Les jardins d'Hélène

Objet trouvé – Matthias Jambon-Puillet

2 Octobre 2018, 18:42pm

Publié par Laure

p. 31 : « - Quand les premiers secours ont retrouvé M. Morin, il était avec une femme, ou plutôt le corps d’une femme. Elle était déjà morte lorsqu’ils l’ont trouvée. Lui est à l’hôpital, elle à la morgue, nous essayons de comprendre ce qui s’est passé. Bien que nous n’en soyons qu’aux débuts de l’enquête, nous avons toutes les raisons de croire qu’ils entretenaient une liaison poussée. Des affaires d’homme lui appartenant ont été retrouvées chez elle.
Nadège ne rit plus. Elle a l’impression d’avoir cessé de respirer. Marc n’aurait pas été capable de s’attacher et de partir avec une autre. Nadège le jurerait sans l’ombre d’un doute. Face aux plus solides des preuves, elle le jurerait encore. »

C’est un choc pour Nadège lorsqu’elle apprend que l’homme qu’elle aimait a été retrouvé ainsi, agonisant auprès d’une femme morte, lui qui a disparu trois ans auparavant lors de son enterrement de vie de garçon, la laissant seule et enceinte. Elle a refait sa vie avec Antoine, mais la réapparition de Marc change la donne. Qui était cette Sabrina ? Comment a-t-il pu disparaitre pendant trois ans ? Quel avenir ont-ils chacun désormais ?

 

J’ai beaucoup aimé ce roman que j’ai trouvé audacieux pour le thème qu’il aborde, appelé pudiquement sexualités alternatives en 4ème de couv, et si je ne comprends pas toujours le choix des pratiques BDSM et les choix faits dans le récit en particulier à la fin, ce n’est pas l’essentiel du roman, n’y cherchez pas un roman érotique ou pornographique. L’intrigue va bien au-delà, posant en filigrane des réflexions sur l’amour, la nature du plaisir, le rapport à l’autre, en usant d’une construction particulièrement réussie. C’est avant tout une histoire d’amour. Pas ordinaire, certes.

 

Un prologue donne la parole au pompier secouriste, un épilogue la clôt avec le compagnon des trois dernières années ; au centre, trois grandes parties, narrées successivement par, Nadège, Sabrina puis Marc, en respectant le fil temporel de l’intrigue.

 

Un premier roman que je trouve très réussi, mais qui pourra de toute évidence choquer selon la capacité de chacun à aborder des sexualités différentes et moins communes. Ce n’est pas pour autant qu’on y adhère ou les comprend, mais la littérature a ici un rôle dérangeant plutôt bienvenu, sans jamais être vulgaire.

 

 

 

 

Lu dans le cadre des 68 premières fois, et sans ce groupe, j’avoue que je n’en aurais jamais entendu parler.

 

 

 

 

Ed. Anne Carrière, août 2018, 189 pages, prix : 17 €, ISBN : 978-2-8433-7921-5

 

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Anne Carrière

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Septembre 2018 en couvertures ...

1 Octobre 2018, 08:25am

Publié par Laure

En septembre j'ai lu :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En septembre j'ai vu :

 

 

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« Ouistiti fait rire les petits », une collection d’imagiers et d’histoires par Florence Langlois

29 Septembre 2018, 14:53pm

Publié par Laure

 

Couleurs vives, dessins attrayants, cette nouvelle collection d’imagiers et d’histoires thématiques s’adresse aux petits dès 18 mois. Les pages épaisses et cartonnées résistent bien aux petites mains.

 

Deux types d’albums (qui ont tous le même format : 16 x 16 cm) regroupent soit des imagiers autour d’un thème, soit des histoires autour d’une notion.  Dans tous les cas, le registre est drôle (la collection s’appelle « ouistiti fait rire les petits » ! Les 4 albums déjà parus sont tous écrits et illustrés par Florence Langlois.

 

La petite histoire des couleurs :

Grand Loup noir a une très grosse faim. Il se prépare une très grande tartine avec des animaux de couleur différente : un poussin jaune, un cochon rose, un lézard vert... Pour repousser le moment de se faire dévorer, les animaux lui font remarquer qu'il manque telle ou telle couleur : il repart alors en quête de l'animal de la couleur approprié. Tout va bien jusqu'au violet : comment trouver un animal violet ? Je ne vous dévoile pas la chute, pauvre loup, on s'est bien moqué de lui !

