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  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 16 ans. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

Bienvenue à vous,

 

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Et la vie dans tout ça

Je n'arrive plus à trouver de temps pour le blog, alors je poursuis ... à mon rythme !

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25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 08:58

Attirée par les bons papiers critiques et les bonnes feuilles parus, je trouvais le sujet abordé par Sophie Fontanel vraiment intéressant.

 

A 53 ans, l’auteure décide d’arrêter de se teindre les cheveux et d’accepter son « going grey », même si le temps sera long et difficile avant que la repousse fasse disparaitre totalement ses colorations. Elle redoute le regard des autres, notamment sur cette période « bicolore » pénible à passer.

 

Mais pourquoi ressent-elle donc le besoin de rappeler au passage sa démission du magazine ELLE (« poussée vers la sortie »), son copinage avec Inès de la Fressange, le patron d’un grand média (vraisemblablement l’Obs) qui l’embauche autour d’un café juste parce qu’elle le lui demande, la fashion week… tout cela rien que dans les premières pages ?

 

Dès lors je l’avoue j’ai pris ce roman en grippe. Où est l’intrigue romanesque ? Où est la portée universelle qui touchera toutes les femmes ? J’ai l’impression que le meilleur a été cité dans les articles de presse en quelques lignes suffisantes, le roman dès lors me semble d’un ennui et d’un égocentrisme démesurés.

 

Pauvre vantardise d’une pauvre petite fille riche, qui réalise au demeurant qu’au fond, sa couleur de cheveux, tout le monde s’en moque, que les hommes trouvent même ça plutôt joli.

 

J’ai eu l’impression de tromperie sur la marchandise : alors que je m’attendais à une réflexion sur la pression sociale faite aux femmes, sur l’affirmation et l’acceptation de soi comme un pied de nez au regard des autres, je n’ai eu que la longue description des errances de Mme Fontanel toujours entre deux avions qui ne cesse de se demander ce que les autres vont penser de ses cheveux. Pas grand-chose à vrai dire.

 

Peut-être eût-il mieux valu qu’elle emploie ses talents de journaliste et parte de son expérience personnelle pour s’emparer du sujet de manière plus générale, car l’intérêt romanesque, ici, je le cherche toujours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Robert Laffont, 17 août 2017, 252 pages, prix : 19 €, ISBN : 978-2-221-19634-2

 

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Robert Laffont

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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 11:24

p. 27 : « - J’ignore complètement d’où viennent les récits pour lesquels je m’épuise à trouver des mots. Au fond, je ne crois pas que quiconque puisse inventer. Pas plus un roman qu’un conte. Comme si tout était déjà raconté quelque part. Comme si chaque récit préexistait à sa narration.
- Rien de vraiment fictif non plus, selon vous ?
- Difficile de dire quelle part de réalité est présente dans une fiction, ni quelle quantité de fiction déforme en permanence ce que nous appelons le réel.
- Vous et moi, à l’instant : êtres réels ou personnages ?
- Peut-être morts depuis longtemps. Disparus. Revenants. »

Reconnaissance - Pierre Péju - Gallimard 2017

 

Le narrateur, qui ressemble fort à l’auteur lui-même, est en train d’achever un roman. Lors d’une randonnée en montagne, il croise dans un refuge un étonnant personnage, à la recherche de son ombre et d’un pont mystérieux, ce dernier lui offre « le Cristal du Temps », un bloc transparent qui permet d’accéder à tous ses souvenirs et à tous ses rêves passés.

 

Le narrateur y plonge son regard et des moments de sa vie, réels ou rêvés, surviennent. Les fragments forment une enfilade d’histoires, pas toujours liés, le texte paraît exigeant, du moins ne se livre pas facilement, c’est l’impression que j’ai eue au départ, dans ce désordre apparent.

 

Puis l’œuvre prend davantage sens et le conte offre une réflexion sur le temps qui passe, sur la place de la mémoire et du souvenir quand on approche de la fin de sa vie, sur la part de la fiction dans la réalité, à moins que ce ne soit l’inverse.

 

Le récit dit au passage aussi les grands drames du monde contemporain. La langue est belle, souvent poétique. La fin est très belle, après une étonnante projection dans le futur. Il y a matière à relire dans cet ouvrage, et à relire différemment encore. Etrange mais touchant et remarquable.

