Les jardins d'Hélène

Articles avec #romans etrangers

Premier appel du paradis - Mitch Albom

31 Mai 2014, 09:35am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Emmanuel Pailler

 

Sully Harding sort de prison, à l’issue d’une condamnation pour un accident d’aviation pour lequel il a été jugé à tort responsable, veuf, il retrouve son petit garçon dans son village natal, Coldwater, près du lac Michigan. Ce même jour, plusieurs habitants reçoivent d’étranges appels téléphoniques : des proches décédés se manifestent par téléphone, avec des messages laconiques et rassurants. Tout va bien dans l’au-delà.

La fièvre s’empare aussitôt du village : miracle ou arnaque ? Quand Sully réalise que son fils espère des appels de sa mère, il décide de prouver que tout cela n’est qu’une vaste supercherie.

 

Ce qui est bien narré dans ce livre, c’est l’attrait voyeuriste et la manipulation des médias qui ont besoin de faire du chiffre avec du sensationnel, au mépris du respect de chacun. Comment une petite ville anonyme peut devenir par le montage médiatique une destination touristique prisée et comment cette petite ville devra s’adapter alors qu’elle n’a pas les infrastructures nécessaires. La réalité humaine se dévoile, dans ce qu’elle a de plus bas.

Ce qui est exaspérant dans ce livre, c’est l’intrigue délayée à n’en plus finir, il ne se passe pas grand-chose une fois le mystère posé et son dénouement, sinon un bavardage saccadé et bien longuet. Pour maintenir le suspens, l’auteur fait alterner sans cesse les dialogues des différents personnages, les interrompant pour mieux nous retenir, mais à force, le lecteur s’emmêle les pinceaux et ne sait plus très bien qui est qui.

Quant au besoin de croyance et à l’enveloppe légèrement mystique, chacun y prendra ce qu’il voudra. Au mieux on pourra trouver ce roman gentillet mais il aurait gagné à être plus ramassé, car il n’est pas dénué pour autant de quelques personnages intéressants.

 

 

Ed. Kero, mars 2014, 394 pages, prix : 20 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Atelier Didier Thimonier et éd. Kero

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Les complémentaires – Jens Christian Grøndahl

29 Avril 2014, 12:48pm

Publié par Laure

Traduit du danois par Alain Gnaedig

 

David Fischer est en voyage d’affaires à Londres où il en profite pour rendre visite à la mère de sa femme. Une famille cosmopolite : Emma est anglaise donc, mais s’est installée à Copenhague avec David. Leur fille Zoë est aux beaux-arts et prépare une expo réalisée en commun avec son petit ami Nabeel, d’origine pakistanaise. Une expo sulfureuse qui va raviver des tensions dans les familles, tout comme la croix gammée que David trouve un matin taguée sur sa boite aux lettres.

 

Un roman introspectif où il ne se passe quasi rien mais qui interroge beaucoup sur les origines de chacun, sur l’appartenance à une nationalité, une culture, une religion (David est juif, Nabeel est musulman), et sur le brassage qui nait de ces rencontres dans notre monde moderne.

L’occasion pour nos personnages principaux de revenir sur leur histoire familiale et celle de leurs parents, ainsi que leur place dans le couple, les choix de vie qui en découlent.

 

Les complémentaires, c’est notamment le titre de l’expo de Zoë, qui crée une vidéo qui fait scandale avec deux corps qui se roulent dans les drapeaux pakistanais et danois et la peinture de leurs deux couleurs (d’où le vert et le rouge de la couverture) mais aussi une réflexion sur l’identité, l’immigration et le multiculturalisme.

 

Un peu trop introspectif et statique mais agréable à lire néanmoins. Sans que ce soit un coup de cœur non plus.

 

Gallimard, coll. Du monde entier, octobre 2013, 235 pages, prix : 18,90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © d’après photo Lauren Nicole / Getty Images et éd. Gallimard

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Dieu me déteste - Hollis Seamon

28 Avril 2014, 16:10pm

Publié par Laure

Traduit de l'américain par Marie de Prémonville

 

La belle colère est un nouveau venu dans l'édition : pas si novice, puisqu'il s'agit de l'association de deux professionnels, Stephen Carrière (des éditions Anne Carrière) et Dominique Bordes (des éditions Monsieur Toussaint Louverture) qui ont œuvré ensemble pour la création d'une nouvelle collection de romans français et étrangers pour adultes dont les personnages principaux sont des adolescents.

Dieu me déteste est donc le premier titre de cette collection.

(Maintenant je comprends pourquoi la douceur de la couverture et la qualité de l'ouvrage – dans tous les sens du terme - me faisait penser aux éd. Toussaint Louverture!)

