Les jardins d'Hélène

Articles avec #romans etrangers

Cinq ami(e)s au soleil – Emma Sternberg

30 Juin 2018, 11:06am

Publié par Laure

En rentrant chez elle, Linn, la trentaine, retrouve son amoureux en fâcheuse posture avec une de ses amies. Son petit monde s’écroule, d’autant qu’elle travaille dans l’entreprise de ses beaux-parents, et ne se voit pas continuer comme si de rien n’était. Elle décide de partir sur le champ, mais c’est à ce moment-là que sonne un exécuteur testamentaire qui lui annonce qu’elle vient d’hériter d’une maison d’une valeur de 11 millions de dollars dans les Hamptons, sur l’île de Long Island, dans l’état de New-York, d’une vieille tante qu’elle n’a même pas connue.

 

Elle quitte l’Allemagne avec un maigre bagage, va aller de surprise en surprise en découvrant la beauté du lieu mais aussi que cette gigantesque bâtisse est toujours habitée par cinq retraités qu’elle ne veut pas mettre à la porte.

 

On pourrait penser, après ce postulat peu crédible, (et je l’ai pensé très fort) que tout est cousu de fil blanc, qu’elle va trouver un moyen de sauver la maison, que tout ce petit monde va vivre ensemble, et qu’elle va bien sûr tomber amoureuse du fils d’une pensionnaire qui vient faire quelques menus travaux.

 

Eh bien oui et non, car le déroulement de l’intrigue fut plutôt une bonne surprise, et se veut un brin plus complexe qu’attendu. On y côtoie le monde de l’art, des personnalités sans scrupules, des hésitations sincères de la part de l’héroïne, un cheminement plus retors qu’imaginé ; je me suis plutôt laissé prendre au jeu.

 

Un roman feel-good certes, mais qui emprunte des voies moins convenues que prévues : un bon premier roman allemand à conseiller pour une lecture détente.

 

 

 

 

L’archipel, juin 2018, 393 pages, prix : 22 €, ISBN : 978-2-8098-2441-4

 

 

 

Crédit photo couverture : © ph. iStock et éd. de l’Archipel

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Réveiller les lions – Ayelet Gundar-Goshen

23 Mai 2018, 10:15am

Publié par Laure

Traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowicz

 

 

A Beer-Sheva, en Israël, Ethan Green est neurochirurgien. Une nuit en sortant du travail, alors qu’il éprouve le besoin de rouler un peu avant de rentrer chez lui, il renverse accidentellement un migrant, érythréen. Il tente de lui porter secours mais quand il réalise que l’homme est mort, il prend la fuite.

 

Très vite, Sirkitt, la femme du défunt lui rend visite : il avait bêtement perdu son portefeuille sur les lieux de l’accident. Commence alors un chantage où elle lui demandera de soigner toutes les nuits des réfugiés sans papiers. Liath, la femme d’Ethan, est flic, et enquête sur ce délit de fuite.

 

Comment Ethan va-t-il pouvoir mentir sur tous les fronts, au travail comme auprès de sa famille qu’il ne veut pas perdre, d’autant qu’il a deux enfants qu’il adore, Yali et Itamar ?

 

Coupable, Ethan est à la merci de Sirkitt et ne peut se dérober. S’ouvre alors un éclairage intéressant sur un monde clandestin, où bandes rivales s’affrontent. Proche du polar et du roman social, le roman s’enlise un peu dans sa partie centrale, notamment quand il esquisse le désir et l’attirance entre les deux personnages principaux.

 

 

L’ensemble tient en haleine jusqu’au bout et se lit agréablement sans déplaisir.

 

 

 

Presses de la cité, septembre 2017, 412 pages, prix : 22,50 €, ISBN : 978-2-258-13384-6

 

 

 

Crédit photo couverture : © Cavan Images / Plainpicture / et éd. Presses de le Cité

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Dans les angles morts – Elizabeth Brundage

18 Mars 2018, 19:07pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Cécile Arnaud

 

 

23 février 1979 à Chosen, état de New-York : en rentrant de l’université où il travaille, George Clare retrouve sa femme Catherine assassinée, une hache plantée dans le crâne. Leur petite fille de trois ans, Franny, est restée seule avec le corps.

 

Un an auparavant, dans cette même ferme, un couple s’était donné la mort, laissant trois jeunes enfants orphelins. La maison porterait-elle en elle une malédiction ?

