Les jardins d'Hélène

Le soupirant - Isabelle Minière

10 Mai 2007, 02:12am

Publié par Laure

soupirant-miniere.jpg J’aime beaucoup les romans d’Isabelle Minière, et si le soupirant est son premier roman, c’est pour moi le 4ème que je lis. Et ma foi il est assez détonnant ! Une jeune femme se retrouve au chevet de son père à l’hôpital, entourée de sa mère, de son frère et de sa sœur. Le sujet est grave et pourtant le roman est plaisant et drôle, grinçant et surprenant ! Au rythme des 50 soupirs du père qui marquent ses 50 bougies fêtées dans cette chambre médicale, Elodie nous raconte sa vie familiale, les folies de sa mère qui réinvente chaque souvenir en l’enjolivant ou en le dramatisant, et sa relation très particulière avec ses employeurs. En effet l’héroïne n’a été embauchée que parce qu’elle est née le même jour que la fille décédée de ce couple, Elodie. Elle devient donc Elodie pour tout le monde, héritant de ses vêtements, ses affaires, sa vie, même aux yeux de sa propre mère qui n’en semble pas choquée, tant qu’elle peut bénéficier de la générosité du couple « adoptant ». Elodie enquêtera discrètement sur le passé de la disparue. Très peu confiante en elle, Elodie est dévorée par tout un chacun. C’est un vrai régal à lire que son chemin pour se libérer de ce huis-clos malsain !
Un premier roman qui augure parfaitement du style et du talent d’Isabelle Minière.
 
A lire aussi : les avis enthousiastes de Valdebaz sur Baratin et de Clarabel  
JC Lattès, février 2001, 204 pages, prix : 16 €
Ma note : 4/5
Crédit photo couverture : éd. JC Lattès et Amazon.fr

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Le prisonnier - Michel Ragon

9 Mai 2007, 15:38pm

Publié par Laure

prisonnier-ragon.jpgGrosse déception pour moi que la lecture de ce roman, essentiellement parce que j’en attendais tout à fait autre chose, la 4ème de couv m’ayant induite en erreur.

Le narrateur reçoit des lettres d’un détenu qui dit avoir bien connu son ex femme Christine, mais au vu de ses propos, cette Christine devait bien cacher son jeu, car le narrateur ne l’a jamais connue ainsi. Le prisonnier dit aussi reconnaître Christine dans le personnage de Flora, dans un des romans du narrateur, ce qui pour lui est totalement faux. Si à partir de là on s’attend à une quête de la personnalité de l’épouse, par un échange de correspondances entre autres, que nenni. Le narrateur profite de l’occasion pour se replonger dans sa jeunesse, il avait 14 ans pendant la guerre de 40, son premier amour Louise, qu’il ne cessera jamais d’ailleurs de retrouver tout au long de sa vie. L’essentiel du propos est sur la dichotomie entre le milieu populaire et communiste du narrateur et la bourgeoisie de sa femme, un assemblage dans lequel chacun ne se sentira jamais vraiment à sa place.

On sait Michel Ragon auteur de nombreux romans et essais, et spécialiste notamment de la littérature prolétarienne. Il semble avoir repris ce thème cher à son cœur dans ce roman biographique. Le récit est court (133 pages) et la mise en page très aérée, c’est la raison pour laquelle je suis allée au bout, mais je n’y ai personnellement rien trouvé d’attirant : les personnages du détenu et de l’ex épouse ne sont que des prétextes inexploités pour écrire des mémoires, qui n’ont pas grand-chose à voir avec eux et qui ne me « parlent » pas.

La couverture, fort jolie, est un atout de plus pour vous induire en erreur. Dommage.

Albin Michel, janv. 2007, 133 pages, prix : 12,50 €

Ma note : 2,5/5

Crédit photo couverture : éd. Albin Michel et Amazon.fr

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Méchant Kurt ! - Erlend Loe

8 Mai 2007, 19:42pm

Publié par Laure

Traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud.
 
