Les jardins d'Hélène

Le journal de Claire Cassidy – Elly Griffiths

20 Janvier 2020, 13:01pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Elie Robert-Nicoud

 

 

Claire Cassidy est prof de lettres dans un collège anglais, très « old school », avec légendes, fantômes, écrivain mort qui y a toujours son bureau… Elle travaille d’ailleurs sur une nouvelle classique de ce fameux R.M. Holland, dont les extraits émailleront le roman. Une de ses collègues est retrouvée assassinée avec un mot posé à côté d’elle : « l’Enfer est vide », citation dudit R.M. Holland. Mais lorsque Claire Cassidy découvre un message manuscrit inconnu dans son propre journal intime, tout s’emballe… Ou pas. Et les morts ou tentatives de meurtres se succèdent.

 

L’idée de base est séduisante : la littérature, l’écriture, le mystère, une atmosphère trouble, un roman choral qui donne la voix à trois personnages : Claire, Georgia, sa fille adolescente, et Harbinder Kaur, l’enquêtrice indienne et gay qui vit toujours chez ses parents à 35 ans (détails totalement inutiles car non exploités) ; les ingrédients sont alléchants.

 

Mais quelle déception ! Le Times en a fait son thriller de l’année (paru en 2018), c’est une blague ?!

 

L’intrigue est ténue, pale et molle, le rythme est lent et ennuyeux, il faut attendre la moitié du roman (véritablement !) pour que les choses bougent enfin un peu... et si peu ! Les personnages sont inconsistants, fades, le dénouement est crédible mais après tant de chemin poussif, il perd un peu de son intérêt.

 

Si ce n’avait été un service de presse j’aurais abandonné ma lecture. Tout à fait dispensable et c’est bien dommage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hugo thriller, janvier 2020, 440 pages, prix : 19,95 €, ISBN : 978-2-7556-4706-8

 

 

 

Crédit photo couverture : © Ildiko Neer / Arcangel et éd. Hugo Thriller

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Dans la tête de Sherlock Holmes – Cyril Lieron et Benît Dahan (ill.)

18 Janvier 2020, 12:12pm

Publié par Laure

L’affaire du ticket scandaleux t. 1/2

 

Cette BD est époustouflante de par son ingéniosité artistique : mise en forme de la construction narrative à travers le dessin, fil rouge (littéral) qui trace le chemin d’une case déstructurée à l’autre, cheminement de la pensée de Sherlock Holmes représenté graphiquement par le dessin à l’intérieur d’une forme de crâne, plans de la ville, choix des couleurs, effets de tentures passées sur les pages liminaires, souci permanent du détail, jeu de transparence sur une vignette : bref vous l’aurez compris, graphiquement c’est brillant.

 

Le scénario tient bien sûr aussi la route et respecte l’esprit de l’œuvre originale, mais on est si occupé à suivre le dessin que j’avoue parfois m’être parfois un peu perdue dans l’histoire, ou dans les circonvolutions de la pensée de Sherlock wink

 

Et grande frustration : le tome 1 nous laisse en plan de l’intrigue, il faut attendre sagement la sortie du tome 2. Mais vu la richesse de l’album, on peut le lire et relire sans risque de s’ennuyer.

 

J’espère une belle édition intégrale le moment venu.

 

 

 

Ankama, mai 2019, 48 pages, prix : 14,90 €, ISBN : 979-10-335-0972-1

 

 

 

Crédit photo couverture : © Benoît Dahan et éd. Ankama

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Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins – Alejandro Palomas

13 Janvier 2020, 11:01am

Publié par Laure

Traduit de l’espagnol par Vanessa Capieu

 

Guillermo, le plus souvent appelé Guille, a 9 ans et une imagination débordante. A son institutrice il répond lors d’un exercice qu’il voudrait plus tard être Mary Poppins, parce que son mot magique supercalifragilisticexpialidocious peut changer la vie. Ses dessins, riches de détails, sont surprenants et alertent son enseignante. Le petit garçon semble heureux dans son monde imaginaire, mais cette attitude cache-t-elle quelque chose ? le père, convoqué, se referme sur lui-même et refuse le dialogue. Il n’apprécie guère les jeux « féminins » de son fils. Et cette maman disparue, en voyage longue durée pour le travail, qu’en est-il réellement ?

 

C’est à travers un roman choral qui donne la parole tantôt au petit garçon tantôt à la psychologue scolaire, à l’enseignante, ou encore au père que le fil de l’intrigue se dénouera.

 

Si le lecteur comprend assez vite l’enjeu du roman (et la raison de l’absence maternelle), la réussite du roman tient dans son cheminement, sa douceur, sa bienveillance, son attention à l’autre, et l’expression des émotions de chacun. Le roman fait également un pas de côté en évoquant le mariage forcé dans d’autres cultures à travers le personnage de la petite Nazia, qui ne pourra participer au spectacle final et jouer le fameux rôle de Mary Poppins, pour des raisons dramatiques.

