Les jardins d'Hélène

La dernière des Wilberforce – Julia Kerninon

8 Septembre 2026, 13:50pm

Publié par Laure

Waldo a 27 ans et c’est à contrecœur qu’il se rend à la fête que sa mère organise en ce dernier samedi du mois d’août. Une fête qui commémore un douloureux anniversaire : celui de la disparition d’Annabel, dix ans plus tôt, un dernier samedi d’août également.

C’est au cours de cette soirée que les protagonistes vont dénouer peu à peu le fil de leur passé, de leur installation sur cette presqu’île au milieu des dunes, jusqu’au drame, et jusqu’à ce soir qui verra éclater la vérité.

Jamais épigraphe n’aura été aussi juste à l’issue de la lecture : « La maîtrise du langage n’est atteinte que lorsqu’on est en mesure de reconnaître ce qui est implicite, et non seulement ce qui est dit », William Feaver. Car tout l’art de l’autrice est là, dans la composition de son roman, où tous les indices sont semés mais ne se comprennent réellement qu’à la toute fin, dans ces personnages qui jamais ne disent véritablement, mais qui par leur mal-être insinuent un secret.

Deux familles se côtoyaient par le biais de leurs enfants du même âge, qui petits, avaient passé un pacte de « jumeaux cosmiques » : les Wilberforce d’un côté avec Annabel et Olivia, de deux sa cadette, les Schnabel de l’autre, avec Adam et Waldo. Il y a aussi Naomi, d’un deuxième mariage, « elle était Naomi, l’enfant de la colère, la dernière des Wilberforce ». Ils ont grandi ensemble, d’abord le temps des vacances, puis durablement quand la famille Schnabel s’installe sur la presqu’île. Quand arrive l’adolescence et ses premiers émois, les rapports se troublent. Annabel disparaît, elle est retrouvée morte noyée. L’enquête tourne court.

C’est le soir de cette fête organisée par Diane, romancière reconnue, mère de Waldo, que sonne l’heure de la vengeance.

C’est habilement amené, romanesque à souhait, et si la première moitié s’installe doucement, la seconde est implacable : la lecture devient addictive jusqu’à la dernière ligne.

Si certains éléments peuvent paraître forcés, les différentes voix et temps de l’histoire complexes alors que la scène ne se déroule que le temps d’une soirée, je n'ai pas boudé le plaisir romanesque d’une intrigue bien menée. 

 

Extraits :

(p. numérique 14/225) : « une mère qui écrit, c’est une malédiction. Il ne savait jamais sur quoi elle allait écrire, il le découvrait uniquement quand le livre était publié. »

(p. numérique 33/225) : Comme les mots croisés que compose son père, « les choses ne doivent pas sembler évidentes, tu dois pousser le lecteur à chercher dans la mauvaise direction, le plus longtemps possible » "Je t’ai confié tous mes secrets, fils. Garde-les bien" Il se demandera bien lesquels. Seule la fin le dira.

 

 

 

 

 

 

Ed. L’Iconoclaste, août 2026, 278 pages, prix : 21,50 e, ISBN : 978-2-37880-594-4

 

 

Crédit photo couverture : © éd. L’Iconoclaste

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