(p.78 : "La maison était maudite. C'est ce que les gens disaient. Personne n'en voulait")

 

Bien qu’il soit immédiatement suspecté par la police, George se réfugie chez ses parents sans être inquiété outre mesure. L’aspect policier n’est pas l’élément principal du roman même si le lecteur aura bien toutes les clés au fil de sa lecture.

 

Le récit prend le temps de s’installer, se déroule lentement, pour mieux embarquer son lecteur par d’habiles retours en arrière et un panorama de personnages secondaires riches à la psychologie fouillée. L’auteur prend soin de visiter, avec l’air de ne pas y toucher, tous les angles morts qui occultent la vérité, et déconstruit peu à peu l’image du couple et plus particulièrement du mari. La construction, les analyses très fines, le mensonge permanent sont des éléments aussi brillants que glaçants.

 

Plus on approche de la fin du roman et plus on ralentit sa lecture pour ne pas le quitter trop vite : et si c’était aussi à cela qu’on mesurait un grand roman ?

 

 

Le voici enfin mon coup de cœur de la sélection roman du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2018, celui qui a ce je-ne-sais-quoi de plus abouti que les autres dans l’écriture, une ambition réussie autant dans l’histoire que dans la forme narrative, qui se traduit par un vrai plaisir de lecture, qui vous prend dans son cocon et que vous ne voulez pas quitter. Enfin un roman qui sort du lot !

 

 

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2018

 

 

 

C’est le premier traduit en français d’Elizabeth Brundage, souhaitons que les précédents le soient et qu’elle en ait un cours !

 

 

 

Quai Voltaire, janvier 2018, 516 pages, prix : 23,50 €, ISBN : 9782-7103-8381-9

 

 

 

Crédit photo couverture :  © Mike Dober / Arcangel Images / et éd. Quai Voltaire / La table ronde

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La salle de bal – Anna Hope

21 Janvier 2018, 22:10pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Elodie Leplat

 

Début 1911, dans le Yorkshire, Ella Fay est internée à l’asile de Sharston pour avoir cassé une vitre dans la filature où elle travaille depuis l’âge de douze ans. Mais elle se défend, ce n’est pas pour autant qu’elle est folle !

 

Elle sympathisera avec Clem, une femme qui s’émancipait un peu trop par la lecture au goût des hommes de son entourage. Leur amitié réciproque leur sera précieuse.

 

John Mulligan, quant à lui, est irlandais, il est interné pour « mélancolie », une dépression après avoir perdu sa femme et sa fille. Il creuse des tombes et travaille aux champs avec son ami Dan Riley, qui l’appelle « Mio Capitane ».

 

L’asile vit en autarcie, les femmes travaillent à la blanchisserie, et les hommes aux travaux extérieurs. Ils vivent dans des pavillons séparés et ne se rencontrent jamais, à l’exception du vendredi, dans la salle de bal, où le médecin Charles Füller, plus musicien que docteur, est persuadé que la musique adoucit les mœurs et peut guérir ou aider les malades à aller mieux. C’est là que John et Ella tomberont amoureux, mais ce n’est guère permis…

 

Un beau roman classique, qui évoque les prémices de l’eugénisme en Angleterre, Churchill avait d’ailleurs pris position pour la stérilisation des « déficients ».

 

Le personnage de Charles est intéressant, toujours sur le fil, trouble, ambivalent, aux actes souvent en contradiction avec ses désirs, basculant finalement vers des choix qu’il rejetait au départ, pour la lumière de la reconnaissance ?

 

Le sort réservé aux patients internés pour des motifs totalement abusifs aujourd’hui fait froid dans le dos, et les « soins » prodigués, les scènes de gavage notamment sont difficilement soutenables.

 

 

J’ai trouvé quelques longueurs et un peu d’ennui au milieu du roman, contrairement à un très bon début et une très bonne fin (qui ose n’être pas aussi facile qu’on aurait pu l’imaginer), mais globalement je l’ai beaucoup aimé, pour l’audace et la détermination de ses personnages, et pour son sujet : l’internement et ses dérives.

 

 

 

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2018

 

 

 

 

 

 

Gallimard, coll. Du monde entier, septembre 2017, 388 pages, prix : 22 €, ISBN : 978-2-07-268872-0

 

 

 

Crédit photo couverture : © Elisabeth Ansley / Trevillion Images / et éd. Gallimard

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Le coeur battant de nos mères - Brit Bennett

1 Octobre 2017, 15:07pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean Esch

 

Nadia Turner a 17 ans lorsqu’elle avorte du fils du pasteur, Luke Sheppard. Un petit ami qui rime avec l’insouciance de l’adolescence, elle vivait seule avec son père depuis le suicide de sa mère six mois plus tôt, dans le poids et les convenances de la communauté noire religieuse du Cénacle. A la sortie de l’intervention, Luke ne vient pas la chercher. Elle cachera la vérité à son père, rompt avec Luke, et se rapproche d’Aubrey qui deviendra sa meilleure amie. Elle réalise son rêve en entrant à l’université et en s’éloignant de fait de sa vie d’avant … qui finira par la rattraper.

