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  • : 42 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 20 ans, 18 ans et 13 ans 1/2. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, quatorze ans plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

Bienvenue à vous,

 

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Et la vie dans tout ça

Je n'arrive plus à trouver de temps pour le blog, alors je poursuis ... à mon rythme !

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 10:42

Ah les illustrations de Marc Boutavant, quel bonheur ! Un an après la sortie de Edmond sous la lune, on retrouve les personnages dans une nouvelle aventure, qui fait cette fois la part belle aux souris Polka et Hortense. Un beau matin très tôt, Polka la blanche vient réveiller son amie Hortense la grise. C’est le grand jour pour l’ascension de la Grande Montagne. « Personne n’est jamais monté au sommet, par peur de tomber de l’autre côté – côté rien – et de disparaitre de la carte". Mais Hortense n’est plus si courageuse, maintenant qu’il faut passer à l’acte. Son cœur bat la chamade. Courage ! Polka, blessée en chemin, se doit d’arrêter, et c’est Hortense qui tient à présent à relever le défi.

 

Une belle histoire d’amitié, qui aide à trouver le courage de surmonter ses peurs, pour aller au bout du voyage et admirer le paysage. Mais la beauté, c’est encore mieux quand on la partage avec des amis chers, et Edmond l’écureuil a répondu présent.

Une belle histoire de confiance aussi, confiance en soi, confiance en ses amis, d’entraide et de partage, et de beaux paysages colorés emplis de fleurs que l’illustrateur nous nomme en pages liminaires. De magnifiques illustrations pleines pages et une suprebe utilisation des couleurs, j’adore !

 

(un album pour les 4-7 ans)

 

Nathan, septembre 2014, prix : 10 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Marc Boutavant et éd. Nathan

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 16:41

En Naol (c’est le nom d’un pays), dans un futur indéterminé mais qui pourrait être assez proche, le rêve et le doute sont devenus interdits, tout comme les livres que certains collectionnent toutefois en secret. La population doit obligatoirement être hyperactive. Les enfants chétifs ou repérés comme faibles causent immédiatement l’inquiétude de leurs parents, et catalogués comme « enfants à problèmes », ils intègrent l’Académie du Succès dans l’espoir de rentrer dans le rang.

 

Ellis Spencer, 11 ans presque 12, est une de ces enfants « pas comme les autres », qui trouve encore une évasion personnelle dans la lecture des ouvrages de la bibliothèque secrète de ses parents.

Dans une société où il faut absolument être dans la norme, pourra-t-elle revendiquer et assumer sa différence, sa personnalité, et sa rébellion contre l’ordre établi ? Elle découvre aussi un réseau de résistance dans lequel elle s’investit.

 

Roman d’anticipation qui reflète tout de même bien une certaine évolution de notre société (performance, rentabilité, sur-importance donnée au spectacle et aux shows de télévision superficiels, …), j’ai énormément peiné à y entrer. Je ne crois d’ailleurs pas avoir réussi à apprécier ce texte, que j’ai trouvé souvent maladroit, confus, et peu intéressant (ou insuffisamment développé), sur un thème très à la mode pourtant en littérature jeunesse, cf. le succès cinématographique qui retentit a posteriori sur la version romanesque de Divergente, qui traite peu ou prou des mêmes thèmes : affirmer sa différence, lutter contre une autorité despotique, etc.

 

Ce roman faisant partie de la sélection 2015 du Prix des Lecteurs 13-16 ans du département, je me suis forcée à le finir (conscience professionnelle toussa toussa) mais je ne réussirai pas à le défendre tant j'ai failli passer à autre chose un grand nombre de fois.

 

p. 19 : « Mon père sait toujours où me retrouver parce que j'ai au creux du bras droit (comme tous les enfants du pays) une petite puce sous-cutanée qui transmet mes données (position, température, tension, rythme cardiaque) vers les micro-tablettes de mes parents. »

 

Ce n'est presque plus de la science-fiction puisqu'une chaîne française de prêt-à-porter vient de mettre en vente des blousons pour enfants avec traceurs GPS, les sales mômes ne daignant pas répondre aux trop nombreux appels de leurs parents sur leur smartphone.