mechant-kurt.jpg On avait fait connaissance avec la famille de Kurt dans le premier volume : Kurt et le poisson. On le retrouve un an plus tard, toujours avec sa femme Anne-Lise, son fils Kurt Soda (qui boit des litres de soda comme son nom l’indique), sa fille Héléna la grassouillette (qui a mangé trop de poisson dans l’épisode précédent) et le petit Bud, et toujours conducteur de chariot élévateur transpalettes autrement appelé Fenwick. Cette fois, Kurt se dit que ce serait bien de gagner beaucoup d’argent. Mais Anne-Lise pense que non, l’argent ça rend méchant. Alors qu’il sauve de la noyade un matelot somnambule, celui-ci lui offre en remerciements un énorme diamant, que Kurt s’empresse de revendre pour 50 millions de couronnes. Faut le voir rentrer de chez le bijoutier avec sa remorque trop chargée en hauteur, et traiter les policiers qui l’arrêtent de couillons de la lune. Bref c’est toujours aussi absurde et délirant. Peut-être un peu moins réussi que le précédent, ou parce qu’il n’y a plus l’effet de surprise ? Là je n’ai pas éclaté de rire comme pour le premier titre. Puis notre Kurt veut devenir premier ministre, parce qu’avoir de l’argent ne suffit pas, il veut pouvoir décider pour les autres. Il fera un bide total et gagnera encore plus en méchanceté. Bref, « l’argent ne fait pas le bonheur. Tout le monde le sait ». Mais dans la famille de Kurt, avec ou sans argent, on est quand même sacrément gratiné. Attention, vocabulaire argotique et familier en quantité, à vous de voir. Mais moderne et drôle ! Fillette me le réclame !
 
L’avis de Cuné : ici
La joie de lire, janv. 2007, 122 pages, prix : 7,90 €
Ma note : 4/5
Crédit photo couverture : éd. La joie de lire et Amazon.fr

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Virus - Valérie Dayre

8 Mai 2007, 10:39am

Publié par Laure

virus-dayre.jpgPetit village de Debain-lès-Montillac-sur-Oise, son maire, ses habitants, ses commérages. Son épicière, Pauline, toujours célibataire à presque 40 ans (ça fait causer), tient le café-tabac-épicerie-bazar-dépôt de pain, haut lieu de rencontre des habitants ! Pauline cache un secret : depuis plus de 20 ans, elle s’absente chaque mardi pour Paris, d’où elle revient le lendemain par le train de 6h12. Qu’y fait-elle donc ?
Mais ce qui occupe nos villageois en ce jour, c’est la capture de 7 chats errants un matin sur la place : hop, mis en cages, en attendant le passage de la SPA. Parmi eux, le beau, gros et fier Virus, un matou bagarreur qui a déjà attaqué la petite Falbala, chatte de Gaspard. Gaspard vit à la campagne avec sa grand-mère Granninouchka durant la semaine et passe ses week-ends à Paris avec ses parents. Et c’est parti pour les débats et les escarmouches : faut-il sauver ces minets de l’euthanasie certaine ? Chacun s’en mêle, y compris un Anglais qui a beaucoup d’humour et un répertoire des proverbes français assez conséquent !
Le lendemain matin, qui a bien pu libérer Virus, le dernier chat qui restait en cage ? Et la mère de Gaspard qui a reconnu Pauline chanter sur scène… mais non quelqu’un l’avait déjà reconnue en bénévole du Samu social l’hiver précédent…
Dommage que la fin arrive un peu vite, on n’aura pas les réponses à toutes les questions suggérées, ce qui peut être un bien pour que chaque enfant se fasse son histoire, bâtisse ses hypothèses, et les échange avec ses camarades de lecture ! Ce qui m’a surprise (en bien !) dans ce livre, c’est sa richesse concentrée en si peu de pages : humour, vocabulaire riche et varié, références à l’actualité, mentalité villageoise, thèmes plus enfantins : chats, relation grand-mère petit-fils, etc. Vraiment plein de pistes possibles, à partir d’une histoire pourtant toute simple !
Voilà un éditeur jeunesse à suivre, que j’avais découvert avec Kurt et le poisson que j’avais adoré dans son délire, et que j’entends bien continuer à explorer.
Sur toutes les 4èmes de couv, l’éditeur signale : « catégorie d’âge : chaque lecteur est unique. Si vous avez un doute, demandez conseil à votre libraire. » Voilà qui remet chacun à sa place et qui est parfait !! (bon, si vraiment vous avez besoin d’aide, je ne suis pas libraire, mais je suis mère de famille nombreuse, ça excuse, alors je dirais dès 8 ans. Mais les bons lecteurs aimeront avant et ma fille de 10 ans et demi me répond que ça ne l’intéresse pas sans même l’ouvrir.) Heureusement qu’il reste encore des parents dévoués pour lire des livres jeunesse, n’est-ce pas… :-D
La joie de lire, janvier 2007, 71 pages, prix : 6,90 €
Ma note : 4/5
Crédit photo couverture : éd. La joie de lire et Amazon.fr

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Portrait chinois

6 Mai 2007, 16:47pm

Publié par Laure

Histoire de vous donner à lire quand je ne lis pas…

Si j’étais….

