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  • : 45 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 23 ans, 21 ans et 16 ans 1/2. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-huit ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

Bienvenue à vous,

 

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Et la vie dans tout ça

Je n'arrive plus à trouver de temps pour le blog, alors je poursuis ... à mon rythme !

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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 15:07

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean Esch

 

Nadia Turner a 17 ans lorsqu’elle avorte du fils du pasteur, Luke Sheppard. Un petit ami qui rime avec l’insouciance de l’adolescence, elle vivait seule avec son père depuis le suicide de sa mère six mois plus tôt, dans le poids et les convenances de la communauté noire religieuse du Cénacle. A la sortie de l’intervention, Luke ne vient pas la chercher. Elle cachera la vérité à son père, rompt avec Luke, et se rapproche d’Aubrey qui deviendra sa meilleure amie. Elle réalise son rêve en entrant à l’université et en s’éloignant de fait de sa vie d’avant … qui finira par la rattraper.

 

Un trio amoureux et amical, des amours contrariées, la construction de soi quand les piliers parentaux ont été absents ou défaillants, la marque psychologique indélébile de l’avortement, le rêve de ce qui aurait pu être et n’a pas été, la place de la famille, du regard des autres dans une communauté religieuse : les thèmes sont nombreux, intéressants même s’ils ne sont pas nouveaux, les personnages attachants ; hélas, il faut attendre longtemps, bien trop longtemps (un peu plus de la moitié du roman) pour que l’alchimie prenne vraiment et que l’intrigue démarre enfin.

 

C’est un peu tard et déséquilibre la qualité globale du roman.

 

A lire si vous aimez les histoires d’amours contrariées, les drames psychologiques larmoyants, même si la détermination et la force intérieure de Nadia permettent d’éviter le roman (trop) guimauve.

 

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2018

 

 

 

 

Autrement Littérature, août 217, 339 pages, prix : 20,90 €, ISBN : 978-2-7467-4572-8

 

 

 

Crédit photo couverture : © Raphaëlle Faguer et éd. Autrement.

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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 15:49

 

Traduit de l’américain par Juliane Nivelt

 

Madeline, 14 ans, est en classe de 3ème quand son professeur d’histoire meurt sous yeux. Il est remplacé par un californien, M. Grierson, qui jouera vite un rôle trouble dans le roman.

 

Lorsqu’il lui demande de représenter le collège lors du Tournoi de l’Odyssée de l’Histoire, elle choisit de faire un panneau pour parler des loups : une histoire des loups.

 

En face de chez elle, de l’autre côté du lac, une famille s’installe avec un petit garçon de 4 ans. Le père est souvent absent pour son travail, et Patra, la mère, semble un peu dépassée, Madeline va beaucoup s’occuper du petit Paul, entrer de plus en plus dans la vie de cette famille sans bien comprendre ce qu’elle cache.

 

D’emblée l’on sait que Paul meurt à l’âge de quatre ans. Tout l’enjeu semble être de savoir de quoi, comment et pourquoi, quelqu’un est-il responsable de quelque chose ? Mais des personnages secondaires continuent de hanter Madeline comme une obsession, sans que le lecteur perçoive réellement l’importance ou la logique de ces présences dans le récit.

 

 

L’auteur joue avec une déconstruction du récit qui mêle les différents temps. Madeline, surnommée Linda, a 37 ans quand elle raconte cette histoire. Elle avait 15 ans à l’époque des faits, mais les dates se mêlent de façon non chronologique. Peu à peu le lecteur pénètre dans cette atmosphère étrange et familière à la fois, tant dans la vie familiale que dans la nature alentour.

J’ai aimé cheminer lentement vers la vérité, sans effets grandioses, cette façon subtile de dévoiler un mode de vie fortement ancré dans certaines croyances religieuses. Tout est « bizarre », le malaise est persistant, mais la beauté de l’écriture apaise paradoxalement l’ensemble.

 

Un premier roman qui révèle une plume intéressante.

 

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des lectrices de ELLE 2018.

