Les jardins d'Hélène

Aussi loin que possible – Éric Pessan

13 Janvier 2016, 10:58am

Publié par Laure

Un matin, deux copains de collège, Antoine et Tony, font la course, comme ça pour s’amuser. Et puis sans raison, ils ne s’arrêtent pas, ne s’arrêtent plus, et n’ont plus que pour seul objectif d’aller « aussi loin que possible ».

 

Raconté par Antoine, le récit dévoile peu à peu ce qui lie ces deux ados, abimés par la vie, outre le point commun du prénom. Les parents de Tony ont reçu un avis de reconduite à la frontière, étrangers en situation irrégulière parce qu’ils n’ont pas réussi à retrouver de travail, et pour Antoine, un père un peu trop porté sur les gifles et les dérouillées.

Les deux garçons courent, tout en étant confrontés à une réalité : il faut manger, dormir, tout cela sans un seul sou en poche. Inégalité des richesses, absence de partage, il faut voler pour vivre ? Ce qui n’était au départ qu’un jeu devient un engagement moral et acquerra au fil du texte une portée politique et sociétale.

 

Le lecteur se laisse emporter dans cette course et se prend à rêver que des actions comme celles-ci résolvent toutes les misères du monde, mais ce n’est pas si simple. Une lueur d’espoir et une sensibilisation à l’inégalité du monde, les ressources profondes que l’on a tous en soi, voilà ce que porte à découvrir ce roman. Et l’amitié, tout simplement.

 

Extrait page 20 :

« Cela fait dix minutes que l’on court. La cité s’éloigne, ce lundi matin vient de basculer dans l’inconnu. On n’a rien prémédité, rien comploté.

On a nos baskets aux pieds, nos survêtements souples, nos forces.

Tony a sa tristesse. J’ai ma colère.

On ne va plus rebrousser chemin. »

 

Extrait page 46 : « Je cours. Je suppose qu’il y a des caméras même dans les petits magasins. Des images permettront d’identifier mon visage. Je n’en ai rien à faire. Les conséquences, c’est bon pour le futur. Depuis ce matin, je ne vis plus que dans le présent, un présent absolu, débarrassé du passé comme de l’avenir. La main qui s’abat sur ma joue, la grande dérouillée, tout cela n’existe pas encore. Trop souvent, je n’ai pas vécu l’instant présent par crainte des conséquences qu’il engendrerait. »

 

 

Sélectionné pour le Prix des lecteurs (13-16 ans) du Mans et de la Sarthe 2017

 

 

L’école des loisirs, (grand format), septembre 2015, 137 pages, prix : 13 €

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Crédit photo couverture : ©Laerke Posselt / Agence VU’ et éd. L’école des loisirs

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Vero 11/02/2016 23:13

Il va falloir que je le lise celui-ci - je n'en entends (enfin lis) que du bien.

Noukette 26/01/2016 11:39

Une bien jolie pépite ado ! J'ai beaucoup aimé !