 

Richard Casey a 17 ans, mais il n'est pas sûr de fêter ses 18 ans. En tous les cas il n'aura jamais 19 ans. Il est hospitalisé dans le service de soins palliatifs de l'hôpital Hilltop à New-York, cancer en phase terminale. A son étage, des gens comme lui, souvent plus âgés, mais une jeune adolescente aussi, qui comme lui aimerait bien connaître l'amour avant de mourir.

 

Si le sujet peut paraître plombant d'emblée, il n'en est rien, et c'est bien là l'une des étonnantes qualités de ce roman : il parvient à être léger et à donner foi en la vie quand la maladie et la mort inéluctable sont omniprésentes. Deux personnages adolescents sacrément pêchus, qui mettent toute leur énergie à vivre leurs derniers rêves, à se moquer des règles et du sérieux de leur environnement : on en sort avec le sourire aux lèvres et le sentiment d'un tour de force réussi.

Les personnages secondaires y sont pour beaucoup, l'oncle déjanté, le père de Sylvie dévasté par le chagrin et l'alcool qui en devient violent, la mère et la grand-mère de Richard aussi, il leur fallait bien à tous ce grain de folie pour que l'échappée belle fonctionne.

 

L'auteur mêle bêtises de gamins à gravité de la maladie avec talent, et culmine avec une fin métaphorique bien trouvée : une ultime partie de poker bluffante, c'est le cas de le dire.

 

Un livre paradoxalement léger à lire, qui éclaire sur dix jours durant la vie de deux adolescents condamnés, mais qui laisse malgré tout un petit goût de tristesse au lecteur : la littérature peut tout, mais la réalité la rattrape toujours. Une jolie parenthèse qu'il serait néanmoins dommage de manquer.

 

La belle colère, mars 2014, 276 pages, prix : 19 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © ed. La belle colère

 

 

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Le chardonneret – Donna Tartt

17 Mars 2014, 15:34pm

Publié par Laure

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Edith Soonckindt

 

Théo Decker a 13 ans quand il perd sa mère dans un attentat lors d'une visite dans un musée new-yorkais. Mais pourquoi file-t-il avec le tableau préféré de sa mère sous le bras, au milieu du chaos, cette petite toile de Carel Fabritius, Le Chardonneret (1654), qui deviendra le fil indéfectible du roman ? Voilà le début de l'histoire, et d'une longue, longue aventure.

 

J'avoue, j'ai entamé ce roman à reculons tant de nombreux avis déçus de la blogosphère m'avaient refroidie (la principale critique émergeant étant la longueur – les longueurs), d'autant plus que je n'avais jamais réussi à finir jusque-là un roman de Donna Tart, qui tous (il n'y en avait pourtant que deux jusqu'alors!) m’étaient tombés des mains par ennui. Eh bien contre toute attente, celui-ci m'a embarquée d'emblée, et je lui ai consacré le temps qu'il méritait, avec une curiosité toujours renouvelée. Certes, j'ai trouvé le temps long à un moment (la fin de la période à Las Vegas), mais pas tant que cela sur l'ensemble.

 

Orphelin, (père vivant mais absent), Théo est recueilli – un temps seulement - par une famille bourgeoise pour échapper aux familles d'accueil des services sociaux. Son secret le conduit à fréquenter également un antiquaire, le bon vieux Hobie. Inutile d'en dire plus tant le roman d'aventures est dense et joue son rôle avec des rebondissements et des personnages hors normes, vous accrocherez ou pas, si oui, quel roman ! Qui pourrait en contenir plusieurs à lui seul.

 

Roman d'apprentissage, les références à Dickens et Dostoïveski souvent citées se retrouvent en effet dans l’atmosphère, les personnages, les situations, pour balayer tout autant de thèmes : un 11 septembre qui hante encore le souvenir des Américains au point d'en nourrir beaucoup de fictions (ici l'explosion au musée), se remet-on jamais d'un tel traumatisme et de la perte d'un être cher ?, le monde sage et compassé des familles bourgeoises qui cachent leurs cadavres intimes sous le tapis, la violence de milieux où drogue et alcool abolissent la raison, le monde de l'art et son revers monétaire, l'amour (le grand, le vrai, pas si simple), mais aussi la possibilité de croire encore en quelque chose et en l'autre dans un tel monde, etc.

 

Donna Tartt excelle dans l'art de raconter une histoire au long souffle.

Certains y ont vu trop de clichés, pour ma part je penche plutôt pour des longueurs où j'aurais bien eu envie de dire : c'est bon là, on a compris, il est temps de passer à la suite maintenant !

