Les jardins d'Hélène

La théorie de l’iceberg – Christopher Bouix

22 Août 2019, 15:18pm

Publié par Laure

Été 1993. Noé, 15 ans, se remet d’un accident de surf dont il a été victime six mois auparavant. Il en garde une phobie pour l’océan et un léger bégaiement.

 

Issu d’un milieu modeste, c’est un élève plutôt réservé. Encouragé par sa professeure de français, il a toujours aimé écrire. Son embauche à la bibliothèque pour du portage à domicile l’été (sur un quiproquo d’identité) et sa rencontre avec un grand écrivain de science-fiction retiré du monde vont lui donner le coup de pouce nécessaire pour participer à un concours de nouvelles. De même sa rencontre avec Lorraine (comme la quiche ? lui demande-t-il lors de leur rencontre) va le sortir de ses retranchements et lui faire vivre ses premiers frémissements amoureux.

 

J’ai aimé la fraicheur du roman, surtout dans ses débuts : héros maladroit, traits d’humour, le lecteur est ferré et en empathie avec lui.

 

Mais à trop vouloir promouvoir les bienfaits de la lecture et de l’écriture, l’auteur en fait peut-être un peu trop au risque d’être contre-productif : les leçons de construction d’un récit de fiction et de points de vue de narration frôlent le cours indigeste pour qui n’embrasse pas la même ambition que Noé. Le grand écrivain qui y va de ses bons conseils tant en technique narrative qu’en classiques incontournables à lire à 15 ans (aucune surprise dans les titres cités), tout cela résonne un peu trop du message à faire passer.

 

Au final, un roman initiatique léger, peut-être un peu trop scolaire et pédagogique, qui plaira avant tout à ceux qui aiment déjà lire et écrire.

 

Le titre « la théorie de l’iceberg » renvoie à l’écriture d’Hemingway, qui favorise l’implicite à l’explicite.

p. 167 : « Il m’a ensuite expliqué la théorie développée par Ernest Hemingway :

- ça s’appelle la théorie de l’iceberg. Selon Hemingway, la force d’une histoire réside dans ce qui est sous-jacent. Tout ce qui n’est pas exprimé mais que le lecteur ressent. Imagine un iceberg. Les sept huitièmes sont sous l’eau. On ne les voit pas. Mais ce sont eux qui portent la masse. En littérature, c’est pareil. C’est toute cette partie immergée, cet ensemble de non-dits, qui fait la force d’un texte. »

 

 

 

Lu dans le cadre du Prix des Lecteurs 13-16 ans de la ville du Mans et du département de la Sarthe 2020.

 

 

 

Gallimard jeunesse, coll. Scripto, septembre 2018, 217 pages, prix: 10,50 €, ISBN : 978-2-07-510723-5

 

 

 

Crédit photo couverture : © Emmanuel Polanco et éd. Gallimard jeunesse

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