 

 

 

Gallmeister, août 2017, 296 pages, prix : 22,40 €, ISBN : 978-2-35178-128-9

 

 

Crédit photo couverture : © Ekaterina Borner / Arcangel Images et éd. Gallmeister

 

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 13:03

Traduit de l’anglais (Irlande) par Céline Leroy

 

 

Sonny, seize ans, est le cadet d’une famille modeste, où la mère passe son temps à se plaindre du père qui passe son temps à parier au jeu sa maigre paye. Mais il est aussi le seul à fréquenter le lycée, en dehors duquel il fait quelques petits boulots, chez le boucher du coin ou quelques travaux d’entretien avec son père. C’est avec lui qu’il rencontre Vera, une femme seule plus âgée, qui le trouble dès la première rencontre.  

 

Sonny n’aura dès lors de cesse de se rapprocher d’elle, bien qu’elle ne soit ni de son âge ni de son milieu social. Elle semble pourtant tout aussi paumée que lui, et entre eux nait une curieuse relation, pudique et attentionnée.

 

 

Sonny tente de s’élever, il a une certaine curiosité intellectuelle mais Sharon, une ado de son âge qui n’a pas sa langue dans sa poche, et sa famille font tout pour l’en empêcher, parce que c’est ainsi, on est comme on nait.

 

 

Le roman est écrit à la deuxième personne du singulier, un « tu » au départ déstabilisant, il incarne un narrateur omniscient qui n’hésite pas dès le milieu de l’histoire à anticiper au détour d’une phrase le dénouement tragique (parce que l’essentiel n’est pas là), on ne l’identifie pas, mais c’est un peu comme s’il s’exprimait à la place de Sonny qui ne s’autorise pas à prendre lui-même la parole.

 

 

Vera, c’est la rencontre de deux solitudes, deux souffrances, deux désirs, différents mais qui se rejoignent, deux êtres perdus qui prennent en l’autre ce qui peut les aider à continuer.

 

 

La fin, en quelques paragraphes, éclaire l’ensemble d’un nouveau regard, triste mais apaisant. Un beau roman, sensible, touchant, dont l’âme perdue des personnages reste longtemps à l’esprit du lecteur.

 

 

 

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des lectrices de ELLE 2018

 

 

 

 

 

Ed. Rivages, août 2017, 253 pages, prix : 21,50 €, ISBN : 978-2-7436-4055-2

 

 

 

Crédit photo couverture : © Marc Owen / Arcangel et éd. Rivages

 

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25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 08:58

Attirée par les bons papiers critiques et les bonnes feuilles parus, je trouvais le sujet abordé par Sophie Fontanel vraiment intéressant.

 

A 53 ans, l’auteure décide d’arrêter de se teindre les cheveux et d’accepter son « going grey », même si le temps sera long et difficile avant que la repousse fasse disparaitre totalement ses colorations. Elle redoute le regard des autres, notamment sur cette période « bicolore » pénible à passer.

 

Mais pourquoi ressent-elle donc le besoin de rappeler au passage sa démission du magazine ELLE (« poussée vers la sortie »), son copinage avec Inès de la Fressange, le patron d’un grand média (vraisemblablement l’Obs) qui l’embauche autour d’un café juste parce qu’elle le lui demande, la fashion week… tout cela rien que dans les premières pages ?

 

Dès lors je l’avoue j’ai pris ce roman en grippe. Où est l’intrigue romanesque ? Où est la portée universelle qui touchera toutes les femmes ? J’ai l’impression que le meilleur a été cité dans les articles de presse en quelques lignes suffisantes, le roman dès lors me semble d’un ennui et d’un égocentrisme démesurés.

 

Pauvre vantardise d’une pauvre petite fille riche, qui réalise au demeurant qu’au fond, sa couleur de cheveux, tout le monde s’en moque, que les hommes trouvent même ça plutôt joli.

 

J’ai eu l’impression de tromperie sur la marchandise : alors que je m’attendais à une réflexion sur la pression sociale faite aux femmes, sur l’affirmation et l’acceptation de soi comme un pied de nez au regard des autres, je n’ai eu que la longue description des errances de Mme Fontanel toujours entre deux avions qui ne cesse de se demander ce que les autres vont penser de ses cheveux. Pas grand-chose à vrai dire.

