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  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 16 ans. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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Je n'arrive plus à trouver de temps pour le blog, alors je poursuis ... à mon rythme !

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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 17:27

Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par David Tuaillon

 

L’histoire commence quasi banalement : Maud, une jeune étudiante, chute sur un bateau, Tim, un jeune homme prend soin d’elle, et l’on assiste à la naissance lente d’un couple. Il est artiste, elle est scientifique, ils deviennent parents d’une petite fille.

 

J’ai aimé d’emblée ce roman, le caractère taiseux de Maud, son retrait, son entourage semble avoir du mal à communiquer avec elle, et pourtant le lecteur entre en empathie avec elle (enfin ce fut mon cas !) Elle s’épanouit dans la restauration d’un bateau et la navigation, c’est son domaine, bien plus que celui de Tim, qui gère le quotidien familial.

 

Quand survient le drame, évoqué avec pudeur, Tim perd pied et se réfugie chez ses parents. Il ne parvient plus à communiquer avec Maud. Celle-ci ne semble pas affectée outre mesure par l’accident qui vient de les frapper, mais elle suivra son propre chemin de croix. Déterminée, elle partira seule en mer et affrontera les éléments déchainés, la difficulté de naviguer seule, la solitude dans des conditions extrêmes.

A ce moment du voyage, le récit devient plus technique, le vocabulaire lié à la marine et à la navigation est omniprésent, trop peut-être. Mais l’envie de connaître le dénouement est si fort que l’on passe outre ce petit désagrément.

Maud se reconstruira, transcendera sa souffrance si longtemps intérieure, et la fin laisse entrevoir un espoir.

 

Un roman magnifique, par la force de son personnage féminin et le chemin hors norme choisi. Une très belle découverte.

 

 

(p.149/301) « Nous avions l’habitude dans la famille de parler pas mal de vous. Ça vous surprend ? Deux écoles de pensée, en réalité. Pour l’une, vous étiez une fille brillante, un peu timide, un peu gauche, un peu hors du monde, mais dans le fond très bien. L’autre école, assez importante, vous réduisait à quelqu’un d’insensible, entièrement égocentrique et pas vraiment très bien du tout. Une chose sur laquelle les deux tombaient d’accord, c’était qu’être une mère ne vous intéressait pas le moins du monde.

- Ce n’est pas vrai.

- oh, je pense que si. Je n’ai jamais vu la plus petite marque d’un quelconque instinct maternel. Je ne veux pas dire que vous étiez cruelle. Il aurait fallu un minimum d’engagement pour ça, un certain effort d’imagination. Non, non. Vous faisiez piteusement ce que vous pouviez. Mais il manquait quelque chose. Quelque chose de fondamental. Vous cherchiez à l’atteindre et ce n’était pas là, tout simplement. »

 

 

 

 

 

 

 

 

(à paraître le 24 août 2017)

 

Piranha, août 2017, 304 pages, prix : 19,00 €, ISBN : 978-2-37119-059-7

Existe en numérique au prix de 12,99 €

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Piranha

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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 14:30

Traduit de l’italien par Dominique Vittoz

 

La femme nue - Elena StancanelliAnna découvre par hasard, parce qu’il n’a pas raccroché son téléphone après son appel, que son compagnon Davide la trompe. Elle bascule dans une folie excessive.

 

Reflet de son époque, Anna utilise les réseaux sociaux, elle scrute, fouille, observe, épie, analyse, trahit, triche et trompe pour se venger. Elle tente de retenir cet homme qui n’a plus grand-chose à faire d’elle, bascule dans la dépression, et bien au-delà, dans une obsession extrême et perverse, lutte pour se venger de la nouvelle maîtresse de son ex, surnommée « Chien ».