 

 

P. 129 : « Oui, une journée vient de s’écouler. Tout est si lent, si fulgurant, et demain est si vite hier ! Pourtant c’est la possibilité de pareils instants qui augmente le plaisir de vivre. Encore faut-il savoir les accueillir, ces instants, les laisser s’approcher sur leurs pattes légères. Le bonheur ne consiste sans doute qu’en ce pur passage. Bonheur flotté sur la mer des jours. On ne se baigne jamais deux fois dans le même lac. On ne glisse jamais deux fois sur la même page, avec les mêmes mots, la même lumière. Bonheur entre les actes. Pourquoi faut-il que les signes de ces discrets bonheurs s’effacent presque aussitôt ? Pourquoi oublie-t-on si vite ces clartés singulières ? Peut-être parce que le fait de parler d’un bonheur, de l’écrire, c’est déjà déclarer sa perte. C’est ainsi qu’on se retrouve pieds nus, seul, dans la vase gluante des ratures. Bonheur volatilisé ! Car c’est volatil, le bonheur. Il suffit d’un rien pour le troubler, le fêler, le gâcher, le retourner en son contraire. »

 

p. 258 : « De la même façon que le bonheur est rétrospectif, on ne comprend souvent que tout est fini que bien longtemps après l’indication de la fin. »

 

p. 278 : « Parfois, l’éclat le plus vif provient de journées lointaines, pourtant d’une surprenante et définitive banalité. Le grand ordinaire. Les lenteurs quotidiennes. Le courant faible de la vie. On se souvient de ça mieux de tout le reste. »

 

 

Gallimard, janvier 2017, 358 pages, prix : 21 €, ISBN : 978-2-07-269735-7

 

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Gallimard

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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 13:22

Je ne connaissais pas cette petite collection « essences » chez Actes Sud.

 

Dans Baumes, Valentine Goby offre le récit autobiographique de son enfance, à travers le parfum et l’écriture, son rapport à son père qui travaillait dans une usine à Grasse, terre des parfumeurs, et son émancipation, tant olfactive que singulière et scripturale.

 

Elle identifie aisément chaque essence pure, et dès l’adolescence, elle voudra un parfum de femme. C’est son père qui le lui paiera, mais c’est elle qui le choisira : Paris, d’Yves Saint-Laurent. Le parfum qui la conduira aussi à la capitale plutôt qu'à la reprise de l’entreprise familiale. Plus tard, vers vingt-cinq ans, elle s’affirmera en choisissant Poème de Lancôme, que son père déteste, il lui demande même de ne plus le porter et d’en changer. Elle lui tiendra tête.

 

Le parallèle avec l’écriture et son devenir d’écrivain est omniprésent aussi. A treize ans, elle découvre le roman de Patrick Süskind, le parfum.  Page 35 : « […] dès la première page, je suis saisie à la mesure de mon arrogance : l’écriture de Süskind fabrique des odeurs ; des odeurs puissantes comme des essences pures. La langue est sa matière première. Mon père traque les plantes à parfum à travers le monde, Süskind débusque les mots dans la jungle de la langue et à la fin, tous les deux fabriquent des odeurs. Je découvre que le mot à lui seul provoque la sensation. Par l’écriture, Süskind crée le réel, et d’emblée il s’en affranchit. Une liberté pareille me colle le vertige. Süskind est l’homme le plus puissant de l’univers. Il est plus puissant que mon père. » […] « L’odeur te signe et te distingue ».

 

La langue deviendra la matière première de Valentine Goby, et ce petit opus est un très bel hommage, à son père, à la construction et l’affirmation de soi, à la littérature aussi.

 

Une belle manière de poursuivre la lecture de cette auteure.

 

 

Merci à Véro pour ce beau et symbolique cadeau !

 

 

 

Actes Sud, coll. Essences, octobre 2014, 63 pages, prix : 10 €, ISBN : 978-2-330-03689-8

 

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Actes Sud

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 14:08

 

Dans ce récit autobiographique, l’auteur devenue adulte, revient sur la séparation de ses parents alors qu’elle avait 10 ans, en 1989.

 

C’est un texte court, intimiste, qui dit avec beaucoup de pudeur les émotions et sentiments traversées par la petite fille, qui comme beaucoup d’enfants, a longtemps espéré réunir ses parents. Mais ils ont refait leur vie, elle a été partagée entre les deux foyers, et les extraits du journal de sa grand-mère apportent un regard extérieur touchant.

 

Le texte sonne juste, peut porter à l’universel, mais peut-être est-ce dû à sa brièveté, je ne sais pas, s’il n’en demeure pas moins agréable à lire, il n’apporte rien de neuf à la littérature. Il touchera peut-être donc davantage les lecteurs qui ont vécu ou vivent cette séparation parentale.