 

Le rapport intime tant universel qu'individuel à l'art est abordé en toute fin de roman, une réflexion un peu tardive mais qui apporte une conclusion intéressante, soignée, et apaisante après tant de remous éprouvants. Alors long, oui, mais sans regrets : jusqu'au bout j'ai voulu savoir ce qu'il adviendrait de chacun des personnages, et de cette toile qui est mise en valeur aussi par un joli jeu de couverture sur l'objet livre : un trompe-l’œil sur la première de couv, et la reproduction du tableau qui s'ouvre avec les rabats en couverture intérieure, permettant d'y revenir à tout moment.

 

Un roman qui marquera inévitablement, de par son ambition et sa prouesse, dans une époque où le vite lu vite consommé est devenu plus ou moins la norme, on dirait bien que celui-ci a vocation à prendre le chemin des classiques.

 

 

Plon, janvier 2014, 786 pages, prix : 23 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Plon

 

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Le bruit de tes pas - Valentina d'Urbano

27 Septembre 2013, 07:25am

Publié par Laure

Traduit de l’italien par Nathalie Bauer

 

Le roman s’ouvre sur un enterrement, le 24 juin 1987. Beatrice raconte…

C’est une histoire d’amitié forte qui se mue en amour, celle de deux enfants qui se sont rencontrés quinze ans auparavant. Bea et Alfredo habitaient le même immeuble, une espèce de squat dans la banlieue romaine. Un quartier où les logements sont occupés illégalement, où la police et les médecins n’osent plus aller. Alfredo est battu par son père, ivre la plupart du temps. À l’étage juste en dessous, Beatrice est plutôt heureuse avec son grand frère et ses parents (qui l’ont eu très jeune, sa mère avait 16 ans). Très vite Bea et Alfredo vont devenir inséparables, au point que tous les appellent « les jumeaux » Mais à l’adolescence, Bea aimerait bien qu’Alfredo la regarde autrement, et celui-ci a sombré dans la drogue dure. Bea tente tout pour l’en sortir.

 

Il y a de très beaux passages, des moments forts (l’avortement clandestin d’une copine de Bea), un espoir, une lutte perdue d’avance, une atmosphère, celle d’un quartier, dans les années de plomb en Italie. Des personnages qui ont une épaisseur, des drames qui s’enchevêtrent. C’est un premier roman de qualité, Valentino d’Urbano a un ton, une plume agréable à suivre, mais je n’ai pas trouvé l’histoire exceptionnelle non plus. Agréable, mais pas inoubliable … (c’est déjà pas si mal !)

 

 

Ed. Philippe Rey, septembre 2013, 237 pages, prix : 19 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © ritA Scaglia / Picturetank et éd. Ph. Rey

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Esprit d'hiver - Laura Kasischke

27 Août 2013, 13:04pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Aurélie Tronchet.

 

Je n’avais encore jamais lu Laura Kasischke, et ce n’est pas faute d’en entendre beaucoup de bien ! L’erreur est réparée, et je confirme tout le bien qu’on en dit ! (Je me réjouis d’avoir donc encore tous ses précédents romans à découvrir).

 

Le jour de Noël, quelque part dans le Michigan, Holly se réveille plus tard que d’habitude. C’est un peu la panique à bord, elle a un repas à préparer et beaucoup d’invités qui vont arriver. Sa fille Tatiana dort encore, et son mari se lève en vitesse pour aller chercher ses parents à l’aéroport. Dès lors, plus rien ne se passera comme prévu.

Holly est obsédée par une phrase qui lui revient sans cesse à l’esprit : « Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux », elle voudrait l’écrire, et prendre le temps de noter ce que cela lui évoque. Mais il faut faire vite, rattraper le temps perdu, composer avec l’humeur maussade de son adolescente enfin réveillée, et préparer ce fichu repas.

Tout se joue dans le huis-clos de l’appartement, sur cette journée de Noël, avec des retours sur le passé de Holly, de son couple et surtout l’adoption de leur fille dans un orphelinat russe quand elle avait deux ans. Les éléments extérieurs se déchaînent, le blizzard (qui vu de l’intérieur ressemble à une journée de neige ordinaire) empêche toute circulation, les invités annulent les uns après les autres, le mari se retrouve coincé à l’hôpital avec ses parents (sa mère a eu un problème de santé, sombrant soudainement dans la confusion) : tout est étrange aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur et le récit se recentre sur les échanges entre Holly et Tatiana. Pourquoi son ado a-t-elle choisi ce jour-là pour avoir ce comportement déroutant, pourquoi change-t-elle sans cesse de vêtements…

Ce roman est fascinant par l’ambiance et la tension qu’il crée, et explose dans une fin aussi inattendue que grandiose. Une fin qui remet en perspective tout ce qui a été dit jusque là, et qui donne sens aussi aux détails que le lecteur pouvait trouver étrange sans vraiment les comprendre.