 

La femme nue est un roman dérangeant en ce sens qu’il verse dans la folie. La raison gardée par le lecteur n’a plus sa place dans la tête du personnage principal du récit, le ressassement, les réactions excessives, si elles se comprennent au début, finissent par lasser, malgré la brièveté du texte, trop redondantes. Réussi du point de vue de l’expression de la chute de la femme quittée.

 

Je ne suis pas vraiment séduite, en tous les cas ce roman a le mérite de ne pas laisser indifférent !

 

 

Extraits :

(p. 7/8 numérique) : « Il ne me l’a pas raconté parce que ça l’amusait, mais parce qu’il avait besoin de prononcer son nom. Ce qui est notre cas à tous quand quelqu’un nous plaît. »

 

(p. 13 numérique) : « Les gens – pas toi, jamais toi – me demandaient ce que notre histoire avait de si spécial pour que je ne supporte pas la séparation. La réponse est rien. Il n’y avait rien de spécial. Aucune histoire n’est spéciale. L’amour n’est jamais spécial. »

 

 

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Stock, coll. La Cosmopolite, mai 2017, 194 pages, prix : 19 €, ISBN : 978-2-234-08255-7

Etoiles :

Crédit photo couverture : © plainpicture / neue bildanstalt / Sven Schwalm et éd. Stock.

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 18:05

Traduit de l’anglais (Australie) par Isabelle Chapman

 

 

Le murmure du vent - Karen ViggersAbby, vingt-trois ans, est étudiante biologiste, doctorante, elle étudie le comportement des kangourous dans le bush australien aride et parfois dur envers l’homme. Cette solitude lui convient, blessée par la vie, elle ne s’est jamais vraiment remise de la mort de sa mère quand elle avait treize ans. Lorsque le journaliste Cameron vient l’interviewer, elle le prend en grippe immédiatement, mais lui tombe rapidement amoureux.

 

En parallèle, Daphne, une vieille dame qui vécut jadis sur ces terres qui lui ont été reprises par l’Etat, se remémore ses souvenirs, la perte de son fils et de son mari. Daphne et Abby vont s’apporter du réconfort l’une l’autre sans vraiment s’en rendre compte.

 

A travers ces trois personnages principaux, c’est une saga familiale empreinte de couleurs et de souffle que nous offre l’auteur. Les paysages et l’histoire de l’Australie, occupent une large place, passionnante, et qui confèrent une atmosphère particulière au roman.

 

Si l’intrigue est assez convenue (on comprend assez vite comment les fils vont s’entrecroiser), les personnages sont attachants, et les souvenirs de Daphne sont de véritables bulles narratives qui plongent le lecteur dans l’histoire aborigène du pays, la dureté du climat, de la vie dans le bush.

 

Le travail d’Abby apporte un sujet plus contemporain : comment traiter la surpopulation des kangourous ?

Les personnages secondaires, Matt, le frère d’Abby, Doug, le mari décédé de Daphne, … la belle-mère d’Abby, sont tous très travaillés, apportant de la densité à l’histoire.

 

Le murmure du vent est surtout l’histoire d’une terre, celle des monts Brindabella, l’histoire d’un pays, et au plus intime, celle de deux familles de générations différentes qui s’inscrivent sur ces paysages sauvages.

 

Une belle histoire d’amour, de résilience, de transmission dans une Australie rude et lourde de son passé.

 

 

 

Les escales, avril 2017, 395 pages, prix : 21,50 €, ISBN : 978-2-36569-286-1

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Hokus Pokus Creations et éd. Les Escales

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 15:10

Traduit de l’américain par Jean-Luc Piningre.

 

Elner Shimfissle est une adorable petite vieille, octogénaire, qui vit seule avec son chat Sonny (7ème du nom), mais à qui sa nièce et quelques amis rendent régulièrement visite. Un matin, alors qu’elle cueille des figues pour faire de la confiture, elle est piquée par un essaim d’abeilles et tombe de l’arbre. Elle est emmenée à l’hôpital et malheureusement son décès est prononcé assez rapidement.

