Les jardins d'Hélène

Faire mouche – Vincent Almendros

9 Mars 2018, 15:24pm

Publié par Laure

Laurent Malèvre est un homme sans histoire. Il lui coûte de retourner dans son village natal, Saint-Fourneau, perdu au milieu de nulle-part, pour le mariage de sa cousine. Il a loué une voiture pour l’occasion, il est accompagné de Claire, qu’il présente à sa famille comme étant Constance, sa compagne enceinte de trois mois. Famille qu’il n’a guère envie de revoir tant son passé avec elle semble sombre et douloureux. De mystères en rumeurs dévoilées, Laurent plonge avec Claire dans une atmosphère sinistre, grave, pesante.

 

Les fils se dénouent au fur et à mesure, sans trop s’éclaircir non plus, ni du point de vue du passé que l’on perçoit complexe et chargé, ni du point de vue de l’ambiance présente.

 

Le lecteur avance en apnée dans ce court texte, écrit au millimètre, où rien n’est de trop, pour finir aussi anéanti qu’admiratif : tout jusqu’au dernier mot confirmera le talent de l’auteur à rendre l’atmosphère de son roman oppressante et dramatique.

 

Certes j’aurais aimé avoir davantage de clés sur les faits passés, mais l’essentiel n’est pas là, la relation toxique à la mère est bien au cœur du roman, jusque dans sa plus surprenante conséquence.

 

J’avais beaucoup aimé le précédent roman de Vincent Almendros, Un été, il confirme si besoin combien son écriture, ramassée, expressive d’un drame latent, est précise et efficace. Une petite pépite de la rentrée d’hiver, si brève qu’il serait dommage de s’en priver.

 

 

 

 

Ed. de Minuit, janvier 2018, 126 pages, prix : 11,50 €, ISBN : 978-2-7073-4421-2

 

 

 

Crédit photo couverture : © éd. de Minuit

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L’air de rien – Aude Picault

8 Mars 2018, 11:42am

Publié par Laure

J’ai beaucoup aimé cette BD, simple, plaisante à lire. Elle regroupe 90 strips (sur 2 lignes chacun) qui traitent de la vie, comme ça, l’air de rien : le couple, les enfants (et les règles d’éducation qui vont avec), le sexisme ordinaire, les relations hommes-femmes, un peu de sexe aussi, souvent entaché de complexes.

 

Les saynètes sont régulièrement entrecoupées de doubles pages avec à gauche deux petites vignettes, et à droite un dessin pleine page, où le champ s’élargit pour un autre éclairage de la scène (de vie parisienne) énoncée par les miniatures.

 

Attention, ces dessins ont déjà été publiés entre 2013 et 2015 en noir et blanc dans le supplément week-end de Libération, ce ne sont pas des inédits, mais si comme moi vous ne connaissiez pas cette auteure, cet album est une belle découverte.

 

 

Dargaud, octobre 2017, 69 pages, prix : 16,50 €, ISBN : 978-2-205-07737-7

 

 

 

Crédit photo couverture : © Aude Picault et éd. Dargaud.

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Quelques nouveaux « Questions-réponses » 3+ , 5+, 7+ - Nathan

7 Mars 2018, 10:02am

Publié par Laure

Quelques nouveaux  « Questions-réponses »  3+ , 5+, 7+  - Nathan

Quelques nouveaux titres des collections questions-réponses qui marchent toujours (celles-ci sont chez Nathan mais les premiers docs de chez Milan plaisent bien aussi aux jeunes lecteurs de la bibli)

 

Deux nouveaux titres dans « mes premières questions-réponses » à partir de 3 ans : le 13ème porte sur les émotions et le 14ème sur les dinosaures

Les dinosaures, c’est le sujet intarissable, qui ne se démode jamais !

 

Les dinosaures et les enfants, ça marche toujours ! Même auprès des très jeunes. Cette collection s'adresse aux 3-5 ans, le papier glacé épais résiste bien aux petites mains impatientes et les dessins sont sympas (ils ne font pas peur !). Chaque double page propose un petit jeu de "cherche et trouve".

