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  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 16 ans. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 19:09

Le roman commence à Lunéville, en Lorraine, au début de l'année 1639. Georges de La Tour prépare un nouveau tableau. Il confie quelques travaux de préparation à deux jeunes apprentis, dont l'un est son fils, l'autre un orphelin recueilli, au talent déjà certain.

Au deuxième chapitre, le lecteur bascule à Rouen, en 2014, dans un musée, où une femme contemple ce même tableau de Georges de La Tour, près de quatre siècles plus tard. Cette blessure de Saint Sébastien soigné par Irène, à la lumière d'une lanterne, (représenté sur la jaquette dépliée du livre et en page intérieure liminaire), lui rappelle l'amour qu'elle a éprouvé pour un homme.

 

Dès lors les chapitres alterneront, entre les secrets de la création de ce tableau que le peintre destine au Roi, les pensées de Laurent, son apprenti et le récit de cet amour douloureux.

 

J'ai beaucoup aimé chacune des « deux » histoires, même si j'ai parfois eu du mal à les relier réellement entre elles, autrement que par l'artifice créé dans l'observation du tableau au musée.

 

J'ai aimé le regard juste de la femme sur son amour passé, sur ce lien qu'elle savait toxique mais dont elle ne parvenait pas à se détacher, la lucidité de son analyse. Les nuits peuvent être longues avant qu'une aube nous tire de leur ombre.

 

Moi qui d'ordinaire ne m'intéresse pas aux romans historiques, j'ai apprécié cette immersion dans le domaine de l'art au 17ème siècle, peut-être justement parce qu'il n'est pas le seul sujet du livre, et parce qu'une histoire d'amour, plusieurs histoires d'amour, se dessinent aussi dans cette partie-là : celle du jeune apprenti, mais aussi l'amour du peintre pour sa femme et sa fille, pour ses enfants plus largement, pour son art.

 

L'analyse toute contemporaine de l'amour de la passante au musée, entre deux trains, est précise, fine, délicate. J'aime cette douceur dans l'écriture, cette précision dans l'expression de l'intime, sans concession sur le fond.

L'ombre et la lumière se répondent, entre celles créées dans le tableau et celles imagées de l'amour défunt.

 

« Il me plaisait sans me convenir. Dans quel livre avais-je lu cette phrase ? Les livres savent de nous des choses que nous ignorons » (p. 65)

 

Après « Nos vies désaccordées », L'ombre de nos nuits est le deuxième roman que je lis de Gaëlle Josse (je garde pour le moment une préférence pour nos vies désaccordées, mais je vais continuer de découvrir son œuvre.... car je devrais bientôt la rencontrer, chut...)

 

A noter : en même temps que L'ombre de nos nuits paraît en poche (chez J'ai Lu) son précédent roman : le dernier gardien d'Ellis Island.

 

 

Éditions Noir sur Blanc / Notabilia, janvier 2016, 195 pages, prix : 15 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © d'après Georges de La Tour, Saint Sébastien soigné par Irène (dit « à la lanterne ») © Musées de la ville de Rouen / C. Lancien, C. Loisel – et éd. Noir sur Blanc.

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commentaires

Noukette 08/01/2016 11:45

De cette auteure, j'avais beaucoup aimé Les heures silencieuses... Je serais ravie de retrouver sa plume !

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