Les jardins d'Hélène

Comment (bien) gérer sa love story – Anne Percin

27 Décembre 2011, 10:27am

Publié par Laure

comment-bien-gerer-sa-love-story.jpgMaxime est de retour ! Si j’avais adoré Comment (bien) rater ses vacances, je suis un peu plus réservée sur ce titre-là, peut-être tout simplement parce que je n’ai plus l’âge du lectorat visé. J’avais trouvé très drôle le premier volume, mais il s’enrichissait d’une profondeur intéressante sur le rapport à la famille et d’une grande sensibilité et finesse dans le récit. 

Maxime continue son bout de chemin, avec sa copine Natacha, son smartphone tout neuf, sa guitare et son ambition de musicien, traduisez « quelqu’un qui aime la musique et pas les soupes commerciales reprises par les lolitas de huit ans ». Alors pourquoi ça blesse ? (mais ça n’engage que moi !) Parce que j’ai eu dans ce deuxième volume l’impression d’un exercice de style permanent : inventer trois vannes à la ligne place forcément sur la corde raide, et pour moi, l’auteur en fait (un peu) trop. De même les pseudo notes de bas de page m’ont assez vite agacée, ajoutant à la surenchère dans l’humour. Arrêtons de surjouer pour revenir à plus de simplicité, parfois ça fait juste du bien de souffler un peu.

Et il n’y a pas vraiment de fin, sinon qu’on imagine déjà le bandeau  Comment (bien)…« saison 3 ». Pourquoi pas ?

 

p. 35 "J'ai reconnu la voix châtré de Don" : ce serait pas mieux avec un "e" à châtré ?

p. 183 " La saison 1 de Dr House repassait sur TF1, en version française évidemment, pour les ploucs." Ah ces jeunes, aucune pitié. Mais on ne peut pas demander non plus à TF1 de faire du Arte, et c'est tellement plus snob de jouer les puristes. Je suis la première à penser qu'il faut arrêter le nivellement par le bas, mais pas à penser que toutes les cultures populaires sont illégitimes. Bon, c'est un autre débat. A la cave Maxime, avec ta guitare, montre-nous de quoi t'es capable, et on en reparle.

  

   

Rouergue, novembre 2011, 244 pages, prix : 13,50 €

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Crédit photo couverture : © Dorothy-Shoes et éd. du Rouergue

 

 

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Près du sapin

26 Décembre 2011, 22:02pm

Publié par Laure

Voilà, les vacances sont finies... Je reprends le chemin du bureau demain matin. Une semaine honteusement paresseuse, à faire comme les chats de la maison :

 

chaussette-lit-AC.jpg

 

On a englouti des tonnes de chocolats, une saison et demi de "the good wife" bien calées sous la couette avec les filles, et même si plus personne ne croit au vieux barbu dans les parages, on a passé de bons moments quand même :

 

cst-noel.jpg(à faire des boucles qui tiennent 30 secondes à peine au Mosquito)

 

ac-noel.jpg(à photographier la grande en train d'essayer son APN)

 

jb-noel.jpg(à se moquer de l'optimisation du grand : manger la bûche en lisant un de ses cadeaux,  Tu mourras moins bête. Les perspicaces auront repéré aussi le  quinquennat nerveux en réserve)

 

 

Les plus courageux se sont usés là avant :

 

patinoire.JPG(c'était le début, 15 minutes plus tard ils étaient 450 sur cette piste, bouh... et moi j'étais au bar avec un bouquin et un chocolat chaud, pas folle la guêpe)

 

Et pour finir on est allés voir ça avec Mosquito :

 

chat-potte.jpg

(et on a bien aimé !)

