Les jardins d'Hélène

1, 2, 3, 4, 5, 6, … (7, 8, 9 dans mon panier neuf ?…)

17 Février 2012, 18:53pm

Publié par Laure

 

Ce blog a 6 ans aujourd'hui... ça n'a plus vraiment de sens, les blogs sont complètement has been disent de nombreux médias, explosion des réseaux sociaux, nouveaux sites participatifs, etc. Peu m'importe. Je suis restée égale à moi-même toutes ces années, depuis Zazieweb en 1999, le blog m'a juste permis d'ajouter des billets plus personnels dans un espace individuel. 

Je me suis quand même demandé si la BNF ne s'était pas trompée en m'indexant dans ses signets, de même que d'autres blogs choisis, je ne pense pas que cela se justifie, mais bon, après tout, entre la BNF et les sites X hébergés à Hong Kong parce qu'il y a quelques romans érotiques dans ces pages, disons que je préfère quand même le premier référencement.

 

6 ans, ça fait quelques billets, forcément … 1264 avant celui-ci, dont au moins 850 parlant uniquement de livres. Mais qu'en reste-t-il vraiment à part des données sur un serveur ? Les livres qui m'ont réellement marquée, accompagnée à un moment de ma vie, n'occupent sans doute pas plus d'une demi étagère... Tout le reste ne découle-t-il pas simplement d'une surproduction / surconsommation ? Je lis trop de livres comme d'autres mangent trop de bonbons. Moins que d'autres certes, mais je ne fais la course à rien, de toute façon, il n'y a rien à gagner au bout !

 

Et les choses précieuses, je ne les expose pas tant que cela. Merci aux auteurs avec qui la conversation se poursuit en privé, merci aux collègues qui sont plus nombreux que je l'imaginais (ah les fameuses stats' qui donnent des provenances de mairies et de CG ), aux lecteurs fidèles ou de passage, aux anciens et aux nouveaux, aux anonymes silencieux, à ceux dont les livres sauront m'émouvoir, aux libraires manceaux qui me surveillent - c'est réciproque  , aux libraires blogueurs qui étirent mes listes au-delà du possible, et j'en oublie sans doute beaucoup.

 

Je n'arrive pas à me concentrer, j'écris ce billet dans un brouhaha de filles qui piaillent, parce que 6 ans, c'est d'abord cela : des enfants qui grandissent ! À l'ouverture de ce blog, Mosquito avait tout juste 5 ans, une jolie bouille d'enfant, aujourd'hui elle est à l'aube de l'adolescence et à trois pas du collège.... Aïe !? Et 11 bougies de ce côté-là de la vie.

 

constance1.jpg

 

(Constance, février 2006)

 

cst-11-ans.JPG

(Constance, février 2012)

 

 


Voir les commentaires

Félins, un film de Keith Scholey et Alastair Fothergill (2012)

17 Février 2012, 16:30pm

Publié par Laure

 

Durée : 1h27

 

felins.jpgEntièrement tourné dans la réserve nationale du Masaï Mara au Kenya, Félins est le dernier documentaire animalier de Disney, sorti pour les vacances de février, destiné à un public familial avec jeunes enfants (dès 6 ans). Alors oui c'est mignon tout plein, des bébés guépards à croquer, façon gros chats qui jouent, des lionnes qui élèvent en groupe leurs lionceaux, et pour faire une histoire, la guerre des clans qui tente de nous expliquer comment les lions mâles règnent en roi sur un territoire.

Public enfantin oblige, les scènes difficiles sont toutes gommées, la vieille lionne ira mourir pudiquement loin des caméras (on n'est pas loin de pleurer pour autant!), la chasse est montrée dans la course sur la proie seulement, et quand une lionne attrape un gnou pour le manger, c'est juste un gnou qui ne courait pas assez vite au milieu de milliers d'autres, un pauvre gnou parmi les autres, façon il en reste tant d'autres.

