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  • : Les jardins d'Hélène
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  • : 44 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 15 ans 1/2. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

Bienvenue à vous,

 

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Et la vie dans tout ça

Je n'arrive plus à trouver de temps pour le blog, alors je poursuis ... à mon rythme !

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 19:19

Ce blog a 11 ans aujourd'hui. 

 

Voilà c'est dit. 😃🎂🎁📚🎉🌞

(Oui c'est à peu près tout l'effet que ça me fait)

Eh bien entamons ensemble la 12 ème année  ☺💕

(Toujours pas eu le temps de refaire les peintures)

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Publié par Laure - dans Blabla
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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 11:32
Votez Splat ! / Splat papa poule - d'après le personnage de Rob Scotton

Splat connait un grand succès auprès des enfants (de la maternelle au CP environ), je le constate tous les jours à la bibliothèque.

 

Les Splat petit format sont faits sous licence, c’est-à-dire par d’autres auteurs et illustrateurs que Rob Scotton, et je trouve hélas la qualité très inégale.

 

Votez Splat !

Je ne suis pas sûre que sortir un Splat Président aux couleurs du drapeau français en période préélectorale présidentielle française soit de très bon goût, même si ici, Splat est élu… délégué de classe. Là où ça me gêne encore plus, c’est que l’ouvrage commence ainsi :

« Splat vient d’être élu délégué des élèves ». Deux pages plus loin : « Splat doit présenter son programme ». Splat ne ferait-il pas les choses un peu à l’envers ? Il est d’abord élu et ensuite il présente son programme ? Même lorsque mes enfants ont élu leurs délégués de classe (et pas en maternelle !), les jeunes candidats ont toujours dû dire AVANT ce qu’ils feraient en tant que délégués, faire des affiches, etc.

 

Donc là, non, on nous prend un peu pour des idiots, et ce n’est pas parce qu’on s’adresse à des petits de 3-6 ans qui ne verront qu’un chat tout mignon qu’on doit leur dire n’importe quoi.

 

Après, ça se calme, Splat présente un programme consensuel qui ne remporte pas l’adhésion des foules, il change donc pour de super idées hyper populaires mais totalement irréalistes et irréalisables. La maitresse l’aidera à revenir dans le droit chemin, et tiens, si tu commençais par rénover la bibliothèque de l’école, totalement à l’abandon ?

Ce 21ème titre de la collection des Splat n’y sera pas indispensable.

 

 

 

Splat papa poule :

 

Après mon coup de gueule contre Votez Splat ! voici un Splat plus inoffensif !

 

Dans sa classe, les élèves attendent l’éclosion imminente de douze œufs de poule. Pour savoir qui rapportera le carton à surveiller chez lui ce soir, ils tirent à la courte paille. Splat gagne bien sûr !

 

Il fait bien attention, mais les poussins naissent et courent déjà partout en faisant plein de bêtises. Splat en papa poule est vite débordé par cette tribu remuante. Et puis malheur, il en manque un ! où est donc passé ce douzième fripon ? Ouf, tout est bien qui finit bien !

 

On ne s’inquiètera pas trop du réalisme de l’histoire, elle ne fait pas de mal et les expressions des visages sont rigolotes !

 

 

Nathan, février 2017, 32 pages, prix : 5.95 €

Etoiles : Votez Splat :   Splat papa poule :

Crédit photo couverture : © Rob Scotton et éd. Nathan

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 10:48

Sexe sans complexe - Bérangère PortalierCet ouvrage destiné aux adolescents était sélectionné pour les Pépites du Salon de Littérature et Presse Jeunesse de Montreuil en 2016, ce qui en fait déjà un gage de qualité établie par des professionnels.

 

Il aborde sans tabou et sans complexe, avec un vocabulaire adéquat et proche des jeunes, tous les sujets liés à la sexualité, qu’elle soit hétéro ou homosexuelle. Une ou deux double(s) page(s) par sujet abordé (avec des illustrations sympas qui rythment et aèrent l’ensemble) : aimer son corps, les règles, la masturbation, le premier rapport, le désir, le plaisir, la contraception, les sextapes, etc. (il y a 26 chapitres au total)

 

L’ouvrage accorde une large place d’une manière globale au fil des rubriques au respect de soi et de l’autre, et liste en dernière page des sites de référence sérieux.

