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  • : Les jardins d'Hélène
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  • : 44 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 22 ans, 20 ans et 15 ans 1/2. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix-sept ans (?!) plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

Bienvenue à vous,

 

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Et la vie dans tout ça

Je n'arrive plus à trouver de temps pour le blog, alors je poursuis ... à mon rythme !

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 20:22

Traduit de l'anglais par Séverine Quelet

 

La veuve - Fiona BartonJuin 2010. Kate Waters, journaliste au Daily Post, rend visite à Jane Taylor, « la veuve » harcelée par la presse. Son mari, Glen, est décédé trois semaines auparavant, renversé par un bus.

« Je ne pouvais tout de même pas leur avouer que j'étais heureuse qu'il soit mort. C'en était fini de de ses bêtises. »

 

Ses bêtises, comme elle dit, ce sont les faits de pédophilie pour lesquels il a été accusé en 2006. La petite Bella Elliott, 2 ans, a été enlevée alors qu'elle jouait dans son jardin, échappant quelques instants au regard de sa mère. C'est le policier Bob Sparkes qui s'est chargé de l'enquête. Très vite les soupçons se sont portés sur le mari, Glen Taylor.

 

Le roman va donc partir chronologiquement de la fin et alterner temps présent et retours en arrière, donnant tour à tour la parole à la veuve, à la journaliste, au policier, à la mère de la petite Bella, etc. L'enquête sera rouverte à un moment, montrant combien la première avait été bâclée.

 

La veuve est un polar psychologique qui veille à présenter les points de vue de chacun pour démêler le vrai du faux et dévoiler ce que savait en réalité ou non « la veuve ». Peut-on réellement ignorer ce que fait son conjoint ? Ne se voile-t-on pas la face volontairement ?

 

L'idée et la construction sont intéressantes mais manquent hélas un peu de dynamisme par moments, se révélant aussi assez peu crédibles (bâcler une enquête à tel point quand on voit les questions pourtant évidentes présentées lors de la réouverture?)

 

L'écriture est simple, trop peut-être, avec parfois une phrase bancale (maladresse de traduction ? : « c'est à cause du lait entier que Glen insiste pour qu'on achète »), on va au bout,curieux de connaître la vérité de la veuve, mais au final il ne restera pas grand-chose de ce premier roman qui n'échappe pas à quelques faiblesses. Intéressant toutefois de voir le pouvoir de la presse quand c'est plutôt à la police et à la justice qu'on devrait avoir affaire...

 

Fleuve éditions, janvier 2017, 416 pages, prix : 19,90 € (13,99 € en numérique)

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Getty Images et Fleuve éd.

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Publié par Laure - dans Polars - Thrillers
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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 10:48

Ne vous arrêtez pas à la couverture de l’album, qui pourrait paraître austère, osez l’ouvrir car il n’en est rien, au contraire, c’est la luxuriance de la nature qui s’offre à l’intérieur !

 

Le petit narrateur a 6 ans, il apprend à lire et à écrire à l’école. Il aime aussi se réfugier chez son grand-père Luis, qui lui, n’a jamais appris. Il a quitté son Espagne natale fuyant la guerre civile. Il a travaillé très jeune. On dit qu’il a la main verte et le langage des oiseaux. Il aime jardiner, cuisiner, ramasser des herbes sauvages, peindre et dessiner comme le Douanier Rousseau. Il chante et joue de la guitare aussi.

 

Entre ce grand-père et son petit-fils, c’est la beauté de l’amour et de la transmission qui transparaît, le plaisir des choses simples et partagées, et le jeu des mots que ce grand-père n’a pas beaucoup appris : pour lui, il faut mettre les poings sur les îles et il excelle dans ses recettes du tiroir !

 

Les illustrations sont très belles, poétiques, le grand-père n’est jamais loin, parfois juste en transparence, mais reconnaissable à quelques détails et à la silhouette. C’est original et riche comme la nature qui explose à foison dans ces pages.

 

 

Un titre qui n’est pas récent mais dont le titre surprenant et l’auteur que je connaissais par ailleurs (Elise Fontenaille) m’ont arrêtée, et permis de découvrir l’artiste Violeta Lópiz.