 

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Eux sur la photo - Hélène Gestern

24 Décembre 2011, 15:30pm

Publié par Laure

 

eux-sur-la-photo.jpgHélène a perdu sa mère lorsqu'elle avait 3 ans. Remarié, son père et sa nouvelle épouse, qui l'a officiellement adoptée, ne lui ont jamais rien dit des circonstances et du passé de cette maman. Hélène, désormais âgée de trente huit ans, trouve une coupure de journal où sa mère apparaît en présence d'un homme qu'elle ne connaît pas. Elle passe une petite annonce dans un quotidien pour essayer d'en savoir plus. Une réponse lui parvient d'Angleterre, un homme ayant reconnu le nom de son père. Peu à peu, une conversation s'engage entre eux, en même temps qu'ils vont tenter de dénouer le mystère de leurs parents respectifs.

Un premier roman réussi et remarqué, qui prend la forme pour l'essentiel d'un roman épistolaire, échanges de lettres entre Hélène et Stéphane, mais aussi de courriels et plus rarement de SMS. Des descriptions de photographies, des lettres anciennes et des extraits de journaux intimes viennent enrichir le récit et expliciter le secret de famille trop longtemps tu.

On avance sereinement dans cette correspondance au charme légèrement suranné et à l'élégance un peu hors du temps, et même si la naissance d'émotions et de sentiments entre les deux protagonistes paraît convenue et attendue, l'écriture opère et séduit le lecteur, curieux de découvrir un passé dérangeant mais nécessaire dans la vie d'adulte des personnages. De même le personnage défunt, Nathalie, est attachante et touchante et l'auteur offre de très belles pages sur la passion amoureuse, le chagrin, la réaction des enfants sur les actes de leurs parents.

Pas de surprise extraordinaire dans ce roman (on s'attend un peu à tout ce qui est dit), mais une façon fort agréable de le construire et de délivrer peu à peu ses secrets.

 

Arléa, coll. 1er/mille, août 2011, 273 pages, prix : 19 €

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Crédit photo couverture : © éd. Arléa.

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La confusion des peines - Laurence Tardieu

14 Décembre 2011, 11:17am

Publié par Laure

confusion-des-peines.jpgJe m’interroge toujours sur cet ouvrage qui indique bien « roman » sur sa page de titre mais qui pour moi n’en est pas un, dans le sens habituel où en effet il ne crée pas de toute pièce une histoire, mais il questionne sur ce qu’est la littérature pour écrire la vie.

Pour résumer succinctement, Laurence Tardieu revient sur sa nécessité vitale de s’adresser à son père pour lui dire enfin ce que depuis dix ans elle cherche à lui dire. En 2000, son père, haut dirigeant de la Générale des Eaux, était condamné à de la prison ferme pour corruption dans une affaire de marchés publics. Au même moment mourait sa mère, emportée rapidement par un cancer. Elle n’a jamais réussi à parler de tout cela avec son père, car dans sa famille, on se tait, on ne dit pas ses émotions ni ses sentiments. L’affaire elle-même n’est pas le sujet du livre, elle a été jugée, il a purgé sa peine, mais c’est son rapport au père qui intéresse l’auteur, et la transgression de l’interdit qu’il lui a intimé : « Tu ne veux pas que j’écrive ce livre. Tu me l’as demandé. […] Ce livre, Laurence, tu l’écriras quand je serai mort. Voilà  ce que tu m’as dit. » Mais il en va pour elle comme d’une renaissance, du besoin vital d’enfin prendre à bras le corps cette incommunicabilité, et de dire à son père l’amour qu’elle a pour lui.

Je me suis souvent sentie embarquée contre mon gré dans des propos trop intimes, qu’avais-je à faire là moi lectrice dans une histoire qui ne concerne que Laurence Tardieu et son propre père ? Allais-je pouvoir me raccrocher à une universalité des mots, d’un propos littéraire, pour me sentir pleinement lectrice d’une œuvre et non plus spectatrice affublée d’un voyeurisme malsain ? Je ne sais toujours pas dénouer tout cela, en revanche j’ai retrouvé, comme dans ses précédents romans, la grande sensibilité de l’auteur, sa justesse à exprimer des émotions, sa douceur qui ne tait pas la violence intérieure qui était la sienne.

Et le très beau titre dit aussi à lui seul cette « confusion des peines », qui trouve sa lumière à la fin.