 

On redécouvre quelques variétés de ces espèces aux noms à rallonge en -saure ou en -raptor mais quelques raccourcis surprendront les parents : "à la naissance les bébés maiasaures mesurent 30 cm, comme un bébé humain" (euh ??!!) et est-ce que tous les dinosaures ont disparu ? "non, pas tout à fait ! Certains dinosaures ont survécu : ce sont les oiseaux !"  Ah, je vais avoir du mal à convaincre le p’tit que le pigeon du square est en fait un dinosaure.

 

 

Les émotions… que dire si ce n’est qu’en tant que bibliothécaire je n’en peux plus des bouquins sur les émotions ! Tous les éditeurs s’y sont mis et tous les représentants tentent de nous les refourguer comme la nouveauté indispensable de l’année si on ne veut pas être responsable de 20 ans de psychanalyse plus tard… Sujet à la mode depuis 2 ou 3 ans, je ne peux juste plus en avaler (chez les adultes, c'est tout le rayon développement personnel). La colère la joie la peur, toussa toussa. Ah si dans celui-ci il y a le dégoût quand le petit voit une crotte de chien…

 

 

 

Dans la tranche 5-7 ans, un questions-réponses sur LA question rengaine des petits : « comment on fait les bébés ? »

 

De la fécondation au retour de la maternité, tout est expliqué sur l'amour, le rapport sexuel, la façon dont le bébé grandit in utero, etc. Une dernière double page explique aussi l'homoparentalité, la FIV, l'adoption... ou le fait de ne pas vouloir / pouvoir avoir d'enfants.


La transition avec la toute dernière page est un peu abrupte : on passe d'une aventure humaine et familiale aux 12 mamelles de la truie, au bébé girafe qui tombe de 2 mètres de haut en naissant, le parallèle est fait avec d'autres mammifères mais ça surprend un peu !

 

 

Et pour les 7 ans et +, un doc que j’ai trouvé passionnant : le cerveau !

Les deux auteurs sont professeurs de psychologie et travaillent dans un labo de recherche du CNRS à mieux comprendre les mécanismes d'apprentissage du cerveau chez des enfants.
Leur synthèse est ici hyper intéressante, simple (adaptée aux enfants à partir de 7 ans) et aborde un large volet de questions ou de problématiques liées au cerveau.


Les encarts sont brefs, une large place est faite aux illustrations, la mise en page est sympa : bref tout donne envie de s'y plonger (et d’aller un peu plus loin dans les neurosciences). On compare aussi le cerveau humain à celui des animaux, et on aborde la maladie (AVC, Alzheimer, accidents et traumatismes crâniens) et l'Intelligence Artificielle.

 

 

 

A quoi on reconnait que ces premiers docs plaisent ? au fait que les enfants s’amusent à les reclasser à leur façon dans la bib, c’est-à-dire par collection, et non selon la sacro-sainte Dewey. Ou qu’ils te demandent tous les autres titres de la collection que l’éditeur a malignement imprimé sur la 4ème de couv. ! Mais comme souvent ils sont tous empruntés, ils n‘ont plus qu’à apprendre la patience 😊.

 

 

Éditions Nathan, parus en février et mars 2018, chacun des titres : 6,95 €

 

 

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Défaillances – B.A. Paris

6 Mars 2018, 10:33am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais pas Vincent Guilluy

 

Cassandra Anderson est enseignante. Elle rentre chez elle par une nuit d’orage, après une soirée pour fêter la fin de l’année scolaire. Elle traverse la forêt sous une pluie battante, malgré les objections préalables de son mari, qui lui conseillait de ne pas sortir de la grand- route.

 

Elle croise une voiture arrêtée, une femme est assise au volant. Est-elle en difficulté, en danger ? Doit-elle s’arrêter ? Mais la peur est trop forte, après avoir marqué un arrêt et attendu quelques minutes sans sortir de sa voiture, Cassandra repart. Elle apprendra le lendemain matin que la femme dans la voiture a été sauvagement assassinée.

 

Commence alors pour Cass une descente aux enfers. Harcelée au téléphone par des appels anonymes et silencieux, elle est persuadée qu’il s’agit du tueur. De plus en plus d’éléments bizarres s’accumulent, la faisant sombrer dans la paranoïa et la terreur.

 

Dès les premières pages, le lecteur devine aisément qui est le coupable, il reste donc à découvrir pourquoi il a agi et comment il sera confondu. Le récit se veut avant tout un thriller psychologique, où la tension nerveuse broie son personnage principal.