 

 

A proposer à partir de 6 ans.

 

Rouergue, octobre 2011, [32 pages], prix : 15,30 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Violeta Lópiz et éd. Du Rouergue.

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 09:38

Un amuor sur mesure - Fuentès / HuardGarganton est un géant minuscule (prenez Gargantua, et changez le suffixe « on », comme chaton pour petit chat) ; rejeté par les siens à cause de sa différence, il est très solitaire. De son côté, Mimolette est une naine, mais une naine géante. Même problème !

Ils vont bien essayer l’un l’autre de se faire adopter par le clan voisin, mais ils sont là aussi rejetés. Un géant nain n’est pas un nain à l’origine, mais toujours un géant. Et vice-versa pour Mimolette.

Ils essuient leurs larmes chacun de leur côté, jusqu’au moment où ils se rencontrent, se réconfortent, et vivent ensemble leur différence. Ils quittent leur pays et arrivent dans une ville encore vierge de tout racisme et y vivent heureux. Ils y sont aimés tels qu’ils sont !

 

Une très belle histoire proche du conte, sur le rejet de la différence, son acceptation par l’autre, et le courage de construire quelque chose pour soi, avec l’autre, la possibilité d’être heureux avec quelqu’un de différent. Un beau message de tolérance et d’ouverture d’esprit porté par des dessins très colorés, j’aime beaucoup le trait d’Alexandra Huard.

 

Cet album est la réédition d’un texte (légèrement modifié semble-t-il) paru initialement dans la collection « premiers romans » de l’éditeur (2012, épuisé). Le format album rend hommage aux illustrations, j’aime le détail des feuilles et des fleurs, dans le paysage mais aussi sur la robe de Mimolette, un « imprimé » très coloré qui vient remplir les pages liminaires de l’album, c’est superbe.

 

 

© Alexandra Huard et éd. Nathan

 

 

 

Nathan, janvier 2017, 32 pages, prix : 10 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Alexandra Huard et éd. Nathan

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 10:58

Une bouche sans personne - Gilles MarchandUn comptable de 47 ans mène une vie relativement solitaire, protégé par son univers professionnel codifié et monotone, et les écharpes dont il se pare hiver comme été pour cacher une cicatrice qu’il a depuis son enfance. Sa vie extérieure se résume au bistrot qu’il fréquente tous les soirs, il y retrouve Lisa, la serveuse, Sam, et Thomas. Un soir, il commence à se dévoiler et à raconter son enfance avec son grand-père Pierre-Jean, qui l’a élevé.

 

Par quelques indices semés ici et là, on devine que son secret a trait à la seconde guerre mondiale et que l’action présente se déroule à la fin des années 80 (il y a encore des francs !).

Au fur et à mesure que le protagoniste se dévoile, le décor autour devient de plus en plus loufoque : la concierge de son immeuble est morte et les poubelles s’amoncellent, jusqu’à ce qu’un ancien militaire y creuse un tunnel pour continuer à entrer et sortir, son univers professionnel et sa vision de la boulangère et d’une vieille dame et son chien prennent une tournure de plus en plus étrange, comme les lettres que reçoit Sam, de ses parents décédés.

 

 

J’ai aimé l’humour absurde qui parsème le récit, pour mieux circonscrire le drame de la révélation finale que l’on sent toutefois arriver petit à petit.

 

Une belle surprise que ce premier roman, original, fort, décalé.

 

 

p. 56 « Je sors la monnaie, je paie et je m’en vais. A peine deux ou trois paroles échangées. Une fois n’est pas coutume. Aujourd’hui, pas d’avis sur mes dernières lectures, pas de conseil. Ce que j’aime ici aussi, c’est le respect de l’humeur, le refus des phrases toutes faites et des considérations météorologiques. Ma librairie est une anti-boulangerie. »

 

p. 206 : « Je ne sais pas encore comment je vais m’y prendre. Je n’ai pas de méthode. Ou plutôt si, je n’ai qu’une méthode : celle qu’a appliquée consciencieusement Pierre-Jean tout au long de sa vie. Ne pas s’encombrer de la réalité, transformer son présent pour oublier son passé. Il m’avait expliqué que si j’estimais que le monde n’était pas assez beau et que je n’étais pas en mesure de le changer, personne ne pourrait jamais m’empêcher de l’imaginer tel que je voudrais qu’il soit. »

 

 

Lu dans le cadre de ma participation aux 68 premières fois proposée par Charlotte.