Elle est pas belle la vie ?

 

 

 

 

Actes Sud junior, avril 2014, 141 pages, prix : 12,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Jeanne Detallante et éd. Actes Sud junior

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Publié par Laure - dans Livr'ados
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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 09:19

(Préface d'Eric-Emmanuel Schmitt)

 

Catherine Matausch est journaliste, aux commandes du JT du week-end sur France 3, mais j’ignorais qu’elle était aussi artiste (peintures, pastels, photographies). Stéphane Beau est le fondateur d’une revue disparue, Le Grognard, mais aussi romancier (j’avais beaucoup aimé Les en dehors, en 2011.) 

 

 

Instants nomades est un recueil de photographies de Catherine Matausch, prises à l’Iphone, accompagnées chacune de quelques lignes poétiques de Stéphane Beau. L’ouvrage est soigné, la mise en page parfaite (page de gauche, photo encadrée de noir, page de droite, court poème ou aphorisme et pagination soulignée à hauteur du cadre de gauche, c’est harmonieux et sobre.

 

Comment parler de photographies quand on n’y connait strictement rien, pas plus en vocabulaire adéquat qu’en technique ? À part dire j’aime ou pas, j’y suis sensible ou pas… Ce qui m’a frappée d’emblée en feuilletant ce livre la première fois, c’est l’aspect « trafiqué » : aucune photo n’est naturelle, toutes, en noir et blanc, me semblent passées à l’artifice d’un filtre Instagram. Le résultat peut être surprenant sur certaines photos, de même que les photos floues (très floues pour certaines, interpellent : pourquoi ce choix ? qu’a voulu transmettre l’artiste ?)

Hormis un grand nombre de photos de bord de mer, de plages ou de bateaux, il n’y a pas forcément d’unité qui ressort au premier abord. Pourquoi ce chat de dos, cet escalier, cette forêt… « Instants nomades » dit le titre, c’est justement cet éclectisme qui fait l’unité.

 

Si je ne sais pas parler des photos (je ne sais peut-être pas le faire des textes non plus !), j’ai néanmoins été bien plus sensible à ceux-ci. Et ils éclairent, d’un regard subjectif, la photo placée en regard. Certains font sourire, pencher la tête d’un mouvement d’approbation, reconsidérer l’image, oui c’est vrai, peut-être, pourquoi pas.

J’aime tout particulièrement ceux-ci (mais je pourrais en citer tant d’autres !) :

 

« Elle aimait se baigner

Au jour mourant

Dans les flots en fusion

 

Moi quand elle revenait

Lasse et salée

Se blottir sur mon cœur

Je cueillais sur son corps

Des éclats de soleil »

 

Ou encore

 

« Le flou artistique

Est une invention

De myope

Mégalomane »

 

Et l’on se surprend à reprendre l’ouvrage, à s’arrêter à nouveau sur une photo, un texte, s’arrêter justement, le temps d’un instant, contempler la vie qu’on ne prend plus le temps de voir. Des instants apaisés, même dans la trivialité de certaines photos (finir par un cliché de toilettes ?)

 

Si vous en avez l’occasion, prenez le temps de vous arrêter sur cet ouvrage. Ma fille qui passait par là, depuis longtemps résignée aux piles de livres qui trainent partout dans la maison, a stoppé son geste le temps de dire : « oh, il est beau ton livre ». Celui-ci l’a arrêtée ; pas les autres.

 

En savoir plus sur le site ce petit éditeur nantais et voir quelques photos : ici

 

éd. du petit véhicule, juillet 2014, ISBN 978-2-84273-953-9, prix : 20 €

Livre relié à la chinoise, Illustré en couleur, 113 p., 21 X 21 cm

 

Etoiles :

 

Crédit photo couverture : © Catherine Matausch et éd. du petit véhicule.