Une histoire en voie off, sur des images magnifiques, des caméras au ralenti qui montrent de façon impressionnante les muscles en mouvement des guépards, le rythme des saisons, des migrations de troupeaux, etc.

Et restez jusqu'au bout du générique, où chaque animal se voit attribuer un rôle technique pas piqué des vers. Amusant ! Le film de vacances idéal pour occuper les enfants, sans 3D hors de prix qui fait mal à la tête, c'est bien aussi.

 

felins-1.jpg

 

photo Alastair Fothergill, Keith Scholey  Copyright : © The Walt Disney Company France

 

 

Etoiles : stars-4-0__V7092073_.gif

Voir les commentaires

Un papillon sauvage – Joëlle Ecormier

15 Février 2012, 17:39pm

Publié par Laure

papillon-sauvage.jpgLa rencontre n’a pas eu lieu entre ce livre et moi. Pourtant, on est plutôt bien intentionnés dans la famille envers les titres d’océan éditions (Mosquito est collectionneuse ), mais bon, voilà, ça arrive, j’ai tourné en rond entre une bibliothécaire acariâtre et un roman d’aventures qui ne m’a pas enthousiasmée…

 

Miky Glance est un très vieil homme qui s’offre une échappée belle de la maison de retraite les Papillons, pour revenir sur un lieu qu’il a beaucoup fréquenté l’été de ses quatorze ans : la bibliothèque municipale de Galforquin. Parce qu’il était menacé d’exclusion de son collège, sa mère lui a imposé des vacances studieuses : sous l’œil peu aimable de Foinsec, la bibliothécaire du village, Miky avait pour obligation de lire sur place chaque après-midi et de rendre un résumé écrit de sa lecture. Autant dire qu’il n’y va pas de bon cœur, jusqu’au jour où il découvre un pavé qui le passionne : les mines de Galforquin, d’un certain Cassy Jok, stimulé également par une étonnante rencontre avec un authentique rat de bibliothèque. Ce livre sera son cheval de bataille, et déterminera sa vie.

Un soupçon de fantastique (on pense inévitablement à Firmin qui m’était déjà tombé des mains), un roman d’aventures façon chasse au trésor, une quête du père et de soi, une bonne dose de clichés usés et usants sur les bibliothèques, le parcours d’un homme qui a toujours gardé en lui ce cheval intérieur au galop, le papillon sauvage qui le caractérise. Alors pourquoi ça n’a pas marché, je ne sais pas, j’ai eu vite l’impression qu’une fois découverte la lecture qui allait motiver Miky, on tournait en rond, et que le chemin était tracé. Je l’ai fini parce que c’était court, mais je me suis honnêtement un peu ennuyée.

 

p. 14 : « A l’époque, je commençais sérieusement à lorgner vers les filles, surtout une en particulier. En vérité, juste une. Ma pénitence aurait été moins dure si ma geôlière avait été jeune et séduisante. Mettons que si elle avait ressemblé à Amy, j’aurais trouvé la punition presque douce. Or, il se trouve que la bibliothécaire de Galforquin était loin de ressembler à Amy. Et d’ailleurs, je doute qu’il existe une seule jolie bibliothécaire au monde. Pourquoi une jolie fille viendrait-elle s’enfermer dans un trou à rat ? Foinsec avait la charge de me faire lire et de me surveiller. Et je crus comprendre le premier jour où j’entrai dans mon piège que ce rôle lui procurait un certain plaisir. Le ton sec, qui lui valait son surnom et qu’elle employa pour me signifier que j’avais dix minutes de retard, me le confirma. C’était le temps qu’il m’avait fallu pour gravir les marches. (…) Foinsec était la preuve vivante que les livres ne rendent pas heureux. »

 

Le billet de Véro, plus enthousiaste 

 

