Les jardins d'Hélène

Changer d'air - Marion Guillot

5 Septembre 2015, 08:57am

Publié par Laure

Le jour de la rentrée scolaire, espadrilles aux pieds « et un goût de sable au coin de la bouche », Paul, prof de lettres, marié et père de deux enfants, part travailler. Témoin d’un incident dans la rade de Lorient – une femme tombe à l’eau, parvient à remonter, et poursuit sa route comme si de rien n’était – Paul ne peut poursuivre son chemin. Il n’ira jamais jusqu’au lycée. Commence alors pour lui une errance où il est comme absent à lui-même. Il plaque tout, maison, femme et enfants, pour emménager dans un petit appartement à Nantes. Appartement qui n’a pas encore d’évier, mais une baignoire sous un velux, à travers lequel il peut voir la cathédrale, ce qui le ravit.

 

Paul va retrouver son meilleur ami Rodolphe, sympathiser avec Simon, l’ouvrier qui vient pour les travaux, et accorder une importance démesurée à Henri, un poisson rouge qu’il a acheté peu après son emménagement. Plus on avance dans le texte, et plus on semble s'approcher de la déréalisation dont le personnage témoigne.

 

J’ai été plutôt décontenancée par ce roman, sans doute trop pris au premier degré, quel homme peut réellement se comporter ainsi pour un poisson rouge mort après sauté de son bocal, quel père de famille peut fuir sa vie du jour au lendemain sans jamais penser ni évoquer une seule fois ses enfants par la suite, … je suis restée étonnée, et suis sans doute passée à côté de quelque chose, car quand même, on est chez Minuit, l’auteur est diplômée de philosophie, alors à force d’enchainer (trop vite ?) les (premiers) romans, son essence m’échappe sans doute.

La fin m’a éclairée, mais l’ensemble me laisse tout de même perplexe, même si tout prend davantage sens.

 

Sans doute faut-il voir dans la chute initiale de la femme dans le port l’image de la vie de Paul et de la période qu’il va passer avant de pouvoir se relever.

Je pense que ce roman mériterait que je le relise pour mieux le saisir, avec un peu de recul, je l’ai peut-être lu trop vite, ou la lecture d’un PDF sur tablette n’a pas été propice au temps et à l’attention que le texte réclame en dehors de son apparente facilité de lecture.

 

 

Une lecture du Projet "68 premières fois"

 

 

 

 

 

 

Éditions de Minuit, septembre 2015, 172 pages, prix : 14 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. de Minuit

Commenter cet article

eimelle 28/09/2015 07:23

Pas totalement convaincue non plus...
Bonne journée!