Un livre : Belle du Seigneur d'Albert Cohen, ou Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, le recueil de nouvelles d'Anna Gavalda, pour la "vraie vie".

Une couleur : Le blanc, ou le rouge cerise

Un animal : le chat (de gouttière)

Un métier : le mien, sinon je suis assez captivée par les métiers de la psy -chologie - chiatrie mais pas - chanalyse

Un vêtement : une jupe longue

Une fleur : la tulipe, ou l'iris, et les roses très pâles

Un point faible : la sensibilité

Un point fort : la sensibilité aussi ! et par là-même l'empathie

Un siècle : le XXI ème

Une voiture : un gros monospace familial tout confort (un rêve réalisé!)

Un alcool : un champagne brut

Un objet : un livre, ou un beau stylo-plume

Une paire de chaussures : des ballerines plates

Un pays : l'Italie

Une pierre précieuse : le diamant, ou le rubis

Un bijou : celui que je n'ai pas encore

Un grigri : je n'en ai pas

Un acteur : Bruno Wolkowitch

Une actrice : Charlotte Rampling, ou Linda Fiorentino

Une chanson : Porque te vas

Un film : Un homme et une femme, chabadabada...

Un dessin animé : Bambi, parce que c'est sans doute celui que j'ai le plus regardé avec mes enfants

Un prénom masculin : Paul

Un prénom féminin : Constance

Un bonbon : un rouleau de réglisse qu'on déroule en séparant les fils, ou un ourson en guimauve enrobé de chocolat

Un aliment : un souvenir alsacien, la tarte flambée gratinée

Un chocolat : un très bon chocolat noir fourré à la ganache nature

Un tatouage : je n'aime pas trop

Une arme : le charme

Un oiseau : le petit moineau qui picore dans les jardins publics

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Cette saleté de V2

6 Mai 2007, 15:37pm

Publié par Laure

Je viens d'accepter de migrer en V2, alors désolée si c'est un peu le Bronx, je vois que mes modules sont inversés, que ma tulipe a disparu, que ma bannière a perdu sa droite, et je suis pas sûre d'avoir le courage de me coller à tout ça. Soyez indulgents, les gens ! Merci ;-))

Edit de 18:11 : j'ai remis de l'ordre dans mes colonnes et retrouver ma tulipe. Pour la bannière, on verra un autre jour, suis pas sûre de trouve la solution !

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Viol, une histoire d'amour - Joyce Carol Oates

5 Mai 2007, 08:47am

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Claude Seban.

 

Il y a d’abord l’étonnement du sous-titre : une histoire d’amour accolé au mot viol, voilà qui déjà dérange. C’est pour moi une première découverte de cet auteur pourtant bien célèbre (Blonde, Les chutes, etc.) et j’ai eu un peu de mal avec le style au départ. Je ne suis pas certaine de partager l’enthousiasme général sur le web pour ce roman. Il est surprenant certes, noir, et toute sa force est dans le non-dit, mais voilà, je reste mitigée…

Tina Maguire rentre à pied d’une soirée avec sa fille de 12 ans, Bethie. C’est le soir du 4 juillet 1996, jour de la fête nationale, à Niagara Falls, dans l’état de New York. Tina est violée par 5 individus, sous les yeux de sa fille, et laissée pour morte dans un hangar à bateaux. Longtemps après, un narrateur anonyme revient sur l’histoire en s’adressant à la jeune fille, Bethie. Par le biais d’un avocat influent, Kirkpatrick, les violeurs sont relâchés sous caution, c’est la parole de Tina contre la leur, et celle de Tina ne pèse pas bien lourd.

Tina perd toute confiance dans la justice de son pays et se replie sur elle-même. Mais un amoureux silencieux veille au grain : le flic Dromoor, premier arrivé sur les lieux. Il rendra justice à sa façon.

Un roman qui doit sa force à sa construction elliptique, violent et surprenant, une histoire d’amour secrète et entièrement dévouée sans attente en retour, frappant…

 

L’avis d’Anne : ici

Ed. Philippe Rey, mars 2006, 176 pages, prix : 15 €

Ma note : 3/5

Crédit Photo couverture : éd. Philippe Rey et Amazon.fr

 

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3 ptits chats (qui ont grandi !)

3 Mai 2007, 19:09pm

Publié par Laure

Anne trouvait que je ne vous avais pas mis de photos des minous depuis longtemps : c'est vrai. Voilà qui est réparé !