 

 

 

Aux forges du Vulcain, août 2016, 260 pages, prix : 17 €

Etoiles : 4 étoiles

Crédit photo couverture : © Elena Vieillard et éd. Aux Forges du Vulcain

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 12:34

Danser au bord de l'abîme - Grégoire DelacourtC'est l'histoire d'une femme, Emmanuelle (qu'on appelle Emma le plus souvent), mère de trois enfants (deux filles et un garçon), mariée à Olivier, concessionnaire BMW. C’est l'histoire d'une rencontre dans une brasserie le midi, avec Alexandre, et la naissance d'un désir irrépressible. Et tout ce qui va suivre...

 

Grégoire Delacourt renoue avec l'écriture au féminin, se mettre dans la tête d'une femme lui réussit très bien, comme dans la liste de mes envies. La première partie est construite à rebours, le premier chapitre est numéroté 72, et cela va decrescendo vers zéro, le twist inattendu (et qu'il convient de ne pas révéler pour ne pas gâcher la lecture) qui conduit à une deuxième et troisième partie qu'on n'avait pas vues venir de la sorte.

 

J'ai beaucoup aimé la première partie, cette naissance du désir, cette attirance, ce dilemme à surmonter, faut-il partir ou non, ce n'est pas parce qu'elle n'aime plus qu'elle a besoin d'aimer ailleurs, Emmanuelle, elle a besoin d'aimer davantage. L'amour s'ajoute et ne remplace pas.

Cette première partie décrit les sentiments et les analyse avec justesse et réalisme. Sur un sujet moult fois traité, c'est une réussite. Le parallèle avec la Chèvre de Monsieur Seguin, d'Alphonse Daudet, dont le conte est reproduit in extenso à la fin après avoir parsemé le roman d'extraits, est très bien vu.

 

C'est au cours de la deuxième partie que ça se gâte, un peu longuette, ennuyeuse et répétitive. La troisième partie m'a encore bien plus déçue, basculant dans trop de bons sentiments, si peu crédible dans ses descriptions du traitement de la maladie et des choix faits autour, quant au dernier twist, n'en jetez plus, sortez les mouchoirs ou éclatez de rire, et c'est fort dommage, tant la première partie était prometteuse.

 

C'est un roman qui plaira aux amateurs de belles histoires tristes mais finalement positives, aux histoires d'amour pleines de bons sentiments.

 

L'équilibre sur le fil est fragile, entre la danse joyeuse exprimée par le titre et le danger de l'abîme qui la côtoie. C'est l'équilibre permanent de la vie, dont Grégoire Delacourt sait saisir les instants avec beaucoup de justesse, mais hélas ici, beaucoup d'inégalités et des choix trop romanesques qui m'ont fait finir le livre dans la déception.

 

 

Extraits :

 

p. 23/166 (numérique) : « Le désir ne tient pas toute une vie, m'avait-elle dit.

L'amour non plus, lui avais-je répondu. Moi, je crois au premier regard, maman. Je crois à la première impression. Je crois au langage de la chair. Au langage des yeux. Au vertige. À la foudre.

- Ce à quoi tu crois, ma petite fille, cela aboutit au chagrin. »

 

p. 38/166 (numérique) : « Et j'avais deviné ce jour-là sa peine d'être restée, sa colère jamais éclose et ses appétits jamais comblés. Ma mère s’était sacrifiée, elle avait préféré la prudence de la paix à la fureur des chagrins d'amour.

Elle avait plongé dans les livres plutôt que dans les bras des hommes. »

 

p. 39/166 (numérique) : « (…) et que tous deux se laissent emporter par cette vague, haute et puissante, qui charrie soudain les rancœurs, les silences, toutes les frustrations d'un couple dont la fantaisie s'est gangrenée avec le temps. »

 

 

 

 

JC Lattès, 02 janvier 2017, 320 pages, prix : 19 € (existe en numérique : 13,99 €)

Etoiles : 3 étoiles

Crédit photo couverture : © éd. JC Lattès et Clifford Coffin / Condé Nast via Getty Images pour le bandeau de couverture.