Océan éditions, coll. Océan fiction ados, mai 2011, 192 pages, prix : 9,90 €

Etoiles : stars-2-5__V7092076_.gif

Crédit photo couverture : © Océan éditions

Voir les commentaires

Une bouteille à la mer, un film de Thierry Binisti (2012)

13 Février 2012, 19:21pm

Publié par Laure

Durée : 1h39
Avec : Agathe Bonitzler, Mahmud Shalaby

une-bouteille-a-la-mer.jpgLe synopsis d'Allociné : « Tal est une jeune Française installée à Jérusalem avec sa famille. A dix-sept ans, elle a l’âge des premières fois : premier amour, première cigarette, premier piercing. Et premier attentat, aussi.
Après l’explosion d’un kamikaze dans un café de son quartier, elle écrit une lettre à un Palestinien imaginaire où elle exprime ses interrogations et son refus d’admettre que seule la haine peut régner entre les deux peuples. Elle glisse la lettre dans une bouteille qu’elle confie à son frère pour qu’il la jette à la mer, près de Gaza, où il fait son service militaire. Quelques semaines plus tard, Tal reçoit une réponse d’un mystérieux "Gazaman"... »

Adapté du roman de Valérie Zenatti, une bouteille dans la mer de Gaza, roman que j'avais d'ailleurs beaucoup aimé, ce film offre une vision à la fois quasi documentaire et un peu idéaliste d'une sortie possible du conflit israélo-palestinien, tout en apportant une touche de fraîcheur avec la jeunesse et la sincérité des deux personnages principaux. Tous les oppose, Tal a une vie somme toute très confortable (si l'on omet les attentats qui la terrorisent!), alors que Naïm, 19 ans, a abandonné ses études et fait des livraisons pour son oncle, sans trop savoir de quoi son avenir sera fait. Le mode de vie des deux familles est très bien retranscrit, entre fêtes familiales religieuses et entraide au sein de la famille élargie. Grâce à Tal, Naïm va se découvrir un nouvel intérêt, et un objectif : apprendre le français, et bénéficier de la bourse qui lui permettrait de quitter Gaza pour aller vivre et étudier un an à Paris. La langue française comme trait d'union de ces deux jeunes (qui au départ communiquent en anglais) est un élément touchant du film, notamment avec le poème de Prévert, inventaire : une pierre /deux maisons / trois ruines /quatre fossoyeurs / un jardin / des fleurs / un raton laveur, qui est utilisé dans l'apprentissage de la langue mais qui prend une valeur particulière pour la mère de Naïm dans les moments difficiles.
Beaucoup de choses touchantes, de très belles images, un film à voir.

Voir le billet de Marie-Claire du blog à Bride abattue, qui explique notamment la participation de Valérie Zenatti à l'écriture du scénario et les conditions géographiques de tournage.
 

Etoiles : stars-4-0__V7092073_.gif


Voir les commentaires

Banquises - Valentine Goby

7 Février 2012, 16:03pm

Publié par Laure

banquises.jpgVingt huit ans après la disparition de sa sœur aînée au Groenland, Lisa prend l’avion pour cette même destination, pour peut-être enfin mettre un terme à cette situation restée ouverte et ces recherches vaines mais pour d’abord se libérer elle-même de vingt huit années d’emprisonnement intérieur.

Sarah avait 22 ans quand elle a disparu, en 1982, nul ne sait ce qui lui est arrivé, les recherches n‘ont rien donné d’autre qu’un sac à dos trouvé sur un bateau. Bien sûr ses parents se sont effondrés, sa mère en particulier ne s’en est jamais remise. Lisa, adolescente à l’époque, est devenue transparente aux yeux de sa mère.