 

Un livre salutaire et bienveillant, qui ne prend pas les jeunes pour des idiots, qui ne tourne pas autour du pot en matière de vocabulaire, on applaudit et on l’offre autour de soi.

 

Actes Sud junior, juin 2016, 75 pages, prix : 14 euros

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Frédéric Rébéna et éditions Actes Sud junior

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 15:01

Ne parle pas aux inconnus - Sandra ReinfletCamille, 17 ans, vient de réussir son bac. Elle fait la fête et assiste au concert de son amoureuse polonaise Eva, une jeune femme insoumise et impétueuse, qui s'est fait exclure de leur lycée pour tenues inappropriées. Jalouse des marques de sympathie que ses fans montrent à Eva, Camille finit la soirée ivre et à moitié nue, violée, à moins qu'elle ne fût consentante, elle ne s'en souvient pas et ne s'en émeut pas plus que cela. Le lendemain, Eva et sa famille ont disparu, tandis que Camille avale la pilule du même nom.

 

Ne parle pas aux inconnus, c'est ce que sa mère déprimée et renfermée sur elle-même a passé son temps à leur dire, à Camille et à sa petite sœur Émilie. Si Émilie est effacée et dans le rang, Camille étouffe au sein de cette famille qui ne la comprend pas. Elle met les voiles pour retrouver son amante Eva, dont elle éprouve le manque, et qui ose la laisser sans nouvelles.

 

Commence alors un road trip en stop à travers l'Europe, direction la Pologne où elle espère retrouver Eva. Faire confiance aux inconnus, voilà une nouvelle donne avec laquelle elle est bien obligée de composer, tournant le dos à tous les préceptes familiaux.

 

Construit en 3 parties qui déstructurent le titre (Ne pas / aux inconnus / parle), le roman décrit avec réussite le passage de l'adolescence à l'âge adulte, la découverte de soi, les épreuves pour y parvenir, et pour mieux le garder en mémoire cet acronyme: NPAI, ne parle pas aux inconnus, n'habite pas à l'adresse indiquée, n'oublie jamais tes rêves et ce que tu es au fond de toi.

 

La première partie m'a un peu agacée, une écriture rapide, à vif, nerveuse, qui laisse exploser la rage de l'adolescence. Ça fonctionne, mais ce livre ne s'adresse-t-il alors pas plutôt à des adolescentes ? Puis au fil du voyage, l'écriture s'apaise, mûrit avec son personnage.

 

C'est donc particulièrement réussi et bien construit. Si la troisième partie utilise des ressorts connus (le journal intime, le secret de famille, l'accident qui apparaît simultanément chez Delacourt, au secours) qui la rendent un poil mélo, les qualités de l'ensemble, ainsi que la psychologie fouillée des personnages notamment secondaires (le père, les routiers), font oublier ces points faibles.

 

 

On oubliera donc volontiers le manque de crédibilité de-ci de-là comme par exemple l'absence d'enquête policière pour disparition de mineure (évacuée en une phrase à la fin du roman), la bienveillance sans faille d'un monde glauque de routiers portés sur les magazines pornos mais au cœur tendre et sage, pour ne garder que le côté optimiste qui n'est pas sans rappeler le message du récent « La la land » : n'oublie jamais tes rêves, sois-toi même et ose aller vers l'inconnu, aussi dure soit l'épreuve.

 

 

« Après Pierre, j'avais pourtant juré de ne plus jamais m'attacher. A quoi ça sert d'aimer les gens si après ils disparaissent en te laissant encore plus seule qu'avant ? »

 

 

à grandir.... comme le montre ce roman d'apprentissage à la résonance ultra contemporaine:-)

 

 

Badge Lecteur professionnel

 

 

éd. JC Lattès, janvier 2017, 383 pages, prix : 19 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Loulou Robert photographiée par Sandra Reinflet / éd. JC Lattès.