 

Titres parus :

La petite histoire des couleurs

La petite histoire des émotions (au secours, en tant que bibliothécaire, je n’en peux plus des dizaines et des dizaines de bouquins sur le sujet. Et pour les adultes, ça s’appelle développement personnel ;-) )

L’imagier rigolo des vacances

L’imagier rigolo de la ferme.

 

 

Nathan, juin 2018, prix : 6,95 € chaque.

 

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Cœur battant – Axl Cendres

21 Septembre 2018, 10:06am

Publié par Laure

Alex a 17 ans et il assiste à sa première réunion des suicidants : les suicidants, ce sont ceux qui ont raté leur suicide, à ne pas confondre avec les suicidaires, ceux qui ne sont pas passés à l’acte.

Il y rencontre Alice, pour qui son cœur se met à battre immédiatement. Dans cette clinique psychiatrique de la Citadelle (féérique) qui accueille des alcooliques, des anorexiques, des sexooliques et des suicidants, vont naitre de belles amitiés, notamment avec Victor, Colette et Jacopo.

Tous les cinq vont s’enfuir pour un suicide collectif, mais le voyage ne va pas se passer comme prévu !

 

Le sujet paraît sombre et pourtant, il y a une belle lumière, de la poésie, de l’humour, et un attachement évident pour ces personnages. J’ai adoré le côté un peu étrange et légèrement barré du début du roman, puis la tournure qu’il prend et la pêche qu’il donne.

 

 

Un cœur battant, c’est un cœur qui bat, mais c’est aussi une ressource intérieure de battant.

 

La mère d’Alex était bipolaire. Elle s’est pendue quand il avait 8 ans. C’est lui qui l’a trouvée. Il n’a d’abord ressenti aucune émotion, comme si son cœur était entouré d’une épaisse couche de glace. C’est à 17 ans que la douleur est apparue, il a pleuré pendant des jours et décidé de ne plus aimer personne : « à quoi ça servait d’aimer les gens, puisqu’ils allaient mourir ? » (p.32)

 

Alice et l’équipée folle qui s’en va chez Jacopo pourraient bien le faire changer d’avis…

 

« Il a peur de la mort », elle a simplifié.

« Ben, c’est normal… T’as pas peur de la mort, toi ? »

« Non » elle a répondu, « c’est de la vie que j’ai peur. La mort, je ne la connais pas. En revanche je connais la vie, je sais de quoi elle est capable. Et c’est terrifiant. »

Là-dessus, Alice nous a plantés là, et elle est sortie fumer. (p. 134.)

 

 

Sur un sujet délicat et sensible à l’adolescence, Axl Cendres réussit un très beau roman, un peu loufoque, plus profond qu’il n’y paraît, et qui fait un bien fou. Il m’a souvent fait penser à la BD Adieu, monde cruel pour le thème, avec un traitement différent mais bienfaisant.

 

 

Et ne vous privez pas d’écouter la playlist offerte en page liminaire, ça prend dix minutes à enregistrer sur Deezer ou Spotify et ça complète parfaitement le livre.

 

 

 

Sarbacane, coll. Exprim’, septembre 2018, 192 pages, prix : 15,50 €, ISBN : 978-2-37731148-4

 

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Sarbacane

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Le chien rouge – Philippe Ségur

21 Septembre 2018, 08:45am

Publié par Laure

Peter Seurg (qui pourrait fort bien ressembler à Philippe Ségur, peu importe, mais l’anagramme est lisible), est victime de burn-out et craque. Séparé de sa compagne, il sombre dans un délire psychotique et une déchéance physique dus au cocktail de psychotropes, d’alcool et de drogues qu’il ingurgite.

 

Si j’ai trouvé de très beaux passages sur la société actuelle notamment sous la forme de réflexions politiques, j’ai dans l’ensemble trouvé ce roman fort long et ennuyeux, tournant en rond dans un univers du délire qui m’a rapidement lassée.

 

Je l’ai fini néanmoins car il s’agissait d’une lecture Netgalley mais je n’ai pas été sensible au récit de la descente aux enfers de cet homme avant sa renaissance. Ça arrive et ce n’est pas grave.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Buchet-Chastel, août 2018, 240 pages, prix : 17 €, ISBN : 978-2-283-03130-8

 

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Buchet-Chastel.