 

Sa famille et tous les habitants d’Elmwood Springs sont émus et réfléchissent déjà à l’hommage qu’ils vont lui rendre. Ils prennent soin de ranger sa maison, récupérer son chat, etc. C’est aussi pour eux l’occasion de s’interroger sur la vie qui peut s’arrêter à tout moment, et donc sur leur propre rapport à la mort, à la famille, aux proches, à l’importance de dire aux gens qu’on les aime tant qu’ils sont là.

 

Mais pendant ce temps-là sur son lit d’hôpital, Elner est bien consciente de tout ce qui l’entoure, sans comprendre ce qu’il lui arrive. Elle est en train de vivre ce qu’on appelle une expérience de mort imminente. Elle en sortira bien vivante, à la grande frayeur et surprise du corps médical et de tous ses proches.

 

Mais la suite est plus compliquée qu’il n’y paraît, car bien sûr, lorsqu’elle raconte son aventure, tous la pensent folle et craignent alors qu’elle ne soit internée, et lui demandent de ne pas en parler. Pourtant certains des détails qu’elle narre sont bien réels et impossibles à inventer. L’hôpital de son côté craint des poursuites judiciaires.

 

Nous irons tous au paradis est un roman léger, fantaisiste, et débordant d’humour et d’ironie. Le personnage d’Elner est très attachant. Pourtant au bout d’un moment le roman s’essouffle un peu, l’expérience de mort imminente se révèle un peu longue et plate, et l’après tout autant.

 

L’ensemble reste néanmoins léger et sympathique et fait passer un bon moment.

 

 

Cherche midi, septembre 2016, 390 pages, prix : 20 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © tributetoalfred et éd. Du Cherche-Midi.

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 09:14

(sous –titre : L’histoire plus ou moins vraie d’un mari, de sa femme, et de l’alligator de sa femme)

 

Traduit de l’américain par Arnold Petit

 

Albert sur la banquette arrière - Homer HickamLe ton est donné dès le titre et le sous-titre : l’histoire sera loufoque et c’est bien pour cela qu’on s’y précipite. Elle est racontée par un des fils devenu adulte, qui reprend ce que sa mère lui a confié au fil des années.

 

L’aventure s’est déroulée principalement en 1935, aux États-Unis, pendant la grande dépression. Homer et Elsie Hickam vivent à Coalwood, un village de Virginie Occidentale d’environ mille habitants. Homer est mineur de charbon. Sa femme Elsie, qui a vécu en Floride, a du mal à s’adapter au climat et à la mentalité de cette bourgade. Au moment de son mariage avec Homer, elle a reçu un encombrant cadeau de la part de son ancien amoureux qu’elle a toujours considéré comme l’amour de sa vie : un alligator, qu’elle a nommé Albert.

Albert est tout pour elle, animal de compagnie qui comble son ennui, et surtout, lui rappelle son premier et seul amour. Mais Homer n’est pas dupe et lui présente un ultimatum : c’est Albert ou lui, elle va devoir choisir. C’est ainsi que commence le voyage : cédant à la demande de son mari, ils s’apprêtent à ramener Albert dans son milieu aquatique d’origine, en Floride.

 

Le road trip démarre et enchaine des épisodes tous plus farfelus les uns que les autres, où Albert ne manque pas une occasion de montrer sa fidélité et sa loyauté à son maître Homer, à la grande surprise de celui-ci. Au fil du voyage et des péripéties déjantées, on croisera même Steinbeck et Hemingway, jolis clins d’œil littéraires.  

Bien plus qu’une aventure délirante et peu crédible en l’état, c’est aussi une réflexion sur la vie de couple, sur la fidélité, le désir, et les compromis de la vie quotidienne. C’est amené en second plan, mais bien présent.