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 16:42

Un piano pour PavelMymi Doinet est une auteur jeunesse que je suis depuis la découverte de sa série sur « la Tour Eiffel » qui voyage. Elle offre ici un roman pour les jeunes lecteurs (sachant déjà bien lire, à partir de 7 ans), qui relate l’histoire d’un jeune orphelin virtuose au piano.

 

Pavel prend le train tout seul pour rejoindre une nouvelle famille d’accueil. Il profite de son temps d’attente à la gare pour jouer quelques instants sur le piano mis à disposition des voyageurs dans le hall, sous le regard ébahi de personnages inattendus. Car l’originalité du roman, c’est la multiplicité des points de vue, le jeune garçon est brillant, et c’est le piano, l’horloge de la gare, une feuille tombée de son sac, une canette de jus d’orange, etc. qui prennent la parole tour à tour.

 

Je suis entrée dans l’histoire, et mince, c’est déjà fini. Je voulais vraiment connaitre la suite, même si on la devine heureuse. Prise par le récit, je n’ai pas vu que c’était le parcours et le temps du voyage qui étaient finalement plus importants que le quotidien de Pavel que l’on imaginera ensuite.

 

La musique (ou tout autre passion) peut aider à surmonter un quotidien douloureux, relier à une famille perdue, adoucir la vie. Et quand cette passion est partagée, elle relie les hommes.

 

Un très beau roman jeunesse, qui prend pour décor un phénomène récent : la mise en place de pianos dans les halls de gare, et qui sort de la tristesse un petit garçon orphelin, source inépuisable de la littérature jeunesse !

 

J’aime beaucoup les illustrations d’Amandine Laprun (voir son site) et ses choix de couleurs.

 

Nathan, coll. Premiers romans, février 2017, 42 pages, prix : 5,90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Amandine Laprun et éd. Nathan

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 15:56

Troisième personne - Valérie MréjenUne femme s'apprête à sortir de la maternité avec son nouveau-né. Elle porte un regard neuf sur la ville qui l'entoure, et voit désormais le monde à travers les yeux de son enfant. Elle décrit aussi les premières fois de l'enfance, jusqu'à ce que sa petite fille marche et gagne en autonomie.

 

J'avais lu des critiques enthousiastes sur le web, et j'ai été très très déçue par ce texte, je n'ai pas du tout adhéré à l'écriture, qui m'a dérangée et empêché d'éprouver la moindre émotion. Un texte froid, distant, détaché, trop détaché.

 

Troisième Personne, c'est l'enfant qui transforme le couple en famille, mais c'est aussi (et j'y ai surtout vu cela), le choix de la troisième personne de la narration. Froide, distante, clinique. J'ai entendu dans une émission radio l'auteur dire qu'elle avait voulu « objectiver des souvenirs », pour ma part, j'ai eu du mal à finir ces 140 courtes pages, tant je me suis sentie tenue à distance d'un propos à la fois individuel et générique mais froidement descriptif, impersonnel. La maternité sans émotions.

 

C'est du moins ainsi que je l'ai « ressenti », et pourquoi je l'ai pris en grippe malgré moi.

 

 

éd. P.O.L, janvier 2017, 140 pages, prix : 10 €

Étoiles :

crédit photo couverture : © éditions P.O.L

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 07:01

En janvier, j'ai lu :

 

(les couvertures sont cliquables quand elles renvoient à un billet)

 

Une bouche sans personne - Gilles Marchand

    

 


           

 

 

    

 

 

 

En janvier, j'ai vu :

 

Glacé - série TV d'après le roman de B. Minier    The good wife saison 5

 

 

(Glacé, série TV d'après le roman de Minier) / (The good wife saison 5)

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Publié par Laure - dans Blabla
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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 16:46
Je rachète ou pas ? (Les cosmétiques du mois # janvier 2017)

9 produits terminés ce mois de janvier :

 

 

Un gel douche extradoux hydratant de la marque Auchan, senteur "lait & amande douce", flacon de 300 ml qui coûte trois fois rien, choisi pour la texture crème et la senteur amande. Oui je rachèterai volontiers !