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Les poteaux étaient carrés – Laurent Seyer

11 Septembre 2018, 09:05am

Publié par Laure

Le 12 mai 1976, l’AS de Saint-Étienne affronte le Bayern de Munich en finale de la coupe d’Europe. Nicolas, 13 ans ½, vit le match de foot en direct en même temps qu’il revient sur le départ de sa mère et l’arrivée de la nouvelle compagne de son père, Virginie, accompagnée de son fils Hugo qu’il déteste. Ou plus exactement, il n’a rien demandé, et souffre du divorce de ses parents.

 

Le roman est bref (173 pages) et malgré cela j’avoue que passé la moitié, j’ai survolé les scènes descriptives du match de foot (trop c’est trop quand on n’y voit aucun intérêt). De même tous les propos élogieux sur cet « événement » m’ont ennuyée, Coupe d’Europe peu importe, le foot ne m’intéresse pas. Surtout qu’à cette époque, j’avais 4 ans, alors si mémoire collective il y a, j’étais trop jeune pour y participer.

 

L’intérêt du livre est bien évidemment dans l’autre part de l’histoire, le ressenti de Nicolas sur la séparation, la douleur d’avoir « perdu » sa mère, et la fin que bien évidemment je ne dévoile pas. La construction mêlant histoire personnelle et histoire collective à travers la passion du football et le récit d’un match en particulier ajoute aussi à la qualité de l’ouvrage, mais pour ma part, elle m’a pesée plus qu’elle ne m’a séduite.

 

 

 

Un premier roman de la rentrée littéraire d’automne, lu dans le cadre des 68 premières fois, que je n’aurais jamais lu sans cela, et encore moins au vu de sa couverture hideuse (que les footeux me pardonnent ou me brûlent sur le bûcher !)

 

 

 

 

 

Finitude, août 2018, 137 pages, prix : 15 €, ISBN : 978-2-36339-097-4

 

 

 

Crédit photo couverture : © Ivan Curkovic © AFP / et éd. Finitude

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La vraie vie – Adeline Dieudonné

10 Septembre 2018, 06:46am

Publié par Laure

La narratrice est une enfant que l’on va suivre jusqu’à la fin de l’adolescence. Elle vit avec ses parents et son petit frère Gilles, dans une maison quelconque dont une pièce a tout de même été aménagée en musée des trophées, elle l’appelle « la chambre des cadavres ». Car son père est chasseur de gros gibier, alcoolique et violent. Sa mère est effacée, elle la voit comme une amibe.

P. 13 : « La principale fonction de ma mère était de préparer les repas, ce qu’elle faisait comme une amibe, sans créativité, sans goût, avec beaucoup de mayonnaise. Des croque-monsieur, des pêches au thon, des œufs mimosa et du poisson pané avec de la purée mousseline. Principalement. »

 

L’enfant est assez protectrice avec son petit frère, elle veille sur lui, et le réconforte quand il a peur des histoires racontées par une voisine : « les histoires, elles servent à mettre dedans tout ce qui nous fait peur, comme ça on est sûr que ça n’arrive pas dans la vraie vie ». (p. 17)

 

Elle aime acheter des glaces avec lui auprès du marchand ambulant, dont le camion arrive toujours avec une petite musique, « la valse des fleurs » de Tchaïkovski. C’est en lui servant de la chantilly qu’un terrible accident va se produire, qui va marquer son frère à jamais et changer leur vie.

 

A partir de là, c’est l’engrenage. La montée en puissance d’un texte d’une maîtrise exceptionnelle, l’écriture est au cordeau, aucun mot de trop, et le bon mot à la bonne place. L’histoire est sombre, le roman vire au noir – très noir, mais la lumière de l’intelligence toujours guide vers l’espoir.

 

 

Adeline Dieudonné non seulement raconte une histoire singulière, glaçante, qui marque, mais elle le fait dans un style épuré à l’extrême qui dit toute la bestialité du mal, dans la métaphore de la hyène, une horreur qui n’oublie pas d’ouvrir des espaces lumineux dans la découverte de l’amour avec un voisin bien plus âgé, et la découverte de la bienveillance auprès d’un professeur de sciences.

 

On finit le roman en apnée, dans une tension insupportable, mais dont la fin apaisera, enfin.

 

 

 

Adeline Dieudonné, auteure belge d’expression française, a déjà reçu le prix Première Plume 2018 pour ce premier roman. Elle est sur la première liste du Goncourt. Curieux puisqu’il existe par ailleurs un Goncourt du 1er roman. J’ignore si elle y restera, en tous les cas son premier roman est d’une maîtrise et d’une qualité telles que je ne peux que le recommander vivement.