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 15:02

Un sacro-saint bilan avant d'ouvrir une nouvelle page, vers de nouvelles lectures et découvertes :

 

En 2016, j'ai lu 106 livres (soit 11 de plus qu'en 2015), parmi lesquels 20 BD ou mangas, 5 romans ados, 5 polars, 8 essais ou docs, 62 romans français, 6 romans étrangers traduits seulement. Je ne compte jamais les albums enfants et très courts romans jeunesse. Si je les avais achetés, ces livres m'auraient coûté 1582,37 euros. Je n'ai déboursé que 66,60 euros. Le reste provient de bibliothèques, services de presse, jurys littéraires, prêts entre amis...

Sur ces 106 livres, 40 n'ont pas été commentés sur le blog (parce que je suis fainéante et que la lecture et le blog doivent rester un plaisir, jamais une corvée)

 

Sur ces 106 titres, que m'en reste-t-il ? Lesquels suis-je capable de résumer comme cela sans revenir à mes notes ?

 

En romans je retiendrai de cette année 2016 :

 

- Le roi n'a pas sommeil, de Cécile Coulon (Viviane Hamy, 2012)

- Surtensions, d'Olivier Norek (Michel Lafon, 2016)

- Puissions-nous être pardonnés, d'A.M. Homes (Actes Sud, 2015)

- Enfants du diable, de Liliana Lazar (Seuil, 2016)

- La chance que tu as, de Denis Michelis (Stock, 2014)

- Tropique de la violence, de Nathacha Appanah (Gallimard, 2016)

 

EN BD je retiendrai :

 

- La tristesse de l'éléphant, de Nicolas Antona et Nina Jacqmin (Les enfants rouges, 2016)

- L'adoption tome 1, de Zidrou et Monin (Bamboo, 2016)

 

 

Que 2017 offre à tous les amoureux des livres et de la lecture de belles découvertes, inédites ou anciennes, parce qu'il n'y a pas de date de péremption sur la littérature, de beaux partages et moments d'échanges.

 

Bonne et heureuse nouvelle année, bande de lecteurs ;-)

 

 

 

 

 

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Publié par Laure - dans Blabla
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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 14:16

 

Dans les familles décomposées, Noël et Nouvel An n'ont pas toujours lieu aux fatidiques dates imposées par la société de (sur)consommation et feue la religion, une année sur deux, en mère de famille divorcée et célibataire, je suis seule soit à Noël soit à Nouvel An.

 

Et vous savez quoi ? Ce n'est pas un drame. Je ne suis pas malade (ou alors juste un petit virus hivernal pénible mais pas grave), j'ai un toit sur la tête, et des enfants qui auront plaisir à venir fêter Noël tous ensemble avec leur (pas encore trop vieille) mère. Que demander de plus ?

 

Noël, chez nous, ce fut donc le 28 décembre. Le 24, j'avais invité des amis pour une soirée raclette, ce qui m'a permis de passer un agréable réveillon et de paresser tranquille le 25 sans être obligée de faire à manger pour dix, après m'être couchée à 2h30 du matin.

 

Entre temps il y a eu des dizaines de trains en retard, des allers-retours à la gare, et plein d'enfants qui sont revenus (enfin, juste trois), avec des vilains virus de saison et des heures de fièvre.

 

Le 28 donc, nous avons mangé des bonnes choses et échangé des cadeaux, plein de jolis paquets que les enfants grandissants ont fierté à offrir avec leurs propres deniers.

 

Le 30, petite dernière devait passer son code de la route à 18h30 au Mans. A 14h30 elle vient me voir un peu affolée : « maman je ne vois plus du côté droit de mon corps ». Même si j'ai immédiatement pensé urgences ophtalmologiques, un coup au cœur ou au ventre ou je ne sais où m'a juste empêchée de bouger. Je lui ai dit : « Assieds-toi, ferme les yeux, repose-toi, on va voir si ça passe. » Trouver le temps de me reprendre, je ne suis pas en état de conduire, là, tout de suite. Je vais chercher le courrier (sans doute pour rester vivante), il y a une lettre pour sa grande sœur, je la lui monte dans sa chambre et lui décris ce qu'a sa petite sœur. Elle vient lui faire quelques tests et lui examine les pupilles avec l'appli lampe torche de son smartphone et me dit : va aux urgences.