 

 

 

 

 A paraitre le 07 septembre 2017.

 

 

 

 

 

Allary éd., septembre 2017, 96 pages, prix : 14,90 € (9,99 e en numérique), ISBN : 978-2-37073-147-0

 

 

Crédit photo couverture : ©  extrait de « Room in new-York », Edward Hopper, 1932, © Sheldon Museum of Art / et Allary éd.

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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 09:13

Giangiacomo, dit Gigi, meurt d’une crise cardiaque à soixante-dix ans, sans bruit ni douleur, à Rome, en 2014. Sa fille Elvira, qui s’exprime dans la première partie du roman, retrouve un manuscrit qui parle d’une certaine Clara, journaliste belge de vingt ans sa cadette, qui semblait vivre une histoire d’amour avec son père.

Elle contacte Clara afin de lui demander d’écrire la deuxième partie du manuscrit, celle qui devait répondre à la version de Gigi, comme ils se l’étaient promis.

Le roman offre donc ensuite deux parties, celle de Gigi, puis celle de Clara Magnani, personnage central qui porte le même nom que le nom de l’auteur, qui serait un pseudonyme. Troublant dans la mise en abyme.

Le récit s’attache à décrire une histoire d’amour mature et assumée, réfléchie dans sa volonté de ne pas faire souffrir les conjoints et enfants respectifs, de s’offrir une bulle de liberté dans un amour voyageur que leur profession leur autorise au fil de leurs déplacements, lui l’Italien cinéaste, elle la journaliste Belge.

Ode au polyamour, à la maturité amoureuse, c’est un joli texte, empreint de références culturelles, parfois un brin ennuyeux (les gens heureux n’ont pas d’histoire), qui ouvre un vent de passion amoureuse et de liberté, qui démonte avec pudeur et respect l’idée que « la monogamie est un leurre », « d’un côté le vieux modèle monogame, avec son cortège d’hypocrisies et de souffrances. De l’autre, ce tout aussi stupide : life is short – have en affair. Pas si fou, décidément, de rechercher une autre voie ».

 

« Si c’était un sujet d’examen, la question serait : « une femme peut-elle aimer plusieurs hommes sans en trahir aucun ? »

La réponse romanesque est toujours belle.

Un premier roman très court qui donne à voir un moment de joie et de lumière intérieure.

 

Sabine Wespieser, mars 2017, 175 pages, prix : 17,00 €, ISBN : 978-2-84805-214-4

Existe aussi en numérique (11,99 €) et en gros caractères aux éditions à vue d’œil, corps 20, 268 pages, prix : 21 €, ISBN : 979-10-269-0087-0

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Sabine Wespieser

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 10:22

Les cerfs-volants - Romain GaryLudo a dix ans, en 1930, lorsqu’il rencontre Lila Bronicka, une aristocrate polonaise du même âge qui passe ses vacances avec ses parents près de chez lui. Il tombe amoureux.

 

Ludo est orphelin et vit chez son oncle, Ambroise Fleury, un créateur de cerfs-volants, délicieusement barré. Ludo a la particularité d’avoir une mémoire exceptionnelle et des capacités mathématiques qui lui permettront d’entrer au service du père de Lila, le comte Stas Bronicki.

 

Mais la guerre éclate, Lila et sa famille fuient, Ludo fait un aller-retour en Pologne, mais toujours cherchera son amoureuse.

 

Quelle richesse dans ce dernier roman de Romain Gary, publié juste avant sa mort en 1980 ! Je n’avais pas lu de classiques depuis une éternité (classique moderne, certes, ici) mais quel bonheur !

 

Il y a tout dans ce roman : une histoire d’amour exceptionnelle, de la fantaisie, de l’humour, un contexte historique, la guerre dans son horreur et ses vicissitudes, ceux qui luttent avec la Résistance, des personnages hauts en couleur et particulièrement fouillés (Julie Espinoza, alias la comtesse Esterhazy, le grand chef cuisinier Marcellin Duprat), des grains de folie, ces cerfs-volants symboles de la liberté …

 

Tragique, lumineux, superbe !

 

Je devrais me replonger plus souvent dans les classiques !

 

 

Folio, juin 2016, 368 pages, prix : 8,80 €, ISBN : 978-2-07-037467-0

Première édition : Gallimard, 1980

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Tamara de Lempicka, jeune fille en vert © ADAGP, 2015. Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris. Photo du musée. / éd. Gallimard / Folio

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 13:38

(Dessins de Robin)

 

 

Je ne suis pas un auteur jeunesse écrivain bordel ! C’est ainsi que Vincent Cuvellier m’a dédicacé son ouvrage à Saint Malo le 05 juin, et il a bien raison !