 

 

 

 

 

 

Un gros flacon (500 ml) de gel de toilette intime "Etre bien", marque propre au réseau "Parashop", de mémoire autour de 5 euros. Acheté en lot de 2 à un super prix promo, le produit est correct, je ne suis pas fan de la couleur rose (le gel est rose, pas seulement le flacon) et je préfère toujours l'indétrônable Roger Cavaillès, mais celui-ci est une bonne alternative à petit prix quand on n'a pas de souci particulier. Je suis susceptible de racheter.

 

 

 

 

 

Un gommage corps en format voyage (30 ml) de Clarins, offert dans un coffret soin de la marque, un incontournable que j'aime beaucoup mais que j'achète peu en raison de son prix. Ceci dit si on oublie le budget, je le rachèterais volontiers.

 

 

 

 

 

Un gel à raser parfumé au pamplemousse, qui coûte trois fois rien (moins d'un euro je crois) de la marque Balea (propre à la chaine allemande DM). Je profite toujours d'un passage en Allemagne pour faire le plein d'un tas de choses chez DM, où les prix sont vraiment plus intéressants qu'en France. Mais voilà, je ne vais pas souvent en Allemagne :-)

 

 

 

 

  Coloration ton sur ton Syoss (Saint-Algue), en promo chez Stokomani à 2.99 € la boite. Pris un coloris un peu au hasard, qui se révèle être pile ma couleur naturelle, donc c'est parfait. J'ai pris également une autre teinte un peu plus dorée, pour les avoir déjà essayées je trouve que ces colorations durent plus longtemps que d'autres (et ce sont seulement des ton sur ton, pas des colorations permanentes), et à 3 euros, pas la peine d'hésiter (autour de 8 euros à Auchan), mais on ne trouve pas toujours toutes les teintes

J'espère les retrouver à ce prix-là et rachèterai sans problème !

 

 

 

Le produit catastrophe du mois que je traine depuis des mois : un shampooing sec Batiste "XXL volume". Contrairement aux autres shampooings secs de la marque qui permettent de gagner un jour ou de sauver la mise un matin en retard, celui-ci se veut plus une laque collante qui laisse un résidu atroce au toucher, des cheveux "carton", sans pour autant rafraichir la chevelure : une horreur. Je ne rachèterai pas celui-ci, c'est une certitude !

 

 

 

Côté plaisir, une crème mains de la marque L'occitane, "iris bleu & iris blanc", petit tube de 30 ml (8 euros). Je l'ai acheté pour tester le parfum, que j'aime bien. ça reste cher, mais un petit plaisir abordable. La crème est toutefois assez légère et ne suffira pas pour des mains très déshydratées. On la finit assez vite, ça évite de se lasser du parfum. Je ne pense pas racheter dans l'immédiat, mais c'est un produit que j'ai aimé.

 

 

 

 

Les incontournables papiers matifiants de chez essence à 2,49 € chez Auchan, efficaces et petit prix, j'en rachète régulièrement .

 

 

 

Crayon à sourcils de chez Sephora, teinte 04 (midnight brown), 9,95 €, automatique qui se twiste (rétractable et waterproof), facile d'utilisation, se termine un peu vite. Une partie peigne intégré, un peu moins pratique qu'un vrai goupillon. Je garde en mémoire (pour un code promo) mais je l'ai remplacé par un crayon Kiko tout simple et moins cher mais très bien aussi.

 

Voilà, c'est fini pour cette fois :-)

 

 

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Publié par Laure - dans Rien à voir
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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 18:31

Goupil ou face - Lou LubieUn bijou que cette BD autobiographique qui présente de manière didactique et avec beaucoup d'humour la cyclothymie, un trouble bipolaire différent de ceux que l'on connaît habituellement.