 

 

 

 

P. 127 : « Moi je voulais avancer. J’avais treize ans et on me parlait encore de la composition de la cellule. Et je n’aimais pas non plus mon prof parce qu’il était mou. Il avait démissionné de tout. Son odeur était le premier signe de son laisser-aller, mais tout le reste suivait. D’ailleurs, tout le monde à l’école était mou. Les profs, les élèves. Les uns étaient bêtement vieux et les autres allaient vite le devenir. Un peu d’acné, quelques rapports sexuels, les études, les gosses, le boulot et hop ! Ils seront vieux et ils n’auront servi à rien. Moi, je voulais être Marie Curie. Je n’avais pas de temps à perdre. »

 

 

 

 

 

L’iconoclaste, août 2018, 265 pages, prix : 17 €, ISBN : 978-2-37880-023-9

 

 

 

Crédit photo couverture : © Quintin Leeds / éd. L’iconoclaste

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Duel au soleil – Manuel Marsol

9 Septembre 2018, 10:49am

Publié par Laure

Un classique duel comme dans les westerns, dans un désert aride du Far West : oui mais…

 

D’un côté un Indien, de l’autre un cowboy, et au milieu une rivière. Ils s’affrontent munis respectivement d’un pistolet et d’une flèche et son arc. A chaque fois qu’ils sont prêts, quelque chose dans la nature vient les déranger. La scène tourne vite au comique !

 

L’auteur illustrateur utilise la reliure et donc la découpe des scènes en page gauche et page droite à merveille pour ce scénario qui s’amuse des classiques du cinéma, et démontrer qu’au fond, ils pourraient peut-être bien s’entendre, ces deux compères ! Avec une toute dernière page post générique savoureuse à ne pas manquer !

 

 

Voir des extraits : ici

 

 

 

L’Agrume, mars 2018, 104 pages, prix : 20 €, ISBN : 979-10-90743-72-4

 

 

 

Crédit photo couverture : © Manuel Marsol et éd. L’Agrume.

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Deux stations avant Concorde – Peire Aussane

8 Septembre 2018, 10:09am

Publié par Laure

Eve est mariée à Antoine, elle a 33 ans, ils ont deux enfants, Axel et Césarine. Alors que son mari est en déplacement, elle laisse ses enfants à ses parents pour se reposer un peu… Après avoir croisé le regard d’un homme dans le métro et perdu son téléphone portable, elle s’envole pour le Japon, dans l’idée que cet homme vit là-bas.

 

Elle part sur un coup de tête dans ce pays où vécut sa grand-mère divorcée et reconstitue des bribes de son histoire familiale.

 

Crise de couple, réflexion sur soi, ce roman intimiste n’a pas réussi à me convaincre.

 

La mise en place est longue et d’une platitude exaspérante, les enchainements sont tous improbables, et l’ensemble reste plat, d’une trop grande banalité. Un roman sans surprise, que clôt une fin assez ridicule.

 

 

 

 

Une lecture "68 premières fois", sélection de premiers romans de la rentrée littéraire :

 

Michalon, août 2018, 191 pages, prix : 17 €, ISBN : 978-2-84186-894-0

 

 

 

Crédit photo couverture : © Marie Flévet / Ziv Ravitz et éd. Michalon

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Gilles a un pépin – Mathieu Lavoie

7 Septembre 2018, 10:12am

Publié par Laure

Qu’est-ce qui est tombé de l’arbre ? Un œuf. Gilles, un petit corbeau, est en train d’éclore. Mais sa maman a peur : le renard rôde ! Attention Gilles ! Mais Gilles est pressé d’explorer son environnement et de se mettre un petit ver dans le bec. La maman, plus sage, est en quête d’un fromage, car rappelez-vous… une certaine fable du corbeau et du renard !

 

Le texte en randonnée avec une question qui revient donne envie à l’enfant de réagir et de répondre. L’album est simple, mais efficace : un texte court sur la page de gauche, un dessin pleine page à droite, sauf pour les premières et dernières doubles pages.

 

J’aime le côté épuré du texte et de l’illustration (voir ici), le lien à la fable (peu importe si l’enfant ne la connait pas encore, ce peut être l’occasion !) : à tout moins on comprendra bien la sagesse de la maman. Et on s’amuse et on rit, c’est bien aussi !

 

Idéal avec des 2-5 ans.

 

 

 

Hélium / Actes Sud, mars 2018, prix : 11,90 €, ISBN : 978-2-330-09305-1

 

 

 

Crédit photo couverture : © Mathieu Lavoie et éd. Hélium

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