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 20:05

J'avais beaucoup aimé le précédent roman de Frédérique Martin, le vase où meurt cette verveine

Je suis restée hélas un peu plus à distance de ce nouvel opus, regardant de loin ces petits jeunes s'agiter sans qu'ils parviennent à me toucher ou m'intéresser.

 

Certes la scène d'ouverture est très forte et très actuelle, une jeune fille se fait agresser dans le métro sous le regard vide des autres voyageurs. Seule une femme osera réagir et s'interposer. Claire, elle, s'en veut de sa peur et de sa lâcheté, et pour se rattraper, aborde Tisha, la victime, et lui propose de venir chez elle, ou plutôt chez eux. A partir de là, on a beau mélange de « Ensemble c'est tout » façon « auberge espagnole », avec une bonne dose de« et puis Paulette ». C'est un peu trop vu, trop gentil, trop dans l'air du temps, réparons nos blessures tous ensemble, cessons l'égoïsme, aimons-nous les uns les autres sans oublier nos vieux.

 

Kader, Claire, Juliette, et Monsieur Bréhel ont tous des bleus à l'âme et le besoin d'aimer et d'être aimés. L'amour, l'amitié, de beaux sentiments qui s'entrecroisent dans l'errance d'une jeunesse qui se trouve. C'est la violence annoncée en quatrième de couverture qui m'a fait persévérer et finir le roman : de nouvelles scènes brutales heurtent les personnages pour mieux les rapprocher. Oui... mais ça reste un peu trop idéaliste et joue un peu trop sur les bons sentiments. A la crudité de la réalité, de beaux espoirs...

 

Belfond, août 2014, 221 pages, prix : 21 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Emile Loreaux / Picturetank et éd. Belfond.

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 06:07

p. 70 : « C'est l'acte d'écrire qui fait de toi un écrivain, m'avait-il expliqué. Si tu te lèves pour écrire tous les matins, alors tu es écrivain. ça n'a rien à voir avec la publication. Ça, c'est juste du commerce. »

 

 

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Esther Ménévis

 

En 1996, Joanna (l'auteur elle-même, il s'agit d'un récit autobiographique) termine tout juste ses études de lettres lorsqu'elle se fait embaucher comme assistante dans une Agence sur Madison Avenue à New-York, Agence chargée de l'accompagnement et de la rédaction des contrats des auteurs (le métier d'agent littéraire, s'il est assez couru à l'étranger, est encore rare en France où tout se négocie généralement au sein de la maison d'édition)

 

Joanna, encore jeune et timide, essaie de bien faire et de satisfaire tous les desiderata de sa patronne. L'essentiel de sa tâche consiste à taper des courriers sur une machine à écrire, à partir du magnétophone confié par sa patronne, et de respecter la sacro-sainte règle : ne jamais divulguer les coordonnées de Jerry. Qui est donc ce mystérieux Jerry qui intrigue bien Joanna ? Il s'agit du célèbre J.D. Salinger. Son aura d'auteur fuyant tout contact et vivant reclus est ici largement cultivée.

 

Plusieurs choses m'ont étonnée dans ce récit : son époque d'abord. Tous dans les descriptions et matériels laisse à penser qu'on est dans un décor suranné des années 60, or non, l'époque est dévoilée plus loin : on est bien à la fin des années 90, c'est juste que l'Agence qui emploie Joanna n'est pas à la pointe de l'informatique ! Il n'empêche, que de tâches répétitives inutiles quand on y songe ! Mais c'est ce qui contribue bien sûr à l'atmosphère (et au charme?) du roman. Son caractère autobiographique ensuite : j'aurais préféré sans doute un roman, car si le récit est plaisant, j'ai trouvé morne malgré tout le relationnel de Joanna avec son petit copain, avec ses collègues, …

 

Roman de passage à l'âge adulte, où l'auteur affirme ses choix et ses envies, face à ses parents, son amoureux, son travail, et où sa découverte des romans et nouvelles de Salinger, si elle joue une part importante dans sa vie, reste anecdotique dans le récit et sert surtout à entretenir la légende.