 

La mère de Cass était atteinte d’Alzheimer précoce et tout concourt à penser qu’elle suive le même chemin. A moins que ce ne soit justement ce que l’on veut lui faire croire.

 

Les ficelles du déroulement de l’intrigue sont un peu grosses, mais elles fonctionnent pour évoquer le basculement du personnage principal dans la frayeur. Le lecteur qui a saisi la manipulation cherche lui à savoir comment elle s’en sortira. Le ressort qui permet de découvrir la vérité est un peu tiré par les cheveux, mais l’effet page turner fonctionne.

 

Défaillances est un polar distrayant, peut-être un peu simpliste, qui vaut surtout pour la description de la conscience qu’a l’héroïne de sa perte de contrôle, et le jeu de l’ambiguïté entre folie et manipulation.

 

 

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2018, catégorie Policier

 

 

 

 

 

 

Hugo thriller, janvier 2018, 394 pages, prix : 19,95 €, ISBN : 978-275563651-2

 

 

 

Crédit photo couverture : © Tony Watson / Arcangel Images et éd. Hugo thriller

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Si j’avais un perroquet je l’appellerais Jean-Guy (parce que Coco c’est déjà pris) – Blandine Chabot

5 Mars 2018, 15:52pm

Publié par Laure

Dans un roman de Françoise Sagan emprunté à la bibliothèque, Catherine trouve un papier sur lequel est écrit « Jean-Philippe », suivi d’un numéro de téléphone, et de « Appelle quand tu veux ». A-t-il été mis là exprès ou oublié par le lecteur précédent ?

Ne s’étant pas remise d’avoir vu son mari partir avec sa sœur, elle se dit… pourquoi pas ?

 

J’avais dans l’idée de lire de la chick-lit pour un projet professionnel, je suis peu familière du genre, même si j’en ai lu quelques-uns. Ce titre attirant me semblait tout trouvé.

 

Après une cinquantaine de pages je me suis posé la question d’abandonner ma lecture. N’étais-je pas en train de perdre mon temps à lire un roman si creux que je me demandais vraiment ce que je faisais là ? Je m’attendais certes à de la détente et à une lecture facile, c’est même bien ce que je cherchais avec ce type de roman, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il soit aussi bavard pour ne rien dire ! Que c’est vide ! Beaucoup de digressions qui partent dans tous les sens, sans queue ni tête, alors que le postulat pourtant sympa semble être oublié. A moins que l’exercice ne soit justement là.

 

Je me suis entêtée quand même et j’ai bien fait car l’ensemble, s’il reste extrêmement léger, fait sourire à quelques reprises, notamment dans son franc-parler d’enseignante envers les parents d’élèves et dans sa chute. Quelques passages divertissants, un peu grotesques, qui répondent aux codes du genre ?

 

Dommage néanmoins que le début soit vraiment trop insignifiant et inconsistant, avec pour seul but un verbiage qu’on pourra rapprocher du titre à rallonge assez représentatif.

 

Vite lu, à réserver pour les vacances au bord de la piscine, ou les soirs de grosse migraine.

 

 

 

Badge Lecteur professionnel

 

 

 

Cherche-midi, février 2018, 288 pages, prix : 18 €, ISBN : 978-2-7491-5783-2

 

 

 

Crédit photo couverture : éd. du Cherche Midi

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Février 2018 en couvertures ....

1 Mars 2018, 07:45am

Publié par Laure

En février j'ai lu :

 

(Les couvertures sont cliquables quand elles renvoient à un billet)

 

                                 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En février j'ai vu :

 

 

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Blanche-Nègre – Karine Fougeray

28 Février 2018, 19:00pm

Publié par Laure

Il y a quelques années (euh… en 2008 en fait, 10 ans déjà !), j’ai reçu Karine Fougeray pour son premier roman Ker Violette, et son éditrice Delphine Montalant l’accompagnait pour nous présenter sa maison d’édition.

 

Nos lecteurs avaient beaucoup apprécié cette rencontre (moi aussi évidemment !), j’avais beaucoup aimé le recueil de nouvelles de Karine Fougeray : Elle fait les galettes, c’est toute sa vie, ainsi que son roman. J’étais plus ou moins restée en contact via Facebook, j’avais dû revoir Delphine sur le marché de Montalivet, et Karine au Salon Etonnants Voyageurs à St Malo. De temps à autre, il m’arrivait de me demander si Karine publierait à nouveau.