 

 

Stock, août 2011, 153 pages, prix : 16 €

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Crédit photo couverture : © éd. stock

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Noyeux Joël ! - Stephanie Blake

8 Décembre 2011, 11:48am

Publié par Laure

noyeux-joel.jpgUn nouvel album de Stephanie Blake ! De saison ! Retrouvons vite Simon et son petit frère Gaspard. « Ce soir, c’est Noël. Simon est allé chercher un sapin avec papa » N’y aurait-il donc plus que ma belle-mère et les albums jeunesse pour faire le sapin de Noël le 24 décembre, et pas le 24 novembre comme de plus en plus fréquemment ? Rien que ça, ça me réjouit ! Simon et Gaspard déballent les décorations de Noël avec leur maman et « font le sapin ». Mais Simon est inquiet car il neige à gros flocons, comment le Père Noël trouvera-t-il le chemin de sa maison ? En catimini, avec Gaspard, il va faire une belle piste d’atterrissage avec les guirlandes lumineuses du sapin. Au petit matin, les cadeaux sont bien là, mais le papa se demande bien où sont passées ses guirlandes !

Ah les facéties de Simon, on ne l’arrête plus ! Un incontournable pour les enfants fans de ce petit lapin, la valeur sûre qui fait plaisir à tous les coups, pour les irréductibles depuis Caca boudin et Je veux des pâtes ! L’univers reste familier (couleurs, illustrations, narration) et drôle, pour la joie des petits (et de leurs parents).

 

(bon d'accord, j'ai raconté toute l'histoire, mais c'est pas un polar non plus hein)

 

 

L’école des loisirs, novembre 2011, prix : 12,50 €

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Crédit photo couverture : © Stephanie Blake et L’école des loisirs

 

 

 

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La couleur des sentiments - Kathryn Stockett

5 Décembre 2011, 20:37pm

Publié par Laure

 

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Pierre Girard

 

couleur-des-sentiments.jpgA Jackson, Mississipi, entre 1962 et 1964, Skeeter, jeune fille blanche de bonne famille, entreprend d'écrire un livre de témoignages de bonnes noires, afin de révéler leurs conditions de vie réelles et leurs relations avec leurs patronnes. Elle noue des liens avec quelques unes d'entre elles pour mener à bien son projet.

Premier roman devenu rapidement best-seller, adapté au cinéma, la couleur des sentiments a remporté l'adhésion d'un très grand nombre de lectrices, dont celles du magazine ELLE qui lui ont décerné leur grand prix 2011.

Beaucoup en ont parlé avec des étoiles dans les yeux et des trémolos dans la voix, j'ai attendu patiemment qu'il soit disponible à la bibliothèque, un peu refroidie quand même par un récent échange avec une collègue qui l'avait abandonné en route, le trouvant simpliste et sans grand intérêt. (gloups)

 

La trame choisie – alternance des points de vue des personnages principaux, Aibileen, Minny et Skeeter – fonctionne bien, avec le revers attendu : l'intrigue est ultra prévisible, et malgré la vraie densité des personnages, tout comme la galerie de personnages secondaires qui gravitent autour, on n'évite pas une histoire cousue de fil blanc, qui n'est jamais loin du mélo un peu mielleux.

C'est agréable à lire, bien sûr, mais ça reste très superficiel sur le fond historique, tout juste le Ku Klux Klan et Martin Luther King sont-ils cités une fois ou deux, mais sans aucun développement, même romanesque, pourtant sur un tel sujet il y avait matière donner un peu de sérieux à l'ouvrage ? A trop développer toujours le même exemple (l'interdiction pour le personnel noir d'utiliser les toilettes de leurs patronnes blanches), et à attendre indéfiniment ce qu'ont bien pu commettre Minnie et Constantine, on finit par s'enliser dans un roman répétitif qui tourne un peu en rond. Trop pétri de bons sentiments, on obtient un solide roman de détente, mais qui perd toute force lorsqu'il s'agit d'évoquer le ségrégationnisme ou les engagements des intégrationnistes. C'est « gentillet » quoi.

