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  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 16 ans. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

Bienvenue à vous,

 

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Et la vie dans tout ça

Je n'arrive plus à trouver de temps pour le blog, alors je poursuis ... à mon rythme !

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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 09:13

Giangiacomo, dit Gigi, meurt d’une crise cardiaque à soixante-dix ans, sans bruit ni douleur, à Rome, en 2014. Sa fille Elvira, qui s’exprime dans la première partie du roman, retrouve un manuscrit qui parle d’une certaine Clara, journaliste belge de vingt ans sa cadette, qui semblait vivre une histoire d’amour avec son père.

Elle contacte Clara afin de lui demander d’écrire la deuxième partie du manuscrit, celle qui devait répondre à la version de Gigi, comme ils se l’étaient promis.

Le roman offre donc ensuite deux parties, celle de Gigi, puis celle de Clara Magnani, personnage central qui porte le même nom que le nom de l’auteur, qui serait un pseudonyme. Troublant dans la mise en abyme.

Le récit s’attache à décrire une histoire d’amour mature et assumée, réfléchie dans sa volonté de ne pas faire souffrir les conjoints et enfants respectifs, de s’offrir une bulle de liberté dans un amour voyageur que leur profession leur autorise au fil de leurs déplacements, lui l’Italien cinéaste, elle la journaliste Belge.

Ode au polyamour, à la maturité amoureuse, c’est un joli texte, empreint de références culturelles, parfois un brin ennuyeux (les gens heureux n’ont pas d’histoire), qui ouvre un vent de passion amoureuse et de liberté, qui démonte avec pudeur et respect l’idée que « la monogamie est un leurre », « d’un côté le vieux modèle monogame, avec son cortège d’hypocrisies et de souffrances. De l’autre, ce tout aussi stupide : life is short – have en affair. Pas si fou, décidément, de rechercher une autre voie ».

 

« Si c’était un sujet d’examen, la question serait : « une femme peut-elle aimer plusieurs hommes sans en trahir aucun ? »

La réponse romanesque est toujours belle.

Un premier roman très court qui donne à voir un moment de joie et de lumière intérieure.

 

Sabine Wespieser, mars 2017, 175 pages, prix : 17,00 €, ISBN : 978-2-84805-214-4

Existe aussi en numérique (11,99 €) et en gros caractères aux éditions à vue d’œil, corps 20, 268 pages, prix : 21 €, ISBN : 979-10-269-0087-0

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Sabine Wespieser

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 10:22

Les cerfs-volants - Romain GaryLudo a dix ans, en 1930, lorsqu’il rencontre Lila Bronicka, une aristocrate polonaise du même âge qui passe ses vacances avec ses parents près de chez lui. Il tombe amoureux.

 

Ludo est orphelin et vit chez son oncle, Ambroise Fleury, un créateur de cerfs-volants, délicieusement barré. Ludo a la particularité d’avoir une mémoire exceptionnelle et des capacités mathématiques qui lui permettront d’entrer au service du père de Lila, le comte Stas Bronicki.

 

Mais la guerre éclate, Lila et sa famille fuient, Ludo fait un aller-retour en Pologne, mais toujours cherchera son amoureuse.

 

Quelle richesse dans ce dernier roman de Romain Gary, publié juste avant sa mort en 1980 ! Je n’avais pas lu de classiques depuis une éternité (classique moderne, certes, ici) mais quel bonheur !

 

Il y a tout dans ce roman : une histoire d’amour exceptionnelle, de la fantaisie, de l’humour, un contexte historique, la guerre dans son horreur et ses vicissitudes, ceux qui luttent avec la Résistance, des personnages hauts en couleur et particulièrement fouillés (Julie Espinoza, alias la comtesse Esterhazy, le grand chef cuisinier Marcellin Duprat), des grains de folie, ces cerfs-volants symboles de la liberté …

 

Tragique, lumineux, superbe !

 

Je devrais me replonger plus souvent dans les classiques !

 

 

Folio, juin 2016, 368 pages, prix : 8,80 €, ISBN : 978-2-07-037467-0

Première édition : Gallimard, 1980

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Tamara de Lempicka, jeune fille en vert © ADAGP, 2015. Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris. Photo du musée. / éd. Gallimard / Folio

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 13:38

(Dessins de Robin)

 

 

Je ne suis pas un auteur jeunesse écrivain bordel ! C’est ainsi que Vincent Cuvellier m’a dédicacé son ouvrage à Saint Malo le 05 juin, et il a bien raison !