Voyage sur la banquise, description de paysages en destruction à cause du réchauffement climatique, nature souveraine, les scènes à Uummannaq sont des épreuves fortes, qui font découvrir un pays finalement peu connu, mais ce qui m’a semblé essentiel dans ce roman, ce sont les flashback qui reviennent sur la vie familiale après la disparition de Sarah, et l’impossible deuil pour les parents (il n’y a pas de corps, et elle était majeure, il n’est pas interdit de changer de vie), l’enfermement obsessionnel de la mère dans l’espoir si mince, la position du père, qui ne peut rien pour sa femme, et Lisa, qui ne semble plus exister pour personne. Jusqu’à la fin du voyage sans réponse mais qui permettra enfin la renaissance à soi-même de Lisa, les pensées de la mère resteront frappantes pour le lecteur.

Un voyage qui sonde des pistes mais sans donner toutes les réponses, qui  fait découvrir un pays tout en laissant le lecteur sur sa faim, une écriture qui parfois pâtit de quelques longueurs, c’est le voyage intérieur qui m’a plus touchée que le voyage réel, et qui pour moi garde un goût d’inachèvement, même si l’histoire s’achève bel et bien, sur la voix de Lisa.

 

Extrait p.118-119 : « Le père a besoin de sa femme. Terrible comme il a besoin d’elle, de moins en moins femme, de plus en plus mère. Il voudrait être elle. Pouvoir lui aussi situer la douleur quelque part. Elle c’est le ventre. Lui c’est diffus, partout, autant dire nulle part. Il a besoin du ventre de sa femme. Il voudrait qu’elle le prenne en elle, qu’elle l’absorbe dans ses muqueuses tièdes. Il voudrait jouir dans ce ventre presque sans bouger, presque sans effort, y déverser toute la souffrance qui n’a pas de lieu en lui, déverser l’amour et la peur, et la serrer, cette femme, et qu’elle le serre, dans ses bras, dans sa peau chaude, qu’elle l’enlace, se contracte autour de son sexe même devenu mou, vieux, son sexe son ventre, qu’elle accomplisse encore le pacte primitif. Seulement c’est étroit. C’est occupé. Par la fille absente, par le réenfantement de la fille » © Valentine Goby.

 

Albin Michel, août 2011, 246 pages, prix :18 €

Existe en numérique au prix de 13.99€

Etoiles : stars-3-0__V7092079_.gif

Crédit photo couverture : © éd. Albin Michel.

 

 

Voir les commentaires

Au pays des kangourous - Gilles Paris

1 Février 2012, 17:48pm

Publié par Laure

au-pays-des-kangourous.jpgSimon a neuf ans lorsqu’il découvre un matin son papa recroquevillé dans le lave-vaisselle. Situation inhabituelle s’il en est ! Son père est écrivain (il écrit surtout des livres pour les autres), et sa mère travaille chez Danone, mais elle est très souvent en voyage, à l’autre bout du monde, à Sydney notamment, Australie. Le pays des kangourous.

Le père de Simon traverse une mauvaise passe, dépression aiguë, qui nécessite de l’hospitaliser. C’est la grand-mère Lola, libre et fantasque, qui va s’occuper de Simon, qui se pose beaucoup de questions sur la maladie de son papa, les absences de sa mère, leur amour. Le petit garçon va trouver beaucoup de réconfort auprès de Lily, une enfant qu’il rencontre régulièrement à l’hôpital, et qui lui apprend plein de choses sur la maladie de son papa, tout simplement ce que les adultes ne lui disent pas.

            J’ai aimé l’idée que pour une fois, ce soit le père qui soit dans une situation de dépression profonde, et la mère obnubilée par son travail, très peu présente, assez peu maternelle, ça fait du bien de temps en temps de voir ces rôles habituels inversés ! Si j’ai aimé le ton du livre, le point de vue de l’enfant, la vivacité des personnages qui l’entourent (Lily, sa grand-mère Lola), j’ai trouvé toutefois que le rythme était un peu lent, qu’on commençait à tournait un peu en rond (peut-être la traduction de l’enlisement profond du père dans la maladie ?), jusqu’à une révélation inattendue qui redonne un nouveau sens à l’ensemble. Si la fin est quelque peu convenue, elle fait tout simplement du bien au lecteur, et plus j’approchais de la fin, plus je l’aimais finalement ce roman, d’autant que le personnage de Lily devient de plus en plus intrigant ! Un roman positif et pas triste du tout, le sujet ne doit surtout pas vous faire peur !