 

C’est chose faite !

 

Et quelle belle couverture pour cette « Blanche-Nègre », petite fille africaine albinos, noire dedans et blanche dehors, rejetée de tous pour cette raison. Mais il n’y a pas que l’emballage, le roman est une vraie et belle réussite !

 

Dans une première partie très épurée mais magnifiquement écrite, en 1986, Charlotte Kerimer, 37 ans, est chargée des cours d’alphabétisation et d’écriture des ouvriers qui travaillent à la construction d’un nouvel aéroport international. Elle tombe amoureuse d’Adama, avant de repartir. Lorsqu’elle revient six mois plus tard, il est marié et père d’une famille nombreuse. Elle digère tant bien que mal sa déception. Sa femme meurt en couches dix ans plus tard, après avoir donné naissance à une petite fille à la peau blanche : la honte est sur la famille. Charlotte va adopter et élever cette petite fille qu’elle appellera Blanche-Nègre.

 

En 2008, des touristes descendent de la pirogue et viennent goûter une semaine de vacances ensoleillées. Certains d’entre eux ne se doutent pas encore que ces quelques jours bouleverseront leur vie. Cette partie centrale du roman est plus longue, on prend le temps de s’installer avec les personnages, de s’attacher à l’amitié entre la petite Suzanne et Blanche-Nègre. Mais derrière leurs jeux, leurs mots d’enfants, leurs différences qui s’apprivoisent, se cache un drame qui marquera tant les habitants que les vacanciers.

 

La dernière partie, qui retrouve la brièveté de la première, éclaire l’ensemble d’un nouveau (et terrible) regard.

 

On se laisse embarquer avec bonheur dans cette histoire qui derrière une apparente insouciance enfantine, révèle combien la différence d’une couleur de peau, combien la parole parfois naïve de l’enfance peuvent détruire des vies.

 

On y retrouvera aussi des thèmes chers à l’auteure tels que la mer, la richesse de ses fonds, la navigation, et les chevaux.

 

Un roman concis qui distille son sens profond au fil d’une construction habile et d’une écriture ciselée. On gardera longtemps en nous un peu de Blanche-Nègre, Suzanne, Khady et Tigane. De belles retrouvailles avec la plume de Karine Fougeray, qui crée aussi elle-même ses couvertures !

 

 

 

« L’aube était livide, mais le soleil se hissa en sang. » (p.23)

 

 

(et Merci à Delphine également pour sa fidélité !)

 

 

 

Ed. Delphine Montalant, février 2018, 114 pages, prix : 16 €, ISBN : 978-2-915779-24-0

 

 

 

Crédit photo couverture : © Karine Fougeray et éd. Delphine Montalant

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Si vulnérable – Simo Hiltunen

25 Février 2018, 18:02pm

Publié par Laure

Traduit du finnois par Anne Colin du Terrail

 

Le roman s’ouvre sur la scène d’un loup en train de dévorer les entrailles d’un élan. Un garçon de treize ans, dehors par moins vingt degrés, s’est enfui de chez lui parce que son père frappait une fois de plus sa mère ; armé d’un simple couteau, il va tuer ce loup. Il est prêt désormais, ce sera son père ou lui.

 

Le thème de la violence familiale est donné.

 

Lauri Kivi, journaliste au Suomen Sanomat à Helsinki, file sur une scène de crime. Un flic en activité a tué sa femme et ses deux enfants avant de se suicider. A moins que ce ne soit l’œuvre d’une personne extérieure ? Lauri n’aura de cesse de traquer un serial killer, mais se mettra lui-même en danger, par la proximité qu’il peut avoir avec les différents meurtres.

 

La première moitié du roman, après le prologue du loup qui ne trouvera son explication que tardivement dans le livre, s’attache essentiellement à décrire l’histoire familiale de Lauri, lui-même victime avec son frère Tuomas d’un père violent. Il n’est jamais très loin lui-même de basculer dans une brutalité sordide. Est-ce pour cela que ces drames familiaux, comme les nomme la police, l’intéressent tant ?