Pour une première lecture de cet auteur, je suis totalement séduite !

 

(Attention à ne pas faire la même erreur que moi : à peu près à mi-lecture, je ne sais pas pourquoi j’ai machinalement feuilleté le livre pour voir ce qu’il me restait de pages, et j’ai vu que les dernières pages étaient écrites dans une typographie différente. Ce qui m’a bien sûr attiré l’œil et j’ai lu ces dernières pages. Cette fin terrassante qui donne une nouvelle lecture du récit. Mais qui gâche tout aussi si on la lit avant d’y être ! C’est d’autant plus idiot que normalement ça ne m’arrive jamais – je connais des lecteurs qui vont systématiquement lire les fins – je ne suis pas de ceux-là)

 

 

Ed. Christian Bourgois, août 2013, 283 pages, prix : 20 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Ch. Bourgois.

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Une chanson pour Ada – Barbara Mutch

7 Août 2013, 16:46pm

Publié par Laure

Traduit de l'anglais par Françoise du Sorbier

 

une chanson pour adaAda naît en 1930 à Cradock house, fille d'une bonne noire dans une famille de Blancs, les Harrington.

p. 14 : « Cradock se situe dans le Karoo, la grande région semi-désertique où l'on arrive dès que l'on s'éloigne assez du collier de montagnes vertes aux versants abrupts qui bordent la côte, et que l'on s'enfonce vers l'intérieur. Le Karoo est une région pénible à traverser avant d'atteindre Johannesburg (…) »

L'apartheid en Afrique du Sud est donc la toile de ce roman qui s'attache à décrire la vie exceptionnelle d'Ada, de sa naissance à la vieillesse, et le lien particulier qui l'unit à Cathleen, la propriétaire de Cradock House. Enceinte de son maître, elle accouche d'une enfant métisse et par honte s'enfuit. La place de ces enfants métisses est aussi au cœur du livre, ainsi que la musique qui unit Ada et Cathleen.

Attachant, le roman se fait par moments un peu trop gentillet (bien sûr que l'histoire sera belle avec juste quelques ressorts bien placés, bien sûr que les différents liens d'attachement sont forts et définitifs, que les méchants sont toujours méchants et les gentils très gentils), c'est bien construit, maîtrisé, et cela rappelle par bien des aspects le succès de La couleur des sentiments, de Kathryn Stockett : populaire, roman détente idéal pour l'été, belle histoire, fond historique réaliste …

A lire si vous cherchez un roman d'évasion avec une « belle histoire », la saga d'une maison et de deux familles opposées par leur couleur de peau et leur rang social.

p. 220 : « J'avais eu la sottise de mettre au monde une enfant métisse dans un univers où les seules possibilités étaient le noir et le blanc. Dans le monde blanc, elle pourrait même être utilisée contre le maître pour le conduire en prison. Madame en était-elle consciente ? »

 

Lu dans le cadre du Club Testeurs d'Amazon

 

Presses de la Cité, mai 2013, 410 pages, prix : 21,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Ed. Presses de la Cité

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Ce qui restera de nous – Mark Gartside

14 Juillet 2013, 19:27pm

Publié par Laure

Traduit de l'anglais par Isabelle D. Philippe

 

« Ce qui restera de nous, c'est l'amour », extrait d'un poème de Philip Larkin cité par le narrateur.

ce qui restera de nousGraham Melton rencontre Charlotte Marshall, il est d'une famille de travaillistes, elle est issue d'une famille bourgeoise et conservatrice. Comment imposer à leurs parents leur volonté de se voir parce qu'ils s'aiment tout simplement ? C'était en 1985 en Angleterre, Thatcher était au pouvoir. Mais ils se sont aimés coûte que coûte et ils ont eu un fils, Michael. En 2009, Graham élève seul son fils, devenu adolescent qui fréquente à son tour une fille qui n'est pas du même milieu social que lui.

C'est Graham qui raconte leur histoire, histoire d'amour dramatique, histoire de papa solo, histoire de résilience, par un aller-retour maîtrisé entre passé et présent.