 

Les premiers chapitres sont jubilatoires, rien que pour Albert dans son baquet sur la banquette arrière de la Buick, et l’enchainement des épisodes cocasses. L’ensemble s’essouffle peut-être un peu une fois le processus compris, mais l’ensemble reste joyeux et décalé. Une lecture plaisante et originale pour s’évader à moindre frais.

 

 

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Mosaïc, juin 2016, 416 pages, prix : 19,90 € (13,99 € en numérique)

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Mosaïc

 

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 06:27

Traduit de l'américain par Yoann Gentric

 

Puissions-nous être pardonnés - A.M. HomesEn 2011, à propos du roman « ce livre va vous sauver la vie », d’A.M. Homes, j’écrivais ceci : « on applaudit l’imagination fertile de l’auteur qui ne ménage pas les scènes cocasses. », eh bien je peux tout à fait réitérer ma remarque pour ce dernier roman de cet auteur !

 

D’emblée j’ai été emportée par le rythme, le style, et les mésaventures plus que surprenantes de George, et par ricochet de son frère Harold. George est un riche producteur de télévision qui perd soudainement les pédales : il tue une famille dans un accident de la route (seul le petit garçon survivra) et quelque temps après, alors qu’il s’échappe de l’hôpital où il est placé, il tue à coup de lampe de chevet sa femme qu’il trouve dans son propre lit avec son frère Harold, un modeste et discret professeur d’histoire spécialiste de Nixon.

 

Jusque-là en retrait, Harold se retrouve sur le devant de la scène, devenant le tuteur des enfants de George (celui-ci semble bien devenu fou) et découvrant une vie de famille, chien et chat compris, qu’il n’aurait jamais imaginée.

 

Décoiffant, avec des dialogues très drôles (soutenus par une excellente traduction), ce roman réussit la prouesse de se renouveler sans cesse pour maintenir le rythme sur près de 600 pages, révèle (à lui-même) la fibre paternelle d’Harold, non sans passer par des expériences tantôt extravagantes tantôt touchantes. Critique sociale de la vie américaine sous couvert d’une vraie bonne histoire et d’un ton savoureux, ce roman fait partie de ceux que l’on n’a pas envie de quitter tant on s’en délecte.

 

A.M Homes fait désormais partie de ces auteurs que j’ai envie de suivre !

 

 

Actes Sud, mai 2015, 586 pages, prix : 24 €

Etoiles :

Crédit photo couverture :  © Tommy Ingberg et éd. Actes Sud.

 

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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 10:52

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sylvette Gleyze

 

Ce que j'ai fait de pire - Ursula HegiAnnie, Jake et Mason sont amis depuis l’enfance, mais c’est Mason qu’Annie épousera. Le soir de leur mariage, les parents d’Annie sont tués dans un accident de voiture. Le bébé que portait sa mère est sauvé in extremis : une petite fille prénommée Opal sera donc élevée par sa grande sœur….

 

Relation triangulaire, les frontières de l’amour et de l’amitié sont fragiles, drame de la jalousie et de la vie, l’avenir d’Annie ne sera pas simple. De même la relation du couple à l’enfant est complexe : ils l’élèvent comme leur propre fille alors qu’elle ne l’est pas, mais comment pourrait-il en être autrement dans les circonstances de sa naissance ?

 

Les différents personnages prennent la parole à tour de rôle, et le récit se reconstitue peu à peu, dans une chronologie temporelle bousculée.

Les personnages secondaires (tante Stormy, Pete) sont bien dessinés et intéressants également.

 

J’ai aimé la construction qui se laisse appréhender doucement au départ (on est un peu perdus, il faut avancer à l’écoute des personnages), mais hélas j’ai trouvé que ce choix rendait aussi l’intrigue un peu répétitive et circulaire.

 

Une atmosphère intimiste plaisante, mais quelques faiblesses qui finissent par lasser un peu lecteur. Une lecture en demi-teinte, donc.

 

Galaade éd., mars 2016, 341 pages, prix : 25 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Galaade éd.