 

Je ne suis pas un auteur jeunesse - Vincent CuvellierObjet littéraire non identifié : récit autobiographique publié chez Gallimard Jeunesse Giboulées mais qui plaira avant tout aux grands, Vincent Cuvellier raconte son parcours d’écrivain depuis l’âge de ses 17 ans, ses galères, son idée d’une littérature pour la jeunesse. Il dialogue avec les morts en convoquant le Général de Gaulle, Claude François, Lino Ventura, ajoutant ainsi recul et humour à son propos.

 

Il nous embarque avec lui dans les coulisses des salons du livre et des rencontres scolaires (à bien y regarder les « auteurs jeunesse » sont avant tout payés par des fonds publics, Education Nationale et bibliothèques territoriales) et on ne manque pas de sourire à la justesse des propos.

 

Il ne théorise pas mais lance quelques bonnes pistes : la médiation de la littérature jeunesse, confiée aux prescripteurs (auxquels la bibliothécaire que je suis appartient), et celle de la littérature vieillesse générale valorisée par les attachés de presse et les médias ; la théorie d’une littérature jeunesse à deux branches en France, celle du Petit Prince, et celle du Petit Nicolas, il se sent bien plus proche de la seconde évidemment.

 

A lire juste pour le plaisir, parce que j’aime la simplicité du propos (dans son expression, pas dans son fonds, plus sérieux qu’il n’en a l’air !), l’humour, la sincérité, le style qui fait que c’est du Cuvellier, proche et un peu impertinent, drôle et familier.

 

A rapprocher du très beau « Mon fils » publié en même temps, illustré par Delphine Perret, un bel album poétique sur la relation père-fils.

 

Les deux sont un peu « bruts » dans l’objet, du blanc, du carton non pelliculé ni glacé, du trait noir pour les dessins, des aplats de couleur pour mon fils, des choix qui renforcent l’intensité du texte.

 

 

Gallimard Jeunesse Giboulées, mars 2017, 123 pages, prix : 15 €, ISBN : 978-2-07-065372-0

Etoiles :

Crédit photo couvertures : © Robin et éd. Gallimard Jeunesse

Je ne suis pas un auteur jeunesse - Vincent Cuvellier
Je ne suis pas un auteur jeunesse - Vincent Cuvellier
Je ne suis pas un auteur jeunesse - Vincent Cuvellier
Je ne suis pas un auteur jeunesse - Vincent Cuvellier
Je ne suis pas un auteur jeunesse - Vincent Cuvellier

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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 10:38

Joséphine Simon, pour oublier celui qui l’a larguée, va tester, sur un pari lancé par ses copines, les rencontres amoureuses 2.0

 

Je m’attendais à un roman de chick-lit léger, drôle et bien troussé : c’est tout à fait cela au début !

 

Ses copines lui lancent un défi : rencontrer 20 hommes en 10 jours sur Tinder ; allez, 2 hommes par jour les jours ouvrables, en deux semaines c’est plié. Ça matche, ça consomme, c’est représentatif de la société actuelle et d’un certain mode amoureux moderne.

 

L’idée est sympa mais s’essouffle et tourne rapidement à vide : un bon début, une bonne fin, au milieu un vide sidéral, et il faut se farcir le récit de 20 rencontres comme ça : la tentation d’en survoler une partie est grande, on a compris le principe et la vacuité des aventures dès le départ.

 

Léger certes, mais même en connaissance de cause, là on frôle le vide abyssal. Dommage car l’idée était fraiche et enjouée. A lire au bord de la piscine si vraiment vous n’avez rien d’autre sous la main.

 

Extrait p. 29/30 :

"Une fois qu'on est lancé, il faut le faire à fond par contre, alors j'ai constitué un dossier béton. L'idée, c'est d'être canon, mais pas trop sexy, naturelle mais pas boutonneuse, pulpeuse mais pas grosse, drôle mais pas cruche. [...]

Faut avoir l'air dynamique mais pas hyperactive, intéressante mais pas chiante, cultivée mais pas intello, drôle mais pas légère. C'est hyper dur de s'inscrire sur Tinder. [...]"