 

Gilles Paris est également l’auteur de deux autres romans plus anciens : Autobiographie d’une courgette (en 2002, je ne retrouve pas de billet mais j’avais beaucoup aimé !) et Papa et maman sont morts (1991, que je ne connais pas mais que du coup j’ai envie de découvrir). Et je n’ai réalisé qu’en fin de lecture, en lisant que l’auteur travaillait dans le monde de l’édition, que j'avais été en contact avec lui il y a quelques années lors d’un accueil d’auteur. Je n’avais jamais fait le rapprochement avec les mails d'info que je reçois toujours, ou j’avais pensé à une homonymie, il faut croire que je n’imagine pas les auteurs faire autre chose qu’écrire J

 

Une interview de l’auteur sur Libfly

  

Don Quichotte, janvier 2012, 247 pages, prix : 18 €

Existe en numérique (différents formats selon librairies et liseuses) au prix de 12,99 €

Etoiles : stars-4-0__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : © Olivier Balez et éd. Don Quichotte

Voir les commentaires

Splat chante faux ! / Bonne nuit, Splat ! – Rob Scotton

28 Janvier 2012, 11:40am

Publié par Laure

splat-005.jpg

 

Deux nouveaux albums de Splat arrivent en même temps : Splat chante faux ! et Bonne nuit, Splat ! Les albums ont rétréci (le format a perdu quelques centimètres, 22 x 17, contre 27 x 27 cm pour les aventures précédentes), mais la bonne nouvelle, c'est que le prix a fondu aussi ! Plus étonnant, l'auteur ne garde plus qu'une responsabilité de créateur, le personnage de Splat est repris par d'autres, auteurs et illustrateurs changent, Robert Eberz à l’illustration, et un auteur différents à chaque titre, et ce n'est écrit qu'en tout petit en deuxième de couverture. Honnêtement, sur l'illustration, je ne vois pas la différence. Sur le texte, pas vraiment non plus, même si je trouve ces deux nouvelles histoires un peu fades et sans attrait particulier.

 

splat-006.jpg

 

 

splat-007.jpg

 

 

Dans Splat chante faux ! la maîtresse a une surprise pour les chats de sa classe : ils vont chanter à la fête de l'école ! Mais aux premiers entraînements, Splat est trop timide, et il ne parvient à sortir aucun son. Il va surmonter sa timidité au grand dam des oreilles de ses camarades chats et des parents : il chante horriblement faux ! (un étrange et pas très développé "lalala") mais au moins tout le monde se souvient de lui, et tout le monde préfère en rire.

 

Dans Bonne nuit, Splat ! notre chat noir va découvrir les peurs et les agitations nocturnes du camping dans le jardin : frayeur, angoisse, énervement, difficulté à supporter les copains, mais au final bien sûr tout s’arrange !

 

Deux nouvelles aventures plaisantes donc, on aime retrouver le personnage, ses amis et Harry Souris, mais sur le fond, je les trouve un peu « plats » ces Splat.

 

Nathan, janvier 2012, prix : 5,50 € chaque

Etoiles : stars-3-0__V7092079_.gif

Crédit photo couverture : © Rob Scotton et éd. Nathan.

Voir les commentaires

Paul à Québec - Michel Rabagliati

25 Janvier 2012, 06:26am

Publié par Laure

PaulQuebec3d.jpgSixième tome de la série des Paul ; Michel Rabagliati poursuit son art délicat de la chronique familiale tout en noir et blanc.

Juin 1999. Paul part avec sa femme et leur fille passer le week-end chez ses beaux-parents à Québec, dans une belle maison familiale où tous les enfants et petits-enfants se retrouvent avec grand plaisir. On sent le lien et le bonheur de ceux-là, heureux d’être ensemble.

