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  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 16 ans. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 07:30

Camille Emmanuelle est journaliste et spécialiste des questions de sexualités et des cultures érotiques. Pendant un temps de vaches maigres, elle a écrit des romances, ce genre nouveau qui n’est autre que du roman sentimental érotique. Le « mommy porn », comme l’a lancé le déferlement numérique de Fifty Shades of Grey et l’engouement des lectrices. Les éditeurs, pas idiots et sentant le bon filon commercial, ont suivi.

 

C’est donc sous pseudonyme qu’elle a signé pour des séries de romance, extrêmement codifiées.

 

Dans cet essai, elle détaille avec humour et précision le mécanisme sidérant, contraignant - et qui va à l’encontre de l’émancipation des femmes- du cahier des charges exigé par certaines maisons d’édition.

 

De manière légère mais précise et fine, Camille Emmanuelle s’adresse à une lectrice imaginaire, qu’elle appelle Manon, consommatrice de romances, et lui explique les dessous du genre, et comment on la prend clairement pour une idiote.

 

Difficile de ne pas surligner tous les paragraphes, tant j’ai adoré cet ouvrage.

 

Essayons de rester dans la limite du raisonnable et du court extrait :

p. 13 : « Ces romances, qui remplissent de plus en plus les rayonnages des librairies et des supermarchés, sont nocives. Pas uniquement à cause de leur style, pauvre et formaté. Elles sont surtout nocives dans les messages qu’elles véhiculent sur le couple, l’amour et le sexe. Si la presse féminine, elle, dicte aux femmes comment être belle, mince, naturelle et branchée, les romances, elles, fabriquent des fantasmes prêts à consommer. Des fantasmes qui restent dans les clous et s’inscrivent dans le cadre d’une relation homme-femme ultra-traditionnelle. Lectrice type – toi, Manon -, tu dois mouiller ta petite culotte, mais il ne faudrait pas non plus que tu t’émancipes. »

 

Et là j’entends bien le discours type de la lectrice de romances (j’entends le même au travail tous les jours, de celles qui veulent du léger, facile, qui fait du bien le soir quand elles sont fatiguées) :

p. 14 : « tu vas me dire, Manon, que tu t’en fous, de tous ces propos féministes, que toi, tu veux juste passer un bon moment et t’évader. Il faut rêver, bien sûr. Mais peut-on rêver, s’amuser, s’évader, s’exciter, sans que l’on nous impose un modèle de couples, de femmes, d’hommes, de sexualité rétrograde ? »

 

Chaque personnage a sa fiche Excel, sa blessure secrète, la femme est toujours jeune stagiaire ou étudiante, l’homme est toujours milliardaire, et tout reste toujours propret, surtout le sexe, décrit de manière évanescente. Une sexualité à la Barbie et Ken. Et on n’oublie pas le placement de produit, marques de luxe à gogo tant qu’à faire.

 

Mais l’auteur a de la culture, et ne manque pas de rappeler les classiques de la littérature érotique, et pour les contemporains, tous les titres parus notamment chez La Musardine, avec entre autres la collection « Osez (20 histoires de …) », et des auteurs comme Esparbec ou Octavie Delvaux.

 

p. 123 : « Les romances s’arrêtent là où commence le quotidien, juste après le mariage. » La suite est hilarante et vous ne manquerez pas d’avoir, et ce tout au long du livre, le sourire jusqu’aux oreilles. Enfin un bouquin intelligent, et plein d’humour, ce qui ne gâche rien !

 

Et cerise sur le gâteau, il m’a permis de découvrir à la fois une auteure à la bibliographie attrayante et une collection chez un petit éditeur indépendant qui propose d’autres titres tout aussi attirants sur des sujets très différents. Double réussite, donc.

 

 

Les échappés, février 2017, 144 pages, prix : 13.90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Dessin de Coco – conception graphique : Nicolas Trautmann – éditions Les échappés.

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Publié par Laure - dans Essais - documents
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commentaires

Stephie 07/03/2017 23:19

J'ai adoré un de ses précédents : Sexpowerment.
Et la semaine prochaine, elle sort un essai sur les règles à La Musardine. J'ai vraiment hâte !

Angeline 07/03/2017 15:17

très beau blog sur la littérature. un plaisir de me promener ici.

cathulu 05/03/2017 08:15

Très tentat, je note même si je n'ai jamais lu de mommy porn !

Noukette 04/03/2017 22:44

Ah oui ça m'intéresse !

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