 

Une lecture en demi teinte, agréable mais sans plus.

 

 

Albin Michel, septembre 2014, 346 pages, prix : 20,90 €

étoiles :

Crédit photo couverture : © Ed. Albin Michel

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Publié par Laure - dans Romans étrangers
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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 13:28

Le récit d’une jeune enseignante, tout au long de son année de stage, entre la classe de 4ème dont elle a la charge en français, et la formation à l’IUFM (qui a changé de nom depuis).

Tout juste lauréate de concours, sans permis de conduire et donc sans voiture, la jeune femme, citadine francilienne, est nommée professeur stagiaire au fin fond de la Normandie. On peut y voir, au départ notamment, avec un renversement sur la fin, une légère condescendance dans son approche du territoire rural.

2 aspects principaux dans ce récit : la vacuité culturelle et éducative des élèves, (et rien à voir avec la campagne, les comportements et discours décrits sont les mêmes que ceux de banlieue ou de n’importe où en France !) Le niveau est affolant, mais elle s’attache à ses bougres et tente de faire de son mieux pour ne pas les noyer davantage. Deuxième aspect : la formation initiale et pratique des enseignants : une calamité jargonnante qui ne les prépare en rien à la réalité du terrain, mais à un point tel que c’en est sidérant.

 

Un énième récit sur la difficulté du métier d’enseignant ? Celui-ci vise plutôt à démontrer l’inadéquation de la formation des professeurs, qui s’ils ont un excellent bagage universitaire dans leur discipline, restent démunis en pratique face à l’agressivité, au manque de respect, au désintérêt des élèves, etc.

 

On pourra reprocher à l’ouvrage de ne voir que le noir (ou alors tout est noir ?) : par exemple, il n’y a jamais 100 % de cancres petits caïds dans une classe, or dans le récit, on n’en est pas loin (un seul bon élève anxieux apparaît de temps en temps). De même côté formation, il ne doit quand même pas y avoir que des tuteurs dépressifs et des profs qui remplacent systématiquement le mot « parents » par « géniteurs d’apprenants » sous prétexte qu’il faut théoriser ?

 

Propos ordinaires de jeunes enseignants :

p. 64 : « - Je voudrais savoir comment faire lire des élèves qui écoutent Skyrock à longueur de journée.

- Pendant que j’essaie de les intéresser à la Princesse de Clèves, ils préfèrent feuilleter Closer sous les tables…, renchérit Alexandre discrètement.

- Et moi j’enseigne le latin, se plaint Romain. Ça suppose d’avoir envie de connaître les cas grammaticaux, Tacite, Tite-Live ou Pline le Jeune, de s’intéresser aux guerres puniques ou aux rois étrusques ! L’autre jour un élève a confondu Hannibal, l’allié des Carthaginois, avec Hannibal Lecter : il pensait qu’il dévorait ses adversaires ! »

 

L’enjeu de cette année de stage pour l’enseignant est la titularisation : bienvenue dans le grand bain, redoublement pour se donner un peu plus de temps et s’aguerrir, ou démission pour certains.

L’année des désillusions ou l’envie de se battre pour transmettre un savoir, a minima.

 

Conclusion réaliste de l’inspecteur, p. 257-258 :

« - Allez, allez, vous faites dans les sentiments, c’est très gentil, mais ne soyons pas naïfs… Ils ne se sentent pas concernés par tout ça, vos élèves. Je ne sais pas ce qu’ils deviendront, mais il faut leur souhaiter bonne chance. C’est beaucoup plus facile pour les fils d’avocats, de sénateurs ou d’enseignants. Ils sont tranquilles eux… Mais les petits gamins comme ceux que vous aviez cette année, c’est pas nous qui changerons leur destin.