 

Un trio amoureux et amical, des amours contrariées, la construction de soi quand les piliers parentaux ont été absents ou défaillants, la marque psychologique indélébile de l’avortement, le rêve de ce qui aurait pu être et n’a pas été, la place de la famille, du regard des autres dans une communauté religieuse : les thèmes sont nombreux, intéressants même s’ils ne sont pas nouveaux, les personnages attachants ; hélas, il faut attendre longtemps, bien trop longtemps (un peu plus de la moitié du roman) pour que l’alchimie prenne vraiment et que l’intrigue démarre enfin.

 

C’est un peu tard et déséquilibre la qualité globale du roman.

 

A lire si vous aimez les histoires d’amours contrariées, les drames psychologiques larmoyants, même si la détermination et la force intérieure de Nadia permettent d’éviter le roman (trop) guimauve.

 

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2018

 

 

 

 

Autrement Littérature, août 217, 339 pages, prix : 20,90 €, ISBN : 978-2-7467-4572-8

 

 

 

Crédit photo couverture : © Raphaëlle Faguer et éd. Autrement.

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Une histoire des loups - Emily Fridlund

29 Septembre 2017, 15:49pm

Publié par Laure

 

Traduit de l’américain par Juliane Nivelt

 

Madeline, 14 ans, est en classe de 3ème quand son professeur d’histoire meurt sous yeux. Il est remplacé par un californien, M. Grierson, qui jouera vite un rôle trouble dans le roman.

 

Lorsqu’il lui demande de représenter le collège lors du Tournoi de l’Odyssée de l’Histoire, elle choisit de faire un panneau pour parler des loups : une histoire des loups.

 

En face de chez elle, de l’autre côté du lac, une famille s’installe avec un petit garçon de 4 ans. Le père est souvent absent pour son travail, et Patra, la mère, semble un peu dépassée, Madeline va beaucoup s’occuper du petit Paul, entrer de plus en plus dans la vie de cette famille sans bien comprendre ce qu’elle cache.

 

D’emblée l’on sait que Paul meurt à l’âge de quatre ans. Tout l’enjeu semble être de savoir de quoi, comment et pourquoi, quelqu’un est-il responsable de quelque chose ? Mais des personnages secondaires continuent de hanter Madeline comme une obsession, sans que le lecteur perçoive réellement l’importance ou la logique de ces présences dans le récit.

 

 

L’auteur joue avec une déconstruction du récit qui mêle les différents temps. Madeline, surnommée Linda, a 37 ans quand elle raconte cette histoire. Elle avait 15 ans à l’époque des faits, mais les dates se mêlent de façon non chronologique. Peu à peu le lecteur pénètre dans cette atmosphère étrange et familière à la fois, tant dans la vie familiale que dans la nature alentour.

J’ai aimé cheminer lentement vers la vérité, sans effets grandioses, cette façon subtile de dévoiler un mode de vie fortement ancré dans certaines croyances religieuses. Tout est « bizarre », le malaise est persistant, mais la beauté de l’écriture apaise paradoxalement l’ensemble.

 

Un premier roman qui révèle une plume intéressante.

 

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des lectrices de ELLE 2018.

 

 

 

Gallmeister, août 2017, 296 pages, prix : 22,40 €, ISBN : 978-2-35178-128-9

 

 

Crédit photo couverture : © Ekaterina Borner / Arcangel Images et éd. Gallmeister

 

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Vera - Karl Geary

17 Septembre 2017, 13:03pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Irlande) par Céline Leroy

 

 

Sonny, seize ans, est le cadet d’une famille modeste, où la mère passe son temps à se plaindre du père qui passe son temps à parier au jeu sa maigre paye. Mais il est aussi le seul à fréquenter le lycée, en dehors duquel il fait quelques petits boulots, chez le boucher du coin ou quelques travaux d’entretien avec son père. C’est avec lui qu’il rencontre Vera, une femme seule plus âgée, qui le trouble dès la première rencontre.  