 

Sans être un grand roman, un hijo (de son titre original que je trouve plus adapté) offre un agréable moment de lecture, qui émeut sans être larmoyant. Une réussite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cherche-Midi, janvier 2020, 224 pages, prix : 20 €, ISBN : 978-2-7491-5863-1

 

 

 

Crédit photo couverture : © éd Le Cherche Midi

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Retour sur l’année 2019 en lectures ….

10 Janvier 2020, 11:30am

Publié par Laure

Image libre de droits

 

 

Quelques chiffres, si inutiles, mais qui participent au rituel...

 

Une année assez semblable à 2018, avec un peu plus de livres lus (146), mais un peu moins de pages (26822). Comme toujours je ne compte pas les albums enfants et romans jeunesse très courts.

 

Si je les avais achetés, j'aurais dépensé 2407 €, mais j'emprunte essentiellement en bibliothèque(s)

 

J’en ai commenté à peine 61 sur le blog et 85 sont restés une simple ligne sur un tableur.

 

Seuls 9 livres sur 146 ont eu la note de 5 étoiles : 5 BD, 1 roman ados, et 3 romans adultes. Ça en dit long sur une certaine tiédeur des parutions à mon goût. Du moins sur le volume de ce que j'ai lu, car bien sûr il y en a tant d'autres non lus !

 

Alors mes coups de cœur 2019, quels sont-ils ?

 

En romans :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En ados :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En BD :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les curieux trouveront l’ensemble de mes lectures dans le fichier ci-dessous.

 

 

Les lectures sur fond rose sont celles non commentées. Les 5 étoiles sont sur fond vert.

Lisez, ou pas, comptez notez classez, ou pas, vivez et profitez de vos proches, c'est bien là l'essentiel. Des bises,

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Le consentement – Vanessa Springora

9 Janvier 2020, 17:01pm

Publié par Laure

Le consentement est le récit autobiographique de V. dans sa relation amoureuse avec G, alors qu’elle avait 14 ans en 1986, et qu’il en avait déjà plus de 50.

 

La presse et les médias font le reste aujourd’hui : ils ont mis des noms sur V. et G, et dénoncé des actes qui vont à l’encontre de la loi. A l’époque tout le monde savait. Mais personne n'a rien dit. Depuis #MeToo la parole des femmes s’est libérée et c’est tant mieux. Mais…

 

Grasset (ou tout autre éditeur) s’engage-t-il désormais à publier tous les récits de toutes les femmes victimes de violences, sexuelles, physiques ou psychologiques ? ça va en faire du monde sur les tables des libraires. Accordera-t-il la même valeur à toutes les paroles de toutes les femmes ?

 

N’y a-t-il pas un opportunisme malsain à sortir aujourd’hui une affaire qui aurait dû se régler depuis bien longtemps devant les tribunaux et dans le cabinet d’un psychothérapeute ? Pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi mettre des noms là où Vanessa Springora n’en met pas ?

 

Les présentateurs télé et les éditeurs font aujourd’hui leur mea culpa. Et avant ? Ils étaient aveugles sourds et muets ? Aveuglés par un monde artistique parisianiste à vomir ?

 

On lit ici ou là que Vanessa Springora est courageuse et que son récit a ceci de plus qu’il a une vraie qualité littéraire. Rien qui se remarque en tout cas. Ce n’est pas mal écrit, ça ne se distingue pas non plus. La littérature a bon dos. N’est-ce pas déjà ce que l’on disait au moment des faits quand on voulait fermer les yeux sur le contenu des livres et journaux de G. ?

 

Vanessa Springora ainsi que son éditeur ont-ils émis le souhait de verser leurs droits d’auteur et bénéfices à des associations de protection de l’enfance ou de femmes ? Ce serait louable mais je n’ai à ce jour rien lu ou entendu dans ce sens.

 

Quant au contenu du livre, tout est dit dans la presse, les passages glauques ou sulfureux sont cités dans les meilleures feuilles, l’extrait de l’émission de Pivot où la canadienne Denise Bombardier est la seule à s’émouvoir de la situation tourne en boucle sur le net (et le passage est bien dans le livre), vous pouvez économiser 18 €.

 

J’ai voulu me faire mon propre avis. Eh bien je ne comprends toujours pas les raisons qui ont conduit à cette publication. Je souhaite juste que tout autre victime de n’importe quel autre prédateur sexuel puisse s’exprimer de la même façon, qu’on lui donne les mêmes moyens de le faire, y compris et surtout si elle n’est ni éditrice ni parisienne.