 

Je ne suis pas un auteur jeunesse - Vincent CuvellierObjet littéraire non identifié : récit autobiographique publié chez Gallimard Jeunesse Giboulées mais qui plaira avant tout aux grands, Vincent Cuvellier raconte son parcours d’écrivain depuis l’âge de ses 17 ans, ses galères, son idée d’une littérature pour la jeunesse. Il dialogue avec les morts en convoquant le Général de Gaulle, Claude François, Lino Ventura, ajoutant ainsi recul et humour à son propos.

 

Il nous embarque avec lui dans les coulisses des salons du livre et des rencontres scolaires (à bien y regarder les « auteurs jeunesse » sont avant tout payés par des fonds publics, Education Nationale et bibliothèques territoriales) et on ne manque pas de sourire à la justesse des propos.

 

Il ne théorise pas mais lance quelques bonnes pistes : la médiation de la littérature jeunesse, confiée aux prescripteurs (auxquels la bibliothécaire que je suis appartient), et celle de la littérature vieillesse générale valorisée par les attachés de presse et les médias ; la théorie d’une littérature jeunesse à deux branches en France, celle du Petit Prince, et celle du Petit Nicolas, il se sent bien plus proche de la seconde évidemment.

 

A lire juste pour le plaisir, parce que j’aime la simplicité du propos (dans son expression, pas dans son fonds, plus sérieux qu’il n’en a l’air !), l’humour, la sincérité, le style qui fait que c’est du Cuvellier, proche et un peu impertinent, drôle et familier.

 

A rapprocher du très beau « Mon fils » publié en même temps, illustré par Delphine Perret, un bel album poétique sur la relation père-fils.

 

Les deux sont un peu « bruts » dans l’objet, du blanc, du carton non pelliculé ni glacé, du trait noir pour les dessins, des aplats de couleur pour mon fils, des choix qui renforcent l’intensité du texte.

 

 

Gallimard Jeunesse Giboulées, mars 2017, 123 pages, prix : 15 €, ISBN : 978-2-07-065372-0

Etoiles :

Crédit photo couvertures : © Robin et éd. Gallimard Jeunesse

Je ne suis pas un auteur jeunesse - Vincent Cuvellier
Je ne suis pas un auteur jeunesse - Vincent Cuvellier
Je ne suis pas un auteur jeunesse - Vincent Cuvellier
Je ne suis pas un auteur jeunesse - Vincent Cuvellier
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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 10:38

Joséphine Simon, pour oublier celui qui l’a larguée, va tester, sur un pari lancé par ses copines, les rencontres amoureuses 2.0

 

Je m’attendais à un roman de chick-lit léger, drôle et bien troussé : c’est tout à fait cela au début !

 

Ses copines lui lancent un défi : rencontrer 20 hommes en 10 jours sur Tinder ; allez, 2 hommes par jour les jours ouvrables, en deux semaines c’est plié. Ça matche, ça consomme, c’est représentatif de la société actuelle et d’un certain mode amoureux moderne.

 

L’idée est sympa mais s’essouffle et tourne rapidement à vide : un bon début, une bonne fin, au milieu un vide sidéral, et il faut se farcir le récit de 20 rencontres comme ça : la tentation d’en survoler une partie est grande, on a compris le principe et la vacuité des aventures dès le départ.

 

Léger certes, mais même en connaissance de cause, là on frôle le vide abyssal. Dommage car l’idée était fraiche et enjouée. A lire au bord de la piscine si vraiment vous n’avez rien d’autre sous la main.

 

Extrait p. 29/30 :

"Une fois qu'on est lancé, il faut le faire à fond par contre, alors j'ai constitué un dossier béton. L'idée, c'est d'être canon, mais pas trop sexy, naturelle mais pas boutonneuse, pulpeuse mais pas grosse, drôle mais pas cruche. [...]

Faut avoir l'air dynamique mais pas hyperactive, intéressante mais pas chiante, cultivée mais pas intello, drôle mais pas légère. C'est hyper dur de s'inscrire sur Tinder. [...]"