 

Sonny n’aura dès lors de cesse de se rapprocher d’elle, bien qu’elle ne soit ni de son âge ni de son milieu social. Elle semble pourtant tout aussi paumée que lui, et entre eux nait une curieuse relation, pudique et attentionnée.

 

 

Sonny tente de s’élever, il a une certaine curiosité intellectuelle mais Sharon, une ado de son âge qui n’a pas sa langue dans sa poche, et sa famille font tout pour l’en empêcher, parce que c’est ainsi, on est comme on nait.

 

 

Le roman est écrit à la deuxième personne du singulier, un « tu » au départ déstabilisant, il incarne un narrateur omniscient qui n’hésite pas dès le milieu de l’histoire à anticiper au détour d’une phrase le dénouement tragique (parce que l’essentiel n’est pas là), on ne l’identifie pas, mais c’est un peu comme s’il s’exprimait à la place de Sonny qui ne s’autorise pas à prendre lui-même la parole.

 

 

Vera, c’est la rencontre de deux solitudes, deux souffrances, deux désirs, différents mais qui se rejoignent, deux êtres perdus qui prennent en l’autre ce qui peut les aider à continuer.

 

 

La fin, en quelques paragraphes, éclaire l’ensemble d’un nouveau regard, triste mais apaisant. Un beau roman, sensible, touchant, dont l’âme perdue des personnages reste longtemps à l’esprit du lecteur.

 

 

 

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des lectrices de ELLE 2018

 

 

 

 

 

Ed. Rivages, août 2017, 253 pages, prix : 21,50 €, ISBN : 978-2-7436-4055-2

 

 

 

Crédit photo couverture : © Marc Owen / Arcangel et éd. Rivages

 

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La nuit, la mer n’est qu’un bruit - Andrew Miller

20 Juillet 2017, 17:27pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par David Tuaillon

 

L’histoire commence quasi banalement : Maud, une jeune étudiante, chute sur un bateau, Tim, un jeune homme prend soin d’elle, et l’on assiste à la naissance lente d’un couple. Il est artiste, elle est scientifique, ils deviennent parents d’une petite fille.

 

J’ai aimé d’emblée ce roman, le caractère taiseux de Maud, son retrait, son entourage semble avoir du mal à communiquer avec elle, et pourtant le lecteur entre en empathie avec elle (enfin ce fut mon cas !) Elle s’épanouit dans la restauration d’un bateau et la navigation, c’est son domaine, bien plus que celui de Tim, qui gère le quotidien familial.

 

Quand survient le drame, évoqué avec pudeur, Tim perd pied et se réfugie chez ses parents. Il ne parvient plus à communiquer avec Maud. Celle-ci ne semble pas affectée outre mesure par l’accident qui vient de les frapper, mais elle suivra son propre chemin de croix. Déterminée, elle partira seule en mer et affrontera les éléments déchainés, la difficulté de naviguer seule, la solitude dans des conditions extrêmes.

A ce moment du voyage, le récit devient plus technique, le vocabulaire lié à la marine et à la navigation est omniprésent, trop peut-être. Mais l’envie de connaître le dénouement est si fort que l’on passe outre ce petit désagrément.

Maud se reconstruira, transcendera sa souffrance si longtemps intérieure, et la fin laisse entrevoir un espoir.

 

Un roman magnifique, par la force de son personnage féminin et le chemin hors norme choisi. Une très belle découverte.

 

 

(p.149/301) « Nous avions l’habitude dans la famille de parler pas mal de vous. Ça vous surprend ? Deux écoles de pensée, en réalité. Pour l’une, vous étiez une fille brillante, un peu timide, un peu gauche, un peu hors du monde, mais dans le fond très bien. L’autre école, assez importante, vous réduisait à quelqu’un d’insensible, entièrement égocentrique et pas vraiment très bien du tout. Une chose sur laquelle les deux tombaient d’accord, c’était qu’être une mère ne vous intéressait pas le moins du monde.

- Ce n’est pas vrai.

- oh, je pense que si. Je n’ai jamais vu la plus petite marque d’un quelconque instinct maternel. Je ne veux pas dire que vous étiez cruelle. Il aurait fallu un minimum d’engagement pour ça, un certain effort d’imagination. Non, non. Vous faisiez piteusement ce que vous pouviez. Mais il manquait quelque chose. Quelque chose de fondamental. Vous cherchiez à l’atteindre et ce n’était pas là, tout simplement. »

 

 

 

 

 

 

 

 

(à paraître le 24 août 2017)

 

Piranha, août 2017, 304 pages, prix : 19,00 €, ISBN : 978-2-37119-059-7

Existe en numérique au prix de 12,99 €

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Piranha

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La femme nue - Elena Stancanelli

8 Juin 2017, 14:30pm

Publié par Laure

Traduit de l’italien par Dominique Vittoz

 

La femme nue - Elena StancanelliAnna découvre par hasard, parce qu’il n’a pas raccroché son téléphone après son appel, que son compagnon Davide la trompe. Elle bascule dans une folie excessive.