 

Extraits :

p.5/150 (numérique) : « Depuis tant d’années, je tourne en rond dans ma cage, mes rêves sont peuplés de meurtre et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence. : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre. »

 

p. 88/150 (numérique) : « G. n’était pas un homme comme les autres. Il avait fait profession de n’avoir de relations sexuelles qu’avec des filles vierges ou des garçons à peine pubères pour en retracer le récit dans ses livres. Comme il était en train de le faire en s’emparant de ma jeunesse à des fins sexuelles et littéraires. Chaque jour, grâce à moi, il assouvissait une passion réprouvée par la loi, et cette victoire, il la brandirait bientôt triomphalement dans un nouveau roman. »

 

p. 119/150 (numérique) : « Les écrivains sont des gens qui ne gagnent pas toujours à être connus. On aurait tort de croire qu’ils sont comme tout le monde. Ils sont bien pires.

Ce sont des vampires.

C’en est fini, pour moi, de toute velléité littéraire.

J’arrête de tenir mon journal.

Je me détourne des livres.

Plus jamais je n’envisage d’écrire. »

 

 

 

Grasset, janvier 2020, 216 pages, prix : 18 €, ISBN : 978-2-246-82269-1

 

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Grasset

 

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La vérité sur « dix petits nègres » - Pierre Bayard

8 Janvier 2020, 08:33am

Publié par Laure

Pierre Bayard, déjà coutumier du fait avec qui a tué Roger Ackroyd ? Enquête sur Hamlet et l’Affaire du chien des Baskerville, propose une résolution différente des Dix petits nègres d’Agatha Christie, en donnant la parole au véritable assassin (homme ou femme, la révélation n’arrivera qu’à la toute fin), et en démontrant en quoi la version donnée par Agatha Christie ne fonctionne pas.

 

Pas de crainte si vous n’avez pas lu l’œuvre originale ou si vous ne l’avez plus en tête, Pierre Bayard y revient largement, dans son déroulé, et avec de nombreux extraits, vous ne serez pas perdu.

 

Ici le personnage de l’assassin devient narrateur, doté d’une existence propre, échappant au contrôle de l’auteur, mais on sent trop souvent hélas la voix propre du critique écrivain, surtout dans tous les passages d’analyse littéraire. Passages qui sont ceux qui m’ont le plus intéressée, notamment toute la partie sur les illusions d’optique, les biais cognitifs et les formations de l’inconscient, et qui peuvent s’appliquer à bien d’autres œuvres. Il donne d’ailleurs plusieurs exemples dans la littérature policière classique.  C’est bien Pierre Bayard qui s’exprime alors, et non l’assassin.

 

Quant à la nouvelle solution proposée, elle me laisse assez perplexe aussi, un peu tirée par les cheveux, et au final, on n’a qu’une envie : relire l’original à la lumière de cette nouvelle grille.

 

La lecture nécessite souvent d’être bien concentré (ce n’est pas un roman) et j’ai trouvé l’ensemble un peu poussif, répétitif, et peu convaincant. Ses autres titres sur des résolutions alternatives sont peut-être plus réussis, si j’en crois des avis de lecteurs sur le net.

 

Je ne garderai donc hélas pas grand souvenir de ma lecture…

 

 

Les éditions de Minuit, janvier 2019, 164 pages, prix : 16 €, ISBN : 978-2-7073-4488-5

 

 

 

Crédit photo couverture : © Les éditions de Minuit

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Laissez-moi tranquille … - Galia Bernstein

7 Janvier 2020, 10:53am

Publié par Laure

Leyla est un petit babouin hamadrya, elle a un père, une mère, mais aussi neuf tantes et vingt-trois cousins, et dans cette tribu de singes, le bébé est élevé par tout le clan. C’en est trop pour Leyla, qui aimerait bien un peu de calme et de solitude de temps en temps, alors c’est simple, elle s’en va.

 

Elle va rencontrer un lézard qui est très occupé… à ne rien faire. C’est quoi, faire « rien » ? bonne question ! Le lézard savoure la chaleur du soleil sur sa peau. Leyla apprécie ce moment de calme, et s’en retourne dans sa famille avec la nouvelle de cette rencontre. Elle pourra retourner voir le lézard quand elle le souhaitera, dès qu’elle aura besoin de fuir l’agitation.

 

Un bel album tendre et zen avec le lézard qui initie notre petite héroïne à la méditation. Apprendre à ne rien faire et à faire le vide dans sa tête, c’est parfois nécessaire pour refaire le plein d’énergie !