 

 

 

 

 

Albin Michel, juin 2017, 249 pages, prix : 17, 00 €, EAN13 : 9782226396495

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Albin Michel

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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 07:39

Jeanne, 92 ans, tient le temps d’une année, le journal de sa vie quotidienne. Au fil des saisons, on sourit de ses anecdotes, de ses piques pleines d’humour et surtout de bon sens, et de ses petites manies. Mais Jeanne ne manque pas de rappeler immédiatement à notre vie une grand-mère ou arrière-grand-mère, une belle-mère âgée qui vit comme elle au fin fond d’une France rurale, veuve, entre belote, mots croisés et verres de blanc avec les amies…

 

C’est tendre, truculent, et ça fait un bien fou ! Qu’est-ce qu’on s’attache à cette petite mamie ! Et puis à l’approche de l’hiver le fond se fait plus grave, et le cœur du lecteur se serre à l’idée qu’arrive peut-être aussi le crépuscule de sa vie. Mais la douceur, la sérénité de Jeanne, sa sincérité, ont un effet rassérénant sur le lecteur. On la quitte à regret, entre pensées pour nos proches qui lui ressemblent et hommage au grand âge. Quelle justesse dans toutes ces observations du quotidien !

 

Véronique de Bure réussit ici un magnifique roman, émouvant, sincère, réaliste, un feel-good book entre bonheur et tristesse apaisée, parce qu’ainsi va la vie. A conseiller sans modération.

 

 

Flammarion, février 2017, 376 pages, prix : 19,90€, ISBN : 978-2-0813-8906-9

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Constance Clavel et éd. Flammarion

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 16:30

Sur l’Ile, dans une maison de verre et d’acier nommée Glass, vit Marnie, une adolescente de 14 ans, un brin insolente, déterminée, en compagnie de sa mère Rose, atteinte d’un cancer en phase terminale, et d’Olivia, sa grand-mère qui règne en maitresse femme tant sur la famille que sur l’Ile. Les hommes sont morts, le grand-père d’une crise cardiaque, le père dans un accident de voiture et personne ne les regrette.

 

Ne fuyez pas, il n’y a rien de sombre dans cette histoire ! C’est là tout l’art de Gille Paris, d’aborder des faits graves avec une légèreté mesurée, une lumière et une poésie dans l’écriture tout en émotion et sensibilité.

 

L’Ile avec une majuscule (tout comme le Continent avec un grand C) pourrait tout aussi bien être bretonne qu’anglo-normande ou américaine, l’auteur brouille volontairement les pistes mais c’est un monde à part entière, où l’atmosphère hitchcockienne et le climat ont leur importance. C’est avec des maisons comme Glass, de verre et d’acier, qu’Aristide, brillant architecte, a fait fortune, et c’est sur l’Ile qu’il a rasé l’ancienne maison de sa femme Olivia pour construire cette habitation qui malgré sa transparence cache bien des secrets. Ses secrets.

 

C’est à travers un roman choral aux chapitres courts que l’auteur va lever le voile sur cette famille, avec des personnages de femmes fortes, qui ont chacune leurs fêlures, et où les hommes sont déchus par la force des choses.

 

« On n’a pas besoin des hommes. Ils n’apportent que du malheur » (Marnie, p.10)

 

« Les hommes sont des enfants qui grandissent malgré eux. Et Dieu sait combien leur bêtise est sans limites. Certes, ils ne cassent plus de jouets. Ils brisent le cœur des femmes. » (Olivia, p. 21)

 

Ils ne sont pas épargnés dans ce roman ! « Les hommes sont dégoûtants. Les hommes sont violents. Les hommes sont stupides. » (Marnie, p.74)

 

Est-ce ainsi que le monde tourne ? Ecoutez Marnie et Olivia reconstruire le drame qui s’est joué au bord des falaises, et prêtez attention aux personnages secondaires, forts, mais qui cachent aussi leurs propres failles : Prudence, l’intendante, qui n’est pas sans rappeler la Mrs Danvers de Rebecca de Daphné du Maurier, Jane, l’amie aveugle de Marnie, Géraud, le médecin, Agatha la fleuriste, Côme le prêtre ; le suspense vous mène jusqu'au bout sans même vous en rendre compte.

 

Si vous avez aimé « autobiographie d’une courgette » et son adaptation au cinéma « Ma vie de Courgette » par Claude Barras, filmé entièrement en stop motion, lisez le vertige des falaises car il y a du Courgette dans ce roman, la parole de l’enfance, les blessures secrètes qui se dévoilent et se pansent, avec pudeur et émotion.

 

Pour une fois, alors qu’habituellement je les ignore, j’approuve totalement le message du bandeau signé Tatiana de Rosnay !

 

 

Editions Plon, avril 2017, 244 pages, prix : 16,90 €, ISBN : 978-2-259-25283-6

Crédit photo couverture : ©V. Podevin ©Nikki Smith/Archangel Images / et éd. Plon

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 09:56

coeur naufrage - delphine bertholonLyla, traductrice, est une trentenaire solitaire, partagée entre un homme marié et une amie qui a de l’énergie pour deux. Un message laissé sur son répondeur par Joris, un ancien amour d’adolescence, va venir remuer son passé. De cette idylle de vacances est né un petit garçon, sous X, car Lyla était trop jeune, même pas 17 ans, et sa mère franchement hostile à l’idée de l’aider. Mais un petit garçon né le 11 août 1999, un jour d’éclipse solaire totale, « la nuit dans le jour », c’est suffisamment rare pour avoir des chances de le retrouver, non ?