 

Reflet de son époque, Anna utilise les réseaux sociaux, elle scrute, fouille, observe, épie, analyse, trahit, triche et trompe pour se venger. Elle tente de retenir cet homme qui n’a plus grand-chose à faire d’elle, bascule dans la dépression, et bien au-delà, dans une obsession extrême et perverse, lutte pour se venger de la nouvelle maîtresse de son ex, surnommée « Chien ».

 

La femme nue est un roman dérangeant en ce sens qu’il verse dans la folie. La raison gardée par le lecteur n’a plus sa place dans la tête du personnage principal du récit, le ressassement, les réactions excessives, si elles se comprennent au début, finissent par lasser, malgré la brièveté du texte, trop redondantes. Réussi du point de vue de l’expression de la chute de la femme quittée.

 

Je ne suis pas vraiment séduite, en tous les cas ce roman a le mérite de ne pas laisser indifférent !

 

 

Extraits :

(p. 7/8 numérique) : « Il ne me l’a pas raconté parce que ça l’amusait, mais parce qu’il avait besoin de prononcer son nom. Ce qui est notre cas à tous quand quelqu’un nous plaît. »

 

(p. 13 numérique) : « Les gens – pas toi, jamais toi – me demandaient ce que notre histoire avait de si spécial pour que je ne supporte pas la séparation. La réponse est rien. Il n’y avait rien de spécial. Aucune histoire n’est spéciale. L’amour n’est jamais spécial. »

 

 

Badge Lecteur professionnel

 

 

 

Stock, coll. La Cosmopolite, mai 2017, 194 pages, prix : 19 €, ISBN : 978-2-234-08255-7

Etoiles :

Crédit photo couverture : © plainpicture / neue bildanstalt / Sven Schwalm et éd. Stock.

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Le murmure du vent – Karen Viggers

18 Avril 2017, 18:05pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Australie) par Isabelle Chapman

 

 

Le murmure du vent - Karen ViggersAbby, vingt-trois ans, est étudiante biologiste, doctorante, elle étudie le comportement des kangourous dans le bush australien aride et parfois dur envers l’homme. Cette solitude lui convient, blessée par la vie, elle ne s’est jamais vraiment remise de la mort de sa mère quand elle avait treize ans. Lorsque le journaliste Cameron vient l’interviewer, elle le prend en grippe immédiatement, mais lui tombe rapidement amoureux.

 

En parallèle, Daphne, une vieille dame qui vécut jadis sur ces terres qui lui ont été reprises par l’Etat, se remémore ses souvenirs, la perte de son fils et de son mari. Daphne et Abby vont s’apporter du réconfort l’une l’autre sans vraiment s’en rendre compte.

 

A travers ces trois personnages principaux, c’est une saga familiale empreinte de couleurs et de souffle que nous offre l’auteur. Les paysages et l’histoire de l’Australie, occupent une large place, passionnante, et qui confèrent une atmosphère particulière au roman.

 

Si l’intrigue est assez convenue (on comprend assez vite comment les fils vont s’entrecroiser), les personnages sont attachants, et les souvenirs de Daphne sont de véritables bulles narratives qui plongent le lecteur dans l’histoire aborigène du pays, la dureté du climat, de la vie dans le bush.

 

Le travail d’Abby apporte un sujet plus contemporain : comment traiter la surpopulation des kangourous ?

Les personnages secondaires, Matt, le frère d’Abby, Doug, le mari décédé de Daphne, … la belle-mère d’Abby, sont tous très travaillés, apportant de la densité à l’histoire.

 

Le murmure du vent est surtout l’histoire d’une terre, celle des monts Brindabella, l’histoire d’un pays, et au plus intime, celle de deux familles de générations différentes qui s’inscrivent sur ces paysages sauvages.

 

Une belle histoire d’amour, de résilience, de transmission dans une Australie rude et lourde de son passé.

 

 

 

Les escales, avril 2017, 395 pages, prix : 21,50 €, ISBN : 978-2-36569-286-1

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Hokus Pokus Creations et éd. Les Escales

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