Vachette, qui porte bien son nom : légère tendance à l'embonpoint, dirons-nous... Avant hier, elle est tombée du toit (oui, elle était sortie se promener dans la gouttière depuis la fenêtre de la chambre de fiston au premier, mais comme elle n'est pas sportive, boum...) et alors que nous sortions voir si elle allait bien, son premier réflexe pour se remettre de ses émotions a été de courir vers sa gamelle !

vachette

Caramel, la mère. Chasseuse, vit beaucoup à l'extérieur. Nous témoigne son attachement par les cadeaux fréquents sur le paillasson le matin : taupes, souris et autres mulots, jeunes lapins de garenne...

caramel

Tigrou, enfin, notre rescapée. Probable passage dans un piège. Fracture de la patte chèrement réparée à Angers, et amputation de la queue. Devenue très câline depuis !

tigrou

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Quinze jours en juillet - Nicolle Rosen

3 Mai 2007, 09:13am

Publié par Laure

Ah que ce livre m’a énervée ! Pourquoi le lecteur ne peut-il pas changer le cours d’une histoire ? Pourquoi ne peut-il pas tordre le cou à un personnage, lui dire ses quatre vérités en face et rétablir l’ordre dans ce bas monde fictionnel, hein, pourquoi ?!

Quinze jours en juillet… Quinze jours de vacances à La Bastide, une maison de famille. Blanche, l’ex femme de Marc est à présent mariée avec Clément, le meilleur ami de Marc, qui a longtemps fréquenté Irène, l’ex femme de Clément. Marc et Blanche ont eu une fille, Mélanie, jeune étudiante qui vient elle aussi passer quinze jours de repos dans la demeure, elle qui est la maîtresse d’un prof marié et père de famille. Et il y a Claire, la nouvelle amoureuse de Marc. Bref, tout ce petit monde va cohabiter, et l’auteur va donner la parole, chaque jour, à l’une des trois femmes protagonistes : Claire, la nouvelle, Blanche, l’ex, et Mélanie, la fille. Sauf que cette histoire est extrêmement malsaine et agaçante. Blanche continue de diriger la vie de Marc, et de chacun d’ailleurs, en manipulant et exigeant ce qui lui plaît. Marc ne peut rien faire qu’elle n’ait consenti, pire, organisé. Maîtresse femme, elle est égoïste et manipulatrice, et les hommes autour d’elle lui sont aliénés. Et gare à celle qui tenterait de faire changer ce petit monde clos… Le lecteur attend impatiemment cette fin salvatrice mais hélas, elle parait encore trop douce au vu de ce groupe et de cette Blanche à qui vraiment, vraiment, j’ai envie de tordre le cou !

 

L’avis de Clarabel sur ce roman :

L'avis de Cathe et le mien sur un précédent recueil de nouvelles  de l'auteur : chez les Thomas on est très famille, sur Zazieweb.

JC Lattès, janv. 2007, 251 pages, prix : 16 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : éd. JC Lattès et Amazon.fr

 

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Danseuse en rouge - Anne Bragance

2 Mai 2007, 09:29am

Publié par Laure

Voici une curieuse histoire à 3 voix. Un homme rencontre une femme dans une soirée. Elle est danseuse et porte une robe rouge. Il l’invite à danser. Elle l’invite à passer une nuit quelques jours plus tard, pas mémorable la nuit. 20 ans passent. L’homme est marié. Mais il n’a pas oublié la danseuse en rouge. Il la revoit. Et une étrange histoire commence. Lui, l’ex champion de tennis, est appelé Thibaut, ou le champion, dans le texte. Sa femme, la groupie. Sa maîtresse, la danseuse. Chaque jeudi, et chaque jeudi seulement, le champion voit la danseuse. Chambre close, plaisirs de la chair. Chaque chapitre donne la parole à l’un des 3 personnages, qui ajoute au chapitre précédent, comme s’il commentait ou corrigeait ce qui avait été dit juste avant. L’histoire paraît malsaine. Entre ce qu’accepte l’épouse, ce qu’exige la maîtresse, et le laisser-faire de l’homme. Au fond, ne serait-il pas le jouet de ces dames ? La balle de tennis qu’elles se renvoient de set en set ? Peut-on aussi décider par avance des limites ou des cadres que l’on veut poser à son amour ? Celui-ci ne finit-il pas un jour par déborder, ou faire souffrir ? Curieux roman, vraiment, pas désagréable, surprenant, avec une fin qui ne me satisfait guère, mais qui est dans la logique de ce qui précède. Toute puissance des femmes….

Actes Sud, août 2005, 169 pages, prix : 18 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : éd. Actes Sud et Amazon.fr

 

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