 

Il faudra du temps pour que la traque du meurtrier commence vraiment, et pour ma part, je trouve que le roman est très réussi dans sa description sombre de la violence qui se reproduit de père en fils, dans cette question sous-jacente de la possibilité de rompre ce cercle infernal ou non, la première moitié est un bon roman noir. Je le trouve en revanche moins réussi sur la partie policière / résolution de l’énigme, la première scène de l’arme cachée par Lauri est totalement irréaliste, on ne cherchera pas trop la crédibilité dans la façon dont l’enquête est menée. Il y a sans doute quelques longueurs, un déséquilibre entre description sociale de la maltraitance et roman policier. Allégé de quelques longueurs ce roman finlandais aurait pu être bien plus convaincant. Il reste néanmoins intéressant à découvrir et plutôt prenant.

 

 

Fleuve noir, février 2018, 592 pages, prix : 21,90 €, ISBN : 978-2-265-11645-0

 

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Fleuve noir

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Oh, hé, ma tête ! – Shinsuke Yoshitake

23 Février 2018, 14:36pm

Publié par Laure

Texte traduit du japonais par Corinne Altan

 

Un petit garçon a la tête coincée dans l’encolure de son t-shirt (qui n’a pas ce souvenir d’enfance ?!), c’est la faute de sa maman trop pressée qui a tiré trop fort pour le conduire au bain.

Mais lui veut se débrouiller tout seul pour l’enlever ! Sans succès. Mais s’il restait définitivement bloqué, comment vivre comme cela ?

Il ne manque pas d’imagination ce p’tit bonhomme et c’est très drôle !

Jusqu’à la chute, tout aussi amusante.

 

 

Un album simple et plein d’humour sur l’autonomie des petits, la persévérance dans l’apprentissage ou l’essai. Le très du dessin est clair et simple, le choix de couleur restreint, mais ça fonctionne, dans l’épure et l’équilibre texte/image.

 

 

 

(Dès 3 ans)

 

 

© Shinsuke Yoshitake et éd. Kaléidoscope

 

 

 

 

© Shinsuke Yoshitake et éd. Kaléidoscope

 

 

 

 

Éditions Kaléidoscope (diff. L'école des Loisirs), février 2017, format à l’italienne 18 x 23 cm, prix : 11 €, ISBN : 978-2-877-67926-8

 

 

 

Crédit photo couverture : © Shinsuke Yoshitake et éd. Kaléidoscope

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Et soudain, la liberté – Evelyne Pisier, Caroline Laurent

18 Février 2018, 20:19pm

Publié par Laure

Et soudain, la liberté est la biographie romancée d’Evelyne Pisier et ses parents. C’est aussi l’histoire d’un projet littéraire original et intéressant.

 

Evelyne Pisier a confié son manuscrit à une jeune éditrice, Caroline Laurent, et lui a fait promettre de le finir après sa mort. La jeune femme a tenu sa parole.

 

Lucie (le double littéraire d’Evelyne) a grandi en Indochine, entre un père fonctionnaire colonialiste et raciste, et une mère féministe avant-gardiste.

 

Toutes deux, mère et fille, dans leur amour fusionnel, mèneront un combat permanent pour la liberté des femmes : indépendance, travail, contraception, droit à l’avortement, engagements politiques …

 

Le roman est entrecoupé par les interventions de Caroline Laurent. J’ai mis un peu de temps à me faire à ces coupures, qui interrompaient la fluidité romanesque, mais qui éclaircissaient aussi le travail entrepris.

 

J’ai finalement beaucoup aimé ces interventions qui dévoilent le travail éditorial, et beaucoup de résonances dans la vie personnelle de l’éditrice.

 

C’est un très beau roman – puisque c’est ainsi que le définit la maison d’édition – j’aurais peut-être aimé savoir quelle était la part réelle d’écriture d’Évelyne par rapport à celle de Caroline, mais j’ai aimé me plonger dans ce destin individuel qui n’omet pas une grande partie de l’Histoire du XX ème siècle, ainsi que le combat féministe pour la liberté de penser et d’agir. Quelle force ont eu ces deux femmes, mère et fille !

 

 

 

 

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2018, catégorie Roman

 

 

 

 

 

Ed. Les Escales, domaine français, août 2017, 441 pages, prix : 19,90 €, ISBN :978-2-36569-307-3

 

 

 

Crédit photo couverture : © Hokus Pokus Créations, photo : Evelyne Pisier, 1964, © Una Liutkus / et éd. Les Escales

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