 

Au bout de 20 à 30 minutes, Petite Dernière a retrouvé la vue, et c'est un mal de tête qui a pris le relais. Pendant que nous étions en voiture, sa sœur lui posait des questions par SMS auxquelles elle répondait toujours oui, laissant entendre qu'elle souffrait d'une migraine ophtalmique et augmentant son état de stress. Sur mon portable elle laissait ceci :

dis au médecin : pas d'anomalie des réflexes photomoteurs directs et consensuels, pas de paralysie oculomotrice, juste une héminapsie latérale homonyme droite, bah retiens juste HLH droite.

 

Mouais. Par chance une collègue m'avait expliqué un jour qu'il suffit de se présenter aux consultations d'ophtalmo à l'hôpital ; il y a toujours un service d'urgence plus rapide et forcément plus direct que les urgences générales, le délai de rendez-vous normal chez un opthalmo étant chez nous de 1 an, ça peut être utile.

 

L’infirmière m'écoute, me dit qu'il y a beaucoup de monde mais que ma fille sera vue, que je dois aller faire les papiers en bas. Je laisse Petite Dernière sur une chaise, descends faire les papiers et remonte le tout à l'infirmière en demandant si elle n'aurait pas un Doliprane pour son mal de tête. Elle me dit que seul le médecin peut le lui prescrire, courage.

 

Je ne sais pas pourquoi je lui parle du code de la route, qui est désormais dans 2h30, je ne sais pas si elle sera en état de le passer (elle y tient!) mais ça semble mort côté attente, et si elle n'est pas en mesure de le passer, l'hôpital peut-il me faire un papier attestant notre présence, pour qu'éventuellement je n'aie pas à repayer le deuxième passage. L'infirmière me dit qu'il y aura sûrement des examens complémentaires au vu des symptômes, mais bien sûr pour le papier, aucun souci.

 

Je lui parle de la HLH droite évoquée par la grande sœur, elle me répond : « une quoi ? » Non rien, étudiante, 3ème année, rien. Elle ricane gentiment et je me dis que j'ai été stupide, ça doit être super relou les patients qui croient tout savoir. Je dis à Grande Sœur que l'infirmière ne connaît pas la HLH. « Et bien maintenant tu sais ce que je vis au quotidien à l'hôpital ». Les infirmières ont la plupart beaucoup de mépris pour les externes et étudiants de 3ème année assimilés, ce ne sont quand même pas des jeunes blancs-becs pétris de théorie qui vont jouer les docteurs face à leur expérience de plusieurs lustres. Mais personne ne remet en cause la pratique et expérience des infirmières, mais les externes et étudiants de 3ème année assimilés ne disent pas forcément que des conneries ?!

 

L'infirmière entre dans un bureau marqué « interne », j'entends à travers la porte, « code de la route, première fois ». Elle ressort, nous appelle pour donner un Doliprane à Petite Dernière en précisant qu'elle a l'accord de l'interne, et nous dirige en salle d'attente. Pleine à craquer, de gens qui râlent d'être là depuis des heures, retards dans les rdv de consultations ; baladés par des examens divers à différents étages, les urgences qui s'ajoutent, etc. Le ton monte, on reste zen. On ne vient pas pour changer de lunettes mais pour comprendre pourquoi pendant 20 minutes Petite Dernière ne voyait plus tout ce qui était à droite de son corps, que ce soit avec un oeil, le gauche, le droit ou les deux.

À peine un quart d'heure plus tard, l'interne nous appelle. Questionne, examine, sort son smartphone, utilise l'appli lampe torche pour examiner les pupilles, je ne dis rien, je le laisse faire son boulot.