            Devant mon air interloqué, Fernand reprend, un ton plus bas :

- Je ne dis pas qu’on n’essaie pas, attention ! Mais entre nous, on n’y arrive pas… Vous le voyez bien, vous n’êtes pas dupe quand même… ? Qui l’ignore encore ? ça fait quarante ans que je travaille dans le système… C’est devenu trop lourd, trop immobile tout ça… On manque d’audace pour faire des changements de fond qui ne plaisent pas à tout le monde ! Alors on joue aux savants, on utilise des mots compliqués pour donner l’impression qu’on maîtrise… On invente des petites réformes qui font de mal à personne… Et pendant ce temps, le niveau dégringole… Alors on gonfle les notes pour que ça se remarque pas trop. Vous avez bien vu avec vos élèves ? ça y est, c’est fini, la plupart des portes sont fermées ! Ils ne feront pas ce qu’ils veulent… C’est comme ça… Enfin, il faut garder de l’espoir, vous commencez le métier, me dit-il en se redressant soudainement. J’espère que je ne vous démotive pas trop. Ce n’est pas le but… Bonne chance pour la suite, mademoiselle, conclut-il en me serrant la main. Battez-vous comme vous pouvez. […] »

 

Des propos lucides. En tout cas qui correspondent pile à ce que je vois avec mes 4ème (je ne suis pas enseignante mais j’interviens en collaboration avec les enseignants de français et les profs-doc sur certains projets en littérature jeunesse)

Je n’ouvre pas le débat, il est quasi sans fin et toujours passionné. Parce qu’on a tous été élèves, qu’on est souvent parent d’élèves. On a tous un avis sur l’éducation à la française, les modèles d’autres pays, la société, etc. D’ailleurs, à peine ce livre refermé, on a débattu pendant une heure avec mes enfants. Ça n’a pas été reposant, mais c’est sans doute le point de départ évident de ce livre : discuter ! Critiquer, défendre ses idées, souhaiter des solutions. Mais c’est pas en changeant de ministre tous les 6 mois avec une réformette pour chacun qu’on y arrivera…

 

 

 

Flammarion, août 2014, 263 pages, prix : 16,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. JC Lattès           

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Publié par Laure - dans Essais - documents
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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 06:41

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Francesca Serra

 

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle n'est pas banale, cette jeune Hester Day. Pas encore majeure qu'elle veut déjà adopter un enfant, et l'âge fatidique tout juste franchi, il faut bien un mariage vite signé avec un étudiant poète à ses heures et qu'elle croise régulièrement à la bibliothèque pour arriver à ses fins. Rebelle à sa famille et pas la langue dans sa poche, Hester va tailler la route avec Fenton Flaherty, époux de son état, et Jethro, son jeune cousin obèse qui s'enfuit avec eux.

C'est parti pour un road trip en camping-car, complètement déjanté, entre insouciance et vie à bras le corps sans chercher midi à quatorze heures. Mais Jethro étant mineur, on se doute bien que l'envolée finira en queue de poisson.

 

Un roman initiatique qui est vraiment original, mais qui ne m'a pas autant séduite que le précédent titre de cet éditeur (Dieu me déteste, d'Hollis Seamon.) La ligne éditoriale est cohérente (des romans qui parlent d'adolescents mais qui s'adressent aux adultes), mais cette ballade ne m'a pas embarquée comme elle aurait pu, je trouve qu'on tourne assez vite en rond, à attendre comment l'aventure va se terminer. Le rapport à la mère, à la non-conformité de l'image attendue par celle-ci dans son lien à sa fille, aurait mérité d'être davantage développé peut-être, même si l'épilogue est … on ne peut plus clair !

 

Une lecture qui décoiffe dans le rang des familles bien proprettes, mais qui ne m'a pas réjouie outre-mesure, en dépit de son ton singulier qui en fait toute l'originalité.