 

 

 

 

 

Albin Michel, juin 2017, 249 pages, prix : 17, 00 €, EAN13 : 9782226396495

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Albin Michel

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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 07:39

Jeanne, 92 ans, tient le temps d’une année, le journal de sa vie quotidienne. Au fil des saisons, on sourit de ses anecdotes, de ses piques pleines d’humour et surtout de bon sens, et de ses petites manies. Mais Jeanne ne manque pas de rappeler immédiatement à notre vie une grand-mère ou arrière-grand-mère, une belle-mère âgée qui vit comme elle au fin fond d’une France rurale, veuve, entre belote, mots croisés et verres de blanc avec les amies…

 

C’est tendre, truculent, et ça fait un bien fou ! Qu’est-ce qu’on s’attache à cette petite mamie ! Et puis à l’approche de l’hiver le fond se fait plus grave, et le cœur du lecteur se serre à l’idée qu’arrive peut-être aussi le crépuscule de sa vie. Mais la douceur, la sérénité de Jeanne, sa sincérité, ont un effet rassérénant sur le lecteur. On la quitte à regret, entre pensées pour nos proches qui lui ressemblent et hommage au grand âge. Quelle justesse dans toutes ces observations du quotidien !

 

Véronique de Bure réussit ici un magnifique roman, émouvant, sincère, réaliste, un feel-good book entre bonheur et tristesse apaisée, parce qu’ainsi va la vie. A conseiller sans modération.

 

 

Flammarion, février 2017, 376 pages, prix : 19,90€, ISBN : 978-2-0813-8906-9

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Constance Clavel et éd. Flammarion

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 16:30

Sur l’Ile, dans une maison de verre et d’acier nommée Glass, vit Marnie, une adolescente de 14 ans, un brin insolente, déterminée, en compagnie de sa mère Rose, atteinte d’un cancer en phase terminale, et d’Olivia, sa grand-mère qui règne en maitresse femme tant sur la famille que sur l’Ile. Les hommes sont morts, le grand-père d’une crise cardiaque, le père dans un accident de voiture et personne ne les regrette.

 

Ne fuyez pas, il n’y a rien de sombre dans cette histoire ! C’est là tout l’art de Gille Paris, d’aborder des faits graves avec une légèreté mesurée, une lumière et une poésie dans l’écriture tout en émotion et sensibilité.

 

L’Ile avec une majuscule (tout comme le Continent avec un grand C) pourrait tout aussi bien être bretonne qu’anglo-normande ou américaine, l’auteur brouille volontairement les pistes mais c’est un monde à part entière, où l’atmosphère hitchcockienne et le climat ont leur importance. C’est avec des maisons comme Glass, de verre et d’acier, qu’Aristide, brillant architecte, a fait fortune, et c’est sur l’Ile qu’il a rasé l’ancienne maison de sa femme Olivia pour construire cette habitation qui malgré sa transparence cache bien des secrets. Ses secrets.

 

C’est à travers un roman choral aux chapitres courts que l’auteur va lever le voile sur cette famille, avec des personnages de femmes fortes, qui ont chacune leurs fêlures, et où les hommes sont déchus par la force des choses.

 

« On n’a pas besoin des hommes. Ils n’apportent que du malheur » (Marnie, p.10)

 

« Les hommes sont des enfants qui grandissent malgré eux. Et Dieu sait combien leur bêtise est sans limites. Certes, ils ne cassent plus de jouets. Ils brisent le cœur des femmes. » (Olivia, p. 21)

 

Ils ne sont pas épargnés dans ce roman ! « Les hommes sont dégoûtants. Les hommes sont violents. Les hommes sont stupides. » (Marnie, p.74)

 

Est-ce ainsi que le monde tourne ? Ecoutez Marnie et Olivia reconstruire le drame qui s’est joué au bord des falaises, et prêtez attention aux personnages secondaires, forts, mais qui cachent aussi leurs propres failles : Prudence, l’intendante, qui n’est pas sans rappeler la Mrs Danvers de Rebecca de Daphné du Maurier, Jane, l’amie aveugle de Marnie, Géraud, le médecin, Agatha la fleuriste, Côme le prêtre ; le suspense vous mène jusqu'au bout sans même vous en rendre compte.

 

Si vous avez aimé « autobiographie d’une courgette » et son adaptation au cinéma « Ma vie de Courgette » par Claude Barras, filmé entièrement en stop motion, lisez le vertige des falaises car il y a du Courgette dans ce roman, la parole de l’enfance, les blessures secrètes qui se dévoilent et se pansent, avec pudeur et émotion.

 

Pour une fois, alors qu’habituellement je les ignore, j’approuve totalement le message du bandeau signé Tatiana de Rosnay !

 

 

Editions Plon, avril 2017, 244 pages, prix : 16,90 €, ISBN : 978-2-259-25283-6

Crédit photo couverture : ©V. Podevin ©Nikki Smith/Archangel Images / et éd. Plon

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