Roland, son beau-père, est soigné pour un cancer de la prostate, qui semble bien évoluer sur le chemin de la guérison. Dès lors le découpage choisi suit l’évolution de la maladie, chienne de vie, un an plus tard, puis mois par mois, puis jour après jour : le temps se rapproche dans la succession des bulles, le parcours de la maladie, de la fin de vie et de son accompagnement sont très bien retranscrits, dans le dessin qui voit Roland changer physiquement au fil des mois puis des semaines, dans le scénario qui ne cache rien de la difficulté de l’acceptation et du sens de l’entrée en soins palliatifs, de la famille éprouvée mais présente.

Très bel album, sensible, juste, qui sublime un quotidien fait de petits gestes presque anodins. Les passages sur les mouvements indépendantistes de la province du Québec au début de l’album et les expressions québécoises typiques apportent un intérêt et une saveur supplémentaires à l’ouvrage. Du bel ouvrage.

 

Lauréat du Prix du Public au Festival BD d’Angoulême en janvier 2011

 

Ma lecture plus ancienne de Paul en appartement et Paul dans le métro

 

La Pastèque, mars 2010, 187 pages, prix : 20 €

Etoiles : stars-4-5__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : © Michel Rabagliati et éd. La Pastèque

Voir les commentaires

Le livre qui t'explique enfin tout sur les parents - Françoize Boucher

23 Janvier 2012, 13:52pm

Publié par Laure

le-livre-qui-t-explique-tout-sur-les-parents.jpg

 

Repéré chez Clarabel (qui en propose quelques extraits), et sur le bon souvenir que nous avions avec mes filles de l'opus précédent, je me suis empressée de le commander ! (et à peine reçu, je recevais son jumeau inattendu en service de presse, la vie est mal faite, mais pas grave, on fait des heureux autour de nous, comme dit le PS du livre : "merci d'offrir ce livre à tous tes amis pour qu'ils comprennent enfin leurs parents"). Tiens d'ailleurs c'est la première fois que j'achète dans le commerce en janvier 2012 un ouvrage imprimé avec un dépôt légal "mars 2012", là c'est la *thécaire qui parle, sur qui le catalogage a déteint .  Pas de surprise côté maquette donc, on est sur le même type de graphisme, d'humour et de trouvailles délirantes.

Et cette fois encore, l'humour permet de faire passer bien des messages, qui plairont tout autant aux enfants (à partir de 8-9 ans) qu'aux parents. Quelques très bonnes pages (mais à force de les voir sur la blogosphère où il essaime très vite, c'est un peu comme les bandes-annonces des films, on a déjà  vu tous les meilleurs morceaux quand on s'y confronte enfin), parfois un brin d'impertinence ou de mauvaise foi, mais au final, même si pour les jeunes les parents sont souvent "gonflants", c'est bien parce qu'ils les aiment !

Oui, je ne dis pas grand chose qui dévoile l'ouvrage, parce que c'est plus amusant d'en avoir la surprise, à découvrir sans autre risque que celui de rire, et il fera partie de ces titres que les enfants ressortent régulièrement des étagères pour les relire.
Et je partage l'avis de Mosquito, 10 ans 3/4 :  très sympa, mais je préfère quand même celui sur les livres !

 

Nathan, janvier 2012, prix : 9.90 €

Etoiles : stars-4-0__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : © Françoize Boucher et éd. Nathan.