 

 

éd. Anne Carrière / La belle colère, mai 2014, 366 pages, prix : 20 €

Etoiles :

crédit photo couverture : © Anne Carrière / La belle Colère

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Publié par Laure - dans Romans étrangers
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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 09:42

Présentation de l'éditeur :

« Vous croisez au bord d'une falaise une jolie fille ?
Ne lui tendez pas la main !
On pourrait croire que vous l'avez poussée. »

Il court vite, Jamal, très vite. A cause de sa prothèse à la jambe et autres coups du sort, il a un destin à rattraper. A Yport, parti s'entraîner sur la plus haute falaise d'Europe, il a d'abord remarqué l'écharpe, rouge, accrochée à une clôture, puis la femme brune, incroyablement belle, la robe déchirée, le dos face au vide, les yeux rivés aux siens. Ils sont seuls au monde ; Jamal lui tend l'écharpe comme on lance une bouée.
Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, gît sous les yeux effarés de Jamal le corps inerte de l'inconnue.
A son cou, l'écharpe rouge.

 

De Michel Bussi, j'avais lu Nymphéas noirs, Prix Polar Michel Lebrun 2011, que j'avais plutôt bien aimé. Je n'avais pas récidivé dans la lecture de cet auteur français devenu « bankable » et qui a su se hisser au top des meilleurs ventes avec plusieurs best-sellers.

 

N'oublier jamais, qui fait beaucoup causer pour son titre (faute, pas faute, c'est bien un infinitif, c'est bien dans cet ordre-là – et non pas « ne jamais oublier », c'est bien énoncé dans le roman mais ça convainc peu), est un polar efficace dans le genre : le lecteur est happé et veut savoir, donc tourne les pages sans s'en rendre compte. De ce point de vue-là, ça fonctionne : je l'ai lu en 2 soirées.

 

Maintenant rarement je n'ai autant eu envie de bondir aux renversements qui me sont proposés : si l'on se doute bien que le héros malheureux est manipulé et que l'on cherche à savoir par qui et pourquoi, la mise en scène trouvée est quand même grand-guignolesque et vraiment trop tirée par les cheveux. Je veux bien entendre que plus c'est gros plus ça passe ou que la crédibilité n'est pas l'élément essentiel dans un polar, il ne faut quand même pas se moquer du monde. C'est dommage, car cela a vraiment tout gâché pour moi.

Les deux dernières parties (Exécution, Révision) qui apportent de nouveaux renversements (il y a toujours un dernier retournement de dernière minute sinon c'est pas drôle) sont déjà plus réalistes, quoique... au moins ça passe mieux que la partie centrale (Jugement). A trop vouloir en faire ? Déception en tout cas pour ma part, qui tient aux choix faits dans l'intrigue.

 

Ça reste un bon bouquin détente, si on en accepte les règles.

 

(et c'est moi où il y a vraiment une erreur à cet endroit-là (page 64 de la version numérique, à la fin du chapitre 8 : « Depuis, j'ai beaucoup repensé au regard de Denise quand je lui avais parlé du suicide de Morgane Avril. Ce regard où je lisais sa consternation de me découvrir aussi naïf... » Morgane Avril ? A cette étape du roman ça ne peut être que Magali Verron, non ? Je renonce à relire tout le début, mais cela m'a interpellée)

 

 

Ed. Presses de la Cité, mai 2014, 504 pages, prix : 21,90 €

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Crédit photo couverture : © Thierry Sestier / Presses de la Cité

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Publié par Laure - dans Polars - Thrillers
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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 13:30

Quatre femmes adultes, de l'arrière-grand-mère à l'arrière-petite-fille, quatre générations : au décès de Mamie Alice, son arrière-petite-fille Lia découvre de vieilles lettres et un secret de famille en rangeant la maison de la défunte. « J'avais vingt ans. Mamie Alice était ma première morte » A l'âge où elle construit sa vie et hésite à s'engager avec son amoureux, cette découverte va la bouleverser et la conduire à s'interroger et à interpréter différemment les vies de sa mère et de sa grand-mère Sol. Ou comment la psychogénéalogie fait des siennes à l'ombre des secrets enfouis, et comment rompre le cercle.

 

Si le roman est joliment écrit, de manière très sobre et classique, son sujet manque un poil d'originalité. C'est une lecture agréable mais il manque l'étincelle qui le sortirait de l'ordinaire, d'autant que la fin convenue est sans surprise.

