité du monde, les ressources profondes que l’on a tous en soi, voilà ce que porte à découvrir ce roman. Et l’amitié, tout simplement.

 

Extrait page 20 :

« Cela fait dix minutes que l’on court. La cité s’éloigne, ce lundi matin vient de basculer dans l’inconnu. On n’a rien prémédité, rien comploté.

On a nos baskets aux pieds, nos survêtements souples, nos forces.

Tony a sa tristesse. J’ai ma colère.

On ne va plus rebrousser chemin. »

 

Extrait page 46 : « Je cours. Je suppose qu’il y a des caméras même dans les petits magasins. Des images permettront d’identifier mon visage. Je n’en ai rien à faire. Les conséquences, c’est bon pour le futur. Depuis ce matin, je ne vis plus que dans le présent, un présent absolu, débarrassé du passé comme de l’avenir. La main qui s’abat sur ma joue, la grande dérouillée, tout cela n’existe pas encore. Trop souvent, je n’ai pas vécu l’instant présent par crainte des conséquences qu’il engendrerait. »

 

 

Sélectionné pour le Prix des lecteurs (13-16 ans) du Mans et de la Sarthe 2017

 

 

L’école des loisirs, (grand format), septembre 2015, 137 pages, prix : 13 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : ©Laerke Posselt / Agence VU’ et éd. L’école des loisirs

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 10:33

Ils sont deux garçons à avoir fait le pari, Mouss, et le narrateur dont on ne connaitra jamais le prénom. Le tirage à pile ou face avec une pièce de cinquante centimes déterminera qui traversera les cinquante mètres qui séparent les deux tours d’immeuble de 32 et 34 étages, à 100 mètres au dessus du sol, sur une slackline de 2,5 cm de large, sans baudrier, sans rien, la liberté, sans aucune sécurité.

 

Autant dire que le fil est tendu, celui du récit que le lecteur découvre quasi en apnée, d’une seule traite, c’est impossible autrement (c’est  bien d’ailleurs le propos de la collection d’une seule voix). Jamais les cinq minutes du parcours de ce funambule n’auront paru aussi longues, jamais l’équilibre, physique, émotionnel, n’aura été aussi important.

 

En filigrane bien sûr le lecteur cherche des raisons, l’enjeu d’un tel pari suicidaire, les motifs se dévoileront au fil du texte, car si la traversée est éprouvante (pour les nerfs du lecteur entre autres), elle a aussi un sens profond dans la vie du narrateur.

 

Si l’on peut regretter un manque de crédibilité surtout sur la fin de l’épreuve, peu importe, l’enjeu du texte n’est pas là, mais dans la décision intime prise par le jeune homme, qui motive la réussite de cette « highline ».

 

Un texte haletant, qui happe le lecteur jusqu’à la dernière ligne, traversé par une palette d’émotions où garder la tête froide est nécessaire pour maintenir l’équilibre. Un très beau texte.

 

 

Actes Sud junior, coll. D’une seule voix, janvier 2015, 91 pages, prix : 9 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : ©cmnaumann – Fotolia.com. et éd. Actes Sud junior

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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 14:59

2ème volume de la trilogie Expérience Noa Torson

 

traduit de l'américain par Julien Chèvre

 

Si le tome 1 avait retenu toute mon attention par son aspect thriller efficace, ce tome 2, que j'attendais pourtant, m'a moins convaincue.

 

L'action est plus posée, moins haletante, quelques coups d'éclats bien sûr, mais j'ai trouvé les faits relatés souvent trop redondants et un peu longuets.

Noa s'est attachée, avec un groupe de jeunes rescapés comme elle, à libérer les victimes des expériences menées par le groupe Pike & Dolan, dans le cadre du Projet Perséphone, un programme de recherche secret qui vise à trouver un remède contre la PEMA, une maladie mortelle qui touche des adolescents, mais qui n'hésite pas à kidnapper des orphelins sans-abri pour s'en servir de cobayes. Action qui n'est pas sans risque et agitation pour la jeune fille et son groupe !

 

Si le tome 1 consistait essentiellement à fuir pour survivre et à tenter de comprendre, celui-ci se veut plus dans l'action et la lutte. Peter de son côté, loin de Noa, s'active toujours à hacker des serveurs pour avancer dans l'enquête, son principal ennemi et danger étant toujours Mason. Les deux héros travaillent toujours de concert même si dans ce tome ils ne se verront pas ou peu.

Les à-coté « sentimentaux » sont discrets mais prennent une autre tournure que ceux esquissés dans le tome 1, même si la fin laisse entrevoir un nouveau virage.

 

Une petite baisse de régime qui attise quand même la curiosité de connaître le fin mot de l'histoire !

 

Le tome 3 étant sorti en août 2014 aux États-Unis, on peut imaginer qu'il est en cours de traduction et que Nathan nous le proposera en fin d'année ou début 2016.

 

Nathan, août 2015, 421 pages, prix : 16,90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Nathan.

 

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