 

 

J’avais découvert Galia Bernstein avec son album La grande famille (Nathan, août 2018)

 

(dès 3 ans)

 

 

 

 

 

 

Nathan, août 2019, 32 pages, prix : 11,90 €, ISBN : 978-2-09-259073-7

 

 

 

Crédit photo couverture : © Galia Bernstein et éd. Nathan

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Cher corps – Léa Bordier

3 Janvier 2020, 09:29am

Publié par Laure

A l’origine, cher corps, c’est une chaine Youtube, celle de Léa Bordier, qui donne la parole à des femmes de tous âges sur le rapport à leur corps. De ce succès est né ce recueil graphique, qui reprend 12 témoignages de femmes, sous le trait de 12 dessinatrices de bandes dessinées / illustratrices.

 

Les récits et les univers graphiques sont variés, les femmes ont entre 15 et 71 ans, parlent de l’identité sexuelle, de l’anorexie, de l’obésité, du handicap, du tatouage, des blessures physiques et psychologiques, des violences sexuelles, de leur engagement pour la pilule dans les années 70, etc.

 

L’approche est intéressante et riche, mérite l’attention, tant féminine que masculine, toutes générations confondues. Un beau projet !

 

Côté illustration, il y a bien sûr des styles qu’on préfère à d’autres, des ambiances auxquelles on est plus ou moins sensible. Personnellement j’ai beaucoup aimé le dessin d’Eve Gentilhomme, qui est celui qui s’éloigne le plus de la BD classique pour se rapprocher du documentaire illustré, mais ce mélange des genres fait aussi toute la richesse de l’album.

 

 

Emprunté par hasard dans les nouveautés BD de la médiathèque Aragon / Le Mans

 

 

 

Ed. Delcourt, coll. Mirages, mai 2019, 128 pages, prix : 19,99 €, ISBN : 978-2-413-01359-4

 

 

 

Crédit photo couverture : © Eve Gentilhomme et éd. Delcourt

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Décembre 2019 en couvertures ...

31 Décembre 2019, 16:45pm

Publié par Laure

En décembre, j'ai lu (et toujours aussi peu commenté !) :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En décembre j'ai vu :

 

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Signé poète X – Elizabeth Acevedo

29 Décembre 2019, 11:58am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Clémentine Beauvais

 

Xiomara, littéralement « celle qui est prête pour la guerre », 16 ans, a un frère jumeau, Xavier, qu’elle préfère appeler Jumeau. Ils sont le cadeau qui a permis au couple formé par leur parents de ne pas exploser.

Installés à Harlem, ils sont originaires de République Dominicaine. La religion occupe une place essentielle dans leur vie, surtout dans celle de la mère.

Et si les relations mère-fille allaient à peu près bien le temps de l’enfance de Xiomara, il en est bien autrement avec l’apparition de la puberté et des formes généreuses de l’adolescente. Victime de harcèlement, d’injures, de moqueries et blagues salaces, si sa mère veut avant tout la protéger, elle l’enferme dans un carcan insupportable, en lui interdisant toute sortie et fréquentation autres que l’église.

 

C’est dans un cours de slam lancé par sa prof de français et le carnet offert par son jumeau que Xiomara trouvera la force de s’affirmer et de se libérer, la lumière dans la puissance des mots. (P. 47) : « Parfois c’est comme si écrire, c’était le seul moyen de ne pas souffrir ».

 

La force du texte est tout entière dans son écriture en vers libres, courts chapitres de slam, poèmes signés X (pour Xiomara), que le lecteur est souvent tenté de déclamer à voix haute.

 

L’histoire en elle-même aborde des sujets classiques de l’adolescence : le désir sexuel, le premier amour, l’homosexualité, l’opposition au modèle parental, et dans celle-ci en particulier, la religion prédominante qui étouffe et contraint. Cet aspect-là est peut-être celui qui est aujourd’hui le plus éloigné de notre culture française, et encore pas tant que cela si l’on remonte trente ans en arrière.

 

La traduction de Clémentine Beauvais, romancière par ailleurs et spécialiste de la traduction en vers libres, est au top, même si bien évidemment je ne connais pas la VO, il faut néanmoins en souligner la qualité.

 

 

Un roman original et au message fort !

 

 

 

Extraits :

p. 60 : Ce qui

m’apaise

c’est mon carnet,

écrire écrire écrire,

tout ce que j’aurais voulu dire,

transformer en poèmes-lames

toutes mes pensées coupantes,

les imaginer trancher net

mon corps pour

que j’en

sorte.

 

 

 

p. 366 : « Les mots, ça donne la permission

d’être soi-même. De l’être complètement. »

 

 

 

Dès 13/14 ans.

 

 

 

Nathan, août 2019, 381 pages, prix : 16,95 €, ISBN : 978-2-09-258729-4

 

 

 

Crédit photo couverture : © Gabriel Moreno, design Erin Fitzsimmons / Nicolas Vesin et éd. Nathan

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