 

Il va prendre l'avis de son chef, nous dit que vu les circonstances, il faudrait aller aux urgences pédiatriques qui vont sûrement lui faire passer une IRM. On discute code de la route, je tente de négocier : on va au code et on revient aux urgences tout de suite après. « - J'aimerais bien mais s'il arrive quelque chose, l'hôpital est responsable, donc ce n'est pas possible ». - « Je comprends ».

 

En même temps on est bien convaincus tous les trois à ce moment-là, lui, elle et moi, qu'elle va bien, qu'il ne semble pas y avoir de risque vital. Il penche pour une première migraine ophtalmique avec aura. Mais c'est le protocole, il faut écarter tout autre cause à l'IRM.

Grande Sœur m'expliquera qu'en effet pour confirmer ce diagnostic il faut : 1) qu'il n'y ait rien à l'IRM, 2) qu'elle fasse au moins 2 épisodes. Protocole, encore.

 

L'interne me dit : « je vais voir un deuxième chef ». Il revient, ne dit rien. Appelle les urgences pédiatriques, décrit le cas de Petite Dernière à 2 personnes différentes. Raccroche. Me donne tous les signes qui doivent nous faire venir aux urgences immédiatement (en gros tout ce qui évoque un AVC) et fait une ordonnance pour une IRM cérébrale pour un premier épisode d'héminapsie latérale homonyme droite (comme quoi sa Grande Sœur n'était pas si idiote), à faire sous 30 jours. Et bonne chance pour le code !

 

Parce que jamais on n'a râlé, parce que toujours on a souri et parlé poliment, écouté, discuté calmement, remercié, parce que le cas était sérieux, parce que les circonstances étaient exceptionnelles, on a été reçus et entendus avec gentillesse et professionnalisme. Les autres aussi, mais c'est usant pour les infirmières d'expliquer qu'elles ne sont en rien responsables de l'attente et de calmer les énervés.

 

Comme on a finalement du temps à tuer avant d'aller au centre d'examen du code de la route, on passe au service d'IRM demander un RDV sous 30 jours. Hum, va falloir rajouter des jours en plus nous dit la secrétaire. Elle part avec notre ordonnance, revient : « J'ai un deal à vous proposer ». - « Pas ce soir, y a code ! » - « Non pas ce soir mais lundi à 18h45, en téléconsultation » - « Parfait. »

On discute, on sourit, on explique. Après 18h il n'y a pas plus de médecin, l'IRM est pratiquée par les manipulateurs comme toujours, l'examen est enregistré, envoyé à l'hôpital Ste-Anne à Paris, lu par des médecins, qui envoient le résultat à votre médecin traitant. En fait ça ne change rien, même en journée les médecins ne sont pas toujours là pendant l'examen »

 

 

Une IRM sous 3 jours, c'est une telle aubaine (un désistement peut-être dû.. à un décès), que j'ai accepté sans trop réfléchir. Je m'en veux un peu, en l'absence de médecin pendant l'examen, il ne pourra pas demander à mieux voir telle ou telle zone. Grande fifille m'explique que l'IRM balaye toutes les zones systématiquement et que de toute façon, là ou pas là, ils verront tout et la même chose.

 

A 18h30 vendredi Petite Dernière a passé son code de la route. Résultats par mail probablement le lendemain matin. A 21h elle faisait la danse de la joie dans l'escalier : favorable, reçue avec 39 points sur 40. « Je vais peut-être devenir aveugle, mais j'ai mon code! » . On mange des bonbons pour fêter ça ^^

 

Depuis je me retiens de lui demander toutes les demi heures si elle voit normalement, je l'ai laissée aller à une soirée du Nouvel An chez des copines, et demain, juste avant la rentrée, elle passera cette IRM cérébrale. J'essaie de me convaincre qu'il n'y aura bien, que c'était juste une première migraine ophtalmique.

 

Après cela (et maximum 10 jours d'attente pour les résultats), la nouvelle année sera bonne, ou pas.

 

Quoi qu'il en soit on la souhaite bonne et heureuse, douce et légère, à tous, pour tous, parce que c'est aussi un jeu social, mais c'est comme pour le Noël des familles décomposées, recomposées, ou juste éparpillées géographiquement, on ne devrait pas le faire que le 1er janvier. Ou tout le mois par tolérance, façon « C'est bon, j'ai jusqu'au 31 pour envoyer mes vœux ».