C'est ce que je pourrais appeler un bon roman d'été : rien de nouveau sous le soleil car l'histoire est assez attendue, mais la lecture en est rapide et plaisante. Un bon gros roman d'amour et de famille pas trop niais, qui sait placer ses ressorts, un peu de sensibilité et un fond d'actualité (il s'inscrit dans son époque, on se souvient de quelques événements). L’Angleterre n'a à mon sens que peu d'incidence sur l'histoire, les désaccords politiques et de classe, la crise économique auraient pu se trouver ailleurs dans le monde. Quant au vécu des personnages, il est universel, entre amours et malheurs, c'est la vie !

Quelques maladresses de traduction ici ou là, parfois un peu trop littérales : « C'était un tic que je lui avais déjà vu, mais j'ignorais jusqu'à ce jour qu'elle le faisait après le sexe ; (...) ». En français on dirait plutôt après l'amour, non ?. Ce premier roman, souvent comparé à ceux de David Nicholls, vaut surtout pour la qualité de sa construction et il saura toucher un large public (plutôt féminin?) en quête de romans d'amour et de société dans l'air du temps.

 

Lu dans le cadre du Club testeurs d'Amazon.

 

Belfond, mai 2013, 429 pages, prix : 20,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Fabrice Lerouge – Onoky – Getty Images, illustration ADT et éd. Belfond.

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Le manuscrit retrouvé - Paulo Coelho

26 Mai 2013, 17:54pm

Publié par Laure

 

traduit du portugais (Brésil) par Françoise Marchand Sauvagnargues

 

manuscrit-retrouve.jpgL'argumentaire éditeur était alléchant (en même temps, c'est le but des 4èmes de couv' hein) :

14 juillet 1099. Alors que les croisés sont aux portes de la ville, les habitants de Jérusalem se pressent autour d’un homme mystérieux connu sous le nom du Copte pour entendre ses derniers enseignements. La foule, composée de chrétiens, de juifs et de musulmans qui vivaient jusqu’alors en parfaite harmonie, s’apprête à livrer combat et la défaite semble imminente. Mais, loin de toute stratégie guerrière, c’est une véritable leçon de vie qui leur est dispensée. Le Manuscrit retrouvé est une invitation à repenser notre humanité qui pose une question d’une brûlante actualité : quelles valeurs subsistent lorsque tout a été détruit ?

Je ne sais pas pourquoi, manuscrit, aspect historique, j'ai pensé à Umberto Eco. Naïve que j'étais de croire que ce roman (?) de Coelho (dont je voulais aussi comprendre le succès auprès des lecteurs) était un bon roman historique avec une bonne intrigue. Rien de tout cela, le manuscrit n'est que prétexte à une suite de préceptes mystiques qui me laissent absolument indifférente.

Faut-il en supporter des pages pour lire des dogmes d'une telle banalité :

« Personne ne peut revenir en arrière, mais tout le monde peut aller de l'avant. », et j'en passe, tout est de cet acabit. Pour le coup, on ne peut plus mensongère que cette 4ème de couv. Cette fois c’est décidé, je n'ouvrirai plus de Paulo Coelho.

 

Flammarion, mai 2013, 177 pages, prix : 17 €

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Crédit photo couverture : © Labrand. Psicologia de Marcas SL. / éd. Flammarion

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Et la vie dans tout ça, Verna ? - Judith Freeman

13 Mai 2013, 12:20pm

Publié par Laure

 

Traduit de l'américain par Hugues Leroy

(Titre original : the chinchilla farm)

 

et-la-vie-verna.jpgà 34 ans, Verna voit sa vie s’effondrer lorsque son mari Leon la quitte pour une autre. Mais elle reprend du poil de la bête en entassant ses affaires dans le vieux van qu'elle va tirer jusqu'à Los Angeles : grand changement quand on vit dans une communauté mormone de l'Utah !

Un long road movie semé d'histoires colorées, de l'auto-stoppeur Duluth aux membres de la famille éparpillés qui ont tous une histoire particulière, en particulier sa belle-sœur Inez, qui n'a pas vraiment de chance dans la vie. Des retrouvailles avec cette belle-sœur qui mèneront Verna et son nouvel équipage jusqu'au Mexique.

Des personnages attachants, intéressants, des traditions et des décors « dépaysants », de multiples petites histoires au sein du roman pour dire la reconstruction d'une femme quand elle se retrouve face à elle-même.

Une traversée mémorable des grands espaces américains pour une nouvelle entrée dans la vie d'une femme somme toute « comme une autre ».

 

Albin Michel, collection Terres d'Amérique, octobre 1999 (oui parfois je lis des vieux trucs !), 346 pages, prix : 20,15 € (Existe en poche)

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Crédit photo couverture : © Cathy Saksa et éd. Albin Michel

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