 

L'auteur vit avec cette maladie depuis l'âge de seize ans, et retrace son parcours, pas toujours facile, et qui a nécessité de tâtonner avec plusieurs praticiens. Elle ne cache rien des phases sombres ou difficiles, mais on sourit beaucoup également !.

 

J'ai vraiment beaucoup aimé, le dessin, le trait, le renard qui représente ce trouble de l'humeur, le choix des couleurs (de la bichromie ! Noir et orange, en passant par des nuances de gris et d'orange plus clair), l'humour omniprésent, le sérieux de la vulgarisation scientifique, le choix des cases et du hors cases, bref, j'ai appris plein de choses et j'ai passé un très bon moment de lecture.

Il me tarde désormais de suivre le travail de cette jeune femme, elle a l'art et de la narration et du dessin.

(Regardez moi ce renard tout mignon sur la couverture et son ombre bien moins joyeuse !)

 

Une très belle découverte !

 

 

Vraoum ! éd. , octobre 2016, 138 pages, prix : 15 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Lou Lubie et éd. Vraoum !

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Publié par Laure - dans Boite à BD
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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 10:49

Ce que tient ta main droite t'appartient - Pascal ManoukianCharlotte et Karim forment un jeune couple ordinaire, ils ont la trentaine et attendent leur premier enfant. Charlotte est d’origine arménienne et Karim est français musulman non pratiquant. Charlotte sort passer la soirée avec des amies quand l’horreur survient.

 

Pour comprendre, se venger, tenter de survivre au drame, Karim va infiltrer Daech, avec une facilité déconcertante.

 

Après les échoués qui m’avait déjà fort impressionnée, ce nouveau roman de Pascal Manoukian est un nouveau coup de cœur, même si attention, il est si percutant qu’il a nécessité que je fasse des pauses dans ma lecture. Mais c’est le monde d’aujourd’hui qu’il nous décrit, dans toute sa violence, dans l’incompréhension que l’on peut en avoir, un récit extrêmement fort et réaliste, auquel l’angle de la fiction donne une liberté et une force supplémentaires. Un roman intelligent qui décrypte le mécanisme de l’embrigadement et dénonce l’horreur imposée au nom d’une religion que les bourreaux détournent et manipulent.

 

Magistral, indispensable et saisissant.

 

p. 203 : « Al-Quaïda vivait à l’âge des cavernes dans les grottes de Tora Bora, Daech vit à celui du buzz et des réseaux. Son cheval de Troie, c’est l’inculture, tous ces cerveaux d’adolescents rendus disponibles à force de les remplir de vide, à force de les abrutir d’hanounaneries, d’« Anges» et de « Ch’tis ».

L’organisation a mis la main sur les codes inventés pour anesthésier une partie de la jeunesse et les détourne en lui faisant prendre des allers sans retour vers Raqqa ou Kobané.

Chaque film de la division médiatique est un formidable teaser pour tous les recalés de la vie. »

 

p. 204 : « La force des barbares est d’utiliser les faiblesses de ceux qu’ils combattent. Il a suffi à Daech d’ouvrir Télé Z pour découvrir les nôtres. »

 

p. 226 : « Daech fait aussi la chasse aux livres, l’autre poison mortel. L’imagination est une arme dangereuse, la littérature, c’est la liberté d’inventer d’autres mondes, or il n’en existe qu’un seul comme il n’existe qu’un seul livre, celui de Dieu. »

 

p. 236 : « Alors pourquoi détruire les bouddhas de Bamiyan, le tombeau de Jonas, les lions assyriens de Raqqa, la bibliothèque de Mossoul et les colonnes du temple antique sur Baalshamin ?

Sur le commandement de quel verset, au nom de quelle sourate ?

Les plus grands conquérants restent ceux qui ont su cultiver les différences.

Mais ceux de Daech ne peuvent pas savoir, ils n’ont jamais ouvert un livre d’histoire, au contraire, ils le brûlent.

L’inculture est le terreau de tous les fanatismes. »

 

 

Don Quichotte éd. , janvier 2017, 285 pages, prix : 18,90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : ©Debra McClinton / Getty Images / et Don Quichotte éditions.

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