 

Lyla avait écrit une lettre à Joris, le père, mais n’avait jamais reçu de réponse.

 

Dix-sept ans plus tard, le voici qui réapparait, bouleversé par une découverte inattendue, lui qui a construit sa vie depuis bien longtemps et est à présent jeune papa d’une petite fille.

 

Cœur-naufrage est un roman sensible et juste, qui n’échappe pas toujours, surtout vers la fin, aux bons sentiments. J’avoue ne pas comprendre le titre, trop guimauve à mon goût, et ne vois pas vraiment le rapport avec le récit.

 

 

J’ai néanmoins aimé l’enchâssement habile entre passé et présent, entre voix féminine et voix masculine, pour reconstruire le fil de l’histoire. De même la construction de soi en ayant grandi auprès de parents défaillants est intéressante. Le côté positif malgré les difficultés de la vie est plaisant, un peu trop facile peut-être, mais dans la mouvance des romans « qui font du bien ».

 

Un avis un peu mitigé donc.

 

 

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JC Lattès, mars 2017, 407 pages, prix : 20 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : éd. JC Lattès

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 09:17

Havre nuit - Astrid ManfrediLe soir du 31 décembre, une étudiante rentre au Havre après s’être fâchée avec ses parents. Elle prend un auto-stoppeur sur une aire d’autoroute. Ils s’arrêtent à la fête d’une copine de la conductrice. Puis elle rentre chez elle, seule, complètement ivre. Le lendemain, elle apprend à la télé que la fille de la veille, Estelle, a été assassinée à Deauville. Dans la foule derrière, elle reconnaît son auto-stoppeur.

 

Le roman remonte ensuite le fil des histoires de deux personnages complexes et sombres : Laszlo Kovac, le meurtrier, et Alice Casabelle, la flic.

 

Laszlo n’a été ni désiré ni aimé par sa mère, qui ne s’est jamais remise de la mort de son compagnon, père de Laszlo, qui s’est tué dans un accident de moto, collé à sa maîtresse.

 

Alice, elle, ne s’est jamais remise du suicide de sa mère malade.

 

Les deux se sont rencontrés, auraient pu s’aimer, mais la violence, brute, intérieure et extérieure, en a décidé autrement.

 

Une fois encore, Astrid Manfredi livre un roman noir, dérangeant, qui met en avant ce que la société a de plus sombre. Ses personnages communiquent par meurtres interposés, lesquels sont d’une cruauté rare, esquissée en une ou deux phrases mais lourdes de sens. La folie n’est jamais loin.

 

Dans son premier roman déjà, la petite barbare, c’est son écriture, percutante, qui m’avait accrochée. Ici encore, c’est le style qui attrape, cette deuxième personne qui interpelle, et ce « je » anonyme du départ qui prendra sa place à la fin, ce détachement pour décrire la violence de la société.

 

J’apprends par mon libraire qu’il s’agit en réalité d’une trilogie sur les violences urbaines, dont nous attendons donc le troisième titre. Il en ressort néanmoins ce point commun du travail intéressant sur l’usage de la langue et sur l’analyse pointue de la psychologie des personnages. Si ce deuxième opus m’a moins heurtée que le premier (et au fond j’aime que la littérature dérange), il n’en demeure pas moins qu’Astrid Manfredi a une force rare dans sa façon d’écrire et de mettre en fiction des histoires qui interpellent. Je répondrai donc présente à la sortie de son troisième roman.

 

Ce ne sont pas pour moi des coups de cœur renversants, mais je trouve qu’il y a quelque chose de vraiment intéressant chez cette auteure, qui semble être en train de s’inscrire dans la durée. La construction d’une œuvre qui prendra tout son sens dans son ensemble.

 

 

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Belfond, février 2017, 224 pages, prix : 18 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Anne Bullat-Piscaglia - ©Photo : Thomas J.Peterson / Getty Images – et éd. Belfond.