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 09:05

Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Charles Recoursé

 

La douleur porte un costume de plumes - Max PorterUn père en deuil avec ses deux jeunes enfants, dévastés par le chagrin. Comment faire pour continuer à vivre ? La réponse viendra d’un truculent corbeau, chimère ou fable, qui remettra sur pied la famille amputée de sa veine maternelle essentielle.

 

Le texte se présente en trois parties, « une touche de nuit / défense du nid / autorisation de décoller » dont les titres révèlent à eux seuls le chemin du deuil,  et se révèle un ovni littéraire dans sa forme, hybride entre roman, conte, poème, récit à 3 voix clairement identifiées : Papa, Corbeau, les garçons (qui à deux ne forment qu’une voix à l’unisson). Il faut accepter de sortir de sa zone de confort, et d’être un peu dérouté par l’originalité du texte qui ne ressemble à rien de connu. Et un peu d’originalité dans le paysage littéraire ne fait jamais de mal.

 

Ce corbeau a un franc-parler pas toujours académique, mais peut tout aussi bien opérer un revirement total vers la poésie. Échappé d’un poème de Ted Hughes dont le père est spécialiste, il prend une signification forte pour cet homme en souffrance. En effet, Ted Hugues a écrit ce poème (« Crow ») à la mort de sa femme Sylvia Plath, et voilà que ce même corbeau frappe à la porte du père endeuillé. Tour à tour pitre ou empathique, baby-sitter et confident, le corbeau est celui par lequel le retour à la vie s’effectuera, sans occulter le deuil, il permet de le traverser.

 

Un premier roman très original qui mérite qu’on s’y arrête.

 

P. 78 : « « Je vais t’en raconter une autre, c’est cadeau », a dit Corbeau.

« Hmm ». (J’essaie de travailler, j’essaie de moins alimenter le concept de Corbeau depuis que j’ai lu un livre sur les délires psychotiques.) »

 

p. 107 : « Tourner la page, le concept, c’est pour les idiots, toute personne sensée sait que la douleur est un projet à long terme. Je refuse de précipiter les choses. La souffrance qui s’impose à nous empêche quiconque de ralentir ou d’accélérer ou de s’arrêter. »

 

 

Une interview de l’auteur ici

 

 

Seuil, janvier 2016, 121 pages, prix : 14,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : Eleonor Crow et éd. du Seuil

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 11:08

Traduit de l’anglais (Inde) par Maïa Bharati

 

Photographe de guerre de retour de mission, Sam récupère un peu à l’hôtel Arcadia, dans une ville qui n’est pas nommée mais peu importe. Très vite l’hôtel est en proie aux terroristes qui tuent froidement tous les clients, chambre par chambre. Abhi, le directeur, retranché dans un bureau où se trouvent le contrôle des caméras de surveillance, tente de sauver le plus grand nombre de personnes en téléphonant dans les chambres et en demandant aux clients de ne pas ouvrir les portes.

 

Le drame durera soixante sept heures avant que l’assaut de la police ne mette fin à la tuerie.

Une relation d’entraide et de compassion naitra entre Abhi et Sam, par le seul biais de textos et d’appels téléphoniques. Sam ne peut s’empêcher de risquer sa vie pour aller faire des photos, des lieux dévastés mais aussi des victimes. C’est son job. Abhi surmontera sa peur pour aider autant qu’il le peut, de par sa surveillance vidéo.

 

Le roman est très intéressant et réussi pour sa partie « retours en arrière » sur le métier de Sam et la nécessité pour elle de se blinder psychologiquement, confrontée sans cesse à la mort et à la guerre, et sur sa difficulté à construire une relation amoureuse dans de telles circonstances. De même Abhi dévoilera une part de sa vie amoureuse et de sa place dans sa famille, en rivalité avec son frère face à leur père.