 

Il n'y a pas de calendrier pour prendre soin des siens et des autres, allez, bisous bisous.

 

Passe ton code avec une HLH droite et bonne année :-)
Passe ton code avec une HLH droite et bonne année :-)
Passe ton code avec une HLH droite et bonne année :-)
Passe ton code avec une HLH droite et bonne année :-)
Passe ton code avec une HLH droite et bonne année :-)
Passe ton code avec une HLH droite et bonne année :-)
Passe ton code avec une HLH droite et bonne année :-)
Passe ton code avec une HLH droite et bonne année :-)

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Publié par Laure - dans Perles de vie
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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 13:26

En décembre, j'ai lu :

(couvertures cliquables quand il y a un billet)

 

 

       

 

 

                    

 

 

               

 

 

                                          

 

 

En décembre, j'ai vu :

 

   

 

 

 

 

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Publié par Laure - dans Blabla
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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 16:25

(Titre du volume : N'oubliez jamais que le Seigneur vous regarde!)

 

Fille des oiseaux t1 - Florence CestacA l'aube de mai 68, au pensionnat catholique des oiseaux à Honfleur, Thérèse (double de l'auteur) vit sa scolarité sous la houlette sévère des sœurs. Elle se lie d'amitié avec Marie-Colombe, une fille d'aristocrates, à l'opposé de sa famille paysanne. Marie-Colombe est délurée et va l’entraîner dans ses 400 coups.

On reconnaît immédiatement le trait de Florence Cestac à ses personnages au gros nez rond, et les bulles à leur taille gigantesque de police de caractères (pas besoin de lunettes!)

 

J'ai été déçue par cet album, où le scénario est convenu au possible, sans surprise, à la limite de la caricature quand il s'agit d'évoquer les deux milieux sociaux opposés. Rien d'inventif, les filles s'amusent, les bonnes sœurs, la chasteté, la peur de la grossesse hors mariage, et l'arrivée de mai 68 qui vient balayer tout cela.

Les couleurs sont uniformes, un camaïeu de brun rose passé ; la couleur jaillit à la dernière planche, quand arrive 1968. Sans doute le deuxième tome poursuivra-t-il l'amitié entre Thérèse et Marie-Colombe mais je ne suis pas certaine de le lire...

 

 

Dargaud, septembre 2016, 60 pages, prix : 13,99 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Florence Cestac et éd. Dargaud

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Publié par Laure - dans Boite à BD
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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 10:18

Tropique de la violence - Nathacha AppanahLe roman s'ouvre sur le récit de Marie, qui revient sur son incapacité à enfanter et l'adoption de Moïse, ce petit garçon possédé par le djinn, parce qu'il est né avec des yeux de couleur différente, il a été abandonné par sa mère, venue accoucher sur l'île de Mayotte, ce territoire français qui s'annonce Eldorado pour beaucoup de migrants.

Or Mayotte, c'est peut-être la France, mais c'est surtout la misère, la violence, la drogue, le chaos, les ghettos (comme celui qui est baptisé Gaza ici, en bordure de la capitale Mamoudzou, et dont Bruce se déclare le chef), et le flux incessant des embarcations de fortune qui déversent des Comoriens qui rêvent de mieux (la France!).

 

Moïse, adolescent de 15 ans, est en prison pour avoir assassiné Bruce. Comment et surtout pourquoi en est-il arrivé là ? A travers un récit choral donnant la parole à chacun des protagonistes (ainsi qu'à un travailleur social en mission pour une ONG), le lecteur reconstitue le fil, en étant fortement ébranlé tout le long de sa lecture.

 

Je ne sais comment Nathacha Appanah réussit ce prodige à chacun de ces romans, de construire une histoire touchante, brillamment écrite et construite, mais celle-ci tout particulièrement possède cette violence qui n'est autre que celle de la réalité, qui fait froid dans le dos mais ouvre sur le monde, notre monde. Un roman saisissant qui pourtant, réussit à placer de la beauté dans cet enfer.

 

Sans doute ma plus belle lecture de l'année.

 

 

Gallimard, septembre 2016, 174 pages, prix : 17,50 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Éditions Gallimard

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