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 15:01

Ne parle pas aux inconnus - Sandra ReinfletCamille, 17 ans, vient de réussir son bac. Elle fait la fête et assiste au concert de son amoureuse polonaise Eva, une jeune femme insoumise et impétueuse, qui s'est fait exclure de leur lycée pour tenues inappropriées. Jalouse des marques de sympathie que ses fans montrent à Eva, Camille finit la soirée ivre et à moitié nue, violée, à moins qu'elle ne fût consentante, elle ne s'en souvient pas et ne s'en émeut pas plus que cela. Le lendemain, Eva et sa famille ont disparu, tandis que Camille avale la pilule du même nom.

 

Ne parle pas aux inconnus, c'est ce que sa mère déprimée et renfermée sur elle-même a passé son temps à leur dire, à Camille et à sa petite sœur Émilie. Si Émilie est effacée et dans le rang, Camille étouffe au sein de cette famille qui ne la comprend pas. Elle met les voiles pour retrouver son amante Eva, dont elle éprouve le manque, et qui ose la laisser sans nouvelles.

 

Commence alors un road trip en stop à travers l'Europe, direction la Pologne où elle espère retrouver Eva. Faire confiance aux inconnus, voilà une nouvelle donne avec laquelle elle est bien obligée de composer, tournant le dos à tous les préceptes familiaux.

 

Construit en 3 parties qui déstructurent le titre (Ne pas / aux inconnus / parle), le roman décrit avec réussite le passage de l'adolescence à l'âge adulte, la découverte de soi, les épreuves pour y parvenir, et pour mieux le garder en mémoire cet acronyme: NPAI, ne parle pas aux inconnus, n'habite pas à l'adresse indiquée, n'oublie jamais tes rêves et ce que tu es au fond de toi.

 

La première partie m'a un peu agacée, une écriture rapide, à vif, nerveuse, qui laisse exploser la rage de l'adolescence. Ça fonctionne, mais ce livre ne s'adresse-t-il alors pas plutôt à des adolescentes ? Puis au fil du voyage, l'écriture s'apaise, mûrit avec son personnage.

 

C'est donc particulièrement réussi et bien construit. Si la troisième partie utilise des ressorts connus (le journal intime, le secret de famille, l'accident qui apparaît simultanément chez Delacourt, au secours) qui la rendent un poil mélo, les qualités de l'ensemble, ainsi que la psychologie fouillée des personnages notamment secondaires (le père, les routiers), font oublier ces points faibles.

 

 

On oubliera donc volontiers le manque de crédibilité de-ci de-là comme par exemple l'absence d'enquête policière pour disparition de mineure (évacuée en une phrase à la fin du roman), la bienveillance sans faille d'un monde glauque de routiers portés sur les magazines pornos mais au cœur tendre et sage, pour ne garder que le côté optimiste qui n'est pas sans rappeler le message du récent « La la land » : n'oublie jamais tes rêves, sois-toi même et ose aller vers l'inconnu, aussi dure soit l'épreuve.

 

 

« Après Pierre, j'avais pourtant juré de ne plus jamais m'attacher. A quoi ça sert d'aimer les gens si après ils disparaissent en te laissant encore plus seule qu'avant ? »

 

 

à grandir.... comme le montre ce roman d'apprentissage à la résonance ultra contemporaine:-)

 

 

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éd. JC Lattès, janvier 2017, 383 pages, prix : 19 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Loulou Robert photographiée par Sandra Reinflet / éd. JC Lattès.

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 15:56

Troisième personne - Valérie MréjenUne femme s'apprête à sortir de la maternité avec son nouveau-né. Elle porte un regard neuf sur la ville qui l'entoure, et voit désormais le monde à travers les yeux de son enfant. Elle décrit aussi les premières fois de l'enfance, jusqu'à ce que sa petite fille marche et gagne en autonomie.

 

J'avais lu des critiques enthousiastes sur le web, et j'ai été très très déçue par ce texte, je n'ai pas du tout adhéré à l'écriture, qui m'a dérangée et empêché d'éprouver la moindre émotion. Un texte froid, distant, détaché, trop détaché.

 

Troisième Personne, c'est l'enfant qui transforme le couple en famille, mais c'est aussi (et j'y ai surtout vu cela), le choix de la troisième personne de la narration. Froide, distante, clinique. J'ai entendu dans une émission radio l'auteur dire qu'elle avait voulu « objectiver des souvenirs », pour ma part, j'ai eu du mal à finir ces 140 courtes pages, tant je me suis sentie tenue à distance d'un propos à la fois individuel et générique mais froidement descriptif, impersonnel. La maternité sans émotions.

 

C'est du moins ainsi que je l'ai « ressenti », et pourquoi je l'ai pris en grippe malgré moi.

 

 

éd. P.O.L, janvier 2017, 140 pages, prix : 10 €

Étoiles :

crédit photo couverture : © éditions P.O.L

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