 

Là où le roman pêche et n’est en rien crédible, c’est sur sa quatrième de couverture et son bandeau annonçant le summum du thriller à suspense. « Un thriller que l’on ne parvient pas à reposer » : non, ce n’est aucunement un page turner, et les parties consacrées à Sam en sortie dans les couloirs et les chambres ne témoignent guère de tension, ni de crédibilité : comment et pourquoi sort-elle autant de fois sans jamais croiser personne (bien sur Abhi l’aide par sa surveillance vidéo), sans que jamais l’action des terroristes ne croise son chemin. Soixante-sept longues heures sans que jamais vraiment ils n’occupent le devant de la scène, soixante-sept longues heures avant que la police n’intervienne… ça parait interminable dans la vraie vie, tout comme dans ce roman, hélas, que j’ai failli abandonner bien des fois.

 

Seuls les passages sur l’analyse des caractères des personnages sauvent l’ensemble. Le vendre comme un roman psychologique dramatique sur la vie d’une photographe de guerre, oui, mais l’erreur a été ici de le vendre comme un thriller qu’il n’est pas.

 

 

Galaade éditions, Janvier 2016, 251 pages, prix : 23 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Sébastien / Luoman / Getty / et éd. Galaade

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 18:15

Traduit de l’américain par Nathaniel Dennett

 

Étonnante novella de Ken Kalfus, parue en 2015 d’abord sous une autre version dans le magazine américain Harper’s, puis reprise dans un recueil intitulé « coup de foudre », a novella and stories, à paraître en français le 12 janvier 2016.

 

 Ce coup de foudre est donc une novella d’un peu moins de 70 pages, qui nous plonge pendant 48h dans la tête de Dominique Strauss Kahn au moment de l’affaire « Nafissatou Diallo » au Sofitel de New-York. Au début du récit, il lui écrit une lettre (qu'il sait qu'il n'enverra pas) , dans laquelle il donne sa vision des faits, par un habile retour en arrière.

Récit de politique fiction, si les noms des dirigeants de ce monde sont les vrais (Angela Merkel, Nicolas Sarkozy), les protagonistes de l'affaire sont rebaptisés, DSK devient David Léon Landau, et Nafissatou Diallo, la femme de chambre, est renommée Mariama.


 

Le procédé d'écriture est brillant, lire (dans) les pensées de ce David est aussi fascinant que dérangeant. Rien n'est épargné de son addiction sexuelle, ses nombreuses parties fines et son comportement dans la chambre sont minutieusement décrits, point de faux-semblant. Un retour qui parvient à être émouvant et par moments presque drôle (la scène de l'écharpe notamment) sur la chute de cet homme qui briguait le mandat de président français, et qui à ce moment-là s'apprêtait à rencontrer Angela Merkel pour traiter de la crise économique et du cas de la Grèce, tout en s'inquiétant d'une surveillance par la DCRI.

 

Le lecteur oscille sans cesse entre dégoût (devant son comportement quasi animal avec les femmes) et « compréhension » de ses pulsions tant il paraît sincère et touchant dans son aveu, un balancement permanent très bien résumé à la toute fin de la nouvelle par cette phrase:  « L’Europe a beau être un continent de vieux satyres ridicules, elle est aussi dépositaire des valeurs humanistes les plus essentielles au monde ».

 

Une réussite du point de vue de l'écriture et de l'analyse psychologique, tant du personnage que du jeu de pouvoir. Brillant, vraiment.

 

Extrait p.27 (numérique) : « C’est comme ça que j’aime posséder mes femmes, et c’est souvent aussi comme ça qu’elles le préfèrent, sans toutes les hypocrisies, de la séduction, sans les sourires feints, sans les regards pesants et les blagues débiles, d’un coup, en un saut, en un éclair, en un coup de foudre. »

 

 

Une lecture Netgalley

 

 

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Bloomsbury FR, janvier 2016, 52 pages en epub, 67 pages version imprimée, prix : 2,93 € en numérique

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Bloomsbury.

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