L'exercice de style façon jolie romance avec clichés forcés m'a laissée en dehors de toute émotion, point de sourire ou de larmes pour ma part, malgré quelques scènes cocasses qui donnent un peu de peps à l'ouvrage.

 

 

Ed. Jacqueline Chambon, septembre 2010, 525 pages, prix : 23,80 €

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Crédit photo couverture : © Marion Post Wolcott / Library of Congress FSA Collection … / éd. Jacqueline Chambon.

 


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Juste après dresseuse d'ours - Jaddo

3 Décembre 2011, 11:06am

Publié par Laure

(Les histoires brutes et non romancées d’une jeune généraliste)

 

jaddo.jpgEn guise de préambule, le pourquoi du comment j’ai acheté ce livre. Lorsque ma fille était en 3ème, l’an dernier donc, il fallait absolument qu’elle mette un métier sur ses fiches d’orientation. Sauf qu’à 14 ans, elle ne savait fichtrement pas ce qu’elle voulait faire plus tard, et bonne élève, toutes les portes lui étaient encore ouvertes. Comme de toute évidence elle a un goût plutôt prononcé pour les sciences, on a bien essayé de gruger, en mettant bac s, tu parles, c’est un métier qu’ils veulent dans leurs petites cases et cervelles bornées, pas un vague « études supérieures mais on sait pas encore lesquelles ». Alors on a fait les tests sur le site internet du collège (je dis « on » parce qu’on a tellement éclaté de rire à la lecture de ses résultats que j’ai fait le test aussi, et que j’ai obtenu sensiblement les mêmes réponses – alors que moi je ne suis pas matheuse pour deux sous, loin s’en faut.) : les résultats furent édifiants, les métiers qui correspondaient à son profil étaient dans l’ordre (alphabétique visiblement) : bûcheron, cavalier de la garde républicaine, coiffeur, infirmière, maçon, médecine (notez qu’il n’est pas écrit « médecin ») et je ne sais plus quoi de  tout aussi varié et farfelu. Alors pour avoir la paix, on a mis « médecine » sur la fiche de 3ème, tout en commençant à réfléchir à cette éventualité. On vit dans un désert médical rural, on a une super généraliste mais qu’on a dû suivre à 30 km, autant dire qu’on ne va pas consulter pour une grippe ou une gastro vu qu’on n’est pas trop en état de conduire, et que tous les rares autres dans le coin, tu sais ce qu’il y a sur l’ordonnance avant même d’y aller, consultation en 7 minutes chrono le temps de remplir le chèque compris, et de toute façon ils ne t’écoutent pas. Bref. Je lui ai offert ce livre. Elle l’a lu dans la journée, me l’a redonné pour que je le lise, en me disant : « au moins maintenant je suis sûre d’une chose, je ne ferai jamais médecine »

Pourquoi donc ? Parce que médecin, c’est soigner les gens, ce n’est pas se battre avec 36000 absurdités économico-politiques et j’en passe. Je lui ai passé tout Winckler derrière, ce qui n’a fait que la conforter dans son verdict : elle ne fera pas médecine. Ce qu’elle veut maintenant, tenez-vous bien, c’est être technicienne dans la police scientifique (vous savez, les experts, pour quelqu’un qui ne regarde pas ou peu la télé, au secours), pour savoir si le poil trouvé sur la scène de crime, c’est un poil humain, un poil d’ours, ou un poil de pull angora teint en rose. Tu vois, Jaddo, si t’avais pas voulu dresser les ours on n’en serait pas là. Des poils d’ours… argh.

 

Fin du préambule. Venons-en au livre.

 

Jaddo, c’est d’abord l’auteur d’un blog, qui chronique son quotidien de jeune médecin généraliste remplaçante, mais qui revient aussi sur ses études, son externat, son internat, les grands chefs, et les malades, tout le monde en prend pour son grade, et c’est justifié. De ce blog un éditeur a fait un livre, préfacé par Martin Winckler, car bien sûr on ne peut s’empêcher de penser à la maladie de Sachs, aux trois médecins, etc. Ce qui ressort de ce livre, outre l’humour et la sensibilité de la perception des situations, c’est l’absurdité, l’agacement, la colère, la bêtise. On pense médecine humaniste et égale pour tous, on gère des trucs invraisemblables. Le livre de Jaddo remet un peu d’humanité et de bon sens là où il n’y en a plus guère, et c’est salutaire. On devrait offrir ce livre à tous les patients (pardon, clients consommateurs qui y ont droit parce qu’ils cotisent) et à tous les décideurs.

Un bon moment « tranches de vie », agréable à lire et qui vous ouvre les yeux.

 

Moi je crois que c’est pour lutter contre tout cela justement que ma fille devrait faire médecine, parce que je suis pas sûre qu’il y ait de l’avenir dans les poils d’ours (à moins qu’on les clone), mais bon, à 15 ans et en classe de 2nde, je dis surtout qu’elle a toute la vie devant elle et encore au moins 2 ans avant de faire un premier choix. (Parce que pour avoir un fils en terminale, je vous confirme que le choix se fait au plus tard en janvier février, c’est-à-dire bien avant le bac). Et que même si elle fait coiffeuse de poney avec les bûcherons, c’est bien aussi.

 

Fleuve noir docs, octobre 2011, 292 pages, prix : 14,90 €

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Crédit photo couverture : © Boulet et éd. Fleuve noir.

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Une fois encore ! - Emily Gravett

2 Décembre 2011, 16:24pm

Publié par Laure

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(Traduit de l’anglais par Elisabeth Duval)

 

Petit dragon veut une histoire avant d’aller se coucher. Sa maman s’y prête bien volontiers. Mais petit dragon réclame toujours et encore la même histoire, encore, encore, encore ! Sa maman est épuisée, et petit dragon s’énerve… avec une jolie chute qui chahute jusqu’à l’objet livre !

Les albums d’Emily Gravett sont toujours des petits trésors, celui-ci ne déroge pas à la règle : l’œil attentif y décèlera moult détails, explorez la deuxième de couverture, les rabats et les pages liminaires : l’histoire commence déjà alors que pas un seul mot n’est encore écrit… Et puis j’aime cet humour : « une fois encore », laissez-vous surprendre : l’album comporte une page de titre tout ce qu’il y a de plus normal : titre, auteur, éditeur… tournez la page, et vous avez la même en bis. Ah, l’éditeur s’est trompé ? Mais non, observez, cette fois il y a un point d’exclamation après le titre, et le dragon vous fait un clin d’œil ! C’est le genre de détails et le travail sur la mise en abyme du texte dans l’album qui en décuple son attrait et en rend la lecture plaisante à tout âge.

 

(intérieur couverture)

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 (toutes images : © Emily Gravett et éd. kaleidoscope)

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Alors oui 15 euros pour un album lu en 5 minutes, c’est cher, mais celui-ci sera amorti croyez-moi, car vous le relirez encore et encore (et une fois encore !), le travail éditorial est très soigné (cf. la surprise à la fin), comme toujours pour cette maison d’édition. Ça n’a l’air de rien sur le moment, mais plus tard quand vos enfants seront grands, ils se souviendront encore et toujours de l’histoire qu’ils vous réclamaient petits et seront capables bien souvent de la réciter par cœur ! (foi de grands ados élevés jadis à caca boudin et au lit petit monstre !)

Cet album d’Emily Gravett rend hommage à cette magie de la lecture, et offre un clin d’œil malicieux aux parents épuisés !

 

Dès 3 ans et pour tous ceux qui ont gardé ces beaux souvenirs de lectures d’enfance.

 

(et puis le point de rassemblement sécurité incendies pour dragons, moi j'adore)

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(extrait 4ème de couv) 

 

Kaléidoscope, octobre 2011, 32 pages, prix : 15 €

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Crédit photo couverture : © Emily Gravett et éd. Kaléidoscope

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Mémoire assassine – Thomas H. Cook

29 Novembre 2011, 15:21pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Philippe Loubat-Delranc

 

mémoire assassineSteve Farris a neuf ans lorsque son père tue toute sa famille : sa mère Dorothy, son frère aîné Jamie (17 ans) et sa sœur Laura (16 ans), avant de prendre la fuite. Il ne sera jamais retrouvé. Ce 19 novembre 1959 restera à jamais gravé dans la mémoire de Steve qui n’a échappé au massacre que parce qu’il était chez des amis, et encore, il pense que son, père l’a attendu un moment avant de s’enfuir. Devenu adulte, marié et père de famille, Steve vit avec ce passé douloureux. Voilà qu’arrive Rebecca, qui écrit un livre sur ces drames familiaux inexpliqués, et qui par de longues discussions avec lui, va raviver ses souvenirs pour peut-être dénouer l’affaire.

L’histoire avance assez lentement, posément, sereinement, s’attachant à décrire efficacement les faits et la psychologie des personnages. Au fil du texte vont bien sûr se lever quelques voiles pour faire éclater la vérité sur les dernières pages, avec un bon dernier quart d’intrigue qui s’accélère et s’enrichit. Il faut donc se méfier de l’eau qui dort, c’est un intéressant roman noir que Thomas H. Cook nous livre là, sans violence apparente, mais à la vérité lourde de conséquences. Si l’on peine parfois à trouver crédible la précision des souvenirs et leur reconstitution si longtemps après, l’ensemble fonctionne bien. Quelques passages prennent à mon goût des raccourcis rapides (l’effet Rebecca sur le couple et son devenir) mais j’ai découvert avec plaisir quand même ce texte écrit en 1993 et traduit pour la première fois en français en 2011. Cette traduction m’a permis par la même occasion de faire connaissance avec les éditions Point2 ( .2) et leur format ultrapoche (8 x 12 cm, contre 10 x 18 cm pour un poche habituel). Si j’étais sceptique sur l’utilité de ce nouveau format, je suis après lecture totalement séduite. Plus de détails sur mon expérience du format ici   

  

Une lecture proposée par le site Libfly et les éditions .2 que je remercie tant pour la découverte littéraire que pour celle du nouvel objet livre.

  

Editions Point2 (.2), août 2011, 493 pages, prix : 11 €

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 Crédit photo couverture : © éd. Point2

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La fille de la 6e K – Emmanuelle Cabrol, ill. de Violaine Leroy

29 Novembre 2011, 14:44pm

Publié par Laure

fille-de-6k.jpgParce qu’elle avait connu la même solitude en arrivant dans sa nouvelle école l’année précédente, Mathilde, qui entre à présent en 6ème, tente de se rapprocher de Suzon, une nouvelle élève qui reste seule en classe et dans la cour. Mais contre toute attente, Suzon la rabroue et ne veut pas de sa sympathie. Mais cette élève intrigue Mathilde : elle est habillée de vieux habits, ne mange pas à la cantine mais seulement un sandwich sur un banc … pourtant, lorsqu’elle la suit un soir, elle semble habiter une grande et riche propriété…

Il n’en est rien bien sûr mais Suzon a sa pudeur et son honneur, et elle ne veut pas crier sa pauvreté et la situation précaire de son père sur tous les toits. C’est une belle histoire toute simple (qui bien sûr finit bien) mais qui ouvre l’esprit des enfants à l’idée qu’il faut connaître avant de juger, que les apparences peuvent être trompeuses, et que la tolérance vaut bien mieux que toutes les arrogances.

Les illustrations colorées de Violaine Leroy offrent une respiration dans le texte, qui peut être lu dès 8-9 ans. Ma fille de 10 ans a beaucoup aimé.

 

Milan poche cadet, tranche de vie, juin 2011, 61 pages, prix : 5,90 €

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Crédit photo couverture : © Violaine Leroy et éd. Milan jeunesse.

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