 

Peut-être eût-il mieux valu qu’elle emploie ses talents de journaliste et parte de son expérience personnelle pour s’emparer du sujet de manière plus générale, car l’intérêt romanesque, ici, je le cherche toujours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Robert Laffont, 17 août 2017, 252 pages, prix : 19 €, ISBN : 978-2-221-19634-2

 

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Robert Laffont

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 14:08

 

Dans ce récit autobiographique, l’auteur devenue adulte, revient sur la séparation de ses parents alors qu’elle avait 10 ans, en 1989.

 

C’est un texte court, intimiste, qui dit avec beaucoup de pudeur les émotions et sentiments traversées par la petite fille, qui comme beaucoup d’enfants, a longtemps espéré réunir ses parents. Mais ils ont refait leur vie, elle a été partagée entre les deux foyers, et les extraits du journal de sa grand-mère apportent un regard extérieur touchant.

 

Le texte sonne juste, peut porter à l’universel, mais peut-être est-ce dû à sa brièveté, je ne sais pas, s’il n’en demeure pas moins agréable à lire, il n’apporte rien de neuf à la littérature. Il touchera peut-être donc davantage les lecteurs qui ont vécu ou vivent cette séparation parentale.

 

 

 

 

 A paraitre le 07 septembre 2017.

 

 

 

 

 

Allary éd., septembre 2017, 96 pages, prix : 14,90 € (9,99 e en numérique), ISBN : 978-2-37073-147-0

 

 

Crédit photo couverture : ©  extrait de « Room in new-York », Edward Hopper, 1932, © Sheldon Museum of Art / et Allary éd.

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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 17:27

Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par David Tuaillon

 

L’histoire commence quasi banalement : Maud, une jeune étudiante, chute sur un bateau, Tim, un jeune homme prend soin d’elle, et l’on assiste à la naissance lente d’un couple. Il est artiste, elle est scientifique, ils deviennent parents d’une petite fille.

 

J’ai aimé d’emblée ce roman, le caractère taiseux de Maud, son retrait, son entourage semble avoir du mal à communiquer avec elle, et pourtant le lecteur entre en empathie avec elle (enfin ce fut mon cas !) Elle s’épanouit dans la restauration d’un bateau et la navigation, c’est son domaine, bien plus que celui de Tim, qui gère le quotidien familial.

 

Quand survient le drame, évoqué avec pudeur, Tim perd pied et se réfugie chez ses parents. Il ne parvient plus à communiquer avec Maud. Celle-ci ne semble pas affectée outre mesure par l’accident qui vient de les frapper, mais elle suivra son propre chemin de croix. Déterminée, elle partira seule en mer et affrontera les éléments déchainés, la difficulté de naviguer seule, la solitude dans des conditions extrêmes.

A ce moment du voyage, le récit devient plus technique, le vocabulaire lié à la marine et à la navigation est omniprésent, trop peut-être. Mais l’envie de connaître le dénouement est si fort que l’on passe outre ce petit désagrément.

Maud se reconstruira, transcendera sa souffrance si longtemps intérieure, et la fin laisse entrevoir un espoir.

 

Un roman magnifique, par la force de son personnage féminin et le chemin hors norme choisi. Une très belle découverte.

 

 

(p.149/301) « Nous avions l’habitude dans la famille de parler pas mal de vous. Ça vous surprend ? Deux écoles de pensée, en réalité. Pour l’une, vous étiez une fille brillante, un peu timide, un peu gauche, un peu hors du monde, mais dans le fond très bien. L’autre école, assez importante, vous réduisait à quelqu’un d’insensible, entièrement égocentrique et pas vraiment très bien du tout. Une chose sur laquelle les deux tombaient d’accord, c’était qu’être une mère ne vous intéressait pas le moins du monde.

- Ce n’est pas vrai.

- oh, je pense que si. Je n’ai jamais vu la plus petite marque d’un quelconque instinct maternel. Je ne veux pas dire que vous étiez cruelle. Il aurait fallu un minimum d’engagement pour ça, un certain effort d’imagination. Non, non. Vous faisiez piteusement ce que vous pouviez. Mais il manquait quelque chose. Quelque chose de fondamental. Vous cherchiez à l’atteindre et ce n’était pas là, tout simplement. »

 

 

 

 

 

 

 

 

(à paraître le 24 août 2017)

 

Piranha, août 2017, 304 pages, prix : 19,00 €, ISBN : 978-2-37119-059-7

Existe en numérique au prix de 12,99 €

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Piranha

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