 

 

 

Voir les commentaires

Les en dehors ... - Stéphane Beau

20 Janvier 2012, 16:04pm

Publié par Laure

les-en-dehors.jpgLéopold, libraire de profession, écrivain à ses heures, a décidé de tout laisser tomber le jour de ses trente ans. Il a tout vendu, sa boutique dans l’ouest de la France, ses biens, pour aller vivre en ermite à Porcatol, un petit bourg du Sud. Il n’a gardé que ses livres, et vit de peu dans une vieille bicoque sans eau ni électricité. Finie l’hyperconsommation et les faux-semblants du monde, il est libre, et s’approvisionne du peu qu’il lui faut à l’épicerie et vit en « homme des bois » (toute à l’allusion à Henry-David Thoreau est bienvenue). C’est dans ces circonstances qu’il fait la connaissance de Colas, un môme de 7 ans perché en haut d’un arbre, qui l’interpelle sans gêne. Ainsi il apprend que la peste birmane a gagné du terrain, les écoles ont fermé, les gens n’ont plus le droit de circuler librement, la milice est partout. Trop éloigné de la vie fourmillante, Léopold n’avait pas mesuré la rapidité et l’importance des événements. Colas, devenu orphelin, est à l’abri de l’épidémie qui progresse trop vite à la ville, retiré ici à la campagne chez sa tante. Mais il ne l’aime pas beaucoup cette tante, et c’est réciproque…

Dans une ambiance de fin du monde encore plus assombrie par l’occupation militaire, Colas et Léopold vont s’attacher l’un à l’autre, et surmonter ensemble bien des difficultés. Rite sacrificiel, meurtre, fuite, camps d’enfermement (pour mise en quarantaine sanitaire) qui de par l’horreur et l’absurdité ne sont pas sans rappeler une autre période de l’Histoire, on chemine avec les personnages dans leur lutte pour la survie et la liberté. Le rapprochement avec La route de McCarthy est évident, cet extérieur hostile, la relation qui se tisse entre Colas et Léopold même s’ils n’ont pas de lien du sang, l’horreur traversée, la lutte pour avancer, rester libre et triompher de la bêtise des hommes…Néanmoins, n’y voyez pas une pâle copie de la route, si l’on ne peut s’empêcher d’y penser (et le livre est d’ailleurs cité dans le récit), celui-ci est différent, et ne manque pas de notes positives, des dénouements parfois un peu trop faciles dans leur réalisation mais qui viennent compenser agréablement des scènes précédentes à peine soutenables. Et puis il y a l’écriture de Stéphane Beau, simple, limpide, mais efficace. Pas de chichis, beaucoup de justesse.

J’ai aimé les idées véhiculées par ce roman, les personnages attachants, les doutes et les peurs (un personnage féminin rejoint l’histoire, peut-on encore aimer quand on a choisi la solitude depuis plus de douze ans ?), je pardonne les passages que j’ai trouvés un peu « faciles » car ils contrebalancent bien la rude noirceur qui précède ; bref, c’est une très belle découverte que ce roman publié par un petit éditeur d’Anjou, et j’avoue que j’ai très envie de continuer à découvrir les romans de l’auteur, notamment l’un de ses précédents , le coffret, qui évoque l’interdiction de la lecture et l’abolition absolue des livres. Il faut dire qu’avec de tels sujets, c’est déjà presque gagné, son talent fait le reste !

(Et venant de moi qui ne suis pas du genre « à me faire l’intégrale d’un auteur » parce que j’ai aimé un livre, c’est que j’y vraiment trouvé quelque chose d’intéressant, que je ne parviens pas forcément à bien retranscrire)

 

p. 14 : « L’homme n’a jamais eu d’enfants. Il ne s’est jamais véritablement senti à l’aise en leur présence. Il y a une telle force en eux, une telle puissance, une telle spontanéité, tellement d’énergie brute difficile à canaliser… Et puis, ils sont trop bavards, trop curieux. »

 

Stéphane Beau est très impliqué en littérature :

- Blog de la revue Le Grognard 

- Chroniques sur K-Libre

 

Editions du Petit Pavé, novembre 2011, 185 pages, prix : 18

Etoiles : stars-4-0__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : éd. du Petit Pavé.

 

 

 

Voir les commentaires