 

Et si cela n'a rien à voir avec l'histoire ni même l'écriture, il y a pour moi quelque chose de rédhibitoire dans l'édition de ce roman : son illustration de couverture. Certes lu en numérique, c'est typiquement le genre de couverture vers lequel je ne serais jamais allée en librairie, ou alors en pensant « tiens, un cadeau pour ma grand-mère peut-être... (je n'ose même pas dire ma mère) ». Dommage car la couverture, c'est souvent la première approche que l'on a avec le livre sur une table de libraire, avant même sa quatrième et son résumé. Mais son côté très daté pourra plaire à d'autres, les goûts et les couleurs, comme on dit...

 

Lu en juillet dans le cadre de l'opération "On vous lit tout !, en partenariat avec Libfly et le Furet du Nord"

 

Julliard, août 2014, 134 pages, prix : 18,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © DR / ed. Julliard

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 18:02

A + 2, c'est la 2ème génération après A, A dans le livre étant le camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz. Mais ce n'est que dans la dernière partie que ce titre prend sens. Récit dur, âpre, qui réinterroge l'identité et la culpabilité.

 

Étonnant parcours de lecture qui fut le mien : ce livre a bien failli me tomber des mains très vite, pour peu à peu m'attirer dans sa deuxième partie et me convaincre dans sa dernière, sur la qualité du projet littéraire.

Si vous cherchez une histoire reposante avec un début un milieu une fin, passez votre chemin. Si vous acceptez une construction non linéaire, un peu déstructurée mais au final ô combien intéressante, allez-y.

 

La première partie, intitulée « personnalité juridique » a failli m'ennuyer, bien qu'un peu ubuesque. Je n'étais pas loin de penser « pauvre petite fille riche qui narre ses innombrables voyages facilités entre autres par un passeport diplomatique », sa vie à Riyad, son safari en Tanzanie, sa journée à Jérusalem... Mais pourquoi ces interpellations en allemand, qui rappellent bien sûr une autre époque... C'est court, et pas inintéressant, je poursuis. La deuxième partie s'intitule : « la personne morale » et précise le parcours de l'auteur. Abrutissant premier chapitre sur la philosophie allemande, Sophie Schulze a été étudiante en philo à Strasbourg. Le cours sur Heidegger (son petit Heidi) et Arendt me perd. Ou ce n'est pas le bon moment. Parfois, c'est un rien qui vous accroche, Valdoie, la Savoureuse, Belfort c'est toute mon enfance auprès de ma grand-mère, Strasbourg et ses universités, mon adolescence. Ça me parle enfin, même si ce n'est pas pour les bonnes raisons. Puis son expérience de juriste à Paris (kafkaïenne), le Niger, Jérusalem.

Troisième et dernière partie, sans aucun doute la plus essentielle, « l'unicité ». Visite de A et B, choix d'un code de langage où A est Auschwitz et B Birkenau, découverte tardive du nazisme de son grand-père, nombreux passages (trop peut-être au regard de son propre texte) extraits de « Aucun de nous ne reviendra. Auschwitz et après, t.1 », de Charlotte Delbo  (Paris, Editions de Minuit, 1970).  Une réalité historique qui toujours frappe aux tripes, mais un regard sur la visite « musée » qui interpelle également. Et l’œuvre prend sens dans son ensemble, outre la question de porter le poids de son passé familial à génération + 2, la construction de soi dans un tel contexte, les parties « juridique » et « morale » prennent alors une nouvelle lumière.

 

La postface adressée à l'éditeur m'a un peu gênée. Lui l'homme de la génération A+1, juif né dans un camp. Façon « vous seul pouvez me comprendre ». Tout bon livre est publiable, choisir ses pairs viendrait presque le discréditer. Très belle réponse de l'éditeur.

 

 

éd. Léo Scheer, août 2014, 141